Billet sur Radio Judaïque (19/11/2001

André Nahum

Lundi 19 Novembre 2001

Bonjour !

Je vous avais signalé lundi dernier cet article édifiant du Nouvel-Obs qui nous révélait "sans guillemets", les horribles forfaits des soldats de Tsahal, violeurs et assassins indirects de femmes palestiniennes.

Ce matin, je lis dans le Jerusalem Post que Shimon Peres veut élever une protestation à l'ONU au sujet d'une série de sketchs soi-disant humoristiques diffusée par la Télévision de Abou Dhabi le week-en dernier.

Il s'agit tout simplement d'un sketch montrant Ariel Sharon buvant le sang d'un enfant arabe sous le regard complice d'un rabbin grotesque. Dans une autre scènette tout aussi suggestive, Dracula-le-vampire, mord Sharon et tombe mort aussitôt car le sang de Sharon est empoisonné....

Voilà ce que l'on montre à des millions de personnes pour agrémenter les soirées de Ramadan qui devraient être au contraire si nous avons bien compris l'Islam une période de paix et de concorde. Je me souviens par exemple des nuits de Ramadan de ma jeunesse à Tunis avec les échoppes illuminées, la musique, les patisseries et les foules nombreuses arabes mais aussi juives qui fraternisaient dans la joie.

Aujourd'hui on montre dans la presse arabe y compris en Egypte, pays qui a signé la paix avec Israel et qui a récupéré en retour l'intégralité du Sinaï jusqu'au dernier centimètre des images dignes des crimes rituels du Moyen- âge, mais il n'y avait pas de télévision au Moyen-âge, tandis que leur diffusion sur les petits écrans les fait pénétrer aujourd'hui dans des millions de foyers qu'il conditionne dans la haine du juif..

Autrement dit la campagne antisémite d'origine arabe est malheureusement loin de diminuer d'intensité et tendrait plutôt à s'infiltrer en'Europe... Le gouvernement Israélien a remis des cassettes de ces emissions aux membres de la délégation européenne qui visite actuellement la région, c'est à dire le belge Guy Verhofstadt, l'italien Romano Prodi, président de la commission Européenne, et Javier Solana .

L'Europe absorbe une grande part de son commerce exterieur et malgré sa méfiance, Israél ne peut la négliger surtout en cette période de recession qui voit le PIB reculer de trois pour cent, mais si les Européens veulent jouer un rôle il doivent se montrer un peu moins complaisants envers les outrances arabes, un peu moins partiaux et un peu plus équilibrés dans leur approche du problème en cessant notamment de montrer sans cesse Israël du doigt...

Dans quel esprit, Ariel Sharon va-t-il recevoir le Premier Ministre belge alors que la télévision belge diffusait vendredi dernier un film britannique l'accusant d'être responsable du massacre de Sabra et Chatilla et que l'on s'apprête à le juger à Bruxelles pour crimes de guerre ?

Tout cela est navrant...Et inquiétant !...

Un dirigeant palestinien s'exprimant l'autre jour devant un journaliste Israélien lui a dit :"Vous avez un présent et vous n'avez pas d'avenir alors que nous Palestiniens avons un avenir et pas de présent". Concernant l'avenir, on pourrait lui objecter en reprenant les mots de Victor Hugo "L'Avenir n'est à personne Monsieur, L'avenir est à Dieu..."

Et quand au présent, il faut reconnaître avec lui que la situation du peuple palestinien n'a rien d'enviable et que ce n'est pas l'Intifada qui l'améliorera..

Mais à qui la faute ?

La révolte palestinienne n'a rien amené de plus à sa reconnaissance en tant que nation, déjà acquise depuis les accords d'Oslo. Par contre, son économie est en ruines, le chômage atteint des sommets et la situation politique est bloquée.

Cette situation désastreuse amènerait plusieurs responsables politiques palestiniens à rechercher le moyen d'y mettre un terme sans perdre la face. D'autant qu'il est certain aujourd'hui qu'une majorité d'Israéliens seraient prêts à accepter la proclamation de leur état à condition que cessent les violences.

Un état palestinien dont l'administration américaine va reparler par la voix de Colin Powell après que Georges Bush l'ait déjà évoqué à la tribune de l'ONU. Mais le président américain boude manifestement Yasser Arafat puisqu"il ne l'a encore jamais reçu et ne lui a même pas prêté attention lors du dîner de l'ONU.

En pleine guerre contre le terrorisme, il lui est difficile de faire l'impasse sur la liberté d'action dont jouissent dans les territoires autonomes les diverses milices factieuses.

La déroute des talibans et de Oussama Bin Laden repose le problème des forces terroristes qui tiennent le haut du pavé dans les terrritoires autonomes, notamment à Gaza .

Si Yasser Arafat veut que l'administration américaine s'implique davantage dans le futur de la région, il doit mettre un terme au terrorisme physique et intellectuel et désarmer le Hamas, le djihad et les autres....

Ce qui n'est pas évident.

Edward Walker ancien secrétaire d'état-adjoint américain pour le Moyen- Orient, connu pour ses prises de position en faveur de l'auto-détermination des Palestiniens craint que si Yasser Arafat ne rompt pas avec le Hamas, son futur état ne sera jamais qu'un mini-régime Taliban auquel Israel s'opposera en permanence.

Et Walker tout comme Chlomo Ben Ami,ne croit malheureusement pas que Yasser Arafat signera un jour la paix avec Israel, car il n'a pas de vision de paix.

Situation complètement bloquée ?....

Ce n'est pas tellement sûr.

Un vieux proverbe judéo-Tunisien dit : "Après l'angoisse vient le triomphe""...

Le triomphe de la paix...veux-je dire...