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Milantia Bourla Cortes

Evelyne Bloch-Danon - Porte de Champerret (30/05/2013)


par Milantia Bourla Cortès
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Porte de  Champerret
Evelyne Bloch–Danon
Editions Grasset 978-2-246-8624-5. Février 2013
 
 
Evelyne Bloch-Danon a déjà publié une bonne douzaine d’ouvrage dont la plupart sont parus en poche et ont obtenu de prestigieux prix littéraires. C’est cependant le premier livre de cette auteure qu’il m’est donné de lire.
 
Porte Champerret raconte l’histoire d’une famille Juive Parisienne, vivant Porte Champerret : « ni assimilée ni ultra religieuse, à la fois juif et français », dont le père dira à ce propos « que cela ne regarde personne » 
 
Avec humour l’auteure évoque l’histoire de la Porte Champerret, un temps à la limite de Paris et séparée par un pont. Sur une rive, la zone, sur l’autre la campagne, lieux de prédilection pour les promenades du dimanche et les déjeuners sur l’herbe.
 
Les parents se rencontrent en 1947 au Georges V lors d’un bal organisé par la communauté juive.
La mère venant de Berlin travaille pour les troupes françaises d’occupation, comme sous-officier, elle accompagne à Paris des enfants nés d’une allemande et d’un prisonnier de guerre français, abandonnés par centaines à la fin de la guerre au retour des maris. 
 
Pour l’auteure cette Porte de Champerret, qu’elle décrit comme n’ayant aucun charme, ni même  rien d’aimable, sera «son Pôle magnétique».
C’est dans le square de la place, devant le terminus du bus 84, qu’elle jouait. Les enfants et les chiens s’y partageaient le même bac à sable. En clin d’œil, elle cite une des chansons de Jacques Dutronc disant « …. Qu’il sentait bon le bassin parisien… »
Les parents, tous deux intellectuels, donnent dès la prime enfance à leur fille un crédit illimité pour qu’elle achète les livres qu’elle désire.
 
Mais ce qui semble être qu’une narration sur un lieu précis de Paris, est en réalité une ode à la mère. Mère qui peu à peu va disparaître emportée par la maladie d’Alzheimer, ayant eu soin sa vie durant de ne pas révéler ses traumatisants souvenirs de guerre à ses enfant, leur épargnant ainsi une douloureuse et triste transmission de mémoire. L’auteure lui en est extrêmement reconnaissante.
 
Dans cette autobiographie, Evelyne Bloch–Dano transforme les silences de sa mère en un devoir de mémoire très réussi  
 
Milantia Bourla Cortes

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