le 9 AV

réalisé par Janine <janine@sefarad.org>

Voici des explications sur le sens et les obligations du 9 av - d'abord par le Consistoire, puis par Orisrael

CONSISTOIRE

Jeûne du 9 Av :

en souvenir de la destruction du Temple

Le 9 Av est l'un des principaux jeûnes du calendrier juif. Il a été instauré en souvenir de la destruction des premier et second Temples et par voie de conséquence, la perte de toute souveraineté nationale du peuple juif sur sa terre et le début d'un exil qui durera dix neuf siècles. C'est avec celui de Yom Kippour, le seul jeûne à débuter la veille au soir avant la tombée de la nuit. On y appliquera rigoureusement les règles du deuil, tels que :

Ne pas saluer --- Ne pas s'asseoir sur une chaise ou un fauteuil --- Ne pas porter de chaussures de cuir --- Le 9 Av est en effet devenu le symbole des malheurs du peuple juif et il est vrai qu'à toutes les époques, des événements dramatiques ont balisé l'Histoire du Peuple Juif le 9 du mois d'Av : --- La promulgation du décret interdisant aux Hébreux qui ont quitté l'Egypte d'entrer en Terre d'Israël -----

La chute de Bétar, dernier fortin encore tenu par les chefs de la révolte de Bar Kochba L'établissement d'un temple païen aux lieu et place du Temple et la reconstruction de Jérusalem en tant que ville païenne renommée Aelia Capitolina, interdite aux juifs

Le suicide collectif des juifs de York durant les émeutes antisémites de 1190

L'expulsion des juifs d'Espagne en 1492

Le début de la liquidation du Ghetto de Varsovie en 1942. Certaines des interdictions (consommation de viande et de vin) restent en vigueur jusqu'à la journée du 10 Av, puisque le Temple a brûlé jusqu'à cette date.

Les Trois Semaines

La période de trois semaines qui précède le 9 Av est marquée par un premier jeûne celui du 17 Tamouz correspondant aux premières brèches dans les murs de Jérusalem par Nabuchodonosor pour le Premier Temple et par Titus pour le Second. La Michnah cite également pour cette journée une série d'événements dramatiques :

La brisure des Tables de la Loi, par Moïse, lorsque, redescendant du Mont Sinaï, il constata l'adoration du veau d'Or par le peuple. -------------- L'interruption du service quotidien au Temple (le 13 Tamouz), après que les Cohanim -les prêtres- ne trouvèrent plus d'agneau pour le sacrifice quotidien. ------------------ Les rouleaux de la Torah brûlés, plusieurs années avant la destruction du Second Temple, lorsqu'un conflit éclata entre les juifs et les occupants romains. -------------- L'installation d'une idole païenne dans le Temple par un dirigeant romain. Durant la période des trois semaines, le peuple juif applique un certain nombre de symboles du deuil, tels que :

Ne pas célébrer de mariages --- Ne pas acheter ou porter des vêtements neufs,----- ne pas écouter de musique ou se baigner (pour le plaisir), sauf en cas d'immersion dans un bain rituel ou pour des raisons de santé. S'abstenir de consommer des fruits nouveaux pour lesquels on est tenu de dire la bénédiction "Cheheh'eyanu"---- Ne pas se raser ou se faire couper les cheveux ----- S'abstenir de porter des litiges devant des tribunaux ou d'entreprendre de longs voyages.----- Dans certaines communautés, les véritables règles de deuil ne démarrent qu'à partir du Premier Av.

Les Neuf Jours

Les neuf jours qui précèdent le jeûne du 9 Av, correspondent à la recommandation expresse de nos Sages de diminuer le niveau de réjouissance à l'entrée du mois d'Av. ---- Aux restrictions indiquées depuis le début des Trois Semaines de Deuil, on ajoutera l'interdiction de consommer de la viande et du vin, correspondant à la fin des offrandes et des libations au Temple dans les jours qui précédèrent sa destruction. -----

La Veille du 9 av et le Repas d'interruption

L'étude de la Torah

L'étude de la Torah réjouissant le cœur de l'étudiant, nos sages zal ont interdit le limoud Torah durant le 9 av à l'exception des sujets de circonstance comme les lamentations de Jérémie, Job ou les passages du Talmud qui traitent de la Destruction. En fait, nos avons l'habitude d'interrompre l'étude à partir du 8 av à midi, afin de ne pas entrer dans le jeûne avec des pensées de Torah. (Rama chap. 553 - 2.)----------------------- Le repas d'interruption----- Durant le dernier repas avant le jeûne, ou repas d'interruption (séoudat amafseketh), on sera vigilant à ne consommer ni viande, ni boire du vin qui sont les aliments de la joie et qui rappellent les sacrifices et les libations du Temple, bien qu'en général, nous ayons pris cette interdiction depuis le Roch Hodech av (Maran 552-1 et Michna béroura note 1). De même la consommation d'alcool est prohibée quoi que certains autorisent pour des personnes de faible constitution qui auraient besoin de ce type de remontant, et chacun suivra sa nature (Michna béroura note 4).---------------------- Durant le repas d'interruption, on ne consommera pas deux mets cuits, ni un même met cuit provenant de deux marmites différentes, dont l'un serait gras et l'autre plus light. (Maran 552 - 3. Ben ich Haï paracha Dévarim, Michna béroura note 8). On ne consommera pas non plus un œuf dur et un œuf au plat ou une omelette, car cela est considéré comme deux plats (Ben ich Haï ibid.). De même un aliment généralement consommé cru, et qui aurait été cuit, prend le statut de met cuit, par exemple une compote de pomme ou d'abricot (Maran ibid. - 3 et Ben ich Haï ibid.). L'interdiction de cet interdit est justifiée par le fait que la profusion de mets marque la joie de la table incompatible avec l'esprit du 9 av. (Michna béroura note 11). -------------------- Tout met qui comporte dans sa composition plusieurs ingrédients (par exemple le riz aux lentilles, la soupe de légumes, les petits pois aux carottes) est considéré comme un seul met. (Ben ich Haï ibid.). L'habitude s'est répandue de consommer des lentilles aux oeufs qui est devenu le plat de l'endeuillé (les aliments ronds rappellent le cycle de la vie et le visage fermé de l'endeuillé, l'œuf évoque en plus une vie avortée). (Maran ibid. - 5), mais à condition de consommer ce type de plat dans l'année, sinon on consommera ou des lentilles ou des oeufs (Kaf hahaïm 30). Dans nos régions européennes, nous prenons l'œuf dur (Rama ibid. - 5 et Kaf hahaïm 33). Erreur à éviter : prendre un repas puis prendre un œuf comme dessert. (Michna béroura note 14 et Kaf hahaïm 32). -------------------------- Par contre il est tout à fait licite de consommer toutes sortes de fruits, même en salade, car de tels aliments ne sont pas cuits. (Maran ibid. - 4). Par contre des fruits ou légumes conservés en macération avec vinaigre ou eau salée sont considérés comme aliments cuits et donc interdits. (Responsum Téfila lémoché Tome II,26). Des salades de tomates ou de laitues sont autorisées, certains sont plus sévères (Kaf hahaïm 11). Quant aux fromages de toutes sortes, ils ne sont pas considérés comme mets cuits, sauf s'ils ont été cuis comme pour une pizza par exemple. (Kaf hahaïm note 29, Ben ich Haï ibid.). En ce qui concerne le thé ou le café les avis sont partagés, certains permettent, d'autres interdisent (Kaf hahaïm 29. Kol Sinaï 22).----------------- Et qui pourra accomplir ceci mangera du pain sec et de l'eau, mais à condition d'être sûr de tenir le jeûne, qui dans nos régions est très long et souvent pénible à cause de la chaleur. (Maran ibid. - 6. Michna béroura note 15). On a l'habitude de s'asseoir par terre pour prendre la séoudat amafseketh, sur un petit linge ou un petit tapis, mais pas sur un sofa ou un coussin. (Maran ibid. - 7. Ben ich Haï ibid. Kaf Hahaïm 39). On s'isolera pour prendre le repas d'interruption, et trois hommes ne mangeront pas ensemble afin de ne pas réciter le zimoun, car le zimoun souligne le caractère fixe du repas, alors que les sages ont voulu lui donner un caractère provisoire et fragile. (Maran ibid. - 8. Ben ich Haï ibid. 20). Et même si trois hommes ont mangé ensemble ils ne réciteront pas le zimoun, pour la raison susmentionnée. (Michna béroura note 19. Kaf hahaïm 43). ------------------------- Min'ha précédant le jeûne

La veille du 9 av à minha, on ne récitera pas les supplications (tahanounim) car le 9 av est appelé moed, "rendez-vous" dans le sens de fête, ainsi même au milieu du deuil, Israël garde l'espérance de la reconstruction du Beth Hamikdach (biméra béyaménou amen) (Maran ibid. - 12).----- En savoir plus sur les lois relatives au 9 av

Les lois du 9 av-------------- le 9 av il est interdit de manger, de boire, de se laver de s'enduire de cosmétique, de porter des chaussures de cuir et d'avoir une intimité conjugale. La nuit au même titre que le jour (Maran 553 - 1)------------ Des femmes enceintes ou qui allaitent sont également tenues de jeûner comme elles doivent le faire pour le jour de Kippour. (Maran. ibid. - 5). Cependant si elles sont malades, même sans danger, elles ne jeûneront pas. Dans ce cas on posera la question à un rav (Resp. Yehavé daat I, 42). De même, une femme dans les 30 jours de son accouchement, ne jeûnera pas, mais elle consommera uniquement ce qui est nécessaire sans le moindre excès. (Maran ibid. 6. Kaf hahaïm 38). Une femme qui allaite et dont l'enfant est malade et qui reçoit de la part du médecin l'obligation de jeûner pour la santé de l'enfant, suivra l'avis médical. (Kaf hahaïm 32)-------------- Un malade, même sans danger grave, est dispensé du jeûne, de même un convalescent encore faible et qui souffrirait du jeûne est dispensé du jeûne, du fait que les sages zal n'ont pas imposé de jeûne pour les malades. (Maran ibid. 6. Michna béroura note 11, Kaf hahaïm 30).--------------- Les personnes qui mangent le 9 av ne diront pas nahem dans le birkat hamazone. (Resp. Yehavé daat III,40).--------------- Un malade qui doit, sur ordre médical, prendre des médicaments par voie orale et ce quotidiennement, n'interrompra pas son traitement le 9 av. (Kaf hahaïm 34. Resp Tsits Eliezer). 6) Du point de vue de la halakha il est permis de fumer le 9 av, mais s'abstenir serait préférable. Si l'envie est trop forte, on fumera dans un endroit isolé et certainement pas à la synagogue. (Resp. Yéhavé daat V,39).------------------------- Il est interdit de se laver le 9 av même avec de l'eau froide, ne serait-ce que mettre ses doigts sous l'eau est interdit. Si les mains sont sales, on utilisera l'eau nécessaire pour nettoyer les mains mais sans plus. (Maran Ibid. 9). Quant aux femmes qui préparent le repas, elles pourront nettoyer les aliments sous l'eau comme à l'accoutumée. (Michna béroura note 39. Ben ich Haï paracha Dévarim 22).----------------- Au lever le matin, on se lavera, avec le récipient, uniquement les phalanges des doigts, mais non les paumes. Après s'être essuyé les mains légèrement on pourra passer les doigts sur les yeux. (Maran ibid. 10). Par contre, un cohen pour birkat cohanim se lavera totalement les mains, car il ne s'agit pas ici d'un lavage d'aisance mais d'une préparation à la mitsva. (Kol Sinaï 5722. 9 av. 22).--------------------- Seules les chaussures de cuir sont interdites le 9 av, mais celles de toile, en caoutchouc ou synthétique sont autorisées. Même si le synthétique évoque le cuir, il est permis de porter de telles chaussures. (Michna béroura note 30).-------------------------- Toute relation intime est interdite le 9 av et c'est pourquoi on se séparera de son épouse cette nuit-là. (Maran ibid. 18. Ben ich Haï ibid. 23)------------------ Il est interdit d'étudier le Tanakh, le Talmud ou le Midrash le 9 av car il est dit dans les Psaumes (CXIX) : "Les préceptes de l'Eternel sont droits, ils réjouissent le cœur". On ne pourra étudier que le livre de Job, les Lamentations ainsi que ses commentaires, également des livres d'histoire qui décrivent la catastrophe, car ils alimentent l'esprit du deuil. (Maran ibid. 1 à 4)------------------- On ne saluera pas son prochain le 9 av. Mais si quelqu'un ignorant de la loi nous salue, on lui répondra mais avec un visage triste. (Maran ibid. 20).--------------------- En ce qui concerne le travail le 9 av, on suivra l'usage de l'endroit. (Maran ibid. 22)-------------- Quiconque prend le deuil pour Jérusalem, méritera de voir sa joie ainsi que l'a dit le prophète Isaïe (sur lui la paix) : "Réjouissez-vous, ceux qui ont pris le deuil pour elle". (Maran ibid. 25)-------------- La nuit et le jour du 9 av, on restera assis par terre pour les offices d'arvith et de chaharith, comme un endeuillé. (Maran 559 - 3). On pourra cependant s'asseoir sur de petits coussins ou de petits tabourets, surtout pour des personnes âgées (Kol Sinaï ibid. 31)----------------------- On n'allumera pas de bougies à l'office, sauf une pour lire à sa lueur les lamentations et les litanies de circonstance. (Maran ibid.)----------------------- Dans la amida du soir, les séfaradim récitent nahem, les achkénazim ne le récitent pas (Resp. Yéhavé daat I, 44). Si on a omis de le réciter, on ne se reprendra pas (Maran 557- 1). En ce qui concerne anénou, les séfaradim le récitent à chaque office, alors que dans l'office ashkénaze, l'officiant le dit à chaharith et à minha, et le particulier seulement à minha. (Resp. Yéhavé daat III,41)------------------- Selon la coutume répandue, on ne récite pas le kaddish titkabal à arvith, par contre dans beaucoup de communautés il est récité à chaharith (coutume Ari zal)-------------- Le matin, on ne récitera pas la bénédiction chéassa li kol tsorkaï qui a été instituée pour les chaussures, du fait que le port de chaussures en cuir est prohibé. (Ben ich Haï vayechev 9) ---------- On ne mettra le talith et les téfilines qu'à l'office de minha, car les téfilines sont une couronne qui ne sied pas de mettre à l'heure où le Temple fut détruit. Selon les kabbalistes (Ari zal), on mettra le talith et les téfilines à chaharith comme toute l'année. (Resp. Yéhavé daat II,67) ---------- On ne récitera pas les supplications le 9 av, car ce jour est appelé moed------------------ A chaharith, trois personnes sont appelées à la Torah et le troisième lira également la haftara et récitera après sa lecture le kaddish.-------------- Idem pour l'office de minha (Kol Sinaï ibid. 33)---------------- Ces quelques dinim constituent l'essentiel des lois du 9 av pour des questions plus pratiques nous écrire ou consulter le rabbin de votre synagogue. Et que l'Eternel nous fasse mériter de voir la joie de Jérusalem. Amen.

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

explications de ORISRAEL

Le premier Temple

Le Temple est le lieu du culte divin. Il est possible de s'adresser à D.ieu dans n'importe quel lieu et à n'importe quel moment, mais la maison de D.ieu suscite une atmosphère de sainteté. Tous les peuples célèbrent leur culte n'importe où. Par contre on ne peut célébrer le culte de D.ieu qu'en un seul endroit (Il s'agit évidemment des sacrifices que l'on ne pouvait apporter qu'au Temple de D.ieu). Le culte célébré dans n'importe quel endroit était considéré comme idolâtre (voir le livre de Josué chap 27 où il reproche aux 2 tribus ennemies d'avoir construit un autel en Transjordannie.). Le Temple était le lieu de pèlerinage où, à l'occasion des trois fêtes, le peuple Juif se réunissait. --------------------- Quelle était la situation à la veille de la destruction du Temple ? ------------------ Le Temple a-t-il rempli le rôle qu'il devait remplir ? Certes, le culte a été célébré mais pas comme D.ieu le voulait. En effet :

Il y avait de l'idolâtrie. Le peuple sacrifiait sur les hauts lieux et dans l'enceinte même du Temple il y avait un culte étranger.-------------- On n'y trouvait pas l'élévation morale désirée. Les gens commettaient des péchés et ensuite venaient hypocritement adresser leurs prières à D.ieu.--------------- Donc le Temple ne remplit pas vraiment son rôle, et c'est pourquoi il fut détruit. Mais D.ieu ne s’empressa pas de provoquer la destruction du Temple tout de suite après ses méfaits. Il envoya d'abord des Prophètes pour avertir le peuple et lui demander de faire pénitence (Téchouva). Mais le peuple, enfoncé dans ses mauvaises voies, ne parvint pas à s'en détourner. Il lui était plus facile de ne pas croire aux paroles amères des Prophètes et de penser que tout irait pour le mieux. Par aileurs, de faux prophètes annonçaient au contraire des événements favorables au peuple, et lui faisaient comprendre qu’aucune pénitence ni bonnes actions n’étaient nécessaires en retour. Il était donc beaucoup plus facile d’attacher ses espoirs en ces faux mais bons présages, plutôt que de voir et d’accepter la réalité en face. ------------

Les Rois aussi trompèrent le peuple, et s’allièrent avec les prophètes mensongers (Yoachim même brûle le rouleau de Jérémie, voir Jérémie chap 36). C’était même leur sens des responsabilités qui était remis en cause : La parole donnée n'était pas respectée, on scellait des alliances avec differents peuples que l'on rompait ensuite et pire, l’on ne voyait pas les conséquences dangereuses de ces pactes (le prophète Ezechiel reproche justement aux Rois d'être parjures). Le Prophète Jérémie fut même considéré comme un traître quand il proclama la nécessaire soumission au verdict divin. Sachant qu'il était impossible à Israël de changer le cours de l’histoire par l’attitude orgueilleuse et provocatrice qui consistait à maintenir un pouvoir inique de pacotille et de mensonges, seule une soumission complète à la Parole de D-ieu rendait possible le maintien d’une quelconque légitimité de l'Etat. La force de la pénitence rendrait alors possible la pérennité du Temple, et plus tard la voie resterait ouverte pour raffermir le pouvoir royal.

Tous ces élements : l'idolâtrie, la détérioration des moeurs, la profanation du chabbat et la non-reconnaissance de la légimité de la parole prophétique, et pire de celle de la Torah, firent qu’en définitive le premier Temple fut détruit par les flammes quand l’armée super-puissante de Nabuchodonosor pénétra, après un siège de plusieurs semaines dans les enceintes fortifiées de la ville de Jérusalem, et plus tard dans celle du Temple. (Le 17 Tamouz)

Le deuxième Temple

La même situation existe-t-elle pendant la période du deuxième temple ? Non, et l'on sait d'ailleurs qu’à cette époque l'étude de la Torah était très développée. Pendant la période du premier temple peu de gens connaissaient le Livre de la Torah, mais à l'époque du Second Temple tout le monde étudiait la Torah ( nous l’apprenons en outre des Pirké Avot qui décrivent comment le souci des scribes d'abord, et des rabbins ensuite, était de propager son étude au sein du peuple).

Pourquoi le deuxième temple a-t-il été detruit ?

A cause de la haine gratuite!

Une histoire : le siège de Jérusalem

L’empereur Vespasien vint avec ses troupes et mis le siège devant Jérusalem pendant trois jours. Il y avait là-bas trois hommes très riches : Nakdimon Ben Gourion, Ben Kalva Savoua et Ben Tsitsi Aktsat. ------------- L'un d'eux dit : « Moi, je peux offrir à tous le vin, le sel et l'huile ». -------------- Le deuxième dit : « Et moi je suis décidé à pourvoir toute la ville en orge et en blé ». Le troisième dit : « Quant à moi je fournirai le bois ».--------------- Ils ouvrirent leurs trésors et l'on vit qu'ils avaient les moyens de nourrir la population pendant 21 ans. ---------------- Or il y avait dans Jérusalem un groupe de zélateurs fanatiques, quand ils entendirent que le peuple voulait sortir et signer un traité de paix avec les romains. Les zélateurs empêchèrent cette initiative et invectivèrent le peuple avec force pour le pousser à la guerre. ------------ Les Sages firent comprendre que c’était folie de sortir contre une armée si nombreuse et organisée, « Nous ne pouvons rien contre la puissance des légions romaines qui assiègent la ville et qui de toutes les façons finira par la prendre d'assaut. Il vaut mieux traiter avec eux si nous voulons avoir la vie sauve. » ------------- Mais les zélateurs ne l’entendirent pas ainsi, ils désiraient à tout prix que le peuple soit obligé d’aller au combat, et pour cela brûlèrent alors toutes les réserves de blé et d'orge, et la famine régna dans la ville. -------------------- Cette histoire vient nous confirmer comment il est enssentiel que chaque Juif fidèle à la Torah respecte le commandement de ne pas porter de haine en son coeur contre son frère (Le Lévitique 19,18). ---------------- La haine se traduit par des disputes et par des brouilles entre frères. Or, de telles attitudes sont contraires à l’essence même de la vie du peuple juif qui basée sur l'amour des des uns envers les autres. ----------------- Midrachim sur le 9 Av

Origine du jour

Le Talmud dit qu'au début de l'histoire juive, D-ieu décida que le 9 av serait un jour de malheur et d'affliction. Selon cette interprétation, le 9 av fut le jour où les juifs se lamentaient sur leur sort dans le désert du Sinaï, lorsque les messagers rapportèrent de Canaan de mauvaises nouvelles. D.ieu dit alors : "Vous vous plaignez sans raison et j'ai décidé que ce jour sera pour vous, jusqu'à la fin des temps, un jour de deuil". Et c'est alors que D-ieu fixa la date de destruction du Temple et la dispersion du peuple juif parmi les nations du monde. ---------- La construction du Temple

Lorsque David fut couronné roi, il se proposa de construire le Temple. Mais, il apprit que ce privilège lui serait refusé parce qu'il avait pris part à des guerres et versé du sang. La voix de D-ieu lui annonça: "C'est ton fils, que je mettrai sur le trône après toi, qui construira la Maison". ------------- C'est donc à Salomon, fils de David, qui vivait à une période de paix que fut accordée la permission d'élever le Temple, Salomon se consacra tout entier à cette entreprise sacrée. Les travaux durèrent 7 ans. Le bâtiment était parmi les plus beaux de l'époque. Il possédait de vastes cours, des autels décorés, des récipients en or et des décorations magnifiques. Mais à côté des salles richement garnies et décorées, le Saint des Saints resta sans aucun ornement. Dans ce sanctuaire, on plaça l'Arche de l'Alliance de Moïse et les Tables de la Loi. Tous les autres objets qui se trouvaient dans le Temple étaient neufs. -------------- On rapporte qu'au moment où le monde fut créé, un animal vit le jour uniquement dans le but d'approvisionner, beaucoup plus tard, le Temple en rideaux. En effet, seule la peau de cet animal remplissait toutes les conditions exigées. Son nom, est tahach et il ressemble au phoque. Lorsque la construction du Temple fut achevée, cet animal disparut de la terre. Il en fut de même de certains arbres qui fournirent le bois utilisé à la construction du Temple. ---------------- Le sixième jour de la création, au crépuscule, un petit ver, le chamir, apparut sur la terre. Cet animal ne dépassait pas la taille d'un grain de blé, mais il possédait la faculté de couper les diamants les plus durs et savait se frayer un chemin dans les rochers les plus résistants. Lorsqu'on commença la construction du Temple, les architectes devaient tailler de pierres immenses pour les adapter aux besoins de leurs plans. L'usage d'outils en acier était interdit parce que ce métal servait à la fabrication d'armes de guerre, tandis que le Temple était consacré à servir la cause de la paix. Salomon apprit l'existence du chamir et eut connaissance de ses propriétés merveilleuses. Il décida donc d'employer cet animal pour tailler les pierres du Temple. Lorsque la construction du Temple fut achevée le chamir lui aussi disparut de la terre.

L'emplacement du Temple: Une Histoire

Deux frères qui s'aimaient beaucoup vivaient l'un à coté de l'autre. Ensemble, ils cultivaient leurs champs et chaque année ils partageaient entre eux la récolte. L'un des deux était marié et avait trois enfants, mais l'autre était célibataire. Un jour le célibataire se fit à soi-même cette réflexion : "C'est injuste de ma part d'accepter la moitié de la récolte. Mon frère a une femme et trois enfants et ses besoins sont plus grands que les miens." -------------- Au milieu de la nuit, il chargea un âne et se rendit sur le champ de son frère, où il déposa une partie des grains qu'il avait reçus. La même nuit, l'autre fit cette réflexion : " mon frère est seul, il n'a personne qui puisse lui venir en aide lorsqu'il sera vieux, c'est lui qui doit recevoir la plus grande part de la récolte." Il chargea lui aussi, son âne et déposa secrètement une partie de la récolte qu'il avait reçue sur le champ de son frère. Le lendemain matin, chacun des deux frères regarda sa part et trouva qu'elle était encore trop grande. Chacun décida qu'il lui fallait réduire sa part au profit de son frère. --------------------- Dans la nuit qui suivit, les deux frères refirent le même trajet accompagnés de leur âne pleinement chargé, mais le lendemain ils constatèrent que rien n'avait changé et chacun décida d'être encore plus généreux. ------------------ Lorsqu'ils refirent le trajet pour la troisième fois, les deux frères se rencontrèrent à mi chemin. Lorsqu'ils réalisèrent ce qui s'était passé, ils s'embrassèrent et ne put retenir leurs larmes. C'est l'endroit où les deux frères s'étaient rencontrés, qui fut choisi pour supporter le Temple

. Le mur des pleurs

Il est dit que lorsque le Temple était en construction, les sages demandèrent à Salomon de permettre à leurs esclaves de construire le mur méridional, car ils savaient que c'est à partir de ce mur que la Ménora déverserait sa lumière.-------------- Les prêtres suggèrent de construire le mur contre lequel le pain de proposition et la Table de la loi seraient placés. C'est avec l'aide de leur or et de leurs esclaves que ce mur, orienté vers le Nord fut érigé. ------------------------ Les citoyens riches offrirent leurs esclaves pour la construction du mur oriental. Ils pensaient s'assurer de cette manière les meilleurs places dans le Temple. Mais les pauvres, qui ne possédaient ni esclaves, ni richesses, offraient le travail de leurs mains et la sueur de leur front. C'est avec une grande joie et tout l'amour dont ils étaient capables, qu'ils érigèrent le mur occidental. Leur travail fut si bien fait que lorsque le Temple subit l'attaque des envahisseurs, le mur occidental, plus solide que tous les autres, résista victorieusement et resta en place. ------------------- Il est aujourd’hui le Cottel.

La promesse

Une légende rabbinique dit que, lorsque D-ieu et ses anges visitèrent les ruines du Temple, ils y trouvèrent Jérémie, le prophète en train de se lamenter.---- D-ieu dit à Jérémie : "Va réveiller Abraham, Isaac, Yaacov et Moise dans leurs tombes. Qu'ils viennent eux aussi porter le deuil du Temple".----- "D-ieu de la création" répondit Jérémie, "je ne sais pas où Moise est enterré". ---- "Va au bord du Jourdain" dit D-ieu " et crie de toutes tes forces : Toi, fils d'Amram, redresse toi ; vois comme les loups ont dévoré ton troupeau". ----- Jérémie amena les patriarches et Moise devant les ruines du Temple ; là, ils se mirent à pleurer et à crier leurs douleur. ---------- Puis Abraham dit à D-ieu :"pourquoi as Tu fait cela à mes enfants et pourquoi as Tu laissé détruire Ton sanctuaire sur lequel j’ai été prêt à sacrifier mon fils Isaac ?" ------------- D-ieu répondit : "Tes enfants ont péché ; ils n'ont rien respecté de toute la Torah." ------- C'est alors qu'Isaac s'adressa à D-ieu, lui rappelant qu'il avait consenti à se laisser sacrifier sur l'autel. ---------------- Après lui, Jacob prit la parole, pour rappeler combien il avait souffert pour les enfants d'Israël. "Que mes souffrances plaident la cause d'Israël devant toi, aie pitié de mes enfants." Moise s'adressa lui aussi à Dieu : "O Seigneur, Roi du monde, ne fus-je pas le berger fidèle d'Israël ? Rends leur ce qu'ils ont perdu, pour le mérite que j'ai pu avoir." ---- Enfin Rachel intervint également en faveur du peuple juif : "O Père miséricordieux, pourquoi as-Tu chassé mes enfants, pourquoi les as Tu abandonnés à la merci de leurs ennemis ?"---------- C'est alors que D-ieu s'attendrit sur le sort d'Israël et il dit :"Pour toi, Rachel, je ramènerai les enfants d'Israël dans leurs pays." -

Rabbi Akiva

Durant le règne de Domitien, Rabbi Akiva se rendit à Rome avec trois autres sages, pour demander à l'empereur d'abolir plusieurs lois qui rendaient la vie dure aux Hébreux en Israël.---- A quelque distance de la ville, ils entendirent les bruits de la vie intense qui animaient la capitale et les sages qui accompagnaient Rabbi Akiva se mirent à pleurer : "Vois comme cette ville est prospère et remplie de joie tandis que Jérusalem est désolée." Rabbi Akiva dit :"Ne vous lamentez pas. Si D-ieu offre ses bienfaits à ceux qui n'ont pas besoin de Lui, que ne fera-t-Il, quand le moment sera venu, pour récompenser ceux qui implorent Sa miséricorde!" ------------- Un jour, Rabbi Akiva se promenait avec des amis parmi les ruines de Jérusalem et lorsqu'ils s'approchèrent de la colline du Temple, ils virent un chacal, l'animal du désert, cherchant sa proie parmi les ruines du Temple. Les compagnons d'Akiba se mirent à sangloter, mais le maître esquissa un large sourire. --------- "Comment, lui demandèrent ses amis, peux-tu sourire devant cette scène horrible ?" Rabbi Akiva répondit : "Nos prophètes ont prédit que Sion serait pareil à un désert. Puisque cette prophétie s'est réalisée, celle qui prédit la Rédemption de Sion deviendra, elle aussi, une réalité."

Encore quelques mots...

Un homme peu sérieux demanda un jour à Rabbi Yosse-Bar :

« Explique-nous, Rabbi, ces usages que les Juifs ont l'habitude de tenir pendant les trois semaines de deuil, ont-t-ils une valeur quelconque ? N'est il pas possible de vivre sans cela ? » « Je suis d'accord, dit le Rabbi, mais à quoi peut on comparer cette chose, si ce n'est à un incendie qui s'est déclaré dans une ville ? Un certain nombre de propriétaires en réchappent, privés désormais de tout ce que renfermaient leur maison.-------------- Si quelqu'un se tourne vers les bâtiments incendiés, fouille dans le tas de cendre, ramasse tous les débris des objets qui ont pu rester, on peut dire à coup sûr qu'il reconstruira très prochainement sa maison. Celui qui ne s'occupe pas du tout de l'incendie et qui abandonne les débris et les ruines montre qu'il n'a plus l'intention de reconstruire. Il en est de même pour nous, conclut Yosse-Bar. Tant que nous serons en deuil et que nous nous lamenterons sur la destruction de Jérusalem et l'incendie du Temple, nous resterons certain que tout cela sera reconstruit au plus vite. »

Rabbi Levi Its'hak de Berditchev, la veille de Ticha Beav, après le dernier repas allait et venait prés de la fenêtre et regarder au dehors. Une heure passa, le Rabbi était toujours là, scrutant l'horizon, tendant l'oreille, comme s'il attendait quelque chose venant de loin. Entre-temps, la nuit survint. La communauté réunie à la synagogue attendait le rabbin pour commencer à prier et à dire les Kinoth et ce dernier n'était toujours pas là. Le chamach entra alors chez le Rabbi et lui dit :

"Rabbi, la communauté attend.----- -Oui, sursauta le Rabbi et il dit avec un gros soupir :----- Le Messie n'est pas encore venu... il faut réciter les Kinoth."

Le martyre de Rabbi Akiva

Après la destruction du Temple, le gouvernement romain décréta que les Israélites ne devaient pas étudier la Torah. Un jour, Papos, le fils de Juda, rencontra Rabbi Akiva qui avait l'habitude de rassembler publiquement des groupes d'Israelites et d'étudier avec eux la Torah. Il lui dit : « Akiva ! Ne crains tu pas le gouvernement ?! » ----------- Rabbi Akiva lui répondit : « Je vais te citer une parabole : un renard marchait le long de la rivière. Apercevant des poissons qui fuyaient par groupes, d'endroit en endroit, il leur dit : Pourquoi fuyez-vous ? Ils répondirent : parce que nous craignons les filets que déposent les hommes pour nous attraper. ------------------Il leur dit : Ne désirez-vous pas monter un peu sur la terre, afin que nous vivions ensemble comme le firent nos ancêtres avec les vôtres ? Les poissons dirent au renard : Est-ce bien toi que l'on dit être l'animal le plus rusé parmi les animaux ? Tu n'es pas intelligent, tu es stupide. Si nous vivons dans la terreur quand nous nous trouvons dans notre demeure habituelle, imagine combien notre peur serait plus grande encore dans un endroit où nous avons toutes les chances de mourir ! » ----------- « C'est notre cas, dit Rabbi Akiva. Si nous sommes dans la détresse maintenant que nous étudions la Tora où il est écrit :"Car Elle est Ta vie et la longueur des jours", combien notre détresse serait plus grande encore si nous cessions d'étudier la Torah. » On raconte que seulement quelques jours après cette rencontre Rabbi Akiva fut saisi et jeté en prison. Papos, lui aussi, fut jeté en prison à côté de Rabbi Akiva, qui lui dit : "Papos, pourquoi est-ce que tu fus amené ici ?" Il lui répondit : "Heureux es-tu, Akiva, d'avoir été mis en prison parce que tu as parlé de la Torah. ---------------Malheur à Papos qui fut arrêté pour des raisons de peu d'importance !" Rabbi Akiva fut condamné à mort. Tandis que ses ennemis torturaient sa chair avec des fers, il ne pensait qu'au Royaume du Ciel. Ses élèves lui demandèrent : « O Maître, ta foi va-t-elle si loin ? » Il répondit : « Toute ma vie, j'ai été tourmenté par ce verset : De toute ton âme - même s'Il t'enlève ton âme.---------------- J'avais l'habitude de dire : quand aurai-je la possibilité de remplir ce commandement ? Ne le remplirai-je pas à présent que l'occasion s'offre à moi de le faire ? » Il continua de prononcer le mot UN (E’had), afin que son âme s'envole tandis qu'il murmurait encore le mot UN.

Tehilim 137

Sur les bords des fleuves de Babylone, Nous étions assis, et nous pleurions, En nous souvenant de Sion. Aux saules de la contrée Nous avions suspendu nos harpes. Là nos vainqueurs nous demandaient des chants Et nos oppresseurs de la joie.

Chantez-nous quelques uns des cantiques de Sion. Comment chanterions-nous le chant de l'Eternel Sur une terre étrangère ?

Si je t'oublie, ô Jérusalem, Que ma main droite m'oublie. Que ma langue s'attache à mon palais, Si je ne me souviens de toi; Si je ne fais de Jérusalem Le principal sujet dc ma joie.

Eternel, souviens-toi des enfants d'Edom Qui dans le jour de Jérusalem, Disaient : Rasez, rasez Jusqu'à ses fondements.

Fille de Babylone la devastée, Heureux qui te rend la pareille ; Le mal que tu nous as fait. Heureux qui saisit tes enfants Et les écrase sur le roc.

Une histoire: Kamtsa et Bar Kamtsa

Il y avait une fois un homme qui avait un ami qui s'appelait Kamtsa et un ennemi dont le nom était Bar Kamtsa, Juifs tous les deux.------------------- Un jour, il offrit un banquet et envoya l'un de ses serviteurs inviter Kamtsa au festin, mais ce serviteur se trompa et invita par erreur Bar Kamtsa. L'organisateur du festin voyant Bar Kamtsa assis parmi ses invités, s'adressa à lui dans les termes suivants :

"Tu as toujours été mon ennemi ; que viens·tu faire ici ? Lève toi et va t'en ! ---- - Je t'en prie, dit l'invité indésirable, puisque je suis venu et me trouve ici, laisse moi rester ; ne me couvre pas de honte, je te rembourserai pour la boisson et la nourriture que je prendrai." ----- Le maître de maison refusa énergiquement. Bar Kamtsa lui offrit alors de payer la moitié des frais du banquet. Mais cette offre fut rejetée catégoriquement. Bar Kamtsa offrit alors de payer les frais entiers, mais le maître de maison s’empara de lui et le jeta à la porte. ------------L'homme humilié et dégradé pensa tout bas : "Puisque les Rabbins présents au festin restèrent tranquillement assis sans s'élever contre une telle conduite, il est évident qu'ils l'approuvaient. Je vais m'adresser à l'Empereur et je les attaquerai tous !" -------------- Il alla vers l'empereur et parla de cette façon : "Les Juifs se sont révoltés contre vous". Lorsqu'on lui demanda de prouver la vérité de ses paroles, il dit : "Demandez que l'on offre à Jérusalem un sacrifice en votre nom et vous verrez si votre ordre sera exécuté ou non." --------------- L'Empereur envoya par l'intermédiaire de Bar Kamtsa l'animal en direction de Jérusalem. L'homme blessa la bête sur sa lèvre supérieure - d'aucuns disent sur sa paupière - et de cette façon rendit la bête inutilisable en tant que sacrifice.------------- Les Rabbins décidèrent, afin de ne pas provoquer la colère de l'Empereur, de sacrifier l'animal malgré sa blessure, mais Rabbi Zaccaria ben Akvilos annula cette décision en affirmant que le peuple serait scandalisé de voir que l'on sacrifiait un animal blessé sur l'autel sacré.... Rabbi Yo'hanan dit : "La piété de Zaccaria ben Akvilos détruisit le Temple, brûla Ie Sanctuaire et nous exila de notre pays !"

Une histoire: Après la catastrophe

Le jour où fut détruit le Temple, le Libérateur naquit.

On raconte qu'un Juif était en train de labourer son champ lorsque sa vache rugit. Un Non-juif passant par là entendit le rugissement et dit :

"Qui es-tu? ----- - Je suis un Juif. ----- Le Non-juif répondit : Juif, détèle ta vache et délie la charrue. ----- - Pourquoi ? ---- - Il lui dit : "Parce que le Temple des Juifs est détruit. ---- - D'où le sais-tu ? Par le mugissement de ta vache ! ----- Entre temps, la vache mugit une deuxième fois. ------ Le Non-juif lui dit alors : "Juif attache ta charrue et attelle ta vache, car le Messie, Ie Sauveur d'Israël est né. ----- Il lui demanda : Et comment s'appelle-t-il ? ----- - Son nom est Menahem - le consolateur. Et le nom de son pêre ‘Hizkiaou. Le jour, où le Temple a été détruit, le Messie est né." -----

Le peuple n'est pas resté un instant sans espoir et sans foi en son avenir.

Quelle fut la réponse du peuple après la destruction du Temple ?

La création du centre spirituel de Yavné.

Pourquoi n'avons nous pas sombré dans l'abattement et le désespoir après la catastrophe ?

Parce que nous avions la foi en un brillant avenir, prédit par nos prophètes.-------------- La foi en la venue du Messie. Les Juifs menés au four crématoire par les nazis chantaient le " Ani Maamin " qui exprimait cette foi. ---------------- Quel est notre devoir actuellement ? ---------------------- Reconstruire le pays, multiplier la création de centres d'études de la Torah. Tous nos ennemis ont finalement eux-mêmes disparu alors que le peuple juif a surmonté tous les obstacles... "A chaque époque, ils se lèvent contre nous pour nous annéantir, et l'Eternel nous sauve de leurs griffes". ------------------ Toutefois rien n'est définitif et grace à la réparation de la haine gratuite, nous parviendrons à retrouver et à reconstruire une vie libre et juste dans l’accomplissement de tous les commandements de notre Sainte Torah. ------------------------- D’après la rabbanout d’Israël, le jour de commomération de la Shoa est le jour de Tich’a Be Av car si il n’y avait eu ni la destruction du Temple de Jérusalem ni l’exil du peuple d’Israël, il n’y aurait pas eu de Shoa. (La décision de « la solution finale » par la Komandatur nazie, selon certains, fut prise le 9 Av.)--------------------------- Aussi, ce jour là, devons-nous nous recueillir dans le souvenir de tous les malheurs que notre peuple a vécus au cours de son histoire. ---------------------