Diplomatie
P a i x
En partant pour la Virginie, où a débuté une nouvelle session de négociations israélo-syriennes,
Ehud Barak, a évoqué le prix «douloureux et nécessaire», qu'Israël devra payer pour la paix. Il
faisait allusion au plateau du Golan conquis par Israël en 1967, dont Damas exige la restitution
totale. «Il faut s'attendre à des négociations difficiles, ponctuées de hauts, de bas, et de crises», a
prévenu le chef du gouvernement israélien, mais «il ne faudra pas attendra un millénaire, un siècle
ou même une décennie, et (ils) trouveront le moyen de faire la paix avec leurs voisins cette année».
Nous ne signerons pas de paix à n'importe quel prix, a toutefois averti Barak, selon qui un accord
devra «donner des réponses à toutes les questions qui importent et impliquer une normalisation
complète avec la Syrie et le Liban, et non pas seulement un accord de non-belligérance». Il a
précisé que l'accord «doit inclure des arrangements de sécurité, la garantie des ressources en eau, la
démilitarisaiton du Golan et le déploiement de l'armée syrienne à des dizaines de kms de la
frontière d'Israël».
C o û t
D'après des parlementaires et des journaux israéliens, l'Etat d'Israël pourrait demander aux Etats-
Unis une compensation de l'ordre de 20 à 30 milliards de $ en échange d'un traité de paix avec la
Syrie. Le ler ministre Ehud Barak a estimé pour sa part qu'Israël aurait besoin de quelque 10
milliards de $ pour assurer sa défense après avoir restitué les hauteurs du Golan. Outre les
indemnisations à verser aux quelques 17 000 colons qui vivent sur le Golan, l'Etat d'Israël pourrait
réclamer des équipements militaires complexes et l'instauration d'un système d'échange de
renseignements pour compenser la perte de stations d'écoutes sur le plateau. Lorsque Israël avait
évacué le Sinaï dans le cadre du traité de paix signé avec l'Egypte en 1979, les Etats-Unis lui
avaient accordé une aide spéciale de 3 milliards de $. Une partie de cette somme a servi à
indemniser les 7 000 habitants forcés de quitter leurs logements. Certaines familles ont reçu jusqu'à
500 000 $ de compensation.
P o r t a b l e s
Les négociateurs israéliens et syriens aux pourparlers de paix ont accepté de renoncer à leurs
téléphones portables pour montrer leur bonne foi à mener des discussions sérieuses a indiqué le
département d'Etat américain. Le porte-parole James Rubin a expliqué avoir été «informé que les
négociateurs ont accepté ce «renoncement» dans un geste prouvant le degré de sérieux dans la
recherche d'un accord». Il a toutefois relevé à l'adresse des journalistes :»Ce geste rend votre
travail plus difficile». Les négociations se déroulent dans l'isolement le plus total à Shepherdstown,
une bourgade de Virginie occidentale située à une centaine de kms à l'ouest de Washington.
R é f é r e n d u m
Un référendum doit être organisé en Israël pour ratifier l'accord s'il est conclu, mais E.Barak se
heurtera à une opposition interne importante. Ce dernier a déjà rappelé que le «sacrifice sera
douloureux», qu'Israël devra payer un prix en échange de la paix qui se profile. Le ler ministre a
également prévenu qu'il fallait s'attendre à des négociations difficiles ponctuées de nombreux
obstacles. Mais la délégation israélienne est partie confiante, aucun des problèmes que vont aborder
les négociateurs au cours des prochaines semaines (l'eau, les frontières définitives,le Golan, les
arrangements de sécurité, les ambassades et la coopération économique) ne paraît insurmontable.
La diplomatie secrète semble avoir été plus active qu'on a bien voulu le dire, débroussaillant
plusieurs dossiers. Mais Syriens comme Israéliens savent que le facteur décisif sera la réaction des
électeurs israéliens lorsqu'ils seront consultés. Or l'entourage de M.Barak manifeste aujourd'hui
une certaine nervosité à cette perspective. «Si un référendum sur le retrait du Golan intervenait
demain, nous n'aurions pas la majorité», expliquait Matan Vilnaï, ancien chef d'état-major adjoint
et aujourd'hui ministre de la Science, de la Culture et des Sports. De fait, les premiers sondages ne
sont guère encourageants et la mobilisation contre un retrait du Golan prend chaque jour de
l'ampleur. M.Barak n'est cependant pas dépourvu d'atouts. Il reste encore plusieurs mois avant un
éventuel référendum au cours desquels les sensibilités peuvent changer et le retrait du Liban, très
populaire celui-là, peut réussir à faire passer celui du Golan.
V o y a g e
Comme prévu, Boris Eltsine a effectué un voyage en Israël. Et en dépit de sa démission subite, il a
été traité comme un chef d'Etat au cours de cette visite de 3 jours. L'ex-président russe était venu
célébrer le Noël orthodoxe enTerre Sainte, accompagné de plusieurs membres de sa famille et
d'une importante délégation qui se montait à 250 personnes ! La suite royale de l'hôtel Hilton à
Jérusalem lui avait été réservée et son lit spécialement agrandi, car Boris Eltsine, dit-on, a
l'habitude de dormir dans un lit de 2m20 au moins. Quelques bouteilles de Vodka avaient été mises
au frigo, et une commande spéciale de ses fruits préférés, cerises et myrtilles était arrivée de
France. Pour l'agenda, M.Eltsine a été reçu par le Président de l'Etat d'Israël, Ezer Weizman et le
ler ministre par intérim, Y.Mordhaï. Il a également rencontré des immigrants russes. Il a été reçu
ensuite par les dignitaires de l'Eglise orthodoxe. Le président russe s'est rendu deux fois à
Bethléem et a été l'hôte officiel de Yasser Arafat et de son épouse, qui ont offert un banquet en son
honneur. Puis il a participé à la messe de Noël orthodoxe dans l'église de la Nativité.
P a k i s t a n
Les nouveaux dirigeants du Pakistan, qui ont pris le pouvoir en octobre lors d'un coup d'Etat
militaire, ont fait savoir aux responsables israéliens que les rapports entre les deux pays ne seront
pas affectés par le changement de régime. Les deux pays n'ont pas de relations diplomatiques, mais
ils entretiennent des contacts réguliers bien qu'informels.
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