UN JUDAÏSME FEMINISTE EN EGYPTE DU 10e AU 15e SIECLE 1ère partie

Le sens commun veut que le Moyen Age ait été - à des rares exceptions près- un âge barbare et les idées reçues défendent l'opinion qu'en dehors des périodes dites courtoises, la condition de la femme en Europe fut déplorable durant ces temps de ténèbres . Si nous considérons le discours idéologique qui soutient que l'Islam a suscité une théologie qui avilit et méprise la femme et que le Judaïsme, particulièrement depuis l'époque talmudique, confine celle-ci aux quatre coudées de sa cuisine et de ses travaux ménagers sous couvert d'assurer la dite "sainteté du foyer", nous sommes en droit de nous dire qu'évoquer la condition de la femme juive dans le Moyen- Orient risque de relever de l'élégie. Or, la réalité est tout autre. Nous remarquons d'abord que cette société de l'ère fatimide et et ayoubide (10e-14e siècles) fut d'une exceptionnelle richesse, d'une exceptionnelle tolérance pour ses minoritaires. Les femmes en Egypte, nous dit une chronique, semblent décider de tout, et de nombreuses anecdotes mettent en scène des voyageurs musulmans ou juifs venus du Maghreb et qui constatent, étonnés ou surpris, la liberté dont jouissent les minoritaires. Et si le géographe arabe El- Mouqadassi s'exclame horrifié:" Au Caire chaque femme a deux hommes, son mari et son amant", Goitein déclare pour sa part dans une note non dépourvue d'humour que si le Talmud avait été élaboré en Egypte plutôt que dans une Babylonie dominée par la mysoginie persane, il est probable que la condition faite aux femmes aurait pu être sensiblement différente au sein du corpus judaïque. Cette introduction nous permettra d'aborder plus directement ce que ces personnages féminins échappés de la Guéniza du Caire 1 nous révèlent: d'abord, nous l'avons dit, une grande liberté de penser et d'agir. Si les femmes sont exclues des actes fondamentaux du cérémonial religieux,elles sont admises à enseigner ou à exercer différentes fonctions, dont celle de scribe. Au Yémen, la poétesse Sam'a, fille du Sar Chalom Chabazi, et Myriam fille de Bénoya Hasopher ( le scribe) qui copia un volume de la Toah en allaitant un enfant, en sont les figures emblématiques 2. A Moossoul, dans le Kurdistan irakien, Assénath Bat- Chémouel Barazani (16e siècle) accède au poste envié de Roch- Yechiva ( chef d'académie).. Poète, elle composa des élégies et des hymnes fortement influencés par le Zohar; lattrée, elle écrivit un commentaire du Livre des Proverbes et des lettres d'exhortation et de consolation furent considérées par son contemporain , le mystique Pinhas Hariri, comme un sommet de l'art scriptuaire. Au Caire, du 10e au 14e siècle, nous rencontrons des femmes enseignantes- mu-alamath - qui enseignaient la lecture et l'écriture à des enfants âgés de 4 à 13 ans. Elles avaient même leur propre synagogue, Kénisset el-Mu'alamath. Le fait est qu'un des négociateurs dépêchés par la communauté u Caire à Ashkelon le 15 juillet 1099 pour racheter les juifs de Jérusalem pris en esclavage par les Croisés,Abou el Mansour, était connu sous le nom de Ibn al Mu'allima - le fils de l'enseignante - devenu nom patronymique. Tous les documents qui le concernent passent sous silence le nom de son père, tant sa mère semblait jouir d'un grand prestige.. Certaines de ces femmes jouèrent même le rôle de consultantes juridiques, d'autres prophétisaient, s'abstenant de viande et de vin, refusant de se marier, ce qui était alors considéré comme scandaleux; mais arguant du fait que le mariage n'est obligatoire selon la loi judaïque que pour les hommes et non pour les femmes, elles voyageaient solitaires entre Bagdad et le Caire, Jérusalem et Damas, afin d'apporter aux masses de ces pays la consolation de leur prédications eschatologiques ( une des femmes fit scandale à Bagdad au début du 10e siècle).

L'ARBITRAGE DE MAÏMONIDE

Il n'est pas rare enfin de relever dans de simples contrats de mariage, sur la liste des objets que les femmes recevaient en guise de trousseau, des critoires, de l'encre et des plumiers. Ainsi l'écrivain cairote Chemouel el- Moghrabi (12e siècle) parle se ses sœurs et de sa mère qui savent aussi bien écrire l'hébreu que l'arabe. Maïmonide, venu jeune s'installer en Egypte, exprime vis-à-vis de cette question une position ambigue Ainsi, il dit sa répugnance d'avoir parmi ses étudiants des "femmes savantes" dont il accepte pourtant la présence effacée et silencieuse... et ne tolère que les femmes enseignent qu'à la condition que cela soit dans le but de soulager leur famille de la misère. Un document nous montre Maïmonide intervenir à ce propos à l' occasion d'une demande de divorce qu'une femme introduit aux torts de son mari. Celui-ci, né au Caire mais vivant à Damas, voulait prendre dans cette ville une second épouse car, dit-il, la première en devenant enseignante avait "injurié sa dignité" et n'accordait plus assez de temps à son ménage ( ce sont les termes du litige soumis à Maïmonide). Celui-ci trancha en affirmant que si la première femme refusait la bigamie, son mari devait lui accorder le divorce puisque cette femme, en devenant enseignante, avait permis à sa famille de survivre pendant que son mari vivait dans un autre pays. Mais, ajoute Maïmonide après cet attendu spécieux, "nul ne peut arguer du fait que sa femme enseigne pour introduire une demande de divorce ou de second mariage, même si cette fonction enseignante des femmes doit demeurer une exception". Cet exemple nous permet d'évoquer un autre aspect de la vie des femmes durant cette période. Si, comme partout ailleurs et singulièrement dans cette région du monde, elles sont soumises à l'homme, elles arrivent parfois à ruser avec les règles. Ainsi, nous les voyons parfois faire appel aux tribunaux islamiques pour faire valoir leurs droits et jouer des différentes jurisprudences pour tracer des limites à la rapacité ou à la mauvaise volonté de leur époux. Le cas devait être suffisamment fréquent pour que, dans un acte de divorce émis par un tribunal rabbinique d'une bourgade du Delta du Nil, un homme soit obligé de payer une pension alimentaire hebdomadaire de 4 dirhems à sa femme, charge à elle de lui confier son enfant du vendredi après-midi au dimanche matin ou n'importe quel jour qu'elle fixerait, à condition que cette femme ne porte jamais plainte contre son mari devant une cour islamique, à la condition qu'elle ne l'affuble d'aucun surnom injurieux sous peine de bannissement (!)...

DROIT A L'HERITAGE ET AU TRAVAIL

Notons par ailleurs que, contrairement à ce que prévoit la loi juive orthodoxe, les femmes avaient droit à un héritage, ou plutôt elles recevaient en don, du vivant de leurs parents, des biens tels que des parts d'immeubles, des fonds de librairie ou des manufactures de textiles qui, dans les actes de mariage, étaient considérés comme leur bien propre dont elles pouvaient disposer à leur gré. Libre à elles de les léguer de leur vivant à qui bon leur semblerait. Ainsi en est-il d'un testament établi en 1137 dans le quartier d'El Mo'azeya au Caire où une jeune femme, Sett el Ahl ( maîtresse du clan) , fille de Sadok, avant d'accoucher et dans la crainte de mourir au cours de cet événement, lègue à ses enfants son immeuble et nomme sa mère exécutrice testamentaire, n' accordant à son mari que le droit de racheter la moitié de l'immeuble pour 100 dinars3. Cette somme devait être redistribuée par sa mère, comme suit: 40 dinars aux pauvres du Caire et de Fostat, 15 à sa cousine, 45 à son oncle maternel Nathan Ha Cohen, juge rabbinique. L'autre moitié de l'immeuble est légué à son enfant à naître "qu'il soit fille ou garçon"."L'Ancien Abou Al Farag ( le notaire) fit part à la mère de Settel Ahl, Hosna fille de Shelomo Ha Cohen, des décisions de sa fille",ajoute le copiste du tribunal. Une autre Sett el Ahl, celle-ci fille d'El Eskandarani, épouse du marchand Abou Nasr El Halabi (1143), demande qu'après sa mort soient maintenus dans sa maison, à l'étage supérieur, sa mère, son père et son frère Abou El Serrour. Elle ajoute qu'elle souhaite que la fille de son frère Abou El Serrour épouse son propre fils, et enfin elle exige d'être inhumée dans le jardin de cette maison et d'en être exhumée pour être enterrée dans le cimetière de Bassatine après le décès de ses parents afin de les rejoindre dans le même caveau familial. Un autre testament, celui de Sett Hosn bat Saada, épouse de Nathan Nezer Ha- Habérim, est établi par un aréopage de juges et de rabbins. Cette femme ayant testé un samedi, le document ne sera reproduit que le lendemain, d'où le nombre de personnalités qui se sont déplacées à cet effet. Que veut-elle? Affranchir ses deux esclaves "Dahab" et "Sett El-Samar" qui étaient sa propriété,et leur léguer un quart de l'immeuble qui lui appartient, afin de leur permettre de se constituer une dot, la moitié de l'immeuble étant léguée à son mari, un huitième devant être vendu pour subvenir aux frais de ses obsèques.Le reste de ses parts, investi dans différents commerces, devra être pratagé entre ses proches 4. Au nombre des privilèges dont jouissent les femmes, notons que leurs biens ne provenaient pas uniquement d'héritages ou de dots: ilsétaient aussi souvent le produit de leur travail..Plusieurs contrats de mariage, comme celui daté de 1260, portaient la mention "a le droit de travailler et de conserver par devers elle les biens acquis"... Un certificat dressé par le Gaon Sar Shalom ( en 1180 environ ) en donne acte à la femme de Abou'l Hassan, le minotoer: Désormais son mari ne peut lui dire "va broder ou filer dans les maisons amies et place le produit de ton travail dans la communauté des biens", elle peut jouir en toute impunité de son salaire. Certains contrats vont même jusqu'à stipuler que la femme pourra travailler sans l'accord de son mari, même si la situation financière de celui-ci ne nécessite pas que la femme " se dévoile la face en public", selon l'expression consacrée.. D'autres femmes vont jusqu'à exiger - contrairement à la coutume _ de travailler et de continuer néanmoins à être entretenues intégralement par leur mari, y compris en ce qui concerne leurs vêtements...Ce fait était devenu tellement banal d'ailleurs que olus tard, chez les juifs venus d'Espagne ou du sud de la France, les contrats de mariage stipulaient périodiquement que selon la halakha " si la femme travaille et garde son salaire, son mari ne lui fournit pas de vêtements". Ce rappel répétitif, conjuratoire même, d'un fait considéré ailleurs comme acquis, dénote à quel point les nouveaux venus s'entouraient de précautions face aux prétentions " féministes" 5. Puisque nous nous référons avec une telle constance aux Ketoubot , notons que celles-ci, à l'époque étudiée par nous, fixent minutieusement pour chacun des époux les règles auxquelles ils auront à se soumettre. Remarquons d'autre part que le montant de la dot et l'estimation du montant de chaque pièce du trousseau sont attentivement relevés et déclarés véridiques par le scribe qui l'établit. Il arrive pourtant que le montant de tel ou tel autre article du trousseau soit artificielement gonflé. Ainsi le scribe Halfon Ben Manassé, en 1130, signale dans une note:" Nous considérons que chacun de ces articles est évalué au double de son prix" et un document datant de 1204, établi au Bilbays, déclare que dans le district de Mehalla el Kobra, ces évaluations sont parfois quadruplées. Ces surévaluations ont une explication fort simple: en effet l'usage en Egypte veut que l'époux s'engage par contrat à rembourser la dot en cas de divorce à ses torts, et de verser en plus le double du montant constitué par cette dot et par le trousseau, compte non tenu d'une éventuelle pension alimentaire. Une dot peut se monter parfois à 795 dinars, de quoi faire vivre, dit Goitein, une famille entière pendant 30 ans. Bien plus, dans le n° 34 de la revue Péanim édité par l' institut Ben Zvi de Jérusalem, Modekhay Akiba Friedmann apporte sous le titre: "Divorce à l'instigation de la femme " d'après le témoignage de la "Guéniza", de nouveaux éclaircissements sur le statut des femmes moyen- orientales. Ainsi nous trouvons dans le registre de délibérations du Tribunal Rabbinique de Fostat un texte daté de 1904 et qui met en évidence qu'une femme pouvait répudier son mari malgré la loi halakhique qui énonce que "l'homme répudie et la femme est répudiée"...Mordekhay Friedmann note à ce propos que les Judéens de l'île d'Eléphantine au 5e siècle avant l'ère chrétienne, avaient pratiqué ce mode de séparation de corps et de biens. D'autres fragments de la Guéniza confirment ce type de pratique puisqu'aussi bien Maïmonide que son fils Abraham, consultés par des juifs d'Egypte et de Syrie sur cette coutume, l'acceptent sans coup férir. Avant eux Saadia Gaon au 10e siècle citait déjà cette pratique en la modulant : "seule une mineure peut répudier son mari. Elle peut alors récupérer sa dot et les cadeaux que celui-ci pouvait lui avoir offerts". Certaines femmes, à cette époque, pouvaient d'ailleurs faire inclure dans leur contrat de mariage :"peut sortir du mariage selon sa volonté" (Yotsét min hanissouim kirtsona)6.

"JE SUIS CAPTIVE, DELIVREZ-MOI"

Parfois cette forme de dissuasion ne suffit pas. Aussi les femmes n'hésitent -elles pas à s'adresser au très redouté " Chef des Juifs" ( Raïs el-Yahoud) pour demander justice , comme en témoigne cette lettre écrite ( entre 1127 et 1138) en arabe vernaculaire: "Au nom d'Allah le Miséricordieux Que Dieu donne la paix à notre maître Masliah Ha- Cohen (ancien président du Conseil Juif de Jérusalem résidant au Caire), Chef de la yeshivah Orgueil de Jacob: Votre servante a été mariée pendant 15 ans à un homme qui ne lui a jamais donné même une pièce d'argent pour qu'elle se rende aux bains. Il ne m'habille pas et me vexe publiquement .. Il me dit:- Achète ta liberté- ( en abandonnant tes droits sur la dot et la contre dot) ... Que le Seigneur le punisse pour ce qu'il fait de moi! Il doit me faire justice et me payer tout. Quinze ans à subir son caractère me semblent suffire. Je me remets entre les mains de Dieu et entre vos mains. Je suis captive. Délivrez- moi". Cette requête fut exaucée. Deux autres ordres de stipulations figurent dans des contrats de mariage: celle qui oblige un marchand habitué à se déplacer au loin, ou un juif venu d'un autre pays et susceptible donc de quitter l'Egypte pour une raison ou une autre, d'accorder le divorce en même temps qu'il se marie. Acte prenant effet quand une absence excède le temps habituel d'un aller- retour vers une contrée plus au moins lointaine. Cette règle devait éliminer le phénomène que l'Europe de l'Est a connu jusqu'au 20e siècle, celui des agounot (femmes délaissées, non divorcées, non veuves, et ne pouvant se remarier). L'autre stipulation concerne la bigamie, car l'édit de Rabbi Guershon (surnommé "Lumière de l'Exil") qui date de l'an 1000 ne s'appliquait alors qu'aux seules communautés des abords du Rhin. Jusqu'au 20e siècle, à de rares exceptions près ( Alexandrie par exemple, dès le 11e siècle), la bigamie était autorisée chez les juifs orientaux. A condition que la première femme soit consentante et que le mari soit équitable à tout point de vue avec elle. Un très curieux contrat de mariage datant de 1482 mérite d'être cité: "Mercredi, 18 Sivan , au Caire près de Misr- Fostat sur le Nil, nous soussignés avons été conviés comme témoins entre Yeshou'a, fils de notre maître, Lumiére de nos yeux Youssef Ha Naguid, et Farag fille de Salomon Ha Naguid.(Il) est prêt à l'épouser selon les lois du lévirat et elle est prête aussi à le recevoir, pour rédimer le nom de son mari, frère de son futur époux. Il est stipulé qu'il consacre désormais une nuit à sa première épouse et une nuit à la seconde jusqu'au terme de ses jours, sauf durant la période du pèlerinage de Dammoeth où il ira avec la Vénérable durant deux jours, et ce avec le consentement de sa nouvelle épouse".... Ainsi, le chef de la communauté juive d'Egypte, dernier descendant de Maïmonide à occuper ce poste, épouse, comme il est d'usage encore de nos jours chez les juifs d'Egypte, la veuve de son frère quand celui-ci meurt sans descendance. Désormais il doit tout partager entre ses deux épouses, sauf à Dammouth, haut lieu de pélerinage situé près de Memphis, où les femmes n'étaient pas admises sauf quand elles avaient atteint un âge canonique. Sa nouvelle femme devait donner dès lors son accord à cette entorse au contrat qui stipule" une nuit pour une nuit". Un autre cas de figure est propre à l'Egypte: selon la coutume islamique, une femme se substitue à sa sœur décédée afin de permettre aux biens familiaux venus de l'épouse de ne pas sortir de la famille de celle-ci (Un exemple en est signalé au 13e siècle dans le bourg de Sahraget). D'autres femmes enfin vont manifester leur indépendance en voyageant d'une ville à l'autre, accompagnées ou non d'un de leurs proches. "El Kadima", la Vénérable, va de la petite ville de Zifta jusqu'à Jérusalem en abandonnant sa famille le temps de ce pélerinage. Un autre se voit adjurée par son fils de bien vouloir venir le visiter à Gawgar ( petit village proche de Talkha) lors de ses nombreux voyages d'affaires, et certains contrats de mariage portent la mention "ne peut voyager tant qu'elle aura de jeunes enfants à la maison" ( afin que son mari ne soit pas obligé d'en assurer seul la charge).

Jacques Hassoun

N.B. Ce texte reprend une conférence présentée à la Maison Française de la New York University , le 21 février 1984, dont j'ai publié les grandes lignes dans Les Nouveaux Cahiers, n° 86.

1Guéniza: Dépôt de livres usagés, de textes liturgiques ou commerciaux, de lettres d'amour ou d'affaires, d'actes notariés, qui, écrits en hébreu ou en caractères hébraïques, ne peuvent de ce fait être détruits? La Guéniza de la synagogue Ben- Ezra de Fostat a recueilli pendant plus de dix siècles ces documents . Elle a été découverte par Simon Van Geldern en 1752? Le professeur Schechter en a reconnu l'immense valeur en 1896. Lord Cromer ( avec l'accord du Grand Rabbin Raphael Ben- Simon) cède à Schechter ( et à l'université de Cambridge) ce fonds estimé à 240.000 documents, actuellement dispersés aux Etats- Unis, en France, en Angleterre et en Hollande. La Guéniza du Caire constitue la plus importatnte documentation que nous possédions sur la vie des communautés juivesdu monde méditerranéen, mais aussi sur l'organisation financière, économique, sociale et urbaine de l'Egypte médiévale.

Le contenu de la Guéniza a particulièrement été tudié par S.D. Goitein, A Mediterranean Society.University of California Press? Tomes I, II, III et 4( voir en P. 66 le compte -rendu de Jacques Taïb et l'article de Colette Sirat en p.62); A Jewish Business Woman of the Eleventh Century J.Q.R., Piladelphia ,1967; Souvaoth Mé- Misraïm Mitéqou fath Ha- Guéniza, ( Sefounoth n°8, Jerusalem 1974°; Eliahou Strauss- Ashtor:Toledot Ha- Yehoudim, Bé- Misraïm ou Bé - Souria,Jérusalem 1970; Mark R. Cohen: Jewish self-Government in medieval Egypt,Princeton University Press,1980.

2 Cf. Liliane Kuczynski, Les juifs du Yémen, approche ethnologique (Inédit).

3 Notons que, d'après Stauss- ahstor et Goitein, deux dinars suffisent pour entretenir une famille de condition moderstr composée de quatre personnes pendant un mois. Nous pouvons estimer enfin ( cf. Abd AR- Raziq:La femme au temps des Mamlouks en Egypte, IFAO 1973) qu'un dinar vaudrit actuellement 2000FF.

4 Sett el Hosn avait converti ses deux esclaves Dahab et Sett El - Samar au judaïsme.

5 Jusqu'au 20e siècle, les Ketoubot des juifs égyptiens autochtones, contrairement à celles des " nouveaux venus" , portaient la mention " a le droit de travailler, de conserver par devers elle les biens ainsi acquis et d'être entretenue par son mari.

6La "Guéniza" relate que le scribe Hillal Ben Ali, en 1094\1095 écrit ( en arabe): "Nous avons vu comparâtre devant nous une éance de (non) conciliation le nommé Abou- Ali fils du défunt Menasché et sa femme Malah fille de Khiron. Il lui dit:" Il m'est parvenu que Barakat Ben Abou Saïd t'a fait la cour et que tu souhaite divorcer ( me répudier, me chasser) pour l'épouser" et que sa femme répondit;" Quoi, moi, l'épouser" et elle fit le serment que jamais elle ne l'épouserait. Nous abons alors introduit pour une confrontation Barakat Abou Saïd. Abou Ali lui dit:" Malheur à moi, tupousses ma femme à me répudier pour t'épouser Ya facel Ya Sa'ec Tefsed Zaougati ouataquoul Iaha Tala'gih haht etgaouez biqi..."

7 Tout le passage concernant la vie d'Al Wahsha ast extrait et adapté du tome III de A Mediterranean Society de S.D. Goitein ( pp.346-352) - traduit de l'anglais par Catherine Barral.

Retour au sommaire


- Copyright © 1998: Moïse Rahmani -