Communautés
P r o c è s
Le Dr.Heinrich Gross est aujourd'hui âgé de 84 ans. Ce psychiatre, ancien membre éminent du
Parti socialiste autrichien et ancien expert auprès de la Cour de justice, se retrouve aujourd'hui sur
le banc des accusés. Plus d'un demi-siècle après les faits, il est soupçonné d'avoir directement
causé la mort d'au moins 9 enfants, alors qu'il était jeune médecin dans l'hôpital viennois Steinhof.
Un établissement connu comme étant l'un des centres actifs où furent appliqué le programme
d'euthanasie du IIIe Reich. Son procès, qui commence aujourd'hui, pourrait ouvrir l'un des plus
grands débats sur le passé nazi de l'Autriche. Depuis 30 ans, il n'y avait pas eu de procès d'anciens
responsables nazis.
Sanatorium Strasse n°2, à la périphérie de Vienne. Dans les caves du pavillon 15, sont alignés
plusieurs dizaines de larges bocaux aux reflets étranges. Remplis de formol, ils contiennent des
têtes d'enfants aux yeux fermés. C'est là tout ce qu'il reste des 772 enfants morts dans le pavillon
Am Spiegelgrund, à l'époque où il servait de centre de «soins» à tous les enfants de la région jugés
indignes d'appartenir à la «communauté du Peuple allemand». «Ma soeur avait 4 ans quand on l'a
envoyée a Spiegelgrund, où elle fut mise dans le département du Dr.Gross, explique Waltraud
Haüpl.Sa jeune vie prit fin dans des tortures indescriptibles». De ce pavillon monstrueux, H.Gross
n'était pas le chef. Jeune médecin ambitieux et convaincu - sa carte d'adhésion au Nsdap (le parti
national-socialiste) porte la date de 1932 -, il ne fut qu'un exécutant très fidèle. C'est à ce titre que
son chef, Ernst Illing qui désirait prendre des vacances, lui demanda de le remplacer quelques
semaines. Cette marque de confiance risque de perdre Gross aujourd'hui. Le «Mengele» autrichien,
qui obtiendra du président Franz Jonas la croix d'honneur de la République en 1975, au moment de
son départ à la retraite en 1981, reconnu par ses pairs comme psychiatre, dirigeait un département
de ce même hôpital Steinhof. Il y vivait même, avec sa femme et ses trois enfants, dans un
appartement de fonction. L'issue de ce procè reste incertaine. Sur le modèle de Pinochet, l'avocat
de la défense compte utiliser la faiblesse physique de son client pour le soustraire à la justice. Quoi
qu'il en soit, une décision a déjà ét éprise : dans quelques semaines, les restes de ces malheureux
enfant vont quitter leurs monstrueux bocaux, et recevoir enfin une sépulture.
E x p u l s i o n
Ferdinand Hammer, l'ancien gardien SS d'Auschwitz, âgé de 79 ans, est arrivé à Vienne, expulsé
des Etats-Unis pour avoir caché son passé au camp d'extermination. Seule l'Autriche a accepté de
l'accueillir. Selon le ministère de la Justice, aucune charge ne pèse contre lui, car il n'a pas été
impliqué dans des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité. Le Centre de documentation
juif Simon Wiesenthal à Vienne ne dispose également d'aucun document qui prouverait la
culpabilité de l'ancienSS. Ferdinand Hammer a émigré aux USA en 1955 depuis l'Autriche.
Lorsqu'il a demandé le visa, et plus tard, lorsqu'il a demandé en 1963 la nationalité américaine, il a
occulté ses activités sous le régime nazi. Sur la base de ces fausses dépositions,un tribunal
américain a retiré la nationalitié à Hammer en 1996 et décidé un an plus tard son expulsion des
Etats-Unis, confirmée en appel en 1999.
A u t r i c h e
Certains voient en lui le «juif de cour» de Joerg Haider, d'autres le qualifient d'»opportuniste» ou
de «traître». Qu'il suscite la curiosité, le mépris ou même la haine, Peter Sichrovsky (52 ans) ne
laisse personne indifférent. Ce descendant d'une famille juive viennoise, en partie exterminée par
les nazis a choisi de militer pour le FPoe, un parti qui incarne pour lui la seule force de renouveau
capable de faire sortir l'Autriche de la «pseudo-démocratie» dans laquelle elle se trouve depuis
1945. Il considère que Haider «n'est pas un néonazi, mais le représentant typique d'une génération
d'Autrichiens venus à la démocratie malgré une éducation peu critique à l'égard du national-
socialisme». L'engagement politique de Peter Sichrovsky remonte à 1996, date depuis laquelle il
occupe un siège de député européen pour le FPoe. En 1999, il est entré au comité directeur du parti
de Haider, dont il partage les convictions nationales, l'anticommunisme et la haine de
l'establishment en place dans son pays. «On m'interdit mes engagements politiques au nom du fait
que je suis juif, c'est une forme de fascisme, je préfère qu'on me critique au nom des idées»
explique cet ancien journaliste du quotidien libéral Der Standard, qui partage son temps entre
Hollywood, Vienne et Bruxelles. Peter Sichrovsky semble vouloir tout faire pour être politiquement
«incorrect» :»Je préfère encore les antisémites déclarés à tous ces philosémites qui voient en nous,
les juifs, des survivants d'Auschwitz en pyjama rayé».
A l l e m a g n e
Environ 500 néonazis du NPD ont défilé à Berlin pour célébrer l'anniversaire de l'Anschluss et
marquer leur solidarité envers le leader d'extrême droite autrichien Joerg Haider. Interdite par la
police, ma manifestation a été autorisée par la justice. 1 500 policier avaient été déployés pour
éviter une confrontation avec des militants anti-fascistes.
B r a t i s l a v a
Le grand rabbin de France Joseph Sitruk a été élu président de la Conférence rabbinique
européenne, dont la 22ème réunion biennale s'est déroulée du 12 au 15 mars à Bratislava. M.Sitruk
remplace le rabbin britannique Lord Jakubovitz, récemment décédé. «La Conférence européenne
des rabbins a toujours été à la pointe de la vision européenne en matière de la communauté juive, et
notre ambition est d'amplifier ce mouvement», a indiqué le grand rabbin Sitruk. La conférence
représente un outil considérable puisque 180 rabbins se réunissent, venant de tous les pays et
d'Europe de l'Est en particulier», a-t-il souligné.
S u i s s e
La vague d'antisémitisme qui frappe la Suisse depuis l'affaire des avoirs juifs en déshérence ne
s'est pas apaisée. Ainsi, selon un sondage de l'institut Gfs publié à Berne, 16% des Suisses se
disent foncièrement antisémites, soit une proportion de plus de un sur six. En outre, 60% des
citoyens peuvent avoir des tendances antisémites, plus marquées chez les hommes et les personnes
âgées.
H o n n e u r
L'association humanitaire juive, B'nai B'rith France a remis un prix à la ministre française de
l'Emploi, Martine Aubry, pur avoir refusé de siéger aux côtés d'une ministre autrichienne
d'extrême droite lors d'une rencontre européenne à Lisbonne en février. «Vous qui avez toujours
affiché des convictions anti-racistes, vous avez, par ce geste fort, symbolique et courageux,
dignement représenté la France. C'est par ce geste qu'on peut créer un rempart à la haine raciale» a
déclaré le président de l'association, Yves Kamami, en remettant à Mme Aubry le prix «Défense
des droits de l'homme». Mme Aubry a souligné qu'il n'y avait « pas de dialogue possible avec gens
qui stigmatisent l'Autre et veulent banaliser le nazisme».
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