A propos des Réfugiés

  1. La position israelienne officielle
  2. Réfugiés juifs, réfugiés arabes : qui sont-ils ? par Michel Gurfinkiel, Radio J
  3. Comment détruire Israël de l'intérieur, par Zeev Schiff, Haaretz

la position israelienne

1. Les Palestiniens revendiquent le droit au retour sur la base de la resolution 194 de l'Assemblee Generale de l'ONU, du 11/12/1948. Cette resolutions comporte 15 articles. Seul l'article 11 porte sur la question des refugies, et il ne mentionne pas de "droit", il exprime un souhait. Cette resolution exige egalement l'application d'un statut international (sous controle de l'ONU) de Jerusalem, Abu-Dis et Bethlehem. Il est clair que cette resolution est completement depassee aujourd'hui. Certains diraient "caduque".

Il faut aussi preciser que l'article 11 en question pose des conditions au retour des refugies: le rapatriement devrait etre permis aux "refugies souhaitant rentrer chez eux et vivre en paix avec leur voisins". Ce n'etait pas le cas durant toutes ces annees ou l'existence meme d'Israel n'etait pas acceptee par le monde arabe. Et de nos jours, les refugies au Liban, par exemple, souhaitent ils devenir citoyens d'Israel, apprendre l'Hebreu, payer leur impots et aller a l'ecole israelienne? Dans toutes les declarations palestiniennes sur le droit au retour on n'a jamais entendu la revendication de devenir citoyen d'Israel, alors que c'est un prealable pose par l'ONU.

Il est a noter, finalement, que la resolution 194 ne fait aucunement porter la responsabilite de la creation du probleme des refugies a Israel, puisqu'elle dit, toujours dans l'article 11, que les indemnisations "seront payees par les gouvernements ou les autorites responsables."

2. Le 22/11/1967, peu de temps apres la Guerre des 6 Jours, le Conseil de Securite de l'ONU adopte la resolution 242. Concernant le probleme des refugies, la resolution affirme (deuxieme paragraphe, article b.) "la necessite d'aboutir a un reglement juste de la question des refugies". On voit donc que la position de l'ONU a evolue: on ne cherche pas a imposer telle ou telle forme de solution, et certainement pas un rapatriement massif; on reconnait implicitement qu'il faut tenir compte de l'evolution de la situation, et on ne fait pas de reference a la resolution 194; on n'invoque pas un "droit au retour"; et on ne precise pas la nationalite de ces refugies dont il faut regler le probleme, puisqu'il concerne egalement - comme Israel l'a toujours dit- les refugies juifs chasses de certains pays arabes en 1948.

3. Dans les accords de paix entre Israel et l'Egypte et entre Israel et la Jordanie, le probleme est evoque dans le meme esprit que celui de la resolution 242 ( notamment l'article A,4 de l'accord israelo egyptien: "...L'Egypte et Israel travailleront ensemble,ainsi qu'avec d'autres parties interessees, pour etablir d'un commun accord les procedures visant a appliquer de maniere rapide, juste et permanente la resolution du probleme des refugies".)

4. Issue de la Conference de Madrid (Octobre 1991), la Conference Multilaterale, inauguree en Janvier 1992 a Moscou, avait pour objectif de creer des groupes de travail multilateraux pour trouver des solutions aux problemes regionaux. Ainsi, un groupe de travail sur les refugies s'est cree, preside par le Canada. Les travaux de ce groupe, reuni pour la premiere fois a Ottawa en Mai 1992, ont permi l'approbation par Israel de 2000 requetes annuelles de reunification de familles (touchant des personnes deplacees en 1967), et la mise en oeuvre de nombre de programmes d'aide pour les refugies: formation professionnelle medicale et paramedicale, formation agricole specialisee, programme d'initiative PME, logement et rehabilitation (pour des camps en Syrie et au Liban), education et bien etre de l'enfant, sante publique.

La derniere reunion officielle de ce groupe de travail date de Novembre 1995, a Genève. Malheureusement, certains pays arabes s'opposent a la poursuite des discussions du cadre multilatéral, qui voit ainsi bloqués tous ses travaux portant sur les refugies, l'eau, le desarmement et la securite regionale, le developpement economique regional et l'environnement. Israel est pret a renouveller ces reunions a tout moment.

Service d'information Ambassade d'Israel - Paris


Les Réfugiés: réfugiés arabes, réfugiés juifs : qui et combien?

par Michel Gurfinkiel

Le principe même d'une paix de compromis ou d'un repli n'est assurément pas, en soi, à rejeter. Mais il en va en géopolitique comme au poker ou aux échecs : certaines cartes ou certaines pièces sont décisives, et qui les perd, perd le jeu. Ce n'est pas un hasard si la revendication palestinienne, aujourd'hui, porte avant tout sur le Mont du Temple et le droit au retour des réfugiés de 1948. En arrachant le site du Temple, Arafat anéantit la légitimité profonde, essentielle, du mouvement sioniste : le retour des juifs dans leur patrie biblique. En arrachant la reconnaissance d'un droit au retour même partiel des réfugiés, et donc d'une responsabilité d'Israël dans l'exode palestinien, Arafat anéantit la légitimité d'Israël en droit international.

La question des réfugiés tient en quatre idées-force.

La première, c'est que la responsabilité de la première guerre israélo-arabe, en 1948, et des exodes qui en ont résulté incombe aux Etats arabes, qui ont rejeté les solutions pacifiques présentées par l'Onu puis procédé à l'invasion de la Palestine et à une agression contre Israël.

Les réfugiés des conflits du Moyen Orient

Deuxième idée-force : les exodes ont touché encore plus les juifs que les Arabes . Là où les Arabes ont été vainqueurs sur le terrain en Palestine, à Jérusalem-Est et dans le Goush-Etzion, tous les Juifs ont été chassés. Dans le reste du Moyen-Orient, le conflit israélo-arabe a eu pour conséquence l'exode de la quasi-totalité des juifs vivant dans les pays arabes ou musulmans. Les deux tiers de ces réfugiés juifs se sont installés en Israël, tandis que les autres gagnaient principalement la France, l'Italie, le Canada et les Etats-Unis.

Au total, on dénombrait 650 000 réfugiés arabes de Palestine en 1947-1949. En regard, on compte 900 000 réfugiés juifs du monde arabe et islamique, dont 600 000 se sont établis en Israël.

En 2001

Troisième idée-force. L'Onu n'a pas accordé d'aide spéciale aux réfugiés juifs du monde arabe. Ceux-ci ont été intégrés en Israël ou ailleurs avec l'aide des gouvernements d'accueil. En revanche, une aide internationale a été accordée dès 1948 aux réfugiés arabes de Palestine. Calculée sur des critères occidentaux, elle se traduisait, pour les bénéficiaires, par des éléments de niveau de vie supérieurs à ceux d'une partie de la population des régions d'accueil, notamment en matière alimentaire, médicale et scolaire. Cela ne pouvait manquer de susciter l'intérêt de nombreux non-réfugiés, qui se sont donc inscrits auprès des services de l'Onu. En septembre 1949, on dénombrait déjà 1 million de réfugiés palestiniens, soit 40 % de plus qu'en janvier de la même année. En 1950, il était question de 1,2 ou 1,3 million de réfugiés, soit une augmentation de 100 % par rapport au chiffre initial. L'Onu a cessé, à cette époque, de procéder à des recensements.

On compte actuellement 3 millions et demi de réfugiés palestiniens officiels, toujours reconnus et assistés par l'Onu : la plupart d'entre eux ne sont que les enfants ou les petits-enfants des 650 000 réfugiés de 1948 ou des quelque 600 000 non-réfugiés qui s'étaient joint à ces derniers. 1,5 million des titulaires actuels du titre de réfugié palestinien sont citoyens jordaniens. 1,300 000 d'entre eux sont citoyens des Territoires autonomes palestiniens. Selon tous les critères appliqués aux autres personnes déplacées dans le monde, c'est évidemment un pur abus que de qualifier ces deux millions huit cent mille personnes de réfugiés ou de personnes sans patrie.

En outre si l'on appliquait le calcul employé pour les réfugiés palestiniens en faveur des réfugiés juifs du Moyen-Orient (réfugiés d'origine plus descendants), il faudrait parler actuellement de 4 millions et demi de réfugiés juifs, dont 3 millions vivent en Israël et 1 million et demi en Occident.

Quatrième idée-force. De très nombreux exodes ont eu lieu dans le monde depuis 1948. L'exode palestinien est le seul qui a fait l'objet d'une aide internationale aussi importante et aussi prolongée. Les réfugiés palestiniens sont les seuls dont la condition ait été sacralisée et proclamée héréditaire de père en fils. Et ce sont également les seuls à propos desquels on invoque, cinquante-deux ou cinquante-trois après les événements, un droit au retour. Ce droit n'est pas invoqué, en Europe, pour les 25 millions d'Allemands descendants des réfugiés de 1945, ni, en Asie, pour les 75 millions de descendants des réfugiés de l'Inde et du Pakistan de 1947, ni, en France, pour les 3 millions de descendants des rapatriés chrétiens, juifs et musulmans venus d'Afrique du Nord en 1962.

La conclusion s'impose d'elle-même. Il est temps que l'Autorité Palestinienne cesse de traiter les réfugiés comme un outil de propagande, Qu'elle fasse comme Israël et les traite humainement pour les intégrer.


Encore plus sur le droit au retour des Palestiniens

Par Ze'ev Schiff, Haaretz

Voici une devinette : Sur un total de 420.000 familles de la Bande de Gaza qui vivent encore dans des camps, combien ont vu leurs conditions de vie améliorées grâce aux grosses sommes d'argent reçues d'Etats donateurs par l'Autorité Palestinienne, depuis la signature de l'accord d'Oslo en 1993 ?

Réponse: Aucune. Cet état de fait prouve que la direction palestinienne n'est pas fondamentalement différente des dirigeants des Etats arabes qui, durant plusieurs générations, ont placé en tête de leur ordre du jour respectif la volonté de perpétuer le malheur des réfugiés palestiniens et non pas celle de soulager leur souffrance. La seule différence est que les réfugiés qui vivent dans le territoire de l'Autonomie Palestinienne sont la chair et le sang des dirigeants palestiniens et vivent sous leur régime.

Pourtant, l'attitude essentiellement indifférente des dirigeants de l'Autorité Palestinienne à l'égard du malheur des réfugiés palestiniens n'empêche bien entendu pas les représentants palestiniens à la conférence multilatérale sur les questions afférentes aux réfugiés, constituée après la conférence de paix de Madrid, de demander toujours davantage de contributions pour "aider à l'amélioration des conditions de vie des réfugiés".

Voici une autre devinette : Quel est la somme totale exigée par les Palestiniens à titre de compensation globale pour la situation des réfugiés créée par la Guerre de 1948 ?

Réponse: Approximativement 550 milliards de dollars ! C'est à ce montant, qui englobe un certain nombre de problèmes différent, que sont parvenus les représentants des principales nations occidentales, lors d'une conférence multilatérale sur la question des réfugiés, après avoir évalué les revendications palestiniennes.

Considéré comme l'un des dirigeants palestiniens les plus modérés, Abu Mazen (pseudonyme de Mahmoud Abbas), adjoint du Président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, affirmait, après le dernier sommet de Camp David, que le paiement des compensations dues aux Palestiniens devrait être acquitté par Israël seul et non pas provenir de quelque fonds international. Bref, Israël doit vendre tout ce qu'il possède, tandis que d'autres nations épargneront d'énormes sommes à leur capital national, afin de satisfaire les exigences palestiniennes de compensation.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Récemment, le conseiller économique d'Arafat, le Dr. Mahar Al-Kurd, déclarait qu'en plus des compensations pour les réfugiés, les Palestiniens demanderaient "réparation pour les dommages causés par l'occupation [israélienne] depuis 1967."

Cette 'facture' distincte inclut même des compensations pour "l'exploitation" des rives de la Mer Morte et des eaux souterraines pompées par Israël, ainsi que le remboursement des taxes directes et indirectes, y compris celles qui proviennent de l'activité touristique, qu'Israël a perçues des Palestiniens. Bien que cette liste d'exigences supplémentaires ait tout d'une plaisanterie, Al-Kurd affirme que lui-même et quelques-uns de ses collègues ont entendu des experts israéliens y donner leur consentement indirect.

A propos de la question des experts, il faut prendre garde à ces 'experts' israéliens qui font des promesses sans y avoir été autorisés par qui que ce soit - parce que le problème du "Droit au retour" des Palestiniens n'est pas réellement un problème. Ces experts se fient à leur sens commun, et non à celui des Palestiniens. Ce serait une bonne idée que de comparer ce que les dirigeants Palestiniens disent aujourd'hui avec ce qu'ils disaient après la signature des accords d'Oslo.

Après que les accords d'Oslo aient été paraphés, ces dirigeants affirmaient que les réfugiés n'étaient pas vraiment intéressés à retourner en Israël, et qu'il était seulement question de leur accorder le droit de revenir, et non l'exercice de ce droit. Ainsi, la seule exigence formulée par les dirigeants palestiniens concernant la question des réfugiés palestiniens était qu'Israël émette une déclaration reconnaissant sa responsabilité dans la création du problème des réfugiés.

Il ne faut pas accorder le moindre crédit à ces déclarations destinées à s'attirer des bonnes grâces. Dans des entretiens privés, les dirigeants Palestiniens responsables disaient - officieusement - que personne ne savait vraiment combien de réfugiés palestiniens voudraient revenir en Israël. Selon ces responsables, un très gros pourcentage des réfugiés au Liban, dont les gouvernements successifs n'avaient jamais été intéressés à ce qu'ils restent dans le pays, voudront sans aucun doute revenir dans la région israélienne de Galilée.

La position palestinienne actuelle sur cette question est résumée dans un document officiel présenté à Camp David. Tant que ce document n'aura pas été rendu nul et non avenu, il doit être pris très au sérieux. Il est si extrémiste que l'on serait tenté de le considérer comme une plaisanterie, n'était le fait qu'il apparaît comme une recette pour détruire Israël de l'intérieur.

Voici quelques exemples :

Indubitablement, la position d'Israël concernant le retour des réfugiés en Israël même est devenue plus dure à la suite des émeutes auxquelles ont pris part des Arabes israéliens. Cette 'réussite' peut être portée au crédit du Dr. Azmi Bishara, député du parti Balad (Alliance Nationale Démocratique), dont les partisans ont encouragé les émeutes.

Cependant il faut faire plus. Israël doit signifier clairement, une fois de plus, qu'en ce qui concerne le droit au retour, il ne peut y avoir de compromis, et que, si Israël doit choisir entre faire des concessions sur ce point ou entrer en guerre, il serait préférable de prendre le risque d'une confrontation violente.