Communautés
A u t r i c h e
Des dirigeants du B'nai B'rith International et du B'nai B'rith Europe ont informé le président autrichien, Thomas Klestil, qu'ils soutiennent l'isolation politique bilatérale du gouvernement autrichien actuel dirigé par le Chancelier Wolfgang SchŸssel et qui inclut le parti d'extrême-droite de Joerg Haider. La délégation, conduite par le Président du B'nai B'rith Europe, Seymour Saideman, et qui incluait des leaders juifs autrichiens a recommandé à M.Klestil que les dirigeants autrichiens agissent au plus haut niveau afin de combattre les préjugés anti-juifs et anti-étrangers et de promouvoir le développement d'une société juste. M.Saideman, qui est basé à Londres, a déclaré que M.Klestil a exprimé de la sympathie pour la proposition du B'nai B'rith d'organiser une série de symposiums dans des villes d'Autriche pour augmenter la conscience populaire d'un état libre, démocratique et égalitaire. Lors de la rencontre avec M.Klestil à Vienne, la délégation a souligné que le B'nai B'rith n'est pas favorable à un boycott commercial. Nous soutenons ces Autrichiens qui s'efforcent de construire une société civile plus juste et de surmonter la situation actuelle dans laquelle le FPO participe à la coalition gouvernementale, a expliqué M.Saideman. Nous avons également dit au Président que nous considérons avec faveur les négociations continues sur les restitutions en faveur des travailleurs esclaves de la période de l'Holocauste, au vu de l'âge des victimes survivantes et avons également exprimé notre soutien à la communauté juive autrichienne. Le B'nai B'rith - qui compte des dirigeants et des membres des 58 pays, y compris l'Autriche - est la principale organisation juive des droits de l'hommes, de l'action sociale et humanitaire au monde. Sa présence en Autriche remonte au 19e siècle et elle comptait parmi ses membres Sigmund Freud et d'autres notables. Lors de plusieurs conférences, Freud présenta à la loge de Vienne sa nouvelle théorie de l'interprétation des rêves.
D é c l a r a t i o n
Le chasseur de nazis, Simon Wiesenthal, a signé une déclaration condamnant l'isolement de l'Autriche par ses partenaires. M.Wiesenthal figure aux côtés du président du Consistoire israélite de Vienne, Ariel Muzicant, et du metteur en scène de théâtre Luc Bondy. Les sanctions nous rendent anxieux, ont-ils indiqué. Nous craignons que ces sanctions n'affaiblissent tout mouvement politique et social qui serait en position d'agir contre ce possible danger, de l'extrêm ne droite au pouvoir.
C h i f f r e s
Suite à un sondage réalisé par l'Institut Louis Harris, 69% des Français se
reconnaissent racistes. 21% pensent qu'ils y a trop de Juifs en France et 31%
qu'ils ont trop de pouvoir !
E x p u l s i o n
Ferdinand Hammer, l'ancien gardien SS d'Auschwitz, âgé de 79 ans, est arrivé à Vienne, expulsé des Etats-Unis pour avoir caché son passé au camp d'extermination. Seule l'Autriche a accepté de l'accueillir. Selon le ministère de la Justice, aucune charge ne pèse contre lui, car il n'a pas été impliqué dans des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité. Le Centre de documentation juif Simon Wiesenthal à Vienne ne dispose également d'aucun document qui prouverait la culpabilité de l'ancien SS. Ferdinand Hammer a émigré aux USA en 1955 depuis l'Autriche. Lorsqu'il a demandé le visa, et plus tard, lorsqu'il a demandé en 1963 l ha nationalité américaine, il a occulté ses activités sous le régime nazi. Sur la base de ces fausses dépositions, un tribunal américain a retiré la nationalité à Hammer en 1996 et décidé un an plus tard son expulsion des Etats-Unis, confirmée en appel en 1999.
H i s t o i r e
La présence des Juifs à Varsovie remonte à la fin du 14e siècle. Depuis le premier document de 1423 relatant l'existence d'une vingtaine de familles, la population juive n'a fait que croître pour atteindre les chiffres de 320 000. Durant l'entre-deux-guerres, la politique du nouvel Etat polonais visait à centraliser l'activité économique dans ses propres institutions, les mesures économiques visant tout particulièrement les artisans et le petit commerce juif, ainsi que les sentiments antisémites de la population, virent empirer les conditions des Juifs de Varsovie. En 1931, le taux de c Nhômage parmi les Juifs était de 34,4% et le pourcentage de personnes dans le besoin, était plus élevé encore. En 1933, la moitié des membres de la communauté étaient dans l'incapacité de payer la taxe annuelle de 5 zloty due à la Communauté. Néanmoins, c'est durant cette période que Varsovie sera le pôle d'une vie politique et culturelle jamais dépassée dans l'histoire du judaisme en Pologne. Varsovie était le siège de tous les partis politiques, témoins de tous les clivages idéologiques de l'époque ainsi que le centre de toutes les activités dans le domaine des arts, de la littérature, du théâtre, de l'éducation, de l'édition, de la presse.Entre 1926 et 1936, Sionistes et Agudat Israël (le parti religieux orthodoxe), se partagèrent la direction de la vie communautaire, en alternance ou en coalition. Toutefois, en 1936, ce fut le Bund qui emporta les élections aussi bien à la tête de la communauté, qu'à la représentation juive à la municipalité de Varsovie.
D i s p a r i t i o n
Auteur d'Histoire véridique de Moshé, ouvrier juif et communiste au temps de Staline (Ed.Recherches), Moshé Zalcman est mort à Paris la semaine dernière, à l'âge de 92 ans. Il était l'un des derniers représentants de la culture militante yiddish. Né en 1909 à Zamosc, près de Lublin, en Pologne, Moshé Zalcman s'engagea très tôt dans le militantisme syndical et politique. Après un séjour en prison, il continua ses activités politiques à Paris, au début des années 30, auprès d'organisations proches du Parti communiste, la MOI (Main-d'oeuvre immigrée) et le Secours rouge, dont il fonda la section juive. Installé à Kiev, en URSS, en 1933, victime des purges de 1937, Moshé Zalcman sera condamné à 10 ans de Goulag, d'abord de Karaganda (Kazakhstan), puis au camp de la Vorkouta, près du pôle Nord, suivis de 10 années d'assignation à résidence en Géorgie. Un parcours qui pourrait passer pour banal dans le contexte de l'époque. Mais Moshé Zalcman, qui avait gagné Paris en 1960, en fit témoignage : Histoire véridique de Moshé fut publiée en yiddish en 1968 et parut en traduction française dix ans plus tard. Ecrit dans une langue simple et belle, cet ouvrage évoquait, avec la sobriété exemplaire de l'ouvrier tailleur, seul statut que Moshé Zalcman eût jamais revendiqué, l'engagement des juifs dans le mouvement révolutionnaire. Proche du camp progressiste israélien, Moshé Zalcman devait publier encore quatre autres ouvrages, aux éditions La Digitale à Quimperlé, entre 1977 et 1992.
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