Zakhor, il y a 63 ans
LES ENFANTS D'IZIEU
(et la présence du chiffre 4)


Certains Rabbins et exégètes donnent une signification aux chiffres comme par exemple

Un pour le D.ieu unique, le D.ieu Un,
Deux pour les deux Tables de la Loi,
Trois pour nos trois Patriarches, Abraham, Isaac et Jacob,
Quatre pour nos quatre « Matriarches », Sara, Rébecca, Léa et Rachel,

C'est sur ce chiffre 4 que je m'arrêterais, ce chiffre 4 qui correspond à nos « Matriarches », à nos Mères qui, stériles, eurent par la suite des enfants. Ce chiffre 4 qui finissait par être en rapport avec la joie d'avoir des enfants.

LA RAFLE


Sans rechercher des coïncidences, je constate avec prudence que ce même chiffre 4, concernant 44 enfants, fut le symbole non de joies mais de drames, de tragédies et de malheurs. Je fais allusion à ces 44 malheureux enfants de la Maison d'Izieu « arrêtés » deux mois exactement avant le Débarquement en Normandie, il y a 63 ans aujourd'hui 6 avril 2007.

« Arrêtés » avec leurs 7 éducateurs le 6.4.44 par la Gestapo de Lyon commandée par le criminel de guerre Barbie, le « boucher de Lyon », le tortionnaire de Jean Moulin. Les occupants de la Maison d'Izieu, à l'exception de Léon Reifman, 30 ans, originaire de Roumanie, qui put s'échapper, furent raflés alors que dans le réfectoire les petits déjeuners les attendaient. Le plus jeune, Albert, n'avait que 4 ans, le plus âgé, Arnold, 17 ans. 42 enfants furent gazés à Auschwitz, les 2 autres, plus âgés, furent fusillés. Le seul crime de ces enfants orphelins et de leurs éducateurs : être Juifs !

Alexandre Halaunbrenner, un de mes amis des F.F.D.J.F, porte-drapeau de cette Association (1), avait ses 2 sœurs, Mina, 8 ans et Claudine, 5 ans dans la Maison d'Izieu. Elles furent déportées par le convoi n° 76 du 30 juin 1944 et assassinées à Auschwitz. (2)

Le 24.4.1994, le Président François Mitterrand inaugura le Musée Mémorial de la Maison d'Izieu déclarant en particulier : « Ne laissons pas le temps faire œuvre d'oubli au lieu de faire œuvre d'Histoire ». Ce jour-là, Madame Sabine Zlatin (3) avait définitivement gagné son combat pour la Mémoire des Enfants d'Izieu et de cette maison dans laquelle 44 enfants et 7 adultes vécurent leurs derniers moments de bonheur.

Leurs derniers moments de bonheur car le 6.4.44 deux camions et une voiture s'arrêtèrent devant la maison et une quinzaine de soldats allemands appartenant au 958ème bataillon de la défense antiaérienne encadrés par trois hommes en civil et deux officiers de la Gestapo regroupèrent avec violence et brutalité les occupants de la maison et « malgré les pleurs et les cris, les jetèrent dans les camions comme de vulgaires marchandises » d'après les témoignages des voisins. J'ai lu que, comme ultime acte de résistance et sous la direction des adultes, les enfants chantèrent en chœur « Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine ».

Enfermés au fort Montluc à Lyon, les 44 enfants et leurs 7 accompagnateurs furent transférés à Drancy le 8 avril où ils portèrent les numéros 19.185 à 19.235. Le 13 avril, une semaine après la rafle, 34 enfants et 4 éducateurs furent déportés à Auschwitz par le convoi n° 71. Après plus de 80 heures d'un voyage inhumain et épuisant dans des wagons à bestiaux, les enfants furent immédiatement gazés.

Les autres enfants et leurs éducateurs furent déportés par les convois 72, 74, 75 et 76 entre le 20 avril et le 30 juin alors que Miron Zlatin et deux adolescents, déportés par le convoi n° 73, furent fusillés en Estonie fin juillet.

Seule, Laja Feldblum, originaire de Pologne, une éducatrice de 26 ans, reviendra de déportation.

LA CULPABILITE DE BARBIE


Si, à ma connaissance, la présence de Barbie lors de la rafle ne fut pas établie, il en est indiscutablement par contre le responsable direct. Les Etats-Unis l'utilisèrent pendant la guerre froide puis le firent passer en Amérique du sud. Du Pérou il se rendit en Bolivie où il mit « ses compétences » au service de la dictature. Se faisant appeler Klaus Altmann

(Suite page 35)

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