Même si nous ne partageons pas toutes les opinions émises par l'auteur de cette étude, il nous a paru nécessaire de la publier afin de montrer à tous la désinformation à laquelle l'Etat d'Israël est confronté.
LIVRE BLANC
La guerre qu'Israël refuse de mener
par Paul Giniewski
Israël est au coeur d'une crise qui ressemble à une guerre.
Elle a commencé par une phase initiale de tirs et de lancers de cocktails Molotov, derrière l'écran protecteur des jeunes lanceurs de pierres. Elle s'est transformée en l'espace de quelques semaines en une guérilla des route, avec des centaines d'attaques contre des véhicules, des attentats à la bombe, notamment contre un bus scolaire à Kfar Darom et un autobus au coeur d'Israël, à Hadera, des tirs contre les villes et les agglomérations, des incendies de forêt criminels, des destructions de récoltes.
L'objectif des Palestiniens est évident et a été partiellement atteint; libaniser le conflit, pour pousser Israël à abandonner la Judée-Samarie et Gaza; l'internationaliser pour permettre la création de l'État palestinien sans avoir eu à négocier ses frontières, à l'abri de "casques bleus" onusiens. Viendrait ensuite une négociation éventuelle, mais sur la base du fait accompli et sous la pression conjuguée de la guérilla et de la tutelle internationale.
Le gouvernement d'Ehud Barak s'est prêté à cette évolution désastreuse. Il a d'abord exigé l'arrêt de toute violence avant de reprendre une négociation. Puis une diminution de la violence. Il a enfin accepté, de facto, de reprendre des contacts diplomatiques et "sécuritaires" en dépit de la violence. Ce gouvernement s'est montré pusillanime et hésitant. Après chaque agression, Ehud Barak a condamné, annoncé qu'il ne tolérerait plus le terrorisme, promis des ripostes "intelligentes et efficaces". Elles ne se produisaient pas, ou étaient inintelligentes et inefficaces : destructions partielles d'immeubles sans importance réelle et pour la plupart vides et quelques exécutions de subalternes.
Interprétées comme signes de faiblesse par les ennemis d'Israël, ces réactions leur donnaient le sentiment de l'impunité et les encourageaient à redoubler de violence et d'exigences.
Cette situation, facile à déchiffrer en dépit de l'enchevêtrement des faits et des commentaires, a été rendue moins lisible avec la perspective des élections anticipées. Bien que battu par 79 voix sur 120 à la Knesset, Ehud Barak bénéficie d'un délai. Il le mettra à profit pour tenter de conclure un nouvel accord avec les Palestiniens et se présenter aux élections comme le faiseur de la "paix", les transformant en referendum. Les Palestiniens pourraient lui prêter la main, afin de conserver au pouvoir un gouvernement d'Israël plus favorable à leurs thèses qu'aucun autre ne l'a jamais été.
Le déchaînement des médias
Les médias ont poursuivi inlassablement leur couverture partiale des événements, surtout dans le style "cailloux contre blindés".
Exemple de ce style : Paris-Match, le 30 novembre, donne une photo sur deux pleines pages, de jeunes, la pierre à la main, face à quatre jeeps, "pour affronter les tirs des soldats israéliens". Un long reportage détaille leur malheur sous l'occupation et la répression, leurs morts et leurs 9000 blessés. L'attentat du 20 novembre contre l'autobus scolaire est rappelé en cinq lignes et illustré d'une petite photo. (1) N'est-ce pas le bus scolaire qui aurait du faire la "une" de Paris-Match, ou être illustré d'une immense photo sur deux peines pages ? Un long reportage n'aurait-il pas dû décrire l'attentat, commis avec un obus de 120 piégé, déchiquetant deux adultes et neuf enfants, dont trois, appartenant à la même famille ont eu les jambes arrachées ? N'aurait-il pas fallu raconter comment les terroristes ont délibérément visé les enfants ? Ils ont laissé passer la jeep militaire escortant le convoi, évité le convoi, évité les soldats, assassiné froidement les écoliers. Cailloux contre blindés ?
Pourtant, les témoignages sur la violence armée et cruelle des Palestiniens ne manquent pas, même si l'on tente souvent de la minimiser.
Un envoyé spécial du Figaro raconte ce qu'il a vu et entendu à Beth Jallah, d'où les terroristes ont tiré presque quotidiennement sur le quartier Gilo de Jérusalem. Ces terroristes ne s'en cachent pas. Le journaliste français décrit leurs tirs. "L'armée frappe (...) en réponse aux tirs palestiniens". "Ces tireurs palestiniens ne sont pas très loin". L'un des chefs locaux de ces terroristes, Mike, "fait le coup de feu". "Son groupe possède quelques fusils d'assaut M16 américains et kalachnikovs, et une mitrailleuse". Le journaliste rapporte les propos de Mike : "D'autres groupes qui tirent sur Gilo appartiennent aux mouvements islamistes, le Hamas et le Jihad islamique, nous marchons la main dans la main (...) nous n'arrêterons pas les tirs".
Ce terroriste avoue d'ailleurs, candidement, une vérité que les Israéliens n'avaient cessé de souligner, à savoir que la milice du Fatah, terrorise aussi la population de Beth Jallah, qui vivait auparavant en bonne intelligence avec Gilo. "Des gens, précise Mike, nous disent : arrêtez de tirer, nous avons des enfants, vous attirez les représailles". Ce même terroriste avoue aussi "tirer le premier", mais prétend qu'il cesserait le feu "si au bout d'une heure il n'y avait pas de réponse". On ne saurait être plus clair. Si les Israéliens acceptent de se laisser fusiller sans réagir, on pourrait peut-être cesser de les fusiller ! Un chef du Fatah de la ville voisine de Bethléem est encore plu clair : "Les tirs pourraient cesser si les observateurs de l'ONU arrivent". (2) Autrement dit, les tirs ont un objectif politique précis : internationaliser le conflit, obtenir de la communauté internationale ce que les Palestiniens n'ont pas arraché à Israël.
La vérité perce également dans un reportage de Georges Marion du Monde : "Peu à peu, les affrontements ont changé de nature. Aux manifestants majoritairement armés de pierres des premières semaines ont succédé les combattants armés de kalachnikovs, guerillos qui, souvent la nuit, font le coup de feu contre les soldats de Tsahal ou contre les colonies de Cisjordanie". (3)
Le plus saisissant, c'est le décalage entre ces aveux et la prétention de certains commentateurs et de certains hommes politiques de décrire le "massacre d'une population civile désarmée" par des chars et des avions d'assaut.
PARTALITE ET DESINFORMATION
La violence "excessive" israélienne
Les médias privilégient aussi la violence des contre-attaques israéliennes, notamment par l'illustration, qui affectionne volontiers les chars, les soldats armés lourdement, les armes en gros plans. Ainsi, pour illustrer un article sur l'assassinat d'un soldat israélien sur la frontière libanaise par le Hezbollah, Le Figaro donne une photo, sur quatre colonnes, d'un gros canon israélien faisant le feu, précisant en légende qu'" après l'attaque du Hezbollah, plus de 70 obus israéliens se sont abattus sur les collines et les vallons des bourgades libanaises de Chebaa et Kfar Chouba ". (4)
On privilégie aussi les souffrances endurées par les Palestiniens du fait des contre-mesures israéliennes.
Thierry Oberlé, par exemple, rapporte dans Le Figaro que "Barak coupe les vivres à Arafat", que "le gouvernement israélien a déclaré la guerre économique aux Territoires palestiniens", qu'" Israël gèle le transfert des fonds dus à l'Autorité palestinienne". "Ce nouveau durcissement (...) devrait priver l'administration palestinienne de la majorité de ses revenus". (5) N'eût-il pas fallu, au contraire, montrer à quel point Ehud Barak n'a pas déclaré la guerre économique ? Après de courtes interruptions, la main d'oeuvre palestinienne circule, de plus en plus nombreuse. Les transferts de fonds se poursuivent. Israël fournit l'eau, le carburant, le gaz, permet l'acheminement de l'aide humanitaire, etc, etc. Si Israël avait voulu asphyxier les Palestiniens, il aurait pu le faire. Il ne l'a pas fait.
Les cas de figure de partialité out été nombreux. On ne peut qu'échantillonner.
Le Figaro du 21 novembre nous apprend que "l'armée israélienne a choisi l'escalade hier à Gaza, après une attaque à la bombe menée par des Palestiniens contre un bus transportant des enfants de colons juifs". Ainsi, l'armée, elle, aurait choisi l'escalade. L'attaque d'un bus scolaire qui a causé des morts et des enfants mutilés à vie, n'aurait pas été, elle, une escalade sur l'échelle de la violence ? Et Le Figaro de permettre à un ministre palestinien de déclarer, dans ses colonnes, que "ces frappes confirment que le gouvernement israélien est un cabinet de tueurs". Et l'article n'est pas illustré par une photo de l'atrocité palestinienne commise sur les enfants, mais par une explosion nocturne à Gaza, ainsi légendée : "Le ciel de Gaza illuminé hier par une roquette israélienne qui a explosé en plein centre-ville". (6)
Incompréhension et ignorance.
Incompréhension, myopie aussi, dans ce passage d'un article de Georges Marion du Monde, décrivant la colère de manifestants, à Jérusalem, contre l'inertie du gouvernement. Il faut lire soigneusement le passage suivant : Une trentaine de manifestants ont bloqué un carrefour. "Survint un autobus conduit par un conducteur arabe. 'Mort aux Arabes' crièrent les jeunes gens qui, aussitôt, s'assirent devant le véhicule. Quelques-uns, plus enhardis, se mirent à taper en cadence sur le capot, réclamant vengeance pour les morts de l'attentat du matin. D'autres tournaient autour du véhicule comme s'ils cherchaient à y pénétrer. La tension monta, moite et dangereuse. Le premier coup de pied dans la porte, la première pierre contre la carrosserie, pouvaient déclencher le pire. Tentant de faire bonne mesure, le conducteur, bloqué, affichait un sourire crispé tandis que les crachats s'écrasaient sur son pare-brise. Après des minutes aussi longues que l'éternité, la police qui observait la scène, à quelques mètres, finalement intervint. Sans courtoisie mais, non plus, sans brutalité. Et avec une patience dont les manifestants palestiniens n'ont sans doute jamais bénéficié". (7)
Voici donc comment se sont conduits des manifestants extrémistes se réclamant du rabbin Meir Kahane, un mouvement interdit en Israël. Le correspondant du Monde ne s'aperçoit-il pas que, sous couvert de les accabler, il leur décerne un véritable brevet de modération, de sainteté ? Tandis que les ennemis d'Israël assassinent et lynchent, mutilent et torturent, attaquent à la bombe des autobus bourrés de civils et d'enfants, ces manifestants juifs s'asseyent devant l'autobus conduit par un Arabe. Ils crient. Ils tapent sur le capot. Ils crachent ! Les conducteurs juifs d'autobus et leurs passagers auraient été heureux si les "manifestants" palestiniens, eux, s'étaient assis devant leurs véhicules, avaient tapé sur les capots, avaient craché ! Les Palestiniens faisaient cracher leurs kalachnikovs. Les Israéliens ne bénéficient pas de la patience de la "police" palestinienne.
Peut-être les quelques lignes de Georges Marion en disent-elles plus que de longues analyses, sur l'abîme qui sépare les méthodes de combat des protagonistes du conflit et sur l'immensité de l'injustice, de l'aveuglement de la plupart de ceux qui en relatent les péripéties. Les médias participent à la satanisation d'Israël notamment par l'emploi répétitif, obsessionnel, d'un certain vocabulaire. Les mots "colons", "colonies", "implantations" reviennent des milliers de fois, chaque jour, dans la presse, chargés de connotations faisant remonter à la surface le réminiscences péjoratives de "colonisation", " colonisés" et "colonisateurs". Quand les terroristes ont attaqué le bus de ramassage scolaire, les médias ont annoncé "deux colons tués et neuf blessés" et les enfants étaient aussi des "enfants de colons". Des colonisateurs en herbe ?
Analysons un cas précis.
Rendant compte de la manifestation de dizaines de milliers d'Israéliens à Jérusalem, le 22 novembre, réclamant une intervention plus musclée de l'armée, une correspondante du Monde parle de "dizaines de milliers de colons", d'une "foule de colons", de slogans du "Conseil des implantations juives". Les manifestants sont venus des "colonies". Toujours l'obsession. Or les sondages font état d'une majorité d'Israéliens demandant une intervention plus musclée. Ils ne seraient pas descendus dans les rues, les "colons" seuls les auraient envahies ? La vérité perce dans une autre remarque de la journaliste. Elle fait état d'"une centaine de militants d'extrême gauche (qui) contre-manifestait pour demander l'évacuation immédiate des territoires occupés". (8) Tout ce qui s'oppose à ces extrémistes, tout ce qui résiste serait-il "colon" ?
Ironie du sort : les dizaines de milliers d'Israéliens appartenant à tous les partis qui ont afflué à Jérusalem venaient de toutes les régions du pays, pas seulement des "colonies". Des milliers de résidents de Judée-Samarie (les "colons" des médias) s'étaient abstenus, étant donné la fermeture de nombreuses routes et le danger de voyager dans les "territoires" la nuit.
Un certain langage des médias va encore plus loin dans le genre du dérogatoire. Un barrage a été installé par Tsahal près de la "colonie juive" de Morag : "pour intercepter sa proie" ( nous soulignons le mot "proie") et cette proie n'est autre qu'un chef terroriste. Près de Kfar Darom, l'armée "prépare le décor" de la guerre. "Les vergers de citronniers et les plantations de dattiers sont abattus pour empêcher les guet-apens. Leurs propriétaires palestiniens sont priés d'aller au diable". (9) "Diable" et "proie" ne sont pas des mots dénués de charge émotionnelle. La vérité est qu'on a abattu des arbres qui avaient servi à des tireurs d'élite pour assassiner des Israéliens. Pourquoi "les vergers", "les plantations" comme si l'armée d'Israël pratiquait la terre brûlée et dévastée ?
Des médias ont traité avec la même désinvolture mêlée d'incompétence, des informations pouvant noircir les Palestiniens.
Yasser Arafat a donné son aval à la poursuite des attaques contre les Israéliens, sous couleur de demander de ne plus tirer à partie de la zone "A", sous son contrôle. Les médias ont annoncé "un geste d'apaisement" d'Arafat, un "ordre de cessez-le-feu". Ils n'ont pas expliqué que le "geste" impliquait qu'on pouvait attaquer librement les Israéliens à partir des zones "B" et "C" (sous contrôle total ou partiel israélien). De même, l'autorisation, l'ordre en réalité, donné officiellement à la "police" palestinienne, le 21 octobre, de se servir de ses armes "pour défendre la population palestinienne contre les colons", c'est à dire de participer à leur assassinat, n'a pratiquement pas été mentionné par les médias en France. La "police" palestinienne y participait d'ailleurs depuis le commencement des émeutes.
L'ordre de libre carnage des Israéliens est en fait plus large. Hussein Sheikh, un dirigeant du Fatah de Judée-Samarie, a déclaré que ses membres avaient reçu l'ordre d'attaquer tout soldat et tout "colon" en Cisjordanie et à Gaza. Les médias français ont passé sous silence cet ordre qui ternit le mythe des "cailloux contre blindés".
Mais lorsque des dirigeants du Fatah protestent contre l'exécution, par Israël, de quelques-uns d'entre eux, les médias prêtent leurs colonnes aux terroristes qui se plaignent d'être punis.
Ce que les médias ont tu
Les médias ont aussi beaucoup péché par omission. Recenser les cas est évidemment impossible. On ne peut que citer des exemple de faits omis.
Les services israéliens sont intercepté diverses conversations de Yasser Arafat avec ses lieutenants. Dans l'une, il recommande aux dirigeants du Fatah : "Ne tenez pas compte de mes propos aux médias. Continuez la lutte". (10) Les médias français n'en ont pas fait état.
Le 19 novembre, au Congrès de la femme arabe, qui s'est tenu au Caire, le secrétaire général de la Ligue arabe a salué les mères qui offrent leurs fils pour vaincre le néo-nazisme israélien. Les médias français n'ont pas reproduit ces propos.
Ariel Sharon, le chef du Likoud, est souvent traité par les médias de la manière que l'on sait. On reproduit les positions qui lui sont prêtées par les ennemis d'Israël dans l'affaire de Sabra et Chatila (un massacre de Palestiniens par des chrétiens libanais). En même temps, on traite avec respect, voire déférence, des dirigeants palestiniens qui, sous diverses étiquettes, dont celle de l'OLP, ont organisé l'assassinat des athlètes israéliens aux jeux olympiques de Munich, des enfants de l'école de Maaloth, des attaques de synagogues en Europe, des détournements d'avions, et qui continuent de massacrer des civils israéliens et des enfants palestiniens envoyés en "martyrs".
On trouve aussi beaucoup d'ignorance et de traitement cavalier de la simple réalité historique. Donnons-en un exemple précis.
Dans un reportage sur "Ces colons qui barrent le chemin de la paix", l'envoyé du Nouvel Obervateur évoque "en avril 1968, à la tête d'un petit groupe d'activistes religieux et ultra nationalistes", un rabbin "qui débarque (...) pour réinstaller les Juifs dans la cité des Patriarches" et qui reçoivent "l'autorisation de bâtir Kiryat Arba" en 1970. (11) Le lecteur peu versé en histoire peut imaginer qu'on a choisi d'implanter des Juifs sur une terre étrangère, rebaptisée Kiryat Arba.
Or Kiryat Arba ou Hébron (de l'hébreu "haver", l'ami), existait à l'époque biblique. Hébron est citée soixante-quatre fois dans la Bible hébraïque. Hebron a une longue histoire juive. David en fit sa ville royale, y fut d'abord fait roi de la tribu de Juda, puis de tout Israël. Hérode y bâtit le mur qui enserre le tombeau des Patriarches. Sous le régime romain et même après la conquête musulmane, les Juifs continuèrent de vivre à Hébron. Le calife Omar leur permit d'y bâtir une synagogue. Ils n'en furent éliminés, temporairement, qu'à l'époque des Croisés. L'entrée du tombeau des Patriarches leur fut interdite jusqu'à la fin du XIXe siècle, mais la communauté juive ne cessa d'y vivre dans l'attachement à sa spiritualité, pratiquant le commerce et l'artisanat. Il y avait 1500 Juifs à Hébron en 1895. En 1929, sa population juive fut sauvagement agressée. Soixante-huit Juifs, femmes et enfants compris, furent massacrés par les habitants arabes, dans des conditions préfigurant le lynchage des soldats israéliens à Ramallah. Les synagogues furent rasées. Reconstituée en 1931, la communauté fut à nouveau décimée lors de l'Intifada de 1936. Occupée en 1948 par les Jordaniens, Hébron fut rendue "judenrein", son quartier juif fut détruit et son cimetière juif oblitéré. Jusqu'à la libération de 1967, qui permit le "débarquement" de 1968 ...
Mais pourquoi les Juifs auraient-ils dû, devraient-ils renoncer à revenir chez eux à Kiryat-Arba-Hebron, à annuler fût-ce en partie, ce que les pogromistes de 1929, de 1931 et de 1948 avaient commis ?
Et que devraient faire les habitants du quartier de Gilo de Jérusalem ? L'évacuer pour se soustraire aux tirs de Beth Jallah ? Abandonner leurs maisons pour que des Palestiniens "pacifiques" viennent occuper cette "colonie" ? C'est exactement ce que la Fatah leur a recommandé : marcher en masses pour récupérer "leurs" terres. Mais si Gilo était "libérée", qui imagine que la revendication s'y arrêterait ?
Le 19 octobre, quelques touristes israéliens étaient partis en promenade sur le mont Ebal, près de Naplouse. Ils ont été pris sous le feu des Palestiniens, l'un d'entre eux fut tué et plusieurs blessés. Chani Luria, une institutrice se souvient de 'leur calvaire, aux flancs de la colline, en terrain découvrit, tentant de couvrir un bébé de son corps. Quelqu'un lui cria : "Empêchez-le de pleurer. Il nous fera repérer !". Plus tard, elle a témoigné : "Je me suis souvenue des Juifs, pendant la shoah, qui devaient empêcher à tout prix un enfant de faire du bruit pour que la Gestapo ne découvre pas les parents cachés ..."
Israël est-il redevenu un ghetto cerné par la Gestapo ? Les Juifs doivent-ils s'y terrer ? C'est exactement ce que voudraient leurs ennemis. Doit-on leur donner raison, ne pas se promener sur le mont Ebal, se retirer de Gilo, de Jérusalem, de Judée-Samarie, de la Galilée ? Ne plus voyager sur les routes parce qu'on y risque des pierres, des cocktails Molotov, des rafales de kalachnikovs ? Rien ne satisfera les ennemis d'Israël. C'est jusqu'en Europe qu'ils veulent refouler les Juifs. "Décampez ! Décampez !" leur a lancé un grand poète palestinien, Mahmoud Darwich, ajoutant : "En emportant aussi vos morts ..."
Rémi Bar-Giora, un psychologue établi à Jérusalem, s'est penché sur les dangers auxquels sont exposés les enfants israéliens. "Je pense à nos grands-parents et arrière-grands-parents, qui ont créé nos premiers villages et kibboutzim. Les enfants mouraient de maladies et d'agressions. Je suis sûr que leurs parents restés en Europe, leur conseillaient de rentrer, de soustraire leurs enfants au danger. Mais ils ne l'ont pas fait. Et nous avons notre État, et c'est en Europe que les Juifs ont été annihilés". (12)
Ces réalités, cette face de la réalité israélo-arabe, les médias qui comptabilisent minutieusement les pertes que les Arabes se sont infligées, ils ne l'ont pas relatée.
La vérité sur les pierres
Ils n'ont pas relaté non plus comment les pierres qui veulent tuer et tuent.
Des attaques par des civils désarmés, il y en a effectivement eu. Mais pas du tout celles que les médias ont décrites : quelques lanceurs de pierres face aux blindés.
Les Palestiniens ont développé une technique qu'ils croyaient sans réplique : l'attaque par une foule compacte contre un village juif ou une troupe isolée. Le 2 octobre, une foule de 200 Palestiniens a agressé quelques garde-frontière à Arrabeh. Les garde-frontière ont tiré. S'ils ne l'avaient pas fait, ils auraient été massacrés, démembrés comme les deux soldats lynchés à Ramallah.
Erez Kreisler, le chef du conseil régional de Misgav, rappelle le cas de quatre policiers bombardés à coups de pierres et de cocktails Molotov par la marée humaine hurlant "Mort aux Juifs !". Ils avaient épuisé leurs gaz lacrymogènes et leurs balles en caoutchouc. Que devaient-ils faire ? Quand vous êtes isolé, faisant face à cent hommes vociférant, les yeux remplis de haine, qui vont vous massacrer, devez-vous les laisser faire pour satisfaire les télévisions ? Une seule attitude est-elle politiquement correcte pour les Juifs : se faire tuer sans résister ?
Rachel Urlansky a traversé le village d'Ouja le 6 octobre. Il y avait un petit garçon sur le bord de la route. Il s'est borné à lancer une pierre, une simple pierre, grosse comme le poing. Elle a traversé le pare-brise, elle a fracassé la mâchoire de Rachel. "La voiture était pleine de sang", raconte-t-elle. On l'a soignée à l'hôpital Hadassah de Jérusalem. Son visage était tuméfié et gonflé.
Les journalistes n'ont pas relaté non plus la détresse des agriculteurs dont les serres étaient détruites par les émeutiers, les milliers d'hectares de forêts incendiées qu'il faudra trente ou quarante ans pour ressusciter, les récoltes arrachées, piétinées, les voitures incendiées. Qui se soucie de ce qui n'est pas palestinien, de ce qui n'est que juif ?
Les tireurs palestiniens n'intéressent pas les télés. On ne les voit armés, tirant en l'air, qu'aux enterrements. Seuls sont photogéniques les ballets interminables de jeunes armés de frondes, d'Israéliens faisant le coup de feu, de chars impressionnants. Seule subsiste la litanie récitée invariablement. Des terroristes attaquent et tuent sur les routes, au milieu des villes israéliennes.
Mais on nous apprend que "des hélicoptères israéliens ouvrent le feu sur les écoles palestiniennes". Une voiture piégée explose au milieu d'un marché. Mais on récite : "On massacre des enfants palestiniens ..."
Shimon Peres lui-même, l'hyper-colombe qui prône des négociations fût-ce sous le feu des terroristes, a admis que l'intensification des violences était due, notamment, à des "raisons plus essentielles" (que les sentiments qui alimentent la violence) "qui concernent le rôle des médias. Car, aujourd'hui, ce que montre la télévision est plus fort que ce qui se passe réellement sur le champ de bataille ". (13)
Du côté des Anglo-saxons
Ce survol lacunaire s'est borné, par la force des chose, à quelques cas précis concernant la presse française. Les mêmes fautes, les mêmes carences se constatent dans la presse d'autres pays.
Le journaliste israélien Daniel Doron donne un aperçu des médias électroniques anglo-saxons.
Quand des centaines d'Arabes attaquent quelques soldats, avec des pierres, des blocs de béton, des bombes, des armes automatiques et de la dynamite, on les appelle "manifestants" comme s'ils défilaient pacifiquement avec des banderoles.
Les actions défensives israéliennes sont toujours présentées comme des agressions, des attaques. Le 13 octobre, la CNN a fait état d'une centaine de morts palestiniens, "dont près de deux douzaines d'enfants". Or le 27 octobre, une liste arabe mentionnait 8 enfants seulement.
Le jour du lynchage de deux soldats à Ramallah, la BBC a rapporté que les agresseurs israéliens ont arrosé sans raison les civil arabes "avec des vagues successives de missiles". Rappelons qu'Israël avait tiré deux missiles contre un poste de police palestinien inoccupé.
La CNN et la BBC ne montrent pas les enfants utilisés comme boucliers vivants par des soldats palestiniens armés présentés comme "policiers" ou "manifestants civils", attaquant des Israéliens dans l'intention de les tuer. On ne mentionne jamais que les soldats israéliens, s'ils ne tiraient pas, seraient débordés et massacrés brutalement, comme à Ramallah.
Les assauts orchestrés par Arafat constituent une guerre d'usure, mais sont décrits comme des "protestations", des affrontements" qui se produisent spontanément à la suite de soi-disant "provocations" israéliennes. (14)
Même certains journalistes occidentaux commencent à comprendre et à dénoncer ces abus. Ils ne sont pas nombreux.
Parmi eux, Tom Gross, le correspondant du Sunday Times de Londres à Jérusalem, donne quelques exemples de la croisade des médias et de ses conséquences. "La porte-parole palestinienne Hanan Ashrawi, prétend sur CNN, sans être démentie, que les liens du judaïsme avec le tombeau de Joseph à Naplouse ont été 'inventés'. Dans la plupart des reportages, l'agression arabe est systématiquement diapasonnée, tandis que les Israéliens, qui ont été en fait sur la défensive, sont présentés comme des monstre. Un article du New York Times parle de "populace juive en fureur", mais de "protestataires" et de "manifestants" arabes (...). Le Times de Londres a publié un article en première page - apparemment basé sur l'imagination fertile du journaliste - laissant entendre que les troupes israéliennes visent délibérément les Palestiniens aux testicules (...). On nous raconte que Sharon était allé sur un lieu saint musulman, mais on a à peine mentionné qu'il avait, en fait, visité le lieu le plus saint du judaïsme, où il avait été de nombreuses fois précédemment. Certains journalistes occidentaux ont écrit que Sharon avait pénétré dans la mosquée. Même les Palestiniens ont reconnu qu'il ne l'avait pas fait".
Et Tom Gross de mettre en garde contre les conséquences de ces distortions :"Dans un monde où les sentiment antisémites demeurent malheureusement si répandus, les médias portent une responsabilité spéciale. Rendre compte à faux, exagérer, simplifier, stéréotyper et invectiver sans limite comme le font les journalistes occidentaux, entraîne des effets pour les Juifs du monde. Il est intéressant de noter que de nombreux journalistes (...) qui n'ont pas été dans le passé très favorable à Israël, commencent à être plus ouverts."
Mais pourquoi ne le disent-il pas, hautement ? Certains se sont plaints, écrit Tom Gross, que "les reportages favorables à Israël ne sont pas retenus par les rédacteurs en chef." (15)
PIERRES - ENFANTS-GUERRIERS
La guerre des enfants
La guerre des enfants s'est poursuivie. Ses implications éthiques et politiques, les responsabilités aussi, commencent à mieux se préciser.
Cette guerre est préméditée, organisée. Avant d'être envoyés au front, les enfants sont photographiés. S'ils sont tués, leurs photos sont prêtes pour l'enterrement et serviront à la guerre de propagande. Un sondage d'opinion récent de l'université de Bir Zeit indique que 26 % des Palestiniens approuvent la participation des enfants aux émeutes. Le recours aux enfants-martyrs est donc motivé par des causes politiques. L'indifférence à leur mort, dans leur propre communauté, a aussi des causes culturelles profondes.
Paul Fenton, islamologue, professeur au département des études arabes et hébraïques de Paris IV-Sorbonne, explique que "le Coran considère le djihad comme le devoir de tout musulman majeur. Les femmes et les enfants jusqu'à l'âge de la puberté n'ont pas cette obligation. Cependant, si cela devient une nécessité absolue lorsque l'Islam est menacé, le femmes et les enfants peuvent prendre part à la guerre. A partir de la puberté, disons 13 ans, le martyre est une valeur suprême pour gagner l'au-delà".
Pourquoi le djihad contre Israël ? Historiquement, Juifs et chrétiens étaient tolérés dans les pays musulmans, à condition qu'ils soient soumis. "Or, l'émergence de l'Etat d'Israël constitue une rupture de cet état de fait. Le Juif n'est plus soumis à l'Islam, il est au contraire en position de force, ce qui crée la condition du djihad".
Paul Fenton évoque aussi le fossé séparant Palestiniens et Israéliens, héritiers de deux traditions différentes face à la vie et à mort. Dans le judaïsme, "si la vie humaine est menacée, même de façon théorique, un Juif a le droit d'enfreindre un précepte", un commandement sacré. Et Fenton d'opposer à cet attachement fondamental à la vie un propos entendu de la bouche d'un Palestinien ; "Nous aimons la mort autant que les Juifs aiment la vie". (16)
Le même propos, dans la bouche d'un officiel du Fatah interviewé par France 3, est cité par un spécialiste en psychiatrie infanto-juvénile, Georges Gachnochi, pour expliquer les racines psychologiques du recours aux enfants-guerriers et de la connivence d'enfants avec leur emploi. "L'impact des images semble être le but recherché". On utilise donc des enfants pour évoquer le combat de David contre Goliath, et renvoyer aussi, dans le subconscient chrétien, "à toutes les accusations de meurtre rituel que l'on a pu entendre au cours des siècles". On oppose "le pauvre peuple palestinien au puissant peuple israélien". Par là on fait oublier que le monde arabe, une "hyper-force, est derrière les Palestiniens. C'est un choix délibéré. Et "les parents laissent faire. Lorsqu'une mère palestinienne déclare à la télévision qu'elle est plus heureuse lors des obsèques de son fils que le jour de son mariage, ou lorsque Yasser Arafat dit à son peuple 'faites dix enfants, deux pour vous et huit pour moi', il est bien évident qu'on incite très fortement à agir".
Quant à l'enfant, sa "tendance naturelle est de donner libre-cours à son agressivité (...). Et tant qu'on laisse faire l'enfant, il continue de plus belle". Faire partie d'une masse "procure le sentiment de toute-puissance (...). On va triompher dans la mort, dans celle des autres et éventuellement dans la sienne". (17)
Certains médias, après l'attaque du bus scolaire de Kfar Darom, ont mis en parallèle le enfants israéliens mutilés et les enfants palestiniens lanceurs de pierres. Le parallèle est scandaleux.
Des enfants palestiniens ont certes été blessés et tués. Mais à qui la faute ? Ces enfants étaient envoyés sciemment, cyniquement à la mort par des parents criminels et des organisations terroristes. Les enfants israéliens sont assassinés avec la même préméditation par les mêmes terroristes. Redisons, répétons jusqu'à en donner la nausée à ceux qui veulent l'ignorer, qu'à Kfar Darom les terroristes ont posé la charge, un obus de 120 piégé, sur le bord de la route et l'ont mis à feu à distance. Ils avaient surveillé le passage des véhicules. Ils ont volontairement laissé passer la jeep militaire escortant l'autobus. Il ont délibérément fait sauter l'obus au passage des enfants. Il n'y a pas de symétrie entre les "deux" guerres dont sont victimes des enfants juifs et palestiniens. Les enfants israéliens attaqués dans leur autobus à Kfar Darom se rendaient à l'école. Les enfants palestiniens lançaient des pierres et des cocktails Molotov et servaient de bouclier aux terroristes. Il y a une seule guerre des enfants : celle que livrent les terroristes contre les enfants arabes et les enfants juifs.
Cela n'a pas été perçu par la conscience internationale. L'utilisation criminelle d'enfants sacs-de-sable, d'enfants-boucliers n'a été dénoncée par aucune des grandes organisations humanitaires qui prétendent défendre les droits de l'homme. Pourtant, cette utilisation a même fait l'objet d'un échange révélateur dans ..... la presse arabe !
Une journaliste libanaise, Hoda Husseini, a condamné sévèrement ce crime et Yasser Arafat spécifiquement, dans un article du 25 octobre intitulé : "Pour la défense des enfants de Palestine". Elle interroge : "Sommes-nous à ce point dénués de moyens, que nous devions jouer avec la vie d'enfants en les poussant à affronter Israël ? Quelle guerre d'indépendance surgira-t-elle du sang des enfants, alors que les dirigeants et leurs enfants et petits-enfants sont à l'abri ? " C'est une "tactique cynique", "folle" et "immorale" de l'Administration palestinienne. (18)
Le rédacteur en chef du quotidien de cette administration, Hafiz Barghouti, a promptement répondu par une attaque venimeuse contre la journaliste libanaise. Le véritable problème, c'est que certains journaux arabes sont trop "assimilés" (aux moeurs de l'Occident) et influencés par "l'argent juif". Il conseille aux journalistes occidentalisés "de ne plus faire campagne avec des crayons à mine de plomb mais avec des balles de plomb". (19) Quelques jours plus tôt, dans le même journal, Barghouti avait célébré le rôle des enfants, "les troupes de choc" de la libération palestinienne. Empêcher les enfants d'y participer serait "l'une des plus graves transgressions" qui "nous fait plus de tort que les balles" israéliennes. Ceux qui refusent de mettre leurs enfants en danger sont comme des traîtres, "ils constituent une cinquième colonne". (20)
Ces propos dévoilent l'un des visages de l'administration palestinienne. On ne peut douter qu'elle soit en prise avec l'opinion qui prévaut dans la population palestinienne. Lors du sondage d'opinion conduit par l'université de Bir Zeit, 62,3 % des interrogés approuvaient des attaques armées contre tous les Israéliens, civils et militaires.
L'enseignement de la haine
Les enfants lanceurs de pierres, leur entraînement à la kalachnikov sont, enfin, l'aboutissement d'un processus éducatif. On prend des innocents et on en fait des haïsseurs des Juifs. Ce processus commence dès l'école, dès le jardin d'enfants.
Le Centre pour la surveillance de l'impact de la paix, fondé en 1998 aux Etats-Unis, a publié une étude sur les manuels d'enseignement palestiniens, datant de plus de deux ans et officiellement admis par l'Autorité palestinienne qui contrôle programmes et publications scolaires. Plus de 700 000 enfants utilisent ces manuels, dans 550 écoles. Ce rapport avait été communiqué au Sénat américain avant les discussions de Wye Plantation et remis personnellement par le président Clinton à Yasser Arafat.
Sur les 158 citations retenues par le rapport, l'UNRWA (l'Agence des Nations unies pour l'assistance aux réfugiés palestiniens) en a reconnu 143 comme "agressives" ou "antisémites" selon ses propres critères. La totalité de ces manuels contrevient aux accords de Wye Plantation et d'Oslo, qui interdisaient toute propagande hostile. Les grands médias ont largement ignoré cette incitation à la haine antijuive, de même que les grands intellectuels si attentifs à dénoncer les incitations à la haine raciale.
Voici quelques exemples de textes incitateurs.
A propos du conflit entre Mahomet et les Juifs de Médine : "Enseignement à tirer : ... il faut se méfier des Juifs, car ils sont traîtres et déloyaux". (Education islamique, Neuvième, n°589, p79).
"Jérusalem est une ancienne cité arabe, construite par les Jébuséens avant l'Islam". (Education islamique, Huitième, n 576, p50).
"Rappelle-toi : le résultat final inévitable sera la victoire des Musulmans sur les Juifs." (Notre langue arabe, Cinquième, n°542, p 67).
"Comprendre le caractère raciste et agressif du mouvement sioniste. Résumé des similitudes entre nazisme, fascisme et sionisme". (L'Histoire moderne des Arabes et du monde, Douzième, n° P - 115-11-003, p92).
A propos de l'incendie de la mosquée Al-Aksa à Jérusalem septembre 1969, provoqué par un Australien non-juif : "Cet incendie constitue un chapitre supplémentaire du complot sioniste, dont le but est de prendre le contrôle de ce lieu saint islamique qu'est la Coupole du Rocher et de toute la zone du sanctuaire de Jérusalem, et de détruire tout ce qui est saint pour l'Islam". (Recueil de textes littéraires, Huitième, n°578, p97).
"Déterminer le sujet et l'attribut dans la phrase suivante : le Jihad est devoir religieux de chaque musulman et musulmane". (Notre langue arabe, Cinquième, n°542, p167).
On trouve les qualifications suivante pour les Israéliens et les Juifs : fourbes, imposteurs, traîtres, déloyaux, animaux sauvages, agresseurs, bandits, ennemis, conquérants, détrousseurs, ennemis des prophètes et des croyants. Le sionisme est : l'ennemi, l'oppresseur, la cupidité. L'administration juive est raciste, etc.....
Une autre étude du Centre de surveillance, publiée en mars 2000, analyse un Guide des enseignements définissant les méthodes et les objectifs pédagogiques palestiniens. Voici sept de ces objectifs :
Convaincre que "le sionisme est un exemple de nazisme, fascisme et racisme".
Etablir que "le sionisme met en danger la société arabe et qu'il doit être jugulé".
Marquer que "le comportement démoniaque des Juifs est à l'origine de la persécution antisémite" (antijuive).
Affirmer que "le Judaïsme est une religion raciste."
Inculquer "la haine du sionisme".
Démontrer que "le sionisme est une part de l'impérialisme européen."
Expliquer que "Les Juifs acceptent volontiers leur propre persécution parce qu'elle leur est profitable."
Pour chaque objectif, des textes sont conseillés. Par exemple cette soi-disant citation du Talmud, tirée de l'Histoire contemporaine des Arabes et du monde (p 120) : "Nous (...) (les Juifs) sommes le peuple de Dieu sur la terre. Dieu a agi sur l'animal humain, sur toutes le nations et races pour qu'elles nous servent, nous (les Juifs) et il nous a distribués à travers le monde pour dominer (...). Les non-Juifs sont des porcs que Dieu a créés sous forme humaine pour qu'ils servent les Juifs pour qui Dieu a créé le monde." Or cette soi-disant citation est la quasi-redite d'une falsification de 1938 de Julius Streicher, le directeur du Stürmer nazi.
E. Echter, résumant l'étude du Centre de surveillance, en tire cette conclusion : "Si le monde libre ignore ces réalités de la politique arabo-palestinienne, c'est qu'il est aveugle (...). S'il les connaît et les cache, alors qu'il est complice d'incitation au crime, une nouvelle culpabilité qui entachera à jamais l'histoire de notre temps." (21)
Cet enseignement scolaire se prolonge à la télévision palestinienne, par des programmes destinés à la jeunesse. Les enfants-héros y sont proposés en modèle. On entend par exemple une fillette de douze ans entonner cette chanson : "Je veux être une kamikaze. Je n'ai pas peur de la mort. La vie a peu de valeur. Mon peuple saura que je suis une héroïne." (22)
L'endoctrinement se poursuit par des cours d'instruction civique, où des enfants miment des scènes d'affrontements et de victoire sur les Juifs. De même, dans les camps de vacances organisés par le Fatah, "des enfants de dix à quinze ans ont appris comment se comporter lors d'une manifestation, secourir un camarade blessé, tirer à l'arme automatique ou attaquer en groupe une localité juive pour l'incendier." (25) L'entraînement dans un camp de vacances a été montré par la télévision française, bien avant le commencement des émeutes d'octobre-novembre 2000.
Le 30 novembre 2000, le magazine " Envoyé spécial " de France 2 a consacré un reportage à la guerre des enfants. A côté des images obsessionnelles, cent fois vues, des lanceurs de pierres, on a montré des extraits (trop brefs) d'une cassette de séquences de la télévision palestinienne : endoctrinement d'enfants en âge du jardin d'enfants et de l'école primaire, récitation de slogans haineux, aspiration au martyre, et mères disant leur bonheur de voir leurs fils tués pour la cause et se disant prêtes à sacrifier leurs autres enfants. Cependant, les réalisateurs d'"Envoyé spécial" n'ont pas montré la monstruosité morale de l'envoi d'enfants en premières lignes, ni l'aspect juridique : à savoir que c'est un crime de guerre. On n'a pas interrogé les organisations internationales ou françaises de défense de l'enfant, les autorités politiques, des juristes, pour leur faire dire comment ils jugent cette monstruosité et ce crime.
Malheureusement, la guerre des enfants ne mobilise la conscience internationale qu'à contresens. Elle a servi et servira longtemps encore à vilipender Israël. Les voix qui devraient dénoncer ceux qui utilisent les enfants ne se sont pas élevées. Il y a plus.
La communauté internationale non seulement veut ignorer largement l'enseignement de la haine et ses conséquences, elle le finance. Le système éducatif palestinien a été mis sur pied dès 1994, grâce, notamment, à une aide financée par une trentaine de pays. C'est l'argent des contribuables de ces pays qui sert à imprimer les dizaines de milliers de livres scolaires dont le contenu a des traits communs avec les productions du délire nazi. Contre notre gré, on fait de nous tous les commanditaires d'un crime. Mais que penser des autorités des pays donateurs, qui connaissent les faits et n'interviennent pas ? Pourquoi tolèrent-elles l'incitation à la haine raciale ?
Au plan juridique, il existe des moyens de contrôler l'emploi de l'argent versé aux Palestiniens. Il existe, en tout cas, des outils juridiques interdisant l'utilisation d'enfants-guerriers. Le 25 mai 2000, les Nations unies ont adopté un protocole additif à la convention des droits de l'enfant. La participation d'enfants de moins de 18 ans y est interdite, dans quelque circonstance que ce soit, par les mouvements de guérilla. Par ailleurs, selon une Convention de Genève, tout recrutement et utilisation d'enfants-soldats est un crime de guerre. (24)
Mais que fait la communauté internationale pour faire châtier les criminels de guerre qui transforment des enfants en guerriers, en cibles, en bouclier ? Rien !
On se mobilise quand on maltraite les animaux de compagnie, les animaux envoyés à l'abattoir. On reste de glace quand des criminels envoient des enfants à la mort. Quand on assassine les enfants Juifs dans un bus scolaire, quand on transforme les enfants palestiniens en sacs-de-sable, en cibles, les organisations de défense de l'enfant se taisent.
Il faut ajouter que les Palestiniens ne sont pas les seuls à mener des campagnes antisémites. Ces excès sont courants dans d'autres pays arabes. Voici deux exemples récents.
Le 26 octobre 2000, le quotidien gouvernemental égyptien Al-Ahram a publié un long article d'Abdel Hamooda, expliquant la "bestialité" des Juifs qui assassinent des enfants arabes et les saignent pour confectionner les pains azymes de la Pâque : "Un Juif religieux n'a pas le droit de vivre dans les villes saintes pour les Juifs, à moins qu'il ne consomme l'une de ses matsas sanglantes. (25)
Ce fatras moyenâgeux de retrouve sous la plume de dirigeants. Ainsi, Mustafa Tlass, vice-président syrien, qui avait publié il y a quelques années Les matsas de Sion où il avait décrit d'imaginaires crimes rituels juifs, récidive de la même encre sur la présence juive à Jérusalem : "Les colons se réfèrent au 'retour au mont Sion' pour justifier leur colonisation de la région. Cette politique s'appuie sur un mythe entretenu par des Juifs religieux, selon lequel la colline où s'élève les deux mosquées d'El Aksa et le Dôme du Rocher étaient jadis le site du Temple juif. (26)
COMPLICITE DES DEMOCRATIES
L'Europe finance la guerre
Ce qu'on vient de dire de l'indifférence de la communauté internationale doit être assorti d'un léger correctif. Quelques voix se font entendre, notamment pour dénoncer l'enseignement palestinien de la haine des Juifs, mais quelques voix seulement, mettant d'autant mieux en relief l'immensité des silences officiels et publics.
François Zimeray, vice-président de la délégation Europe-Israël au Parlement européen, l'a interpellé sur le contenu des manuels scolaires que l'Union européenne subventionne. "J'ai découvert, dit-il, que l'enseignement palestinien était digne du Protocole des sages de Sion ou de Mein Kampf, à bien des égards. Un certain nombre de phrases que les manuels contiennent vaudraient une condamnation immédiate pour incitation à la haine raciale ou négationnisme sur le sol de l'U.E. Nous payons plus de 20 millions d'euros par an pour subventionner cette éducation, sans aucun contrôle sur son contenu. L'Europe peut appeler à la paix, en finançant cela, elle finance la guerre. J'ai aussi demandé la constitution d'une commission d'enquête parlementaire à la Présidence du parlement. Je demande que l'on cesse toute aide au système éducatif palestinien tant que ne sont pas purgés les passages antisémites." (27)
Claude Gloasguen, député de Paris, s'est exprimé dans le même sens. Les crédits européens, donc français, a-t-il déclaré sur une radio juive, servent à payer la police palestinienne qui ne réprime pas les émeutes mais y participe, la télévision qui incite à la haine. Cela se fait avec l'argent des contribuables français. Le député a vu les cassettes montrant les programmes enseignant la haine. Il dit avoir interpellé le Quai d'Orsay mais n'avoir pas reçu de réponse, et estime le déséquilibre de la politique française patent depuis des années. (28)
Ce déséquilibre ne cesse de se manifester.
L'attentat de Hadera, au coeur d'Israël, a été condamné par la Quai d'Orsay. Mais en des termes ambigus. Cet attentat témoignerait des risques grandissants qu'entraîne le recours à un usage
excessif de la force. Le terrorisme aurait-il une justification ?
Henri Hajdenberg, le président du CRIF, un modéré, aussi partisan qu'on peut l'être du "processus de paix", n'a pas hésité à juger sévèrement certaines attitudes françaises. Interrogé sur la responsabilité des opinions publiques et des classes politiques dans les attaques terroristes, il désigne "l'administration palestinienne, qui a libéré les terroristes". Mais aussi "Les hommes politiques, notamment français, qui ne voient pas sereinement les événements." (29)
Au déséquilibre de la politique française et européenne correspond le déséquilibre chronique des Nations unies. Leur attitude est si largement documentée, qu'il suffit de l'évoquer brièvement. Depuis des décennies, le conflit israélo-arabe est la préoccupation obsessionnelle des Nations unies. Israël a été condamné des centaines de fois. Pas une seule fois le terrorisme dont Israël est la victime.
Il en a été exactement de même depuis le commencement des émeutes. Israël a été condamné à cinq reprises par les instances de l'ONU (Conseil de sécurité, Commission des droits de l'homme, UNESCO), alors que les Palestiniens n'ont jamais été montrés du doigt. Après l'attentat à la voiture piégée à Hadera, où un bébé, notamment, a été assassiné, l'ambassadeur Yehuda Lancry a ainsi qualifié l'attitude de l'ONU : "En dépit de tels actes et d'autres encore, aucun organe des Nations unies n'a condamné une seule fois les Palestiniens, comme si des vies israéliennes ne comptent pas pour l'ONU? En refusant de condamner ces actes, la communauté internationale, en fait, approuve les actes de violence des Palestiniens, ça qui ne peut que les encourager". (30)
Les erreurs israéliennes
Or, paradoxalement, un encouragement efficace est donné par Israël-même à la violence de ses ennemis.
Le gouvernement d'Ehud Barak n'a cessé d'accumuler les erreurs, notamment sa modération déplacée, qu'il a qualifiée lui-même d'"intelligente", mais qui est son contraire. Cette co-responsabilité du gouvernement d'Israël dans les événements actuels en représente l'aspect le plus tragique. D'innombrables faits illustrent cette impéritie et cette inintelligence.
Israël s'abstient de frapper les vrais responsables des embuscades et des assassinats qu'il dénonce verbalement, frappant quelques subalternes et trouant des maisons, le plus souvent vides, à la roquette. Israël se conduit ainsi non pas en David maniant sa fronde meurtrière, mais en Goliath apparemment sévère, dont les promesses de rétorsion, non suivies d'effets, le font passer pour un fanfaron qu'on ne respecte plus. Cette modération intempestive s'est poursuivie contre vents et marées.
Après la journée sanglante du 13 novembre, où quatre israéliens ont été assassinés sur les routes par des tireurs palestiniens circulant en voiture, l'armée a fait savoir qu'elle connaissait les assassins, qui s'étaient repliés en territoire de l'administration palestinienne. Mais aucune opération directe n'a été menée dans ces territoires pour les appréhender. Israël respectait, unilatéralement, leur sanctuaire. Ehud Barak répétait que les négociations ne reprendraient qu'après la cessation des violences. Mais son conseiller Dany Yatom a aussitôt rectifié : elles reprendraient après une diminution des violences. Un journaliste l'a interrogé : "Israël n'exige donc plus un arrêt complet des violences ?". "Non, ce ne sont pas quelques jets de pierres ( !) qui nous empêcheront de négocier." Israël négocierait donc sous la pression des violences, comme le souhaitent ses ennemis.
Même soumission docile au terrorisme palestinien le 18 novembre. Un soldat était assassiné et un autre blessé par un officier de "police" palestinien à Kfar Darom. Yasser Arafat demanda à Ehud Barak qu'il n'y ait pas de représailles; Il n'y en eut pas.
Le scénario immuable s'est encore reproduit le 20 novembre, après l'attaque de l'autobus scolaire. la population israélienne était sous le choc. Ehud Barak déployait sa rhétorique habituelle, à laquelle personne ne croyait plus, lançant un avertissement sévère aux Palestiniens : L'attaque du bus scolaire était un acte criminel et barbare. Ceux qui versent le sang israélien seraient punis. Le gouvernement ne lie pas les mains de l'armée. Le soir-même, les hélicoptères attaquaient plusieurs bâtiments à Gaza. On apprenait que deux au moins des ministres du cabinet israélien, Shimon Peres et Yossi Beilin, s'étaient opposés à ces représailles pourtant sans gravité.
Quelque jours plus tard, le 28 novembre, au moment-même où les élections anticipées étaient acquises à la Knesset, où deux tiers du parlement le sanctionnaient lourdement, Barak lançait une bombe ... diplomatique ! Imperturbablement, il proposait aux Palestiniens de retourner à la table verte. Il offrait, non pas de revenir sur ses concessions, mais de leur accorder 10 % supplémentaires de la Judée-Samarie et de donner à leur "Palestine" une continuité territoriale en évacuant certaines "colonies". En guise de remerciements, les Palestiniens assénèrent à Barak un camouflet : ils rejetaient catégoriquement ces ouvertures.
La leçon du Sud-Liban
A la base de ces attitudes de modération, il y a le même concept qui a conduit à l'évacuation du Sud-Liban. Pendant des années, Israël avait énoncé sa politique : le retrait de la "zone de sécurité", en échange de la paix avec le Liban, ou d'un cessez-le-feu, ou d'un arrangement avec la Syrie. En fin de compte, cédant à la pression de l'opinion israélienne, qui ne supportait plus l'impôt du sang prélevé sur ses fils par le Hezbollah, Israël a quitté la zone-tampon protégeant la Galilée, sans contrepartie et abandonnant aussi l'armée (chrétienne) du Sud-Liban, qu'il avait longtemps protégée.
Le retrait du Sud-Liban s'avère maintenant avoir été une erreur militaire et politique. Il n'a nullement incité le Hezbollah à renoncer à son combat. Et ce retrait a été interprété et présenté correctement au Liban et par les Palestiniens comme une victoire arabe. Les ennemis d'Israël en ont tiré la conclusion que la même méthode : infliger des pertes régulières à Israël, produirait les mêmes effets, c'est à dire le retrait de Judée-Samarie. On voit comment le retrait du Sud-Liban aura été la cause principale des émeutes d'octobre. Au lendemain de l'attentat du 18 novembre, une photo à la "une" du Yedioth aharonoth illustrait l'enchaînement qui y avait mené. Elle représentait les deux soldats, quelques mois avant l'attentat, au moment de l'abandon du Liban-Sud, brandissant un drapeau d'Israël. En légende : "Ils ont survécu au Liban, ils sont morts à Gaza".
L'attitude de tous les acteurs, depuis le début des émeutes, n'a pu que confirmer les Palestiniens dans leurs convictions. "De plus en plus de Palestiniens pensent qu'en tuant des Israéliens dans les territoires, leur cause avancera", expliquait à l'envoyé spécial du Figaro un professeur de l'université d'Abou Dis, Anouar Abou Eisch. "Ils s'inspirent des méthodes du Hezbollah libanais qui ont conduit au retrait israélien du Sud-Liban." (31) Parmi les slogans vociférés par les émeutiers, on a entendu : "Apprenez du Hezbollah !"
Ehud Barak, lui, n'avait rien appris.
Comme pendant le affrontements au Sud-Liban, le gouvernement Barak ne cessait de redire qu'il n'y a pas de solution militaire aux émeutes, que son objectif n'est pas de gagner, mais de retourner à la table des négociations. Les Palestiniens en concluaient, correctement encore, que leur position sera d'autant plus forte pour négocier, qu'il auront versé davantage de sang juif et plus longtemps. Ils se sentent d'autant plus sûrs de la justesse de leur calcul qu'Israël, loin de prendre les mesures de rétorsion militaires et économiques d'envergure, continue de permettre le fonctionnement à peu près normal des territoires palestiniens, fournissant l'eau, l'énergie, les vivres, laissant les stations de radio et de télévision déverser leur propagande de haine, quand leur destruction serait un jeu d'enfant. Même les camps d'entraînement militaire restent intouchés.
Cette modération est non seulement contre-productive, elle est foncièrement immorale, quand on sait au bénéfice de qui on se réfrène. Comment juger les ménagements exorbitants dont bénéficie Yasser Arafat, qu'Ehud Barak épargne au-delà de toute raison, au prix du sang et des souffrances des siens, pour le conserver en tant que partenaire d'une "paix" fallacieuse ?
Les preuves de la duplicité de Yasser Arafat à la tête des émeutes sont détenues par Israël. Le quotidien Maariv, par exemple, a divulgué la conversation du 2 novembre entre Arafat et Marwan Barghouti. Au moment où Israël attendait l'annonce palestinienne du cessez-le-feu négocié la nuit d'avant par Shimon Peres, Arafat donnait à son lieutenant cette directive : "Continue tes actions contre les Juifs. Continue d'exercer contre eux des pressions". Selon la radio de l'armée, Barak avait "décidé de bloquer la publication d'un document de 60 pages (...) décrivant par le menu détail les violations des accords par l'autorité palestinienne et la corruption de se dirigeants. Pour finir, un document épuré entre autres de toute référence à Arafat sera distribué en quantité limitée à quelques personnalités choisies". (32) Barak craignait "qu'il serait impossible de convaincre le public israélien d'arriver à un accord avec les Palestiniens s'il était publié" tel quel . (33) Ce "Livre blanc" fut finalement envoyé aux missions diplomatiques israéliennes à l'étranger, mais sans instructions de le diffuser.
Israël mène donc un combat propre, civilisé, mesuré, contre un ennemi multipliant les atrocités.
Au lendemain de la tuerie de Hadera, au surlendemain de l'attaque contre le bus scolaire de Kfar Darom, un obus de mortier israélien est tombé accidentellement près d'une agglomération palestinienne, sans faire de blessés. Israël s'en est excusé auprès de l'administration palestinienne : il ne visait pas cette agglomération ni aucun dirigeant palestinien.
Autre exemple de la "barbarie" israélienne. Le 18 novembre, une jeep israélienne était attaquée à coups de pierres et de cocktails Molotov à Beit Omar. La jeep s'enflamme aussitôt. Ses quatre occupants, des soldats, échappent aux flammes. Mais le feu s'est communiqué à une maison du village. Tandis qu'on évacue ces soldats, qui ont inhalé de la fumée, leurs camarades se précipitent dans la maison en feu et portent secours à ses douze occupants arabes, dont plusieurs enfants. Bientôt, les pompiers de l'armée apparaissent et éteignent le feu.
Telle est l'armée d'Israël décrite comme des "bêtes" des "assassins d'enfants" par les propagandistes palestiniens auxquels les télévisions et la presse accordent largement leurs tribunes.
DESUNION SUICIDAIRE
Une idéologie suicidaire
Ces attitudes politiques découlent d'un interprétation incorrecte des données du terrain et des intentions de l'adversaire. Ce ne sont pas des pis-aller qu'on croit "intelligents". Elles sont profondément enracinées dans des idéologies. Ce sont des actes de foi.
L'erreur fondamentale consiste à croire les ennemis d'Israël convertis à la coexistence. Le contraire est vrai.
Au commencement du conflit israélo-arabe, les Arabes croyaient pouvoir détruire l'Etat juif. L'ampleur de la victoire d'Israël en 1967 ne les a pas fait changer d'objectif, mais de méthode. Israël ne serait pas vaincu militairement. On pouvait s'y prendre autrement : par une stratégie des petits pas, l'amenant à abandonner par étapes ses conquêtes, puis à le grignoter jusqu'à le rendre indéfendable et lui administrer alors l'estocade finale. La conviction de détenir l'arme absolue a été exprimée par divers dirigeants arabes sous diverses formes. On ne citera qu'une seule formulation, par Ibrahim Souss, le délégué de l'OLP à Paris, les résumant toutes : "L'OLP est prête à accepter la création d'un Etat palestinien sur la rive occidentale du Jourdain et à Gaza, en tant qu'étape vers un Etat palestinien indépendant couvrant toute Palestine." (34)
Depuis les accords d'Oslo de 1993, méconnaissant cette intention de l'ennemi pourtant formulée clairement, Israël, ses dirigeants s'étant convaincus qu'il achetait la paix, s'est engagé dans la voix de son propre démantèlement par étapes que ses ennemis n'ont pas réussi à lui arracher par les armes, Israël leur abandonnait des terres : tout le Sinaï et des portions de Gaza et de la Judée-Samarie ; des droits autonomes ; une reconnaissance de l'OLP en tant qu'État virtuel ; de l'argent ; des armes ; la promesse de partager Jérusalem et de démanteler une partie des agglomérations de Judée-Samarie ; et sans même obtenir en échange l'arrêt des violences endémiques depuis sept ans, sans que ne fût-ce qu'une promesse verbale de fin des revendications et du conflit.
Par idéologie, on prêtait à l'ennemi des intentions qui n'étaient pas les siennes, qu'il n'avait jamais exprimées.