Ce fut une belle fête, d'une ampleur tout à fait imprévue
que celle qui suivit l'inauguration officielle du Musée par deux
ministres et me aire d'Athènes autour des membres responsables du
bureau.
Alors que nous étions une trentaine au Musée, officiels grecs et européens, journalistes, photographes, bienfaiteurs américains, nous nous sommes retrouvés un millier dans la salle de réception d'un grand hôtel de la ville, dont plusieurs centaines n'ont pas pu pénétrer dans la salle de conférence et ont suivi sur un écran dans une autre salle. Tout ceci dans une bonne atmosphère oecuménique et conviviale.
Quand au musée, situé en plein centre de la cité, tout près du Parlement, à côté d'autres musées d'ailleurs, il résulte de l'aménagement judicieux d'un élégant petit immeuble de la fin du XIX ème siècle, totalement reconstruit à l'intérieur en sept niveaux successifs (plus les réserves et le laboratoire photographique en cave),autour d'un puits de lumière. L'ensemble donne à penser au fameux musée Gugenheim de New York, mais en modèle réduit, parfaitement intime, élégant et de bon goût. Par contre, la visite logique et chronologique s'effectue ici du bas vers le haut et l'on a le sentiment agréable de monter vers la lumière.
Deux mille trois cents ans de présence juive en Grèce sont expliqués, et autant que possible illustrés par des objets, des fragments de pierre tombales etc. Le rez-de-chaussée est occupé par quelques éléments mobiliers sauvés de la synagogue romaniote de Patras. Les niveaux suivants sont thématique, en vitrines bien éclairées et documentées : le costume, les objets du culte, les objets typiquement romaniotes ou sépharades, bijoux et textiles. Les usuels. Les fêtes familiales. De beaux livres post médiévaux. Les juifs dans la nation en guerre. Une vitrine sur le Choah - si cruelle en Grèce : 87% de la population juive exterminée - Au total plus de 2500 pièces authentiques exposées. Les salles proches du sommet sont consacrées à des expositions temporaires : Rhodes pour le moment, puis à un accrochage de tableaux contempor ns et, tout au sommet, une fort avenant salle de lecture avec, déjà, nombre de livres, et des périodiques classés, dans un endroit bien éclairé où l'on a envie de s?asseoir.
Il s'agit d'une très belle réalisation due à l'obstination des membres responsables de son bureau, menés, impulsés, par Sam Benrubi, avec l'aide déterminante de deux Associations d'Amis du Musée, une en Grèce et une aux U.S.A. Mais ils ?agit bien d'une réussite collective à laquelle bien d'autres personnes ont participé, qu'il n'est pas possible de nommer toutes. Le gouvernement grec a, par une large subvention, assumé une grande partie des frais.
La gestion actuelle est assurée par Zanet Battinou, dont la compétence et le dévouement sont notoires ?
Une étape plaisante et obligée lors de votre prochain passage en Grèce.