LA GRANDE SYNAGOGUE DE BRUXELLES

 

« …les temples ne sont pas faits pour séparer les hommes, mais bien au contraire pour les relier à leur créateur et Père commun et surtout les rattacher étroitement les uns aux autres, abstraction faite de leur dissidences dogmatiques…cette pensée d’union entre les hommes, c’est le principe essentiel de la doctrine biblique… »

 

Grand Rabbin Astruc

La Grande Synagogue de Bruxelles fut inaugurée le 20 septembre 1878, 22 Eloul 5638, une semaine avant les célébrations des grandes fêtes de Roch Hachana et de Yom Kippour.

Elle fut érigée rue de la Régence qui, à cette époque, était une artère que l’on venait de percer et qui promettait de devenir la rue la plus monumentale de la capitale.

Si l’on se place face à l’édifice construit par l’architecte De Keyzer et que l’on en observe la façade, on verra, la surplombant, les deux tables de la Loi gravées en caractères hébraïques. Ces deux tables reprennent les premiers mots de chacun des dix commandements avec, à leur sommet, l’Etoile de David à six branches que l’on retrouvera à plusieurs reprises à l’intérieur du bâtiment. En portant les yeux un peu plus bas, on remarquera, autour de la rosace centrale, et également gravés en caractères hébraïques, les noms des douze fils de Jacob, formateurs des douze tribus donnant ainsi naissance au peuple d’Israël.
Au-dessus des portes d’entrée, une inscription en français et en néerlandais, bien visible, reprend un verset du Prophète Malachie (II, 10) : « N’avons-nous pas tous un même père ? Un seul Dieu ne nous a-t-il pas crées ? ». Voilà bien un véritable plaidoyer en faveur de la tolérance et de la fraternité universelles.

Après avoir franchi les monumentales portes d’entrée on se trouve dans le péristyle de la synagogue où on peut lire comme souhait de bienvenue au-dessus de la porte menant à l’intérieur du lieu de culte, un verset hébraïque extrait du Deutéronome (XXVIII, 6) :
« Soyez bénis à votre entrée comme à votre sortie ».

L’Hémicycle au-dessus de l’Arche Sainte est percé de cinq fenêtres garnies de vitraux en mosaïques remarquables par leur clarté et leur beauté et dont quatre sont consacrés à un personnage biblique : David, Moïse, Aaron et Samuel ; le vitrail restant est frappé du Tétragramme, du Nom ineffable traversé par les rayons du soleil levant indiquant la direction de l’Orient.

Deux autres vitraux latéraux, en prolongement vers les galeries des dames sont dédiés à Ezra le Scribe (4e s. av. è.c.) et à Juda le Prince (138 env. – 217 env.) : les douze vitraux suivants symbolisent les douze tribus d’Israël.

 

Bernard Job


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