Communautés

I n d e m n i s a t i o n

Après 17 mois de négociations intenses et souvent crispées, le terrible bras de fer opposant le groupe Bank Austria/Creditanstalt (première banque du pays) et les représentants de survivants de la Shoah touche à sa fin. Il y a quelques jours, toutes les parties engagées se retrouvaient devant un juge new-yorkais, auprès duquel une «plainte en nom collectif» avait été déposée en août 1998. En moins d'une demi-heure, elles signaient un document dans lequel la banque, accusée de commerce d'or nazi, de rétentions de comptes et de vols purs et simples de victimes de la Shoah, offrait de verser une somme globale de 40 millions de $. En échange, chaque bénéficiaire de cette réparation financière s'engage à mettre fin à toutes poursuites éventuelles contre la banque. Dans le même temps,un site Internet a été ouvert, appelant toutes les personnes susceptibles d'être concernées à se manifester.

P r o c è s

La Shoah est en procès dans un tribunal de Londres. Ainsi en a décidé le Britannique David Irving, historien négationniste et à succès qui voudrait sauver sa réputation déjà sérieusement entachée. Irving (voir «Fax n° 249 ) a porté plainte contre Deborah Lipstadt, professeur à l'université Amory d'Atlanta, qui l'accuse d'être «un partisan d'Hitler». Irving est un homme dangereux, parce qu'il a du talent. Il fut l'un des historiens les plus populaires de Grande-Bretagne. Ses livres sur le IIIe Reich furent tous des best-sellers. Irving, 61 ans, a choisi de se défendre seul et son procès fait recette. Le tribunal a dû déménager, la salle retenue pour l'ouverture du procès était trop petite. Des rescapés de la Shoah, des jeunes juifs en kippa, de rares proches de l'historien se pressent jour après jour pour voir Irving défendre ses thèses. Son livre intitulé «la Guerre entre les généraux» essayait de montrer que la solution finale s'était faite à l'insu du leader nazi. Redoutable utilisateur de la preuve par la négative, Irving explique qu'aucun document portant la signature d'Hitler et ordonnant l'extermination des juifs n'existe. Ce qui est vrai mais ne fait aucun cas d'un amas de preuves et autres éléments établissant sans le moindre doute l'implication d'Hitler dans la Shoah. Irving propose même sur son site Internet 1 000$ à tout historien retrouvant un papier le contredisant. Pour D.Lipstadt, qui fait partie d'une école de jeunes historiens juifs américains résolus à traquer les idées néonazies et négationnistes, Irving est d'autant plus dangereux qu'il est présentable. Pour Irving, les accusations de Deborah Lipstadt ont détruit sa réputation d'historien et plus encore ont amené sa ruine. Ses éditeurs habituels, ont refusé de continuer à distribuer ses livres, et la plupart de ses ouvrages sont désormais imprimés à compte d'auteur.

L i e n s

La maison Bertelsmann fut le plus grand éditeur de brochures de propagande de l'armée nazie durant la Seconde guerre mondiale. Une révélation de la commission indépendante d'historiens mise en place par le groupe pour examiner son passé de 1933 à 1945. Parmi les quelque 75 millions de livres et brochures commandés par la Wehrmacht pour soutenir le moral de ses soldats, C.Bertelsmann (le nom de la maison à l'époque) en a publié plus de 20 millions, soit près d'un quart du total, a compté le groupe d'historiens réunis sous la présidence de l'Américain Saul Friedländer. C.Bertelsmann fut ainsi la première maison d'édition de la Wehrmacht, avant même l'éditeur du parti nazi qui se classe deuxième. L'affaire a grandement profité à la maison Bertelsmann. La commission mise en place l'an dernier après que la presse eut accusé le groupe d'occulter son passé, montre aussi que le patron de l'époque, Heinrich Mohn, qui faisait jusqu'à présent la fierté de la maison pour avoir été membre d'une Eglise protestante en résistance contre la politique religieuse du régime, avait aussi une face noire. Henrich Mohn, fut aussi membre bienfaiteur des SS, un cercle de généreux donateurs qui ne participait certes pas aux exactions de la troupe mais l'encourageait financièrement. Après la guerre, Henrich Mohn omit d'abord de déclarer avoir été membre bienfaiteur de la SS, ce qui lui permit de passer à travers les mailles de la dénazification. Dès 1946, sa maison obtenait une nouvelle licence pour imprimer des livres. Bertelsmann allait devenir le plus grand groupe européen de communication.

P o u r s u i t e s

Ferdinand Hammer, originaire d'Allemagne et âgé de 78 ans, a été déchu de la nationalité américaine et sera expulsé du pays. Il avait été garde au camp d'Auschwitz. Depuis 20 ans que le ministère américain de la Justice s‘est doté d'une unité spéciale pour débusquer les anciens nazis, 63 ont été déchus de leur nationalité, dont 52 ont été expulsés du pays. Les enquêtes encore en cours pour ces motifs, concernent 250 personnes.

E x c u s e s

En Allemagne, le président de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) a présenté des excuses pour ce qu'il a appelé un «dérapage». Mais l'acte de contrition de Wolfgang Schäuble est venu bien tard ; le mal était fait. Pour justifier la présence de 13 millions de DM dans sa comptabilité, la CDU de Hesse avait invoqué des legs anonymes de riches juifs de Francfort, déposés en Suisse. C'était une «légende» a reconnu Manfred Kanther, ancien chef de la CDU de la région. Pire qu'une légende : un pur et simple mensonge, qui a obligé ce représentant scrupuleux de la loi et de l'ordre a abandonner son mandat de député. Il avait inventé cette explication avec deux notaires et l'ancien trésorier de la CDU locale. Dans cette «légende», il y avait tous les clichés que l'Allemagne cherche à exorciser depuis 50 ans : les juifs, l'argent, la fuite des capitaux à l'étranger, et pas n'importe quels juifs, ceux de Francfort, comme Rainer Fassbinder les avait caricaturés en 1976, dans sa pièces Les Ordures, la ville et la mort, provoquant l'indignation d'Ignatz Bubis, promoteur immobiliser, qui allait devenir le chef de la communauté juive allemande. L'indignation dépasse cette fois la communauté juive. La presse, quasi unanime, ne comprend pas comment une telle idée a pu venir à des messieurs respectables pour essayer de se tirer d'un mauvais pas.

E i n s t e i n

Le magazine américain «Time» a élu le père de la physique atomique, Prix Nobel 1921, le célèbre Albert Einstein, «homme du siècle». A la différence d'autres grands savants juifs allemands de son temps, Einstein ne se considère pas seulement «d'origine juive», mais aussi et surtout un Juif engagé. Dans un texte aujourd'hui oublié, il condamne sévèrement l'expression «Allemand de foi mosaïque», utilisée souvent de son temps, car cette «foi mosaïque» lui semble une forme de renonciation à l'identité nationale du Peuple juif, qui ne se réduit pas à une simple confession religieuse. Quand en 1933, Hitler arrive au pouvoir en Allemagne, Einstein démissionne de l'Académie des Sciences de Prusse et quitte définitivement son pays natal, dénonçant avec force le nouveau régime totalitaire national-socialiste. Réfugié en Amérique et nommé professeur à Princeton dans le New Jersey, Einstein explique dans une lettre au président Roosevelt, les possibilités militaires incroyables de la fission de l'atome. Sympathisant déclaré de la cause sioniste, Einstein fait partie des amis de la toute nouvelle Université Hébraïque de Jérusalem, dans laquelle il voit la promesse d'une ère scientifique avancée au Proche-Orient. Mais il décline la proposition de David BenGourion de devenir le second Président de l'Etat d'Israël, ne se considérant pas en mesure d'exercer cette lourde tâche. Quand il meurt, sur la table de nuit de sa chambre d'hôpital, se trouvent des notes manuscrites : le discours qu'il comptait faire, à la télévision, pour le 7e anniversaire de l'Indépendance Israël.

K i r k

Kirk Douglas a profité de son 83e anniversaire pour faire sa seconde bar-mitzva. Il avait déjà sacrifié à cette cérémonie hébraïque pour ses 13 ans, mais a voulu appliquer à la lettre la règle de sa religion selon laquelle, à 70 ans, un homme a vécu un cycle complet.

C a s h e r

En France, le Gers lance le foie gras casher. Le produit a été élaboré sous le contrôle d'un rabbin vétérinaire. Une initiative de Bernard Valeilles, directeur d'une petite entreprise, qui tente cette expérience artisanale, dans un premier temps, sur 400 bêtes.

P r o d i g e

Woody Allen a un fils prodige, Satchel, 11 ans, qui va entrer à l'Université de Columbia. Ce surdoué expliquait déjà à 5 ans à ses parents comment fonctionnaient les trous noirs en astronomie!

C o n c e r t

Le CID et Solidarité avec Israël présentent : THE THELMA YELLIN HIGH SCHOOL SYMPHONY ORCHESTRA ISRAEL. 82 musiciens israéliens sous la direction de Menahem Nebenhaus. Oeuvres de M.Wiesenberg - C.M.Weber - P.I.Tchaikovsky - A.Dvorak. Salle du Conservatoire royal de Bruxelles, rue de la Régence 30 à 1000 Bruxelles. Le JEUDI 17 FEVRIER 2000 à 20h. PAF : 1 500 Frs - 1 100 Frs - 750 Frs - 500 Frs. Réservations : 344 53 52 Compte : 360-0406048-12.

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