" Tandis que la nouvelle Jérusalem sort ainsi du désert, brillante de clarté, jetez les yeux entre la montagne de Sion et le Temple; voyez cet autre petit peuple qui vit séparé du reste des habitants de la cité. Objet particulier de tous les mépris, il baisse la tête sans se plaindre; il souffre toutes les avanies sans demander justice; il se laisse accabler de coups sans soupirer; on lui demande sa tête: il la présente au cimeterre. Si quelque membre de cette société proscrite vient à mourir, son compagnon ira, pendant la nuit, l'enterrer furtivement dans la vallée de Josaphat, à l'ombre du temple de Salomon. Pénétrez dans la demeure de ce peuple, vous le trouverez dans une affreuse misère, faisant lire un livre mystérieux à des enfants qui, à leur tour, le feront lire à leurs enfants. Ce qu'il faisait il y a cinq mille ans, ce peuple le fait encore. Il a assisté dix-sept fois à la ruine de Jérusalem, et rien ne peut le décourager; rien ne peut l'empêcher de tourner ses regards vers Sion. Quand on voit les Juifs dispersés sur la terre, selon la parole de Dieu, on est surpris sans doute: mais pour être frappé d'un étonnement surnaturel, il faut les retrouver à Jérusalem; il faut voir ces légitimes maîtres de la Judée esclaves et étrangers dans leur propre pays; il faut les voir attendant, sous toutes les oppressions, un roi qui doit les délivrer. Ecrasés par la Croix qui les condamne, et qui est plantée sur leurs têtes, cachés près du Temple dont il ne reste pas pierre sur pierre, ils demeurent dans leur déplorable aveuglement. Les Perses, les Grecs, les Romains ont disparu de la terre; et un petit peuple, dont l'origine précéda celle de ces grands peuples, existe encore sans mélange dans les décombres de sa patrie. Si quelque chose, parmi les nations, porte le caractère du miracle, nous pensons que ce caractère est ici. Et qu'y a-t-il de plus merveilleux, même aux yeux du philosophe, que cette rencontre de l'antique et de la nouvelle Jérusalem au pied du Calvaire: la première s'affligeant à l'aspect du sépulcre de Jésus-Christ ressuscité; la seconde se consolant auprès du seul tombeau qui n'aura rien à rendre à la fin des siècles!" In: Chateaubriand, Itinéraire de Paris à Jérusalem ( 1806) - La Pléiade p.1126 - 1127
Je l'ai déjà fait observer, ce texte de Werner devrait servir de base pour un flot de courrier des lecteurs dans la presse nationale et régionale Je pense me charger de Libération qui se charge d'autres journaux?
Bernice DUBOIS a *crit :
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De : CAPidf@aol.com
Date : Fri, 25 May 2001 00:57:21 EDT
À :
Malheureusement, il n'y a rien a gagner. Mais n'hesitez pas a faire passer
ce
message au susdit Mestre. Mais ce M. Mestre gagne, lui, a etre connu.
Voici donc la lettre de notre ami, M Salmon.
Que de parti pris dans votre éditorial, Monsieur Jean-Philippe Mestre, en
première page du Progrès de Lyon n° 47666 du 17 mai 2001 !
Israël, tel l'âne des Animaux Malades de la Peste, serait donc Le Pays
Actuel à " pratiquer la colonisation" selon vois termes.
Les Russes 17 millions de kilomètres carrés ne colonisent pas les îles
Kouriles conquises sur les japonais, les États-Unis plus de 9 millions de
kilomètres carrés ne colonisent ni l'Alaska ni Honolulu, les Chinois, 9
millions de kilomètres carrés, ne colonisent plus le malheureux Tibet, la
France 550 mille kilomètres carrés ne colonise, certes point, ni la
Nouvelle
Calédonie, ni la Guyane, ni la Réunion, ni la Martinique, ni la
Corse,etc...,
la Grande Bretagne env.240 mille kilomètres carrés n'a pas envoyé sa
prestigieuse marine re-coloniser il y a peu les îles Malouines, le
Danemark,
si vertueux, 43 mille kilomètres carrés ne colonise pas le Groenland, la
Syrie avec ses 32 000 soldats d'occupation ne colonise pas le Liban
..mais
assez d'exemples.
Simple remarque, tous ces pays n'auraient aucune difficulté à réintégrer
leurs ressortissants en quittant les territoires occupés.
Mais en Palestine, devenue Israël, grand comme deux petits départements
français, des juifs ont défrichés depuis une centaine d'années le pays
d'origine de leurs ancêtres.On y reparle une langue que les nations,
stupéfaites, croyaient morte. D'un désert inculte, à force de travail,
d'opiniâtreté, d'intelligence, de sang versé les juifs ont construit un
pays
verdoyant, moderne, prospère.
Ils y ont intégrés leurs frères en religion rescapés de pogromes de
Russie,
de Pologne, d'Allemagne, ceux réfugiés d'Égypte, du Maroc, de Tunisie, de
Syrie, du Liban, d'Irak, de Perse, du Yémen, ceux au teint jaune venant de
Cochin, les juifs de couleur foncée d'Éthiopie, ceux victimes de
l'antisémitisme dans l'ancienne URSS et ceux fuyant des pays où, comme à
Paris il y a encore quelques mois, on crie "mort aux juifs".
Pendant ce temps, des malheureux qu'une propagande aveugle a incité à la
fuite, sont devenus la chair à canon de politiciens haineux. Au lieu de
consacrer l'argent de l'UNWRA à nourrir ces fils de l'Islam dans des camps
misérables, l'immense et richissime empire musulman qui s'étend de la Mer
de
Chine jusqu'à l'Atlantique aurait pu aisément absorber ces quelques
centaines
de milliers de déracinés.
Seul Israël, si c'est cela que vous appelez colonisation, leur a donné
quelque dignité en leur fournissant, des années durant, du travail et la
main
tendue pour prospérer.
Mais l'entreprise suicidaire de ceux qui ont forgés une identité issue du
néant à force de propagande et de terrorisme au fil des années, a réduit à
néant tout effort de cohabitation pacifique.
Non Israël, votre colonisateur, n'a pas vocation au suicide et ses
habitants
qui ont tiré la leçon de l'histoire, sont bien décidés à se défendre en
frappant de plus en plus fort après chaque attentat.
Ils n'ont d'ailleurs aucune porte de sortie, contrairement à leurs
ennemis.
A chaque concession, ceux-ci répondent par une escalade dans les
revendications.
Pouvez-vous être sourd aux récents appels pour repousser Israël aux
frontières du 4 Juin 1967 ( donc coupure de Jérusalem en deux,
interdiction
pour les juifs d'avoir accès à leurs lieux saints dont les occupants
d'alors
avaient utilisés les pierres tombales pour paver leurs rues) et injection
de
plusieurs millions de soi disant réfugiés musulmans dans la structure
juive
mais démocratique d'Israël qui, de ce fait seul, serait rayé de la carte?
Nous nous sentons bien seuls, Monsieur Jean-Philippe Mestre, et les
leçons que l'on veut nous donner sont ressentis, ici, comme une réedition
de
la trahison de Munich en 1938, qui a conduit le monde entier à la
catastrophe.
Werner SALMON, de Jérusalem