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Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde.

( Albert Camus)

 

 

Juif arabe ou Juif parlant arabe ?


Je suis juif.

Je suis un Juif né dans un pays, l’Egypte, devenu depuis le septième siècle, par la force des armes, musulman.

Je suis un Juif dont les racines plongent, depuis plus de deux millénaires dans ce qui est appelé, aujourd’hui, terre d’islam.

Comme près d’un million de mes coreligionnaires, depuis 1948 j’ai perdu mon ancrage. Comme près d’un million de Juifs chassés ou obligés de fuir, j’ai dû abandonner mon chez moi, ma terre natale, mes racines, mes lieux de culte sanctifiés par les siècles. J’ai aussi dû abandonner mes morts.


Je suis certes un Juif oriental et non, ainsi que certains pourraient me qualifier à tort, un Juif arabe car il n’y a pas de Juifs arabes et qui prétend le contraire, commet une double erreur, historique et culturelle.


Il n’y a pas de Juifs arabes, il n’y a plus de Juifs arabes, car ceux qui habitaient la péninsule arabique ont été massacrés ou chassés par Mahomet au septième siècle.


S’il n’y a pas de Juifs arabes, il y a, par contre, des Juifs que rien ne distinguait, jusque dans un passé récent, des Musulmans.

S’il n’y a pas de Juifs arabes, il y a des Juifs dont l’arabe fut la langue maternelle, qui parlent et calligraphient toujours encore,  cette langue.


Ceux qui se prétendent Juifs arabes méconnaissent leur histoire et leur passé.

 

Si nous sommes des Juifs nés dans des pays dits arabo-musulmans et qui parlons arabe, cela ne fait pas de nous automatiquement des Juifs arabes. Naître dans un pays dit arabe ne fait nullement du Copte, du Syriaque, du Maronite, du Druze, du Kurde, de l’Assyrien, du Chaldéen, du Nestorien ou du Berbère, un Arabe. Précisons qu’Imazighen (le pluriel d’Amazigh), est la dénomination générale que les Berbères se donnent. Elle englobe les Kabyles, les Rifains, les Touaregs, les Chleuhs, etc… Nous utiliserons indifféremment les deux termes, berbère et amazigh.


Dans la culture juive, la femme est l’égale de l’homme lorsqu’elle n’est pas placée sur un piédestal : l’hymne echet haïl, éloge de la femme vertueuse, que l’époux récite à son épouse le vendredi soir, au retour de la synagogue, en est l’exemple le plus frappant. Rabbi Yéhouda, un des Sages qui a contribué à l’élaboration du Talmud, dans la première Michna du Traité Yoma, 2a assimile la femme à la maison. Il interprète leverset 16:11 du Lévitique (verset qui concerne le service du Grand Prêtre le jour de Yom Kippour) : « Il fera l’expiation pour lui et pour sa maison  », la maison étant son épouse.


Comme l’affirme le Talmud (traité Baba Metsia, 59a), « L’homme fera toujours attention au respect de sa femme, car elle est source de la beraha, de la bénédiction, dans sa maison   ». Et si la prière matinale de l’homme comporte le remerciement à son Créateur de ne l’avoir pas fait naître femme, c’est que celle-ci est dispensée des commandements qui imposent un horaire, telles la prière quotidienne ou l’étude de la Torah alors que l’homme doit respecter les ordonnances qui lui sont faites.


Ne trouve-t-on pas chez les Touaregs qui, envers et contre tout, réussissent (encore ?) à conserver leur culture, le régime matriarcal hérité des origi-nes, la femme donnant son nom à sa progéniture ? Dans le Haut Atlas, à Imilchil au Maroc, chez les Aït Hdiddou, n’est-ce pas la femme qui choisit (et répudie) encore son époux ?


Nul ne trouvera jamais dans l’enseignement que le judaïsme offrit au monde et dans le christianisme qui s’en inspira, l’injonction de frapper sa femme telle que nous la lisons dans la sourate IV, 34 : «Les hommes ont autorité sur les femmes, en vertu de la préférence que Dieu leur a accordée sur elles, et à cause des dépenses qu’ils font pourassurer leur entretien. Les femmes vertueuses sont pieuses : elles préservent dans le secret ce que Dieu préserve. Admonestez celles dont vous craignez l’infidélité ; reléguez-les dans des chambres à part et frappez-les. Mais ne leur cherchez plus querelle, si elles vous obéissent. Dieu est élevé et grand ».

Nous préférons l’injonction de nos Sages :

« Prends bien garde de ne jamais faire pleurer une femme parce que D’ieu compte ses larmes ».


L’héritage chez le Juif, le Chrétien et le Berbère est partagé entre tous les enfants, sans discrimination contrairement à ce qui est indiqué dans le Coran (sourate IV, 11):

« Quant à vos enfants, Dieu vous ordonne d’attribuer au garçon une part égale à celle de deux filles ».


Dans la tradition juive également existe l’ordon-nance divine d’aimer l’étranger rappelant qu’Israël l’avait été en Egypte. De l’aimer, de le respecter et de le protéger comme l’un des siens (Exode 22, 21; 23, 9 - Lévitique 19, 34 - Deutéronome 10, 19) et non de le traiter en citoyen de seconde catégorie. L’islam préconise, au contraire, la discrimination entre Musulmans et gens du Livre, ahl al Kettab, Juifs, Chrétiens, Berbères et Zoroastriens,  peuples tolérés, assujettis à l’impôt de capitation, la djeziya, qui leur permettait de bénéficier d’une relative protection. Le Coran, sourate V, 51, ne dit-il pas : «O, vous qui croyez, ne prenez pas pour amis les Juifs et les Chrétiens ; ils sont amis les uns des autres. Celui qui, parmi vous, les prend pour amis, est des leurs. Dieu ne dirige pas le peuple injuste »


Les recommandations sont légions et sont ensei-gnées, dès leur plus jeune âge, aux enfants. Dans les manuels scolaires saoudiens, Chrétiens et Juifs sont dénoncés comme infidèles, mais aussi comme ennemis de l’islam et des Musulmans. C’est pourquoi ils ne peuvent se lier avec eux ni les imiter en aucune façon, de crainte que cela n’abou-tisse à de l’amour et de l’amitié, tous deux prohibés.


Comment peut-on alors être un Juif arabe ?

Comment peut-on alors être un Chrétien arabe ?  Comment peut-on alors être un Amazigh arabe   ?


Le Musulman tend à confondre l’umma, la communauté, avec l’appartenance nationale. C’est pourquoi nous voyons des voix se faire parfois entendre soutenant la thèse, saugrenue, que les Africains musulmans seraient des Arabes oubliant que ceux-ci furent des esclavagistes féroces.

L’Afrique souhaite une repentance de l’Occident pour l’esclavagisme. Quand exigera-t-elle un pardon des négriers musulmans !

Quand l’Europe exigera-t-elle une repentance pour les millions de chrétiens, razziés des côtes europé-ennes ou capturés par les Barbaresques et vendus sur les marchés du Maghreb et du Moyen-Orient. Pour mémoire l’abolition de l’esclavage en Tunisie, promulgué une première fois en 1861, dût être interdit à nouveau en 1896 par les Français. Robert Davis, professeur à l’Université d’Ohio, l’estime à plus d’un million (Esclaves chrétiens, maîtres musulmans, l’esclavage blanc en Méditerranée 1500-1800, éditions Actes-Sud, Paris, 2007).


Dans ces contrées devenues islamiques par la force du glaive et, pour la plupart erronément appelées  « pays arabes », la présence juive est de loin anté-rieure à l’arrivée de l’envahisseur arabo-musulman du septième siècle ; elle remonte aux temps bibliques.


Nous savons que parler de pays « dits » arabes est « politiquement » incorrect mais, n’en déplaise à certains, nous insistons sur la distinction. Les seuls pays arabes sont ceux de la péninsule arabique; les autres sont dits arabes alors que seule une minorité d’arabisés qui, ayant perdu leur culture, pensent descendre des Arabes (ou des Turcs, cela fait plus chic), et s’imaginant ou s’inventant des généalogies fantasques, ou d’arabophones y habitent.

La totalité est berbère, copte (chrétienne ou islamisée car copte signifie égyptien), mésopota-mienne, phénicienne... Ces terres furent conquises et occupées au septième siècle par trois hordes, composées uniquement de dix mille d’hommes, venues d’Arabie. Nul n’a oublié l’épopée légen-daire de la Kahena, la reine berbère que la tradition (et les Imazighen) prétendent juive, qui s’opposa à l’envahisseur arabe imposant le choix aux popu-lations autochtones,  monothéistes ou non : l’islam ou la mort !

Des siècles durant - cela a-t-il changé de nos jours! - la culture locale fut détruite, par l’oligarchie locale comme moyen de domination sociale - au détriment de l’arabe importé. Les tribus chrétien-nes, formant alors la majorité de la population et qui avaient offert tant de  fleurons au christianisme (Tertullien, saint Augustin, saint Cyprien, saint Fulgence, n’étaient-ils pas d’Afrique du nord) sont forcées d’abjurer afin d’échapper au massacre.


Savons-nous qu’il y eut un pape berbère, saint Victor 1er (189-199) et un empereur romain et non des moindres, Septime Sévère (193-211) ! 

 

Ignorons-nous que, lors du premier concile de Carthage, en 200, soixante-dix évêques d’Afrique proconsulaire (la Tunisie actuelle) y assistaient ? L’Italie n’en comptait alors que trois, l’Espagne quatre et jusque vers 250, un seul en Gaule, celui de Lyon. De là vient sa prépondérance comme Primat des Gaules.

Dans les « Chroniques N’Imazighen », Editions Imazighen N’Brussel’s, Bruxelles, 1999, l’auteur prenant comme source Henri de la Bastide («Maghreb», Editions Horizons de France, 1973), assène qu’au cinquième siècle,  l’Eglise d’Afrique du Nord compterait plus de six mille quatre centssaints et trois cent seize évêchés !

Et mentionnons aussi tous ces tribuns, soldats, écrivains et fonctionnaires qui participèrent à l’essor et à la grandeur de Rome. Hannibal le punique, génial inventeur de trois principes straté-giques encore enseignés dans toutes les académies militaires dont la bataille de Cannes contre les Romains est encore citée en exemple, était-il arabe ? Le théâtre d’El Djem, en Tunisie, en plein désert, à soixante kilomètres de Sousse, construit en 238 par Gordien Ier, n’est-il pas le troisième en importance de l’empire après le Colisée et celui, en ruines, de Capoue ! Est-il arabe ?

 

Et que devons-nous dire de Salomon Ibn Gabirol (1020-1057), Aby Ayy-ub Suleiman ibn Yahya ibn Gabirol, latinisé sous le nom de Avicebron, dont «  La Source de vie  », oeuvre néo-platoni-cienne, a été traduite en latin à partir d’une traduction arabe. Avicebron passa, des siècles durant, pour un Musulman.

Balayons aussi ce mythe fallacieux de la civilisation arabe. Les chiffres arabes ? Ils nous viennent des Indes. Tout comme le zéro. L’algèbre a été inventée par un Kurde, Al-Khwarizmi Muhammad ibn Moussa, né en Ouzbekistan qui reprit les travaux de Diophante d'Alexandrie qui vécut au deuxième siècle de notre ère.

Avons-nous oublié que la fameuse bibliothèque d’Alexandrie fut détruite en 642 sur ordre du calife Omar ? L’historien berbère Ibn Khaldoum, 1332-1406, confirme ce que raconte lbn Al-Qifti, 1172-1248 au treizième siècle dans son « Histoire des sages »: Omar aurait écrit à son général, Amr ibn al’As, incertain sur l'attitude à tenir envers la bibliothèque : « A propos des livres que tu mentionnes, si ce qui s'y trouve écrit est conforme au Livre de Dieu, ils ne sont pas nécessaires ; si ce n'est pas conforme, ils sont inutiles. Détruis-les donc ». « Amr ordonna donc de distribuer les livres aux bains d'Alexandrie et de les utiliser comme combustibles pour le chauffage ; il fallut six mois pour les brûler »; Cette Bibliothèque contenait sept cent mille volumes, la somme de toutes les connaissances du monde.

Rappelons enfin la destruction par les Talibans afghans, en mars 2001, des Bouddhas de Bâmiyân, chefs-d’œuvres des V et VIè siècle, mélange classique d'art grec et bouddhiste, inscrits au patrimoine mondial de l’humanité.

 

Plus tard, les califes abbassides al-Mansur, Haroun ar-Rachid et al-Mamun, firent traduire les travaux scientifiques des Grecs, des Babyloniens et des Indiens en langue arabe.

 

Où sont donc les vestiges de cette brillante civilisation au Hedjaz, sa terre natale ? Ce désert, contrairement aux autres déserts égyptien, libyen, nord-africains, est, à l’exception de quelques débris dilmun {une culture qui a fleuri en Mésopotamie entre le quinzième et le seizième siècles avant l’ère civile et qui avait établi un comptoir à Qalaat el-Bahrein au nord de Bahrein etsur l’île de Failaka au Koweit), vide de toute ruine antique. Cette civilisation que l’on qualifie d’arabe n’est que la continuation des brillantes cultures mésopotamienne, assyrienne, égyptienne, punique, berbère qui ont brillé, non en Arabie, mais dans les centres historiques de Damas, de Bagdad, du Caire, de Kairouan etc… (cf Jacques Heers, «  La fable de la transmission arabe du savoir antique », La Nouvelle Revue d’Histoire, juillet-août 2002 et Sylvain Gouguenheim, « Aristote au Mont Saint-Michel. Les racines grecques de l’Europe chrétienne », Le Seuil, "L'Univers historique", 2008)

 

Le Moyen-Orient, aujourd’hui musulman, antique berceau du judaïsme et, bien plus tard, du christianisme, a perdu ses Juifs et se déchristianise. Seule une infime minorité, moins de cinq pour cent de la population, est encore chrétienne alors que les Juifs, une poignée, ne représentent plus que des gardiens de cimetières en ruines. En Irak, aujourd’hui, la population chrétienne reçoit des lettres de menaces :
« Il n’y a pas de place pour les infidèles chrétiens chez les croyants musulmans en Irak. Sinon nos épées trouveront vos cous et ceux de ceux qui vous suivent comme ce qui s’est passé avec les Chrétiens vivant à Mossoul
(Document publié sur le site web du quotidien irakien Al-Ittihad du 7 mars 2009, repris par l’As-syrian  International News Agency) :
http://www.alittihad.com/paper.php?name=News&file=article1sid=46250

Nous analyserons dans ces pages la situation des Juifs, nous contentant d’esquisser, à grands traits, celle des Chrétiens et des Imazighen.

 

Nous avons utilisé pour ce travail certains des éléments de base qui nous ont précédemment servi pour notre ouvrage « L’exode oublié, Juifs des pays arabes », éditions Raphaël, Paris, 2003, réédité sous le titre «  Réfugiés juifs des pays arabes. L’Exode oublié  » Editions Luc Pire, Bruxelles, 2006.

 

L’antisémitisme, la haine des Juifs, la judéophobie, font partie, de tous temps, de l’enseignement du mépris propagé par l’islam. Le Musulman s’en défendra, arguant qu’il est aussi un sémite et ne peut donc être antisémite. Ceci est absurde car l’antisémitisme, nous le  savons, ne vise que le Juif et nul autre. Bien qu’utilisé pour la première fois en 1860 par l'intellectuel autrichien et juif, Moritz Steinschneider dans l'expression « Préjugés antisé-mites » « antisemitische Vorurteile»), c’est l’Alle-mand Wilhelm Marr qui inventa le terme « antisé-mitisme » (de l'allemand « Antisemitismus ») en 1879, dans son sens d'hostilité aux Juifs, à l'oc-casion de la fondation d'une « ligue antisémite ».

 

Nous verrons, tout au long de cette étude, de nombreux aspects du dédain dans lequel le dhimmi, le Juif particulièrement, était tenu et ladétresse morale et physique qu’il eut à subir. Plus que le Chrétien qui pouvait bénéficier de la sympathie et du support – même religion oblige ! – de ses frères chrétiens européens alors que le Juif, durant les siècles, ne pouvait compter que sur l’aide de ses coreligionnaires. Yves Kamami dans sa préface du livre du même auteur, Sous le joug du Croissant, Juifs en terre d’Islam, n’hésite pas à parler de «  asfal el asfilin  », le plus bas parmi les plus bas !

 

Cette attitude envers le Juif et envers le Chrétien, fait partie des mœurs du monde de l’islam et perdure encore de nos jours. Peut-on occulter les qualificatifs utilisés par les prédicateurs des diverses mosquées, dont les prêches sont retransmis régulièrement sur les écrans de télévision du Qatar, de l’Arabie saoudite, du Yémen, de l’Autorité palestinienne, etc... : « fils de singes, ou de porcs ! » Peut-on oublier les innombrables appels au djihad, aussi bien contre les Juifs que contre les « croisés », les Chrétiens ?

 

A propos des Croisades, le monde musulman s’indigne et exige une repentance de l’Europe venue délivrer le tombeau du Christ. Mais que penser alors de ces hordes, déferlant au huitième siècle, à la conquête de l’Europe. L’Espagne qui fut musulmane quelques siècles, la France conquise jusqu’à Poitiers, les côtes françaises et italiennes, la Sicile, la Sardaigne qui conserventcertains pays de l’Est ravagés par  les Ottomans ? Et je n’évoque même pas le Proche-Orient et le Moyen-Orient, le Maghreb et le Machrek . Des populations entières passées par le fil de l’épée.  N’étaient-ce pas aussi des croisades ? Où est la repentance ?

 

Un de mes amis, Masri Feki, affirme parlant de l’Egypte : « La constitution égyptienne parle de liberté de religion, certes, mais de quelle religion ? En réalité, la liberté religieuse est conçue dans la constitution égyptienne comme une liberté à sens unique : liberté d’adhérer à l’islam, mais interdiction de revenir en arrière. L’apostasie est intolérable et a des conséquences gravissimes pour l’apostat : celui-ci est séparé de son conjoint, ses enfants lui sont retirés, sa succession est ouverte, il perd son emploi et risque aussi de perdre la vie… Non satisfaits de ces sanctions qu’ils considèrent trop laxistes, les milieux islamistes exigent que l’apostasie soit sanctionnée conformément à la règle islamique par la peine de mort. Ainsi, au mois de mai 1977, la revue Al-I’tissam du Caire a publié le texte d’un projet pénal présenté au parlement par Al-Azhar, projet qui prévoit la peine de mort contre l’apostat (art. 33). Cette même peine est prévue par l’article 178 du projet de code pénal islamique, préparé par une commission parlementaire égyptienne et approuvé par Al-Azhar ».

 

Le modèle constitutionnel des Frères musulmansaffirme : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion » (art. 88). Cette liberté cependant, ne pourra, « en aucun cas, s'exercer contrairement à la lettre et à l'esprit [des préceptes] de l'Islam  » (art. 94).

Le Modèle constitutionnel de l'Azhar garantit la liberté religieuse, mais dit : « dans les limites de la loi islamique » art. 29). Il prévoit l'application de la peine de mort contre l'apostat (art. 71).


Le Modèle constitutionnel de l'Azhar renvoie à la loi pour déterminer qui a le droit de participer à l'élection de l'imam, chef de l'État (art. 46). Celui-ci cependant doit être Musulman (art. 47). Il renvoie également à la loi quant aux conditions pour être élu parlementaire (art. 85); celui-ci doit faire le serment suivant :
"Je jure par le Dieu suprême de lui obéir et d'obéir à son Messager (Mahomet)" (art.87). Ce même serment est exigé du ministre (art. 131). Ce qui implique la foi musulmane. »

 

Nous n’évoquerons pas ici le kafer, celui qui n’est pas fils du Livre mais l’incroyant, le mécréant, le païen, dont le châtiment est la mort s’il refuse d’embrasser l’islam. Est considéré aussi kafer celui qui nie un principe essentiel de l’islam.


Masri Feki, affirme encore : « Pour retourner au Coran, en effet le livre précise explicitement que les Juifs et les Chrétiens sont des « kofar » bien que "ahl kitab" et leur élimination physique aprèsleur refus de rejoindre la "communauté des croyants" (musulmans) n'est pas interdite bien qu'elle ne soit pas recommandée. Elle est autorisée en revanche si les "ahl kitab" représentent une me-nace à l'homogénéité de la société, à la sécurité nationale, à l'indivisibilité territoriale, à l'unité populaire etc, un exemple étant le Soudan où les tribus chrétiennes se font massacrer depuis des années dans l’indifférence générale. »

 

Un intellectuel marocain n’hésite pas à déclarer :  « ... La pire insulte qu’un Marocain puisse faire à un autre, c’est le traiter de Juif  »… (Saïd Ghallab, Les Juifs sont en enfer, cité par David Littman et Bat Ye’Or dans Peuples Protégés en terre d’islam, éditions du Centre d’information et de Documentation sur le Moyen-Orient, Genève, 1977).

 

Quant à nous, nous affirmons, avec force, que la co-existence « pacifique » entre Juifs et Musulmans n’est qu’une fable, un leurre. Elle n’a existé, partiellement, que durant les protectorats, rarement avant. Nous avons lu ce qu’Albert Memmi écrivait en 1974.

 

David Littman et Bat Ye’Or, dans leur étude déjà citée : « Peuples protégés en terre d’islam », donnent la parole à l’islamologue Bernard Lewis,

«  L’âge d’or des droits égaux était un mythe, et le fait d’y croire a été, plutôt que la cause, le résultat de la sympathie des Juifs pour l’islam. Ce mythe aété inventé au dix-neuvième siècle par les Juifs pour en faire un reproche envers les Chrétiens – et repris par les Musulmans en notre temps comme reproche envers les Juifs…»

 

Les Européens voyageant en Orient au temps du libéralisme et de l’émancipation déplorent presque unanimement la situation précaire et avilie des Juifs dans les pays musulmans et les dangers et les humiliations auxquels ils sont soumis. Les savants juifs, connaissant l’histoire de l’islam et la situation habituelle en pays islamique, ne peuvent avoir aucune illusion à ce propos. Armin Vambery (1832-1913), philologue et voyageur hongrois, ne dit-il pas, sans ambiguïté : « Je ne sais rien de plus misérable, impuissant et pitoyable sur la terre de Dieu que le « jahudi » dans ces pays…» (Bernard Lewis, The Pro-Islamic Jews, dans Judaism, vol. 17, N° 4, New York 1968, mentionné dans Peuples protégés en terre d’islam, déjà cité).

 

Des séries télévisées égyptienne et syrienne, avec pour toile de fond le pamphlet des « Protocoles des Sages de Sion », sont diffusées durant le mois de Ramadan, à une heure de très large écoute. Le 25 janvier 2004, le Premier ministre français, Jean-Pierre Raffarin, montrait à ses ministres, dans son bureau de Matignon, des scènes d’une chaîne arabe captée en France  (l’Express du 2 février 2004) : « des yeux que l'on crève, une femme adultère persécutée par une assemblée exclusivement masculine de Juifs », une prostituée malade quientend inoculer son virus à sa « clientèle » non-juive (Al Manar). Ces images, vues dans bon nombre de foyers du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord et, à travers de la parabole en Europe, véhiculent le poison de la haine du Juif.

Des accusations de meurtre rituel sont également propagées. Le livre de Mustapha Tlass, ministre de la Défense syrien, «  La Matza de Sion  » en est à sa huitième réédition. Dans le journal saoudien, Al Riyad, le dr. Umayna Ahmed Al-Jalahma, profes-seur d’études islamiques et conférencière à l’Uni-versité du roi Faysal à Al-Damman, donnait, le 10 mars 2002, une nouvelle version de ce crime rituel: « le sang d’adolescents non-juifs est utilisé comme ingrédient spécial pour faire les gâteaux de Pourim ».

Toutefois, à la suite du tollé occasionné (et de l’éditorial américain officiel lu au micro de « The Voice of America », appelant l’Arabie saoudite et les nations arabes à «…empêcher les journaux, la radio et les stations télévisées… d’inciter à la haine et à la violence contre les Juifs », texte repris le 19 mars 2002 par l’Agence France Presse) le directeur d’Al Riyad, Turki Al-Soudairi quali-fiait l’article : « Des incitations à l’agressivité » mais atténuait tout de même ses propos : « Je me suis référé à l’article et ai pu constater qu’il n’aurait pas dû être publié, vu qu’il ne se base pas sur des faits historiques et scientifiques, et qu’il entre en contradiction avec les rituels de toutes les religions connues du monde, y compris l’hindou-isme et le bouddhisme.

L’information comprise dans cet article s’apparente aux bêtises qui paraissent constamment dans la presse à scandales, et dont il est permis de douter ». C’est nous qui le soulignons.

Umayma Al-Jalahma continue l’absurde.

Le 9 avril 2003, elle affirme, lors d’une conférence au « Centre Zayed pour la coordination et le suivi » de la Ligue Arabe, que la date de la guerre des Etats-Unis contre l’Irak avait été prévue pour coïncider avec la fête de Pourim. (Ajoutons que le 27 août 2003, décidée par le président des Emirats arabes unis, le cheikh Zayed Ben Sultan Al Nahyan, la fermeture du Centre a été rendue officielle.

Amr Moussa, Secrétaire général de la Ligue arabe, a ajouté que cette dernière rejetait toutes les accusations portées contre le Centre, qui, a-t-il assuré, étaient le fait des médias américains et israéliens.)

 

Dans un article du 19 juillet 2003 dans le quotidien Al-Watan intitulé « Le scénario de l’Agence juive se répète », Al-Jalama persévère « Les Juifs considèrent l'Irak comme faisant partie du Grand Israël »

 

Epinglons également la réponse qu’elle apporte à sa contribution du 5 octobre 2008 dans El-Watan  « Qui se trouve derrière la crise américaine ? »    « Les Rothschild écrit-elle, sont derrière la crise ».