Communautés
H o m m a g e
La journée de la victoire de la démocratie sur la barbarie nazie (8 mai) s'est déroulée en deux temps
en Belgique : lundi matin à Bruxelles et en fin d'après-midi à Liège, les ministres Flahaut et
Onkelinx ont rendu hommage aux victimes de la guerre, respectivement au Soldat inconnu et au
Monument de la Résistance. En fin de journée, au Théâtre royal de la Monnaie, le gouvernement
représenté par le ler ministre Verhofstadt et le ministre Flahaut s'associait à la communauté juive
pour mettre à l'honneur les prisonniers politiques juifs au cours d'une soirée qui fut centrée sur la
nécessité de ne jamais faiblir dans le devoir de mémoire, surtout au vu de ce qui se passe en
Autriche. Un moment particulièrement émouvant fut la remise des médailles aux prisonniers
politiques juifs (à titre moral). Une cérémonie qui n'avait jamais eu lieu auparavant. Et pour cause
puisque ce statut n'a été reconnu que tout récemment sous l'impulsion du ministre des Victimes de
guerre, André Flahaut qui veut également mettre à l'honneur les Enfants cachés et ceux qui les ont
sauvés, souvent au péril de leur propre vie. Le baron Jean Bloch, ancien de la Brigade Piron et
président d'honneur du Consistoire israélite a remercié le gouvernement pour son geste mais
également pour avoir permis de scanner les listes des convois partis de Malines et les 56 000
dossiers du fichier juif constitué par les nazis.
B e r l i n
Le chancelier allemand, Gerhard Schroeder a inauguré le 8 mai une exposition sur les victimes
juives du nazisme à Berlin. L'exposition intitulée «Les juifs à Berlin de 1938 à 1945» retrace le
destin des 55 000 victimes juives de la Shoah dans la capitale allemande. Le Chancelier qui a
inauguré l'expostion le jour anniversaire de la victoire des Alliés sur le IIIe Reich a appelé les
Allemands à cultiver la mémoire du passé.
A u t r i c h e
Le président autrichien, Thomas Klestil, a profité d'une cérémonie au camp de la mort de
Mauthausen, pour inviter ses compatriotes à faire face à leur passé nazi. «Il est grand temps que
nous affrontions toutes les questions relatives à ces actes infâmes et que nous faisions face à ce
chapitre noir de notre histoire» a dit le chef de l'Etat lors d'un concert, controversé, à la mémoire
des 100 000 personnes mortes à Mauthausen. Ce camp situé à 170kms à l'ouest de Vienne et à
proximité de Linz, lieu de naissance d'Adolf Hitler, a été libéré par les forces américaines le 5 mai
1945. Aucun membre du gouvernement n'avait été invité en signe de protestation contre la
présence du parti d'extrême-droite au sein de la nouvelle coalition. L'Orchestre philarmonique de
Vienne, sous la direction de Sir Simon Rattle a joué l'Hymne à la Joie de Ludwig van Beethoven
dans la carrière où nombre de prisonniers ont été contraints de travailler jusqu'à l'épuisement et la
mort. L'artisan de cette manifestation est un Juif polonais de 72 ans, Léon Zelman,lui-même
rescapé de Mauthausen.
S c a n d a l e
«Ce concert est une honte» s'est exclamé un rescapé polonais du camp, venu
participer à la cérémonie «normale» du souvenir, qui a lieu tous les ans à
cette époque. «Ici, des milliers d'hommes ont été conduits à la mort sur des
airs de Beethoven !» Depuis plusieurs semaines, ce concert - bénévole - des
Wiener Philarmoniker dans la carrière même de Mauthausen suscite un violent
débat en Autriche. Pour défendre leur projet, les organisateurs ont expliqué
qu'ils voulaient lancer un message «de paix et de tolérance» à l'aube du 3ème
millénaire. Ils ont rappelé que cette IXe symphonie de Beethoven avait été
composée pour marquer «la victoire des lumières sur les ténèbres». Et que,
reprise aujourd'hui comme hymne européen, elle convenait parfaitement à ce
camp de travail où périrent des hommes et des femmes venus de tout le
continent. Enfin, même si le concert décidé il y a 3 ans (11 millions de
schillings) a été financé par l'Etat, les membres de l'actuel gouvernement de
coalition droite extrême-droite ont été déclarés persona non grata à cette
cérémonie.
A m n i s t i e
Le président du Forum des Organisations Juives, Eli Ringer, s'est exprimé après la demande
d'amnistie du Comité de pélerinage de l'Yser. Pour le Forum, il n'est pas question d'amnistie sans
repentir de la part des personnes qui ont collaboré avec le régime nazi lors de la Seconde guerre
mondiale. M.Ringer a tenu ces propos lors de la cérémonie de commémoration de la Shoah, au
monument des déportés à Anvers. Le ministre-président flamand, Patrick Dewael, l'ambassadeur
d'Israël en Belgique et la ministre bruxelloise du Budget, Annemie Neyts, ainsi que plusieurs
personnalités du monde politique et judiciaire anversois étaient présents lors de cette cérémonie
d'hommage. Le ministre-président flamand a décrit la Shoah comme «l'un des passages les plus
affreux de l'histoire mondiale» et a rappelé que 25 000 juifs avaient été déportés de Malines vers
les camps de concentration. La cérémonie du souvenir s'est clôturée à la lueur des bougies
déposées devant le monument des déportés.
B a n q u e s
18 banques britanniques ont publié pour la première fois une liste de 13 000
noms de détenteurs de comptes dormants depuis leur gel durant la Seconde
guerre mondiale et ce, dans le cadre des efforts contre la spoliation des
victimes de la Shoah ou de leurs héritiers. La publication de cette liste,
notamment sur Internet, élaborée par l'Association des banques britanniques,
intervient au bout de plus de 3 ans de recherches laborieuses. Le choix de
cette date du 8 mai pour annoncer la liste, au jour anniversaire de la fin de
la Seconde guerre mondiale, est une simple coïncidence, selon le porte-parole
des banques anglaises. Les comptes concernés représentent au total près de 200
millions de Frs. de l'époque, un chiffre qui devrait être multiplié par 26,5 si
tous leurs détenteurs se révélaient être des victimes de la Shoah ou leurs
héritiers.
D é p o r t a t i o n
THE LAST DAYS est l'un des premiers documentaires sur la solution finale nazie produit par le
Fondation pour la mémoire audiovisuelle des survivants de la Shoah, créée par Steven Spielberg en
1994, dans la foulée de «La liste de Schindler». Les 5 personnes interrogées dans ce document sont
des juifs hongrois, aujourd'hui de nationalité américaine, qui ont été, à l'âge de 20 ans ou moins,
déportés dans les derniers mois de la guerre. Les nazis entrèrent en Hongrie, le 19 mars 1944. Adolf
Eichmann se charge de l'organisation de la solution finale dans ce pays où la communauté juive
compte environ 750 000 personnes en 1941. On n'en décomptera plus que 141 000 à la libération.
Le réalisateur James Moll, qui vient du film promotionnel et éducatif, à dû choisir ces images dans
les 15 000 heures de témoignages récoltés par la Fondation. Il privilégie l'alternance entre
documents d'époque éloquents et scènes d'émotion. Bill Bash, Tom Lantos, Renée Firestone, Alice
Lok Cahana et Irène Zisblatt sont des rescapés des camps d'Auschwitz, de Buchenwald ou de
Bergen-Belsen. A l'époque ils ont subi de plein fouet la haine antisémite. Devant la caméra du
réalisateur James Moll, ils se souviennent : les premières rumeurs, si éloignées, le brutal revirement
de leurs amis et voisins, qui, du jour au lendemain, les jettent dans les griffes nazies. L'enfer des
camps.Des détails bouleversants émaillent chaque récit. On voit aussi le témoignage d'un ex-
médecin nazi qui s'est livré à des expérimentations médicales à Auschwitz. Il a été acquitté.
I n d e m n i s a t i o n
L'Autriche, ainsi qu'un émissaire américain, ont annoncé un accord sur le paiement d'une
indemnisation aux travailleurs forcés de l'époque nazie. L'accord, qui reste à avaliser, porte sur
432,8 millions d'euros. Le négociateur américain, Stuart Eizenstat, a ajouté qu'il tenterait de faire
accepter l'accord par les avocats américains des travailleurs. Vienne devra aussi compenser les juifs
dont les biens ont été saisis en Autriche sous le nazisme.
E x p o s i t i o n
La Fondation Auschwitz en collaboration avec Isi Halberthal, échevin de la Culture à Etterbeek,
présente jusqu'au 2 juin prochain, une exposition consacrée aux oeuvres peintes sur papier à dessin
et radiographies de Jacques ROZENBERG. Ce peintre autodidacte et musicologue polonais est né
en 1922 à Grodzik et est décédé en août 1999 à Bruxelles. Il a entre autres, participé à l'exposition
«La mémoire d'Auschwitz dans l'art contemporain», organisée en décembre 1997, par la
Communauté française de Belgique. (9h à 17h dans le hall d'exposition de l'Hôtel communal, 113
av.d'Auderghem à 1040 Bruxelles).
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