LE CONTENTIEUX ISRAELO-ARABE

 

S’il avait vécut il y a 3000 ans, Paul Giniewski aurait exercé le métier de prophète. Il est aujourd’hui didacticien et polémiste. C’est la même chose. Exemple : Dans un l’un de ses premiers livres, il avait rédigé une « Esquisse d’un sixième livre de Moïse », qui se se résume en quelques mots : L’homme est ici-bas pour travailler assidûment et son travail doit produire de bons résultats et de bons produits.

 

La formule s’appliquerait volontiers à nouveau livre, Le contentieux israélo-arabe (1). Paul Giniewski y expose les trois litiges qui nourrissent l’affrontement avec les Arabes : les réfugiés, la terre contestée, l’existence de l’Etat Juif. Sur ces trois dossiers, l’auteur apporte des preuves irréfutables du bon droit d’Israël.

 

Les réfugiés : La plupart n’ont pas été chassé par Israël,  comme on le prétend, mais ont fui sur les instigations de leurs propres dirigeants. Un journaliste témoigne dans Le Monde en 1951 : « Beaucoup sont partis parce qu’on leur avait dit que c’était pour quelques semaines et qu’il reviendraient avec les armes arabes triomphantes ». Selon d’autres témoignages, à Haïfa, les Juifs avaient même tenté d’empêcher, par la force, la fuite des Arabes !

 

La terre : Israël ne s’est pas installé en tant qu’expansion coloniale, comme le disent ses ennemis. Les ancêtres des Juifs peuplaient le pays deux millénaires avant l’Islam. Et depuis la destruction du Temple par les Romains, ils n’ont cessé de travailler à la restauration en Sion. Des non Juifs nombreux, comme Napoléon Bonaparte, ont été des partisans du sionisme.

 

Tous les composants du contentieux sont en réalité les modalités d’un unique litige : l’existence de l’Etat juif, et la moitié du livre est consacrée à cette question.

 

Les ennemis d’Israël ont toujours cherché à le détruire. Au XIXe siècle déjà, l’un de leur porte-parole appelait « à réunir toutes nos forces pour nous opposer aux sionistes », à «constituer des groupes armés » à « incendier leurs fermes ». L’OLP appelait à jeter les Juifs à la mer, aujourd’hui, l’Iranien Ahmadinejad veut « rayer Israël de la carte ». Bien entendu, on cherche à tromper la vigilance des Israéliens naïfs et des Occidentaux, par l’emploi de la « technique des étapes » : Un état palestinien en Cisjordanie, tremplin pour prendre toute la Palestine, de la Méditerranée dans une deuxième temps.

 

Le plus grave, c’est que, dans la pensée des Européens, commence également à s’insinuer l’idée qu’Israël pourrai n’être qu’une « parenthèse » selon ce syllogisme : Israël met en danger la paix au Moyen-Orient et même dans le monde, donc il y a lieur de supprimer l’obstacle.

 

Au passage, l’auteur révèle des détails pratiquement inconnus du grand public. Par exemple, l’existence d’un commando d’exterminateurs SS, rattaché à l’AfrikaKorps, qui «devait se rendre en Palestine sitôt que Rommel l’aurait atteinte et constituer l’encadrement de collaborateurs palestiniens exécutants la shoah locale » décidée par le mufti Ahj Amin el Hussein et Hitler.

 

Il faut dire quelques mots du charme du style politico littéraire de Paul Giniewski. Il est à la fois historien, politologue, avocat, procureur, juge et polémiste, un amalgame de fonctions à première vue incompatibles. Mais Paul Giniewski le pratique avec aisance, en mélangeant les instruments comme dans une symphonie. Le lecteur se sent pris e conduit au but par la main ferme du chef d’orchestre. Ce n’est pas le moindre mérite d’un livre qui se lit à la fois comme un roman policier,  un manifeste et un avis de mobilisation

 

Catherine Rosenfeld

 

(1)  Paul Giniewski, Le contentieux israélo-arabe, éditions Cheminements, 2007 

 


 


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