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Milantia Bourla Cortes

Jacques Attali - Notre vie ? disent-ils - Editions Fayard (31 août 2014)


par Milantia Bourla Cortès
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Jacques Attali
Notre vie ? disent –ils
Editions  Fayard
 
Pour son huitième roman Jacques Attali nous transporte dans un monde de fiction totalement envoutant.
 
Le thème de ce récit pourrait être : peut-on échapper à son destin, peut-on prévoir et anticiper l’avenir ?
 
Peut-on échapper à ces prédictions :
« Pouvons-nous faire en sorte que notre vie ne se réduise pas à ce que les autres en disent ? »
Sommes-nous déterminés ? Ou bien a-t-on suffisamment de volonté pour que notre avenir nous appartienne ?
 
Comme trame à ce sujet, Attali met en scène l’amour face à l’apocalypse.
 
Un brillant professeur d’ethno mathématique juif, Tristan Seigner, parcourt la planète pour expliquer ses thèses sur les objets fractals qui sont aussi ces formes architecturales répétées à l’infini, en démontrant entre autre que certaines civilisations antiques comme par exemple en Afrique maitrisaient le voyage dans le temps.
 
Tout le récit se passe aujourd’hui sur une période d’un  mois et ce à travers le monde,  entre  Paris, Angkor, Venise, Genève, Princeton, Rome et… je ne dévoile pas les autres destinations.
Ce Tristan rencontre à l’ONU une très jeune fille, Yse, qui comme lui est presciente et craint que de grandes menacent pèsent sur l’humanité, comme une troisième guerre mondiale.
 
Notre grande sommité est atteint d’arithmomanie (tout comme moi) ce qui n’est pas une maladie mais juste une technique qui consiste à compter et recompter tout ce qui se trouve devant lui afin d’écarter certaines pensées, pour lui des visions d’horreur qui surviennent  à n’importe quel moment.
 
C’est aussi un  roman d’amour, plein de secret de famille et d’aventures.
 
Exemple de belle réponse d’Yse suite à la demande de Tristan de ne plus le laisser sans nouvelles : «…  partout où il n y a rien, lisez que je vous aime
»
L’auteur nous offre tout un savoir passionnant mathématico-philosophique et politique.
 
L’action se situe  en pleine crise économique mondiale, le récit nous baigne dans les conflits entre la Turquie, l’Irak, la Syrie, le Kurdistan, la Chine, le Japon, au Moyen Orient, en Afrique, et ailleurs encore !
 
L’auteur ne mentionne jamais dans son livre les mots futur, divinatoire, vision, prémonition  ou avenir.
 
Non. Attali nous parle de prescience, terme de théologie signifiant faculté divine de nos connaissances humaines des passés présents et avenirs. Il nous parle de fractales, qui se dit d’objets mathématiques dont la création ou la forme ne trouve ses règles que dans l’irrégularité ou la fragmentation.
 
Attali, par un rythme soutenu, du suspens, nous fait bien entendre que dans la vie, il faut toujours avoir des rêves en continu.
 
Ce Tristan aime les belles  femmes, la musique, omniprésente dans sa vie, et a une  passion  pour la connaissance universelle.
 
Tel doit être Jacques Attali dans la vraie vie, un être hors du commun empreint de richesse  qui s’exalte à l’Ouverture de Luisa Miller, et à qui je souhaite de ne plus  penser comme son héros : « L’amour est comme le bonheur, on ne le découvre que quand on l’a perdu ».
 
 
Milantia Bourla Cortes
Août 2014

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