De quelques livres...

Trois livres et un essai ont particulièrement retenu mon attention ces derniers jours. Trois oeuvres de mémoire, trois témoignages d'hommes au destin exceptionnel quoique complètement différents.

L'un est un combattant, un homme aux convictions solides, un homme épris de liberté et qui s'est battu pour elle. Dov Liebermann est à Barcelone, pour les jeux olympiades ouvrières en juillet 1936. La guerre civile éclate et Dov Liebermann harange la foule à Barcelone. Pour la première fois depuis l'Expulsion des Juifs d'Espagne en 1492, un juif parle officiellement....

20 % des combattants qui se battent contre la peste brune sont Juifs. 7000 Juifs portent les armes contre le fascisme.

A leur mémoire, à tous ceux qui sont tombés pour la liberté, Dov Liebermann fait ériger un monument à Montjuic, au dessus de Barcelone.Dov nous a quitté il y a deux ans. Son souvenir reste vivace et, grâce à Henri Liebermann, notre ami qui a édité le livre de son père, il reste encore proche et parmi nous. Le titre, tout simplement Dov, mémoires de Dov Liebermann.

Dans un autre registre, une figure connue de la dispaora rhodeslie, Vittorio Alhadeff, un des héritiers de la banque du même nom, nous livre, dans le Chêne de Rhodes, La Saga d'une grande famille sépharade, ses récits, ses mémoires. Comme le dit notre ami Jean Carasso à qui on doit la préface : « ce qui frappe c'est l'étendue » En effet. L'étendue géographique d'abord : Rhodes, L'Italie, l'Argentine? L'étendue historique ensuite : Vittorio à 94 ans (ad mea ve esrin) et c'est presque un siècle qu'il déroule sous nos yeux. L'étendue intellectuelle enfin. L'auteur, banquier, homme d'affaires, est un fin lettré et on le sent à chaque page, à chaque ligne.

Devoir de mémoire car nos amis originaires de l'île de Rhodes se souviennent à émotion de leur jeunesse que Vittorio nous rappelle. Beaucoup d'entre eux ont travaillé pour cette banque et ceci éveillera encore d'autres souvenirs. Un regret cependant, Vittorio, à plusieurs décennies de distance, ne semble pas avoir oublié quelques incidents avec des parents. Il ne le cache pas et en profite pour régler quelques anciens comptes. Cela aussi c'est la vie...

Buby Schieber est une figure connue des mileux juifs en général, viennois en particulier. Homme élégant, au charme désuet de l'empire austro-hongrois, d'une noblesse de sentiments comme on n'en fait plus guère, originaire de Roumanie, il vient d'éditer une monumentale histoire de la déportation des Juifs roumains dans les camps de Kimpolung-Bukowina. Buby Schieber a le mérite d'en avoir égalemrent fait le résumé, en allemand, de ces deux tomes. Ouvrage de piété filiale en même temps que somme de connaissance de l'anéantissement d'une des communautés d'avant guère les plus importantes d'Europe (plus d'un million de Juifs peuplaient la Roumanie avant la Seconde Guerre Mondiale..). Merci à Buby Schieber d'avoir tiré de l'oubli ces noms et ces visages.

Notre ami José Saraiva de Lisbonne, homme charmant et serviable, nous adresse un remarquable petit livre : « Consalacao às tibulacoes de Israel » « Consolations aux tribulations d'Israel » de Samuel Usque. Il l'a adapté de l'espagnol et du portugais en portugais moderne et, homme de grande érudition, l'a annoté. Ce lire d'une quarantaine de pages, a été édité par la Chambre de Commerce de Lisbonne.

Pour nos amis lusitains et brésiliens (ainsi qu'à tous ceux qui maîtrisent cette langue), un ouvrage à posséder.

 

Moïse Rahmani
 
 
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