APPEL A L'ARRÊT DES DESTRUCTIONS ET DES CONSTRUCTIONS ILLEGALES SUR LE MONT DU TEMPLE

Zachi Zweig (Traduction française de Stéphane Biton pour CJE)

APPEL A L'ARRÊT DES DESTRUCTIONS ET DES CONSTRUCTIONS ILLEGALES SUR LE MONT DU TEMPLE

Traduction française de Stéphane Biton pour CJE [Message transmis à CJE par le prof. Jack Sasson, le vendredi 20 avril 2001] Appel de "Zachi Zweig" ( zachi@miac.co )

Chers amis,

Veuillez trouver ci-joint une lettre d'information décrivant les destructions qui se déroulent sur le Mont du Temple. Les Palestiniens sont en train d'organiser, au Caire, une conférence conjointe avec l'UNESCO, qui va publier un document intitulé "Déclaration du Caire pour la Conservation des Antiquités de Jérusalem", affirmant que les Israéliens sont en train de détruire des antiquités islamiques sur le Mont du Temple et dans la Vieille Ville.

C'est leur premier pas en direction d'une conférence internationale qui vise à obtenir des soutiens et à gagner la sympathie de l'opinion publique internationale pour leurs intérêts politiques (et non archéologiques). Il convient de souligner que l'UNESCO n'a jamais condamné la destruction brutale des antiquités sur le Mont du Temple, commise par le Waqf islamique au cours de ces dernières années, et spécialement depuis 1996, et qu'elle n'y a même pas réagi. Il est très important de diffuser cette lettre à autant d'archéologues et d'amis que possible, et de leur demander de la diffuser également à leur tour

. Amitiés et Merci. v Z. Zweig

Lettre du Dr. Eilat Mazar

Institut d'Archéologie, Université Hébraïque, Jérusalem Directeur de la Publication. "Projet des fouilles du Mont du Temple" The destruction of the Temple Mount Antiquities

En 1967, Israël a réoccupé la Vieille Ville de Jérusalem et le Mont du Temple. Depuis lors, tous les Présidents et Premiers Ministres d'Israël ont proclamé la dévotion éternelle des Israéliens et de leur gouvernement aux lieux les plus saints, vénérés par les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans. Depuis plus de 30 ans, Israël a en fait délégué presque toute l'autorité sur le Mont du Temple aux Imams du Waqf. En agissant ainsi, Israël a démontré sa volonté de respecter les droits des Musulmans.

Aujourd'hui, aussi incroyable que cela puisse paraître, les Imams du Waqf nient tout lien, juif ou chrétien, au site où la tradition dit que la "Ligature d'Isaac" a eu lieu, où le roi Salomon a construit le Premier Temple et où Jésus a prié et prêché sous le portique du Second Temple. Les Musulmans empêchent également les archéologues de fouiller ce site, l'un des plus importants trésors d'antiquités au monde. Israël a accepté de renoncer à explorer activement le Mont du Temple. Cependant, une chose est d'empêcher, c'en est une autre de déblayer au bulldozer d'antiques édifices sans la moindre supervision archéologique. En 1996, les autorités islamiques ont bouleversé le status quo, qui avait prévalu durant des générations, et ont converti deux antiques édifices souterrains de la période du Second Temple en une nouvelle grande mosquée. Les deux constructions, connues pour être les Etables de Salomon et le passage de la Porte orientale de "Hulda", n'avaient jamais été des mosquées auparavant. v La nouvelle mosquée s'étend sur une surface de 1.5 acres, ce qui en fait la plus grande mosquée d'Israël, capable d'accueillir 10 000 personnes. En novembre 1999, les autorités islamiques ont ouvert ce qu'ils ont appelé une "sortie de secours" pour la nouvelle mosquée. En trois jours et trois nuits, la sortie s'est transformée en un trou béant, d'une surface de 1 663 mètres carrés (NDT : texte original: 18 000 pieds carrés) sur une profondeur de 11 mètres. Des milliers de tonnes de vestiges archéologiques provenant d'anciens remblaiements, et trouvés par les archéologues israéliens, qui y ont identifiés des artéfacts remontant jusqu'à la période du Premier Temple ont été déversés dans la vallée du Cédron. Depuis le creusement de ce trou béant et jusqu'à aujourd'hui, sans aucune supervision archéologique, des milliers de mètres carrés de l'ancien niveau de la surface du Mont du Temple sont déterrés par des tracteurs, pavés et proclamés comme étant des mosquées ouvertes.

De plus, en 1997, une autre construction souterraine antique datant de la période du Second Temple, et connue comme étant le passage occidental de la Porte Hulda a été convertie en une autre nouvelle mosquée. Récemment, en février et mars 2001, une construction antique en forme d'arche, attenante au Mur Oriental de l'enceinte du Mont du Temple a été rasée par les bulldozers pour élargir la "sortie de secours" de la nouvelle mosquée sise sur les Etables de Salomon. Durant les 15 derniers mois, quelque peu tardivement, l'opinion publique en Israël s'est mobilisée pour qu'on ordonne l'arrêt des constructions modernes et les destructions sur le Mont du Temple. Des lettres ont été envoyées en urgence au Premier Ministre et aux ministres pour les avertir de ce qu'un "acte grave et irréparable de vandalisme et de destruction était en cours, sans supervision et en violation de la loi".

Une lettre ouverte au sujet des destructions a été envoyée au Premier Ministre. Elle était signée par de nombreuses personnalités de haut niveau, tels l'ancien maire, Teddy Kollek, le maire actuel, Ehud Olmert, les écrivains Amos Oz et Haim Gouri, et par 82 députés de la Knesset. En effet, on ne devrait pas être surpris de ce que les Israéliens soient consternés par le fait que la loi qui régit la conservation de tous les lieux saints soit si effrontément ignorée sur le Mont du Temple, considéré, plus que tout autre, comme le lieu le plus saint au monde.

De plus, la destruction des antiquités sur le Mont du Temple va de pair avec la politique israélienne qui empêche illégalement la presse d'accéder au site. L'affirmation selon laquelle des "considérations sécuritaires" requièrent l'indulgence israélienne est contestée non seulement par les fonctionnaires, anciens et actuels, de la sécurité, mais également par le monde extérieur, qui assiste à la démolition de ce lieu sacré alors que les autorités israéliennes restent sans rien faire. Le Comité pour la Prévention de la Destruction des Antiquités sur le Mont du Temple, fondé en janvier 2000, est un groupe apolitique de volontaires, composé de personnalités publiques israéliennes bien connues, d'archéologues, d'écrivains, d'avocats, de juges et de membres des services de sécurité.

Le comité a été constitué pour préserver les antiquités sur le Mont du Temple indépendamment des affiliations politiques, nationales ou religieuses. Le comité demande instamment au gouvernement israélien: De stopper la destruction sur le Mont du Temple. De donner accès au Mont du Temple aux médias israéliens et internationaux. De permettre à l'Administration des Antiquités de remplir sa mission et de veiller sur les antiquités de l'Etat d'Israël. De s'assurer que le status quo est observé et, si ce n'est pas le cas, de veiller à ce que tout changement soit étudié en profondeur pour empêcher que les vestiges antiques ne soient détruits.

Le Comité de Prévention contre la Destruction des Antiquités sur le Mont du Temple

[avril 2001]