Les Patronymes juifs...

Comme chacun le sait, certains patronymes juifs dérivent de lieux d'origine ou de résidence Soriano (de Soria, Espagne) , Berliner (de Berlin), de métiers, Attar (le parfumeur), Schneider (le tailleur), ou d'origine biblique, Menaché ( de Manasseh), Israel, Lévi. D'autres sont des surnoms se basant soit sur des caractéristiques physiques, Jafé ( de yoffé -beau- de l'hébreu), Tarica, (d'Al Tarek - fort - de l'arabe-), ou morales, Hassid, Rahamim, Habib.

En association avec Beth Hatefutsoth et des cercles généalogiques, nous analyserons régulièrement certains noms de famille. Le Beth Hatfutsoth dispose d'une banque de données patronymiques importante. Nous ne sommes pas généalogistes et cette contribution, bien modeste, est un petit clin d'oeil complice envers eux. Ceux que le sujet intéresse pourront avec succès interroger le Cercle de Généalogie Juive au Musée Juif de Belgique, avenue de Stalingrad N° 74, à 1000 Bruxelles. Notre ami Daniel Dratwa, son excellent Conservateur, consacre son reliquat de temps libre à ce Cercle. Nous sommes certain qu'il se fera un plaisir d'être beaucoup plus détaillé et scientifique que nous ne le serons jamais.

Les premiers juifs qui s'installent en Espagne, du temps des Romains, portent des noms grecs, latins ou hébreux. Au début du VIII ème siècle, quand l'Espagne est conquise par les Arabes, beaucoup de Juifs adoptent des noms arabes tout en, conservant leur patronymes hébreu, ce qui donne une combinaison de noms d'arabe et d'hébreu. Après le X ème siècle, lors de la Reconquista, cette combinaison de noms arabes et hébreux était toujours d'actualité et ne changea pas jusqu'à l'Inquisition du XVI ème siècle. Certains Juifs changèrent leurs noms lorsque certains, convertis de force, adoptèrent des patronymes chrétiens.

 
HAZAN / HASSAN / HASSON

Un bon nombre de patronymes juifs se refèrent à une fonction communautaire : nous trouvons ainsi des Gaon (des Gaonim de Baghdad et de Vilna), des Rabi (de Rabbin), des Sacerdoti (de Cohen), des Gabay etc? Nous nous sommes intéressés aux Hazan.

Le Hazan est le ministre officiant de la Synagogue. Il fait les prières, assiste (ou) remplave le rabbin.

Le patronyme Hazan (Hazzan) et sa variante Hasan (Hassan), Hason, Hacen est répandu dans nos communautés.

On retrouve des Hasan et des Hussein au X ème siècle à Baghdad. Des Hassan sont enregistrés à Cordoue, en Espagne à la même période. Au XI ème siècle nous retraçons des Hazzan à Speyer, en Allemagne, et des Hasan au Yémen. Il y a des Hacen en Espagne au XIII ème siècle et des archives font état de Hason en Turquie et des Hazzan en Volynie au XVI ème.

Les variantes des pays de l'Est sont généralement des Chazan et des Chasen. La variante allemande est Chahsen et Chassen et nous avons même un diminutif italien Chasanetto qui leur est très proche.

La capitale de la république Tatare en ex-URSS s'appelle Kazan. Mais, comme nom de famille, ce patronyme s'apparente au groupe patronymique Hazan/Hasan.

Parmi les Hazzan célèbres, mentionnant l'écrivain d'origine turque Israel Moshé ben Eliezer Hazzan (1808-1863) qui fut rabbin de Rome, de Corfou et d'Alexandrie et citons quelques Hasson célèbres contemporrains : Avraham Hasson, haut fonctionnaire israélien d'origine chilienne, et Yaacob Hasson, professeur péruvien né au Chili et sans oublier les Hasson de Rhodes qui ont contribué au développement économique du Congo et du Ruanda-Burundi des années 30 à nos jours.

 

GALANTE

Le nom Galante est d'origine espagnole et trouve ses racines chez un certain Mordecai Angelo, dénommé par la noblesse romaine " Galant Uomo ", galant homme pour sa prestance et ses qualités.

Au XVII ème siècle des membres de la famille Galante quittent l'Espagne et s'installent en Israel et dans l'Empire Ottoman.
 

MARCOS

A l'époque talmudique (les cinq premiers siècles de l'époque commune), quand Rome conquit le Proche-Orient, beaucoup de Juifs adoptèrent le nom de Marcus (qui appartient à Mars, le dieu romain de la guerre) ou celui de Markah. Suivant la légende, il était interdit aux juifs de porter le nom de Moshé. Markah, suivant la guématria, à la même valeur numérique que Moshé et est la forme araméenne de Marcus.

Markah, qui écrivait en araméen, est le nom d'un fameux poète samaritain du IV ème siècle, surnommé "la Fontaine de Sagesse". Dans la Diaspora, Marcus (et ses diverses variantes), avant de devenir patronyme, était fréquemment utilisé comme "kinnuim "

(nom  laïc) en lieu et place de Moshé, Mordechai, Manassé et Ménahem.

La forme française abrégée, Marc, se retrouve au XIII ème siècle à Paris et la forme originale, Marcus, au XVI ème au Maroc.

Au XVII ème nous trouvons des Marculis à Prague (en Bohème), des Markwitz en Pologne et en Allemagne alors que le diminituf Marcello se retrouve en Italie. En Europe de l'Est, la racine du nom se combine avec un suffixe slave (qui indique descendant par les mâles) OV - ITZ - ICH - ICI et d'autres. Nous retrouvons alors des variantes allemandes telles que Markhof (qui peut aussi être un patronyme russe germanifié?), Markwald et Markheim (patronymes qui appartiennent également à la catégorie des noms de familles dérivés de lieux géographiques). En France Markus devient Marcel et en Roumanie, Marcu. Il existe d'autres variations qui ne correspondent pas toujours aux pays dans lesquels on les retrouve. Cela va, par exemple de Marks/Marxs à Marcous/Markusz.

 Le patronyme Markus a servi dans la formation d'un titre nobiliaire français, Marquis.

 

 

 

Retour au sommaire



- Copyright © 1998 Moïse Rahmani <mrahmani.ise@skynet.be> -