Communautés

W a g n e r

Le chef d'orchestre Daniel Barenboïm a finalement renoncé à jouer le premier acte de La Walkyrie, de Richard Wagner, au Festival d'Israël de Jérusalem en juillet, face aux vives protestations suscitées par son annoncé. Le chef d'orchestre d'origine israélienne, qui dirige le prestigieux Staatsoper de Berlin, jouera à la place de l'oeuvre controversée du compositeur antisémite la 4e symphonie de Schumann et Le Sacre du printemps de Stravinksky. Le Festival d'Israël avait demandé à Barenboim de renoncer à jouer Wagner à Jérusalem pour son concert prévu le 7 juillet tout en affirmant ne vouloir imposer aucune censure. Le chef d'orchestre avait longtemps résisté aux critiques que ce projet avait soulevé en Israël. «Les opéras de Wagner ne sont pas, contrairement à ses écrits, antisémites», avait-il expliqué. Des députés du Likoud avaient pressé Barenboïm, «au nom des 300 000 rescapés des camps de la mort vivant en Israël, à ne pas oublier ses origines juives et à se souvenir que les juifs sont entrés dans les chambres à gaz avec du Wagner en musique de fond».

B a y r e u t h

Richard Wagner a attaqué ouvertement les juifs dans son écrit Le Judaïsme dans la musique en 1850. Ses opéras sont accusés par certains musicologues de propager un antisémitisme insidieux. Il est considéré par plusieurs comme le père spirituel d'Adolf Hitler, et le Festival de Bayreuth, dont il a été à l'origine, fut étroitement associé au nazisme. Pendant des décennies, la musique de Wagner a été boycottée en Israël. L'interdiction avait cependant été levée ces dernières années à la radio et lors de certains concerts, mais les députés israéliens refusent qu'il soit entendu lors de la plus importante manifestation culturelle du pays, subventionnée en partie par l'Etat.

P o g r o m

Le site du pogrom de Jedwabne a commencé à livrer ses secrets macabres avec la découverte d'ossements humains et d'effets personnes calcinés au lendemain du début des travaux d'exhumation des restes de quelque 1 600 juifs brûlés vifs en 1941 par leurs voisins polonais. Protégée des regards extérieurs par des bâches hautes de plus de 2m et travaillant sous des tentes, protégée par la police, une équipe spécialisée qui creuse la terre a commencé à mettre au jour deux fosses sur le site où se trouvait une grange où furent entassés une bonne partie des juifs du village de Jedwabne le 10 juillet 1941 avant qu'elle ne fut incendiée. Des balles ont aussi été trouvées sur ce site, elles seront expertisées. Les travaux se déroulent en présence des autorités polonaises et de plusieurs rabbins, dont l'un venu d'Israël, Menachem Ekstein, un expert en exhumations. Le ministre polonais de la Justice, a autorisé l'exhumation après avoir reçu le feu vert du rabbin de Lodz et Varsovie Michaël Schudrich et celui de l'Union des communautés juives de Pologne. Ce massacre a été récemment révélé à l'opinion publique dans un livre de l'historien américain d'origine polonaise, Jan Tomasz Gross. La publication récente de documents et de témoignages sur ce massacre a provoqué un grand choc psychologique en Pologne et a ouvert un large débat sur les relations entre juifs et polonais. Le président A.Kwasniewski a jugé nécessaire de demander pardon pour ce massacre tandis que les évêques polonais ont exprimé leur «repentir».

I n d e m n i s a t i o n

Le Parlement allemand a donné son feu vert à l'indemnisation des travailleurs forcés sous le nazisme. De 700 000 à 1 500 000 victimes peuvent prétendre à des dédommagements en provenance du fonds créé par l'Etat allemand et l'industrie allemande. La plupart des victimes proviennent d'Europe de l'Est. Mais des travailleurs forcés, il y en a eu aussi en Belgique; quelque 20 000 Belges sont déjà inscrits sur la liste des demandeurs potentiels dressée par l'Organisation internationale pour les Migrations, l'une des 7 institutions chargées d'appliquer le programme de compensation. Pour la plupart, il s'agit de travailleurs forcés qui ont été déportés et contraints au travail forcé pour une entreprise ou les autorités allemandes. Les règles fixées par le parlement allemand sont draconiennes. Le statut de travailleur forcé ne suffit pas. Encore faut-il pouvoir prouver que les conditions de détention étaient extrêmement pénibles, au minimum que ces conditions étaient proches de celles d'un emprisonnement. Les victimes qui rempliront ces critères pourront prétendre à des compensations pour un maximum de 300 000Frs par personne. C'est l'année dernière que le Parlement allemand avait créé un fonds de compensation, un fonds de 200 milliards de Frs. Financé à part égale par l'Etat allemand et les industriels allemands qui avaient largement profité de cette main d'oeuvre forcée.

L i r e

«Le» diamantaire n'existe pas. Ou plutôt, il existe à travers des milliers de personnes au parcours différent et passionnant. A Anvers, centra mondial du diamant, Juifs et non Juifs, Indiens, Arméniens, Libanais, Israéliens, Américains, Italiens, Japonais, Africains, Espagnols, Français, orthodoxes et laïcs, francophones et flamands, se côtoient en toute simplicité. Car les diamantaires du monde entier communiquent et se comprennent, même s'ils ne parlent pas la même langue. Ils se font confiance sans se connaître, et se croisent sur toute la planète. Ils suscitent les envies et provoquent des jalousies. A Anvers, la communauté diamantaire est souvent assimilée à la communauté juive de cette ville et ce milieu, tant décrit, est à nul autre pareil. «Diamantaire. L'Univers et les coulisses d'une passion». par Viviane Teitelbaum-Hirsch. Ed.Labor.

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