Quatrième retour d'Israël

Albert Soued

QUATRIEME RETOUR D'ISRAËL

Ces quelques impressions après un mois en Israël ont été rédigées avant les événements actuels.

Du sang et des larmes. Voilà plus de quatorze mois que le pays subit une guerre d'usure déclenchée par l'Autorité Palestinienne, par un mauvais calcul. On ressent une certaine amertume devant l'absurdité des morts avec leur cortège de blessés, d'handicapés et d'orphelins. Du côté israélien on dénombre 235 morts au 4/12, soit 12 000 à l'échelle américaine. Pour le tiers de ce nombre, les Etats-Unis sont partis en guerre en Afghanistan pour châtier les coupables !

550 morts depuis Oslo, une véritable guerre !

Malgré toutes les souffrances qu'il inflige à son peuple, Arafat reste pourtant un héros. Parce que depuis qu'il a signé les accords d'Oslo, Arafat endoctrine son peuple dans la haine des juifs et d'Israël, dans les écoles, dans les mosquées et dans les médias. Au lieu de construire un pays, il a formé une génération de tueurs en herbe, désoeuvrés et haineux. Le niveau de vie de la population palestinienne a été divisé par 3 en 8 ans, pendant que la clique qui gouverne s'est enrichie par la corruption et par le détournement des subsides occidentaux. L'Autorité Palestinienne n'est qu'une bande de voyous à la tête d'une gigantesque escroquerie basée sur la culture d'une situation de victime devenue fausse!

Arafat s'est fixé comme objectif la destruction d'Israël de l'intérieur, à petit feu, en terrorisant et en démoralisant la population, en l'affaiblissant par divers moyens diplomatiques et en la divisant, s'appuyant pour cela sur une certaine gauche pacifiste et sur la majorité des arabes israéliens. La Palestine qu'on lui propose ne l'intéresse plus. Il vise la Palestine du mandat britannique, voire celle de la déclaration Balfour, comprenant la Transjordanie, où on trouve 70% de Palestiniens. Il ne sera pas apaisé si on lui cédait encore quelques implantations stratégiques et quelques arpents de terre aride. Bien au contraire, ces concessions seront un prétexte pour intensifier sa guerre de harcèlement.

Pour sortir de cette impasse, il faudrait qu'un coup d'Etat improbable change la donne dans l'Autorité Palestinienne ou que les Etats-Unis se décident enfin à autoriser Israël à mettre un terme à la situation actuelle (depuis le 2/12, il semble que cela soit fait).

Pour prendre une image, nous sommes dans un match qui ne se termine pas parce que l'équipe adverse triche pour compenser sa soit-disant faiblesse et que l'arbitre ferme les yeux, sous prétexte d'une neutralité à toute épreuve. Au besoin, cet arbitre change les règles du jeu pour éviter que le match ne se termine. Pourtant un fan de l'équipe adverse lui jette une pierre sur la tête depuis les tribunes, acquises à l'équipe qui triche mais qui porte le masque de victime. L'arbitre se contente d'envoyer ses sbires calmer l'excité et il n'arrête pas le match. Comme s'il craignait de ne plus revenir sur le stade. Alors il maintient la tension et les coups au but n'en finissent pas !

Du côté israélien le moral et la détermination semblent pour le moment à un niveau élevé. Une partie de la gauche s'est amendée, commence à se poser des questions ou découvre qu'on ne peut imposer une paix à un adversaire qui n'en veut pas. Mais il reste une minorité d'irréductibles qui cherchent à justifier leur théorie coûte que coûte et continuent à échafauder de dangereuses utopies telles qu'un Etat binational appelé " Israpal " ou " Palisra ", où le judaïsme serait dévoré en deux générations, le juif étant ramené à l'état de " dhimmi ", comme le souhaitent tous les arabes. Je suis stupéfait par les intellectuels israéliens qui, bien à l'abri dans leurs universités, se torturent l'esprit pour accoucher de poncifs inadaptés au milieu environnant, tels que " encore plus de démocratie ", " égalité des chances " ou " juste droit au retour des réfugiés arabes ". Pendant ce temps là le mensonge, l'autocratie et la corruption règnent au delà des frontières, et les tueurs continuent leur " tir au pigeon " ou se font sauter dans les villes et les autobus de la seule démocratie du Moyen Orient. Ces alliés objectifs de l'adversaire tiennent des propos défaitistes quand ils ne sont pas " révisionnistes ", très vite repris par les médias palestiniens comme témoignage de leur juste cause qui n'est ni plus ni moins que " ôte-toi delà, pour que je m'y mette ".

En contrepoids à ce défaitisme de la peur ou de l'utopie, on rencontre aux frontières, aux confins de la Judée, de la Samarie et de Gaza des villes qui se développent dans l'harmonie et qui abritent des familles solidaires et heureuses de vivre et de pratiquer leur judaïsme, chacune à sa manière. Ces villes rappellent l'esprit pionnier qui animait encore Tel Aviv dans les années 30 ou 40 du siècle dernier…

A titre d'exemple, avant l'arrivée d'Arafat de Tunis, les habitants d'Efrat avaient des relations amicales avec les villages arabes voisins. Rav Shlomo Riskin entretenait même une équipe arabe de football et avait une caisse sociale qui leur était réservée. A son arrivée Arafat a prévenu que tout arabe acceptant un shékel d'un juif recevrait une balle dans la tête !

Depuis 1947, toutes les initiatives prises par les Nations-Unies, les américains ou les israéliens se sont soldées par un échec, à cause du refus arabe d'accepter une entité juive, indépendante et différente, au sein du Moyen Orient. Cet ostracisme ombrageux et têtu n'a apporté aux Etats arabes que des malheurs et a sans doute empêché leur développement et leur évolution vers des sociétés démocratiques.

Ce petit jeu peut encore durer un certain temps. Pas longtemps. Il appartient aux Etats-Unis de rompre le cercle vicieux, au lieu de mimer l'Angleterre impériale, qui divisait pour régner. Il faut que l'arbitre comprenne que le match n'a que trop duré. Il faut qu'il mette un terme aux coups au but et qu'il déclare la partie terminée. Pour cela il faut qu'il laisse Israël vaincre la " tricherie " de la terreur.

30 novembre 2001

Albert SOUED