Communautés

Y o m   H a s h o a h

Les sirènes ont appelé, comme chaque année, le mardi 2 mai à 10h du matin, la population israélienne à se recueillir en silence en hommage aux 6 millions de Juifs assassinés par les nazis durant la Seconde guerre mondiale. Les cérémonies avaient débuté la veille au soir au Mémorial Yad Vashem de Jérusalem, consacré à la Shoah, en présence du président israélien, Ezer Weizman et du ler ministre Barak. A 10h30, a ensuite débuté à la Knesset, une cérémonie traditionnelle appelée "Pour chaque personne, il y a un nom". Les Israéliens sont alors invités à lire les noms des membres de leur famille victime de la Shoah. Le ler ministre Barak a lu les noms de ses grands-parents maternels, des juifs polonais morts dans le camp de concentration de Treblinka, et les noms de trois cousins. Par ailleurs plus de 5 000 jeunes juifs du monde entier se sont réunis à Auschwitz pour prendre part à la "Marche des Vivants", conduite par des survivants des camps, en compagnie du président polonais et de son homologue israélien qui ont ouvert la marche. Comme chaque année, les jeunes juifs sont partis d'Auschwitz pour rejoindre le camp de Birkenau. Là, ils ont récité la prière juive pour les morts, le Kaddish. Ces jeunes sont venus principalement d'Israël, des Etats-Unis, du Canada, d'Argentine, de France, d'Allemagne et de Belgique.

J o u r n a l

A l'occasion du Yom Hashoah, le président du Conseil central des juifs en Allemagne, Paul Spiegel, a suggéré de faire du "Journal d'Anne Frank" une lecture obligatoire dans les écoles allemandes, une lecture imposée aux écoliers de la 4ème ou 5ème classe allemande, soit ceux âgés de 10-11 ans. "On n'a pas le droit de tirer un trait sur la réflexion relative à la Shoah, nous devons toujours continuer à en parler". Pour Yom Hashoah, une lecture des noms de 55 696 victimes juives du nazisme a débuté le lundi soir à Berlin sur le terrain où doit être érigé le Mémorial de l'Holocauste. L'action a duré 30h. L'Allemagne compte aujourd'hui 70 000 juifs, dont 12 000 à Berlin, la principale communauté du pays.

A l l e m a g n e

Plus d'un cinquième des adolescents allemands âgés de 14 à 17 ans n'ont jamais entendu parler du camp de concentration nazi d'Auschwitz.

S c h i n d l e r

La veuve d'Oscar Schindler a renoncé, faute de moyens financiers à récupérer la liste, récemment retrouvée en Allemagne, de quelque 1 200 juifs que son époux a sauvé de la mort sous le Troisième Reich. Emilie Schindler, qui vit en Argentine, n'a pas les moyens de payer les frais de justice.

P o l o g n e

Juifs et Tziganes au gaz! La Pologne aux Polonais! Des inscriptions antisémites et antitziganes ont été peintes le mois dernier, sur le mur du cimetière juif d'Auschwitz. Cette profanation s'ajoute à des déclarations ouvertes ou voilées de responsables politiques ou religieux, aux magazines violemment racistes en vente libre : l'antisémitisme a toujours pignon sur rue en Pologne, mais des voix s'élèvent, de plus en plus fortes, pour condamner ces tendances. Récemment, dans le village de Dmosin, le projet de donner à l'école primaire le nom du célèbre poète polonais - et juif - Jan Brzechwa (de son vrai nom Lesman), avait suscité l'envoi de lettres de protestation d'habitants, avec le soutien du curé local. Certains, y compris dans le clergé catholique, exprimèrent leur indignation. Le 21 mars, pour la première fois, un millier de jeunes, d'intellectuels et de conseillers municipaux de la ville de Lodz s'étaient mobilisés pour enlever une à une les inscriptions antisémites sur les murs de la cité. L'initiative revenait à la municipalité, à l'appel d'une association israélienne d'anciens habitants juifs de Lodz, pour marquer la Journée mondiale contre le racisme. Dans la soirée, des skinheads polonais, recouvrirent de slogans antisémites les murs de la maison de Marek Edelman, le dernier survivant de l'insurrection du ghetto de Varsovie. L'ancien aumônier de l'ex-président Lech Walesa, le Père Jankowski, ne fait pas mystère de son antisémitisme dans ses sermons et déclarations publiques. Il est l'un des porte-voix des milieux antisémites polonais. Mais, peu à peu, intellectuels, religieux et hommes politiques condamnent le phénomène. Les autorités, y compris judiciaires, réagissent aux cas les plus flagrants. Ainsi la cour d'appel d'Ople a décidé que serait rejugée l'affaire d'un historien polonais qui nie l'existence des chambres à gaz dans les camps nazis, classée en décembre pour "faible nuisance sociale" par un tribunal local. Ce jugement avait suscité un tollé dans le pays. Le Prof.Darius Ratajczak soutient dans son livre "Les sujets dangereux" que les Allemands avaient utilisé le gaz Zyklon B pour la désinfection des détenus et non pour les tuer. Le 5 avril, l'université d'Ople a prononcé son licenciement assorti d'un interdiction d'enseigner pendant 3 ans. "Il est grave de constater qu'il existe toujours en Pologne des gens pour qui les Juifs représentent l'ennemi principal alors que les Juifs ne sont plus que quelques milliers dans le pays," estime M.Stanislaw Krajewski, membre du directoire de l'Union des communautés juives de Pologne.

P r o c è s

Le procès des 13 juifs iraniens accusés d'espionnage au profit d'Israël et des USA, ouvert le 13 avril, a repris à huis clos à Chiraz. Le principal accusé aurait avoué avoir suivi une formation en Israël sous la conduite du Mossad, a reconnu avoir espionné pour l'Etat d'Israël et affirmé avoir trahi son pays. "Je suis coupable" a réaffirmé Hamid Tefilin dans une interview à la télévision, avant d'accuser Israël d'exploiter la foi des juifs à travers le monde pour leur faire exécuter les basses oeuvres.10 des accusés comparaissent devant le tribunal révolutionnaire. Les 3 autres accusés, qui sont en liberté provisoire, doivent comparaître plus tard. La communauté internationale a demandé à Téhéran d'assurer un procès équitable. L'Iran affirme que la religion n'a rien a voir dans cette affaire, soulignant que 8 Musulmans ont aussi été arrêtés et inculpés. La date de leur procès n'a pas été fixée. Par ailleurs, le gouvernement israélien a envoyé une lettre officielle au gouvernement iranien demandant la libération immédiate des juifs qui sont jugés aujourd'hui. Cette lettre est signée d'Ehud Barak qui écrit "que ces juifs n'ont rien à voir avec l'Etat d'Israël et n'ont jamais eu de liens officiels ni avec Israël, ni avec le Mossad, ni avec aucune autre organisation". D'autre part, plusieurs diplomates et agents de la sécurité et du Mossad ont expliqué que depuis l'affaire J.Pollard, la décision des autorités israéliennes et du Mossad est de ne plus employer des juifs à travers le monde au service des services de renseignements israéliens, et il est clair que ces juifs iraniens n'ont rien à voir avec les services secrets israéliens. Enfin, un responsable israélien a accusé l'Iran d'avoir extorqué de faux aveux au principal suspect.

I r a n

La communauté juive de Belgique, comme celle de plusieurs capitales européennes, et à la suite de de Londres, Genève, Paris et la Haye, a manifesté le13 avril dernier. Agissant au nom de la communauté juive de Belgique, le Prof. G.Schnek, Président du Consistoire Central Israélite de Belgique, Mme V.Teitelbaum-Hirsch, Présidente du Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (C.C.O.J.B.) et M.Eli Ringer, Président du Forum der Joodse Organisaties, ont déposé à l'ambassade d'Iran la lettre suivante adressée au président M.Khatami :

Monsieur le Président,

La communauté juive de Belgique, à l'instar de tous les citoyens de ce pays attachés au respect des droits de l'Homme, prend la liberté de vous exprimer sa vive inquiétude. En effet, ce jour, s'ouvre à Chiraz le procès de 21 Iraniens, musulmans et juifs, accusés d'espionnage. La gravité de ces chefs d'accusation et la perspective de la peine capitale qui risque d'être prononcée à l'encontre des accusés de ce procès, comme ce fut le cas lors de plusieurs procès récents en Iran, nous incitent à vous adresser cette lettre.

Sans vouloir nous immiscer dans le cours de la justice iranienne, nous nous permettons toutefois d'insister pour que l'ensemble de ces personnes, quelle que soit leur origine ou leur appartenance religieuse, soient traitées en toute équité et que leurs droits fondamentaux à assurer leur défense soient respectés. De même, nous serions rassurés si les autorités judiciaires iraniennes autorisaient des observateurs internationaux à assister à toutes les audiences de ce procès.

Nous sommes pour notre part convaincus qu'une décision de votre part et des autorités iraniennes concernées, allant dans le sens de nos demandes et rendue publique, serait de nature à améliorer l'image de votre pays, tant auprès des instances dirigeantes qu'auprès de l'opinion publique belge. Nous formulons l'espoir que le tribunal de Chiraz écartera de ses préoccupations toute considération autre que celle de rendre une justice équitable et respectueuse de la personne humaine et que dès lors, il sera en mesure d'établir l'innocence des accusés de ce procès. Veuillez agréer ...

P o n t s

Le président du Congrès juif européen, Henri Hajdenberg, a déclaré qu'il voulait "lancer des ponts entre juifs et arabes de la société civile", en organisant notamment en septembre prochain la visite au Caire d'une délégation d'intellectuels juifs européens. "Les enseignants, les intellectuels, les avocats, les journalistes sont très en retrait par rapport au processus de paix. Des fantasmes continuent d'être propagés" a-t-il déclaré à l'AFP au Caire, citant notamment les articles anti-israéliens ou antisémites de la presse égyptienne, qui a été le premier pays arabe à signer la paix avec Israël, en 1979. M.Hajdenberg, également président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), a rencontré le ministre égyptien des Affaires étrangères, Amr Moussa ainsi que le président Hosni Moubarak.

S p o l i a t i o n

En France, la mission Mattéoli a rendu son rapport au ler ministre Lionel Jospin. Un rapport de 3 000 feuillets sur la spoliation dont les juifs de France ont été victimes pendant la seconde guerre mondiale. La mission dresse un tableau chiffré très précis des exactions dont les juifs ont été victimes. Des spoliations, rappelle encore la mission Mattéoli, qui ont eu lieu en application des lois et des règlements discriminatoires de la France de Vichy. Sous Vichy, la privation des biens fut la première étape de la solution finale. La spoliation est évaluée à 8,8 milliards de FF et les fonds non restitués iront à une Fondation pour la mémoire. La mission souhaite que cette fondation ait une mission "d'histoire, d'éducation et de solidarité".

P r e s c r i p t i o n

S'agissant des spoliations financières, la mission Mattéoli souligne que "le fait que des fusions, des acquisitions et des changements de statuts soient intervenus depuis la guerre n'autorise pas les établissements financiers, les compagnies d'assurances à se considérer comme déchargés des responsabilités contractées par les sociétés qu'ils ont absorbées ou dont ils sont issus". La mission réclame plus de clarté sur la prescription et une meilleure application de la loi concernant les valeurs étrangères et les contenus de coffres. La mission suggère une coordination entre les différents travaux sur la spoliation financière des juifs pendant la seconde guerre mondiale qui ont été conduits dans d'autres pays. La mission demande aussi aux compagnies d'assurances de respecter désormais la règle concernant la durée de conservation des archives (106 ans), ce qu'elles ne font pas toujours. Les différents rapports de la mission Mattéoli sont disponibles sur le site Internet de la Documentation française (http://www.ladocfrancaise.gouv.fr).

M a t t é o l i

Président. Choisi en février 1997 par Alain Juppé comme "haute personnalité" pour présider la mission qui portera son nom, Jean Mattéoli a été ministre du Travail de 1979 à 1981 et président du Conseil économique et social (CES) de 1987 à 1999. Ce "gaulliste de gauche" s'est engagé très jeune dans la Résistance et a été déporté à Mauthausen. Ses propos maladroits sur l'indemnisation des juifs en 1999, son échec à obtenir un cinquième mandat à la tête du CES l'ont progressivement marginalisé. Parmi les historiens, la mission comptait notamment Annette Wieviorka, chercheuse au CNRS et spécialiste de la Shoah, qui s'est, entre autres , occupée de la partie concernant le camp de Drancy. Claire Andrieu, professeur à Paris-I, qui travaille notamment sur les établissements financiers sous l'Occupation, a géré la partie concernant les banques et l'assurance ; Antoine Prost, historien du XXe siècle et spécialiste des questions d'Education nationale, a retracé l'aryanisation des biens. L'avocat Serge Klarsfeld a suivi les travaux sur la spoliation dans les camps de province. Enfin, Caroline Piketty, conservateur du patrimoine, a recensé archives et fonds disponibles.

T c h é t c h é n i e

Selon des informations en provenance des milieux juifs à Moscou, les indépendantistes tchétchènes ont abondamment recours à des mots d'ordre antisémites. Le chef de guerre Chamil Bassaïev, de même que le président Aslan Maskhadov, dénoncent dans leurs discours "le régime pro-sioniste de Moscou". Des brochures antijuives ont été amplement distribuées dans le pays,notamment des traductions des Protocoles des Sages de Sion. Les plusieurs dizaines d'otages juifs détenus par des bandes armées tchétchènes (parmi les quelque 800 otages de toutes origines) seraient soumis à des traitement particulièrement cruels de la part de leurs ravisseurs.

U k r a i n e

La Premier ministre ukrainien, Victor Youchenko, a affirmé devant la Conférence de Stockholm sur l'enseignement de la Shoah que son gouvernement soutenait le projet d'un Musée de la Shoah à Kiev. Il a indiqué qu'un manuel sur ce sujet, incluant une information spécifiquement ukrainienne, était en voie d'achèvement. 600 000 citoyens juifs et non-juifs vivant aujourd'hui en Ukraine sont des rescapés des camps de concentration, des ghettos ou du travail forcé.

M u s i q u e s

Le 10ème Festival international de musique juive aura lieu à Londres du 11 juin au 18 juillet prochain, dans le cadre des célébrations officielles de l'an 2000. Toutes les formes de musiques juives anciennes et modernes seront abordées, avec la participation d'artistes venus notamment d'Ouzbékistan, des Etats-Unis et d'Israël. Concerts imposants ou plus modestes, conférences, débats, ateliers mêlant toutes les classes d'âge sont prévus, avec notamment un concours demandant aux enfants de composer une nouvelle mélodie pour un psaume, et la collecte dans les maisons de retraite des chansons et des airs que les personnes âgées conservent de leur enfance. Un marathon de musique juive est envisagé dans le Dôme du Millenium, au cours duquel tous les groupes du pays, professionnels ou amateurs, pourront présenter, chacun pendant 20 minutes, leur musique favorite.

A t h l è t e s

Le Parquet allemand a décidé de ne pas ouvrir d'information judiciaire à l'encontre du président de l'Autorité palestinienne Y.Arafat pour son implication présumée dans l'attaque terroriste des jeux olympiques de Münich en 1972. Pour rappel, cet attentat avait fait au total 17 morts : 11 athlètes, 5 terroristes et un policier allemand.Selon l'hebdomadaire "Focus", le procureur fédéral a consulté le gouvernement avant de décider finalement, fin février, de renoncer à poursuivre Arafat, pour protéger les intérêts allemands et de peur de menacer le processus de paix au Proche-Orient.

A t t e n t a t

Un jeune homme de 18 ans appartenant à un parti néo-nazi a été interpellé et écroué après l'attentat manqué contre la synagogue d'Erfurt (ex-RDA). Il est fortement soupçonné d'avoir participé à l'attentat : ses empreintes digitales ont été retrouvées sur la lettre de revendication laissée sur les lieux. Il s'agit du second attentat contre une synagogue en Allemagne depuis l'effondrement du nazisme : le premier s'était produit à Luebeck.

C r o i x R o u g e

Le bouclier de David sera-t-il enfin reconnu par le Mouvement de la Croix et du Croissant-Rouge ? Depuis 52 ans, c'était l'impasse. Faute d'exister en 1929, puis devant l'hostilité arabe, la section israélienne n'avait jamais pu être admise dans la grande famille de la solidarité envers les victimes des catastrophes naturelles. Mais, subitement, les pressions américaines ont réveillé les énergies et le vieux dossier pourrait trouver une solution. La Croix-Rouge américaine a en effet menacé de ne plus payer sa quote-part des contribution (25%). Du coup, l'idée a germé de créer un troisième emblème neutre à côté de la croix et du croissant, qui serait un diamant rouge. Dans le coin inférieur, l'étoile de David y figurerait. Ce coin inférieur pourrait aussi satisfaire l'Erythrée et le Kazakhstan qui veulent voir figurer sur leur drapeau un emblème mixte, à la fois la croix et le croissant. Cette solution de compromis satisfera-t-elle les Israéliens et les Américains qui revendiquaient une égalité de traitement ? Pas impossible. Une réunion décisive, mais hautement confidentielle devrait se tenir à ce sujet. Elle remettra ses conclusions à une commission qui déterminera la marche à suivre.

E x c u s e s

Le libraire en ligne américain Amazon.com a posté pour la première fois sur son site un commentaire mettant en garde contre un livre antisémite qu'il propose à la vente, les Protocoles des sages de Sion. "Merci de noter qu'Amazon n'approuve pas les vues exprimées dans ce livre ni celles de l'éditeur dans la présentation ci-dessous", peut-on lire à côté du titre et du prix de l'ouvrage. Outre l'avertissement ci-dessus, Amazon a ajouté un commentaire d'une association des droits de l'homme. Pendant ce temps, la vente continue !

B e r n e

Des centaines de manifestants se sont rassemblés devant le siège du gouvernement suisse à Berne, pour protester contre la visite officielle du chancelier autrichien Wolfgang Schüssel, allié à l'extrême-droite. Cette manifestation avait été appelée par les "jeunes socialistes", le parti de Verts, des associations de lutte contre le racisme et le Congrès juif européen.

V i e n n e

"Rien n'est plus dangereux pour une société humaine que le glissement de sa conscience collective lorsqu'elle s'habitue à l'inacceptable, relativise l'intolérable, et finit par tourner le dos, avec lâcheté, aux valeurs universelles qui la fondent" : venue inaugurer le mois dernier à Vienne, l'Observatoire européen des phénomènes racistes xénophobes (EUMC), la présidente du Parlement européen, Nicole Fontaine, n'a pas mâché ses mots. Rarement une cérémonie officielle liée aux institutions communautaires n'aura engendré autant de tensions diplomatiques que dans cette Autriche gouvernée depuis quelques mois par une coalition entre les conservateurs et l'extrême droite de Joerg Haider, connue pour son hostilité aux étrangers et ses réflexes anti-européens. L'idée d'un réseau d'informations susceptible de collecter, dans l'Europe des 15, des données sur la résurgence de comportements d'exclusion avait été lancée en 1994 par Jean Kahn, aujourd'hui président de cet Observatoire. Le choix de Vienne comme siège était un signe en direction des pays candidats à l'élargissement de l'Union, pour leur rappeler que la tolérance fait partie des valeurs de base de la communauté qu'ils s'apprêtent à intégrer. Le conseil d'administration, composé, pour chacun des 15, d'un représentant issu de la société civile, plus un délégué de la Commission et un autre du Conseil de l'Europe, a finalement considéré qu'il n'y avait pas d'endroit mieux approprié pour exercer sa fonction symbolique de "vigilance".

A n g l e t e r r e

Une liste de 350 oeuvres d'art, dont plusieurs tableaux de Picasso, Monet ou Renoir, qui pourraient avoir été volées par les nazis et sont depuis exposées dans des musées britanniques, a été publiée sur Internet. L'adresse du site est www.nationalmuseums.org.uk.

A u t r i c h e

Israël n'a pas l'intention de renvoyer à son poste son ambassadeur à Vienne après la décision du chef de l'extrême droite, Joerg Haider, de démissionner de la direction de son parti, le FPOe. De même, les 14 partenaires de Vienne au sein de l'Union européenne ont décidé de maintenir leur gel des contacts bilatéraux avec le gouvernement autrichien dans son actuelle configuration.

C o m m u n i q u é

La cérémonie du 30ème anniversaire de l'inauguration du Mémorial aux Martyrs Juifs de Belgique, prévue pour le dimanche 14 mai 2000, est reportée au mois de septembre. D'autre part, le pélerinage national qui se tient devant la caserne Dossin à Malines, prévu pour le dimanche 24 septembre 2000 est avancé au dimanche 17 septembre.

L o n d r e s

La reine Elisabeth II d'Angleterre inaugurera le 6 juin une exposition permanente sur l'Holocauste au Musée impérial de la guerre, à Londres avec des objets, des photographies et des témoignages filmés.

A r g e n t i n e

Le président argentin Fernando de la Rua, en marge d'une cérémonie de commémoration du 57e anniversaire du soulèvement du ghetto de Varsovie, a reconnu que son pays avait "longtemps" hébergé maints criminels de guerre nazis. L'Argentine a accueilli au moins 180 criminels de guerre, notamment des Allemands (les dirigeants nazis Joseph Mengele, Josef Schwammberger, Walter Kutschmann et Eduard Roschmann, notamment), des Croates, des Belges et des Français, indiquait en 1999 la Commission nationale d'enquête sur les activités nazies, dépendant du ministère argentin des Affaires étrangères.

A u t r i c h e

Suzanne Riess-Passer, successeur de Joerg Haider à la tête du Parti de la Liberté, a déclaré que tous les Waffen-SS n'avaient pas été responsables des atrocités nazies. "La Waffen-SS, en tant que partie des SS a été une organisation criminelle", a dit la vice-chancelière autrichienne au quotidien espagnol "El Pais". "Je pense cependant qu'il faut faire des nuances quand on parle de culpabilité individuelle. Nous avons le devoir de reconnaître que des gens ont participé à ce système sans en porter la responsabilité et ont ensuite retrouvé le chemin de la démocratie". Suzanne Riess-Passer a ainsi confirmé qu'elle s'inscrivait dans la continuité de Joerg Haider qui lui a cédé la direction du Parti de la Liberté.

I m m i g r a t i o n

Depuis septembre 1989, près d'un million d'immigrants sont montés en Israël en provenance de l'ex-URSS. Il y a quelques jours un avion a acheminé en Israël 50 nouveaux immigrants de la CEI, et l'un d'eux a été selon les calculs exacts du ministère de l'Intégration, le millionième. Une cérémonie a fêté cet événement et s'est déroulée à l'aéroport Ben Gourion, mais pour ne pas faire de jaloux, le ministère de l'Intégration avait décidé d'honorer sans distinction les 50 passagers de cet avion.

B. D.

Réalisateur et producteur de films documentaires, Stéphane Dykman a travaillé pendant 10 ans à la production du dessin animé Le Journal d'Anne Frank. C'est le premier film de fiction produit par sa compagnie, Globe Trotter Network qui est spécialisée dans les oeuvres de vulgarisation scientifiques. Lors de la sortie du film, des critiques ont été formulées contre le fait que les images proviennent en réalité d'un film japonais sur le même sujet, produit quelques années plus tôt.

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