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Frieda Rahmani née Goldstein, Cape Town

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Los Muestros
Au revoir, Frieda

Mon premier souvenir d’elle remonte à 1950. J’avais six ans. Nous avions été les voir à Port-Saïd, à l’embouchure du Canal de Suez. Elle débarquait du bateau qui l’emmenait, avec Emile, mon oncle, en voyage de noces en France ou alors, la lune de miel terminée, le couple se rendait au Congo en faisant escale en Egypte. Elle était blonde, elle était belle, elle irradiait de lumière.

Tout m’avait conquis : elle, si belle, son mari, le délicieux Emile toujours le sourire aux lèvres, benjamin des Rahmani, fils plutôt que frère à Papa, et … la porte tambour de l’hôtel !

Emile et Frieda s’étaient connus au Caire où ses parents, Herman et Lilly Goldstein, s’étaient réfugiés. Nous avions été leur rendre visite en 1956, avant de quitter pour le Congo. L’appartement, un peu vieillot, regorgeait de souvenirs : deux photos, une du Kaiser en grand uniforme, et la sienne avec le casque à pointe des soldats allemands. Trônant sur une table basse, l’éclat de schrapnel qui l’avait mutilé durant la Première Guerre mondiale et un instantané de lui, en gymnaste. Etait-il de la sélection allemande d’avant-guerre ?

J’ai retrouvé Frieda à Lubumbashi, maman de deux adorables fillettes, Martine et Danièle, toujours aussi charmantes, d’ailleurs. Frieda nous démontrait beaucoup d’affection et vouait, une grande amitié à ma mère. Je crois bien que ce soit elle qui soit venue me réveiller, ce funeste 4 janvier 1959, pour m’annoncer que Maman était partie…

Je l’ai revue en 1963, à Johannesburg où ils s’étaient installés après l’exode du Congo. Nous avions été dans un cinéma qui passait « Marnie »… J’ai été le lendemain, avec mes petites cousines, voir « My Fair Lady » (je l’ai vu quatre fois en une semaine : avec elles et ensuite avec chacune de mes trois autres cousines de Cape Town). J’ai passé quelques jours splendides avec eux, sa sœur Aïda et son époux Maurice Mandelman, couple plein d’affection et de chaleur, eux aussi du Caire.

Puis Aïda est partie, Maurice aussi. Emile, le gentil et doux Emile, ami, grand frère et non oncle, nous as laissés à son tour, le 23 octobre 1988. Frieda était devenue l’ombre d’elle-même. Chaque fois que je l’appelais, elle s’inquiétait de ma santé, ne se plaignait pas de la sienne, défaillante, mais pleurait : Il {Emile} me manque tellement.

Le jour de la haskara de son époux, le 16 novembre 2005, elle s’est éteinte comme si le cher, le doux Emile était finalement venu la délivrer et s’unir à nouveau à elle pour l’éternité.

Au-revoir Frieda, je t’aimais. Repose paisiblement.

Ton neveu,

Moïse

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