LES SIDROT DU MOIS

Chabbat Ki Tetsé : 5 septembre 1998.

La Sidra présente un ensemble complexe de lois relatives à la vie sociale et familiale, en mettant, en tout premier lieu, l'accent sur les problèmes liés aux gains et butins tirés de la guerre. Après avoir attiré notre attention sur la difficulté des relations familiales entre un homme et une femme, ainsi qu'entre parents en enfants, le texte de la Sidra aborde les sujets des droits du premier-né, des indemnités, des gains illicites, de la conversion, du divorce et du lévirat.

Un Commentaire:

Le refus d'une obéissance aveugle à la Tora : L'un des passages de la Sidra de cette semaine traite du problème des relations parfois très conflictuelles entre un enfant et ses parents. Selon la Tora, un fils rebelle, sourd aux réprimandes de ses parents, peut, sous certaines condition, être lapidé et mis à mort! Heureusement, les Rabbins ont toujours su faire en sorte que cette loi ne soit jamais mise en application. De plus, dans la tradition talmudique, cette loi ne doit jamais être appliquée. Quel est alors le sens d'une loi qui ne doit jamais être mise en application ? A cette question, notre tradition répond qu'une telle loi se justifie par l'enseignement que nous en tirons, en comprenant notamment que ce que la Tora nous demande, c'est de ne jamais perdre notre sens critique et notre bon sens, et de ne pas suivre aveuglément les lois, même les lois de la Tora.

Haftara: Isaïe 54 :1-10

La Haftara de ce Chabbat, la cinquième des sept Haftaroth de consolation, est tirée du prophète Isaïe. Comparé à une femme abandonnée et divorcée, Isaïe conforte le peuple, en leur rappelant que le jour viendra où Dieu « reprendra » Israël pour épouse, et sortira la Nation de son exil et de sa souffrance.

Chabbat Ki Tavo : 12 septembre 1998.

Moïse anticipe l'arrivée des Hébreux au pays. Le premier enseignement qui ressort du texte, c'est que le pays n'est pas un dû. Il n'est pas une matrie ou une patrie que l'on possède par droit et sur lequel on a des droits. C'est un don conditionnel et lié à ce que l'on en fera. Pour souligner cela, l'arrivant fera une déclaration en déposant un panier de sa première moisson au pieds du cohen. Il devait rappeler son origine peu glorieuse, l'écrasante servitude imposée par l'Egypte, le prodige de la libération, la grâce du pays accordé par D. et se réjouir de sa première moisson avec le prêtre, l'étranger, l'aveugle et l'orphelin. Après avoir réglé ses dîmes, il devait confirmer n'avoir rien consommé de ce qui ne lui était pas dû. Puis, comme dans un psychodrame, Moïse demande au peuple de rappeler à haute voix les fautes graves que les hommes commettent en cachette. Suivent quelques versets pour dire la force que donnerait à Israël la réalisation de la Loi et la bénédiction qui en découlerait. La sidra se clôture sur un long chapitre, cinquante trois versets de malédictions, plus terrifiantes les unes que les autres. Israël, écrasé par la barbarie des nations, s'il ne met pas en vigueur les préceptes de la Loi. Terrible prémonition, quand on considère l'histoire du peuple juif.

Un Commentaire:

Les dangers d'une satisfaction absolue : La Sidra de ce Chabbat s'ouvre par le rappel de la première loi que les enfants d'Israël devront respecter, une fois arrivés dans le pays. Nous apprenons ainsi que les fruits de la première moisson devront être offerts au temple et aux prêtres. En se conformant à cette prescription, le peuple juif fait l'expérience, dans sa propre vie, d'un « manque à gagner », ou d'une « frustration » qui vient contrebalancer l'effet de satisfaction absolue que provoque l'arrivée en terre promise. La Tora nous met ainsi en garde contre les dangers inhérents à une situation de « satisfaction absolue », en nous rappelant qu'une certaine dose de « frustration » est nécessaire au bon fonctionnement des hommes et de la société.

Haftara: Isaïe 60 : 1-22

La Haftara de ce Chabbat, la sixième des sept Haftaroth de consolation, est tirée du prophète Isaïe. Alors que l'époque de l'exil est comparée aux ténèbres, Isaïe console son peuple en leur rappelant que le délivrance de Dieu sera claire et resplendissante comme le jour.

Chabbat Nitsavim : 19 septembre 1998.

Dans la Sidra de ce Chabbat, Moïse place littéralement le peuple « au pied du mur ». Il leur rappelle que c'est à eux que la Torah a été donnée, et qu'en tant qu'hommes, ils ont le choix de leurs actions, et peuvent donc décider de choisir le bien et la vie, ou la mal et la mort. C'est l'option de la bénédiction ou de la malédiction que Moïse met devant les enfants d'Israël.

Un Commentaire:

Un choix pour « aujourd'hui » : Cette dernière Sidra que nous lisons avant Roch Hachanah, vient poser les fondements de la notion de « responsabilité humaine » dans l'histoire. Moïse, en s'adressant au peuple, nous rappelle que nous portons en nous le pouvoir de choisir notre chemin dans la vie. C'est à nous de décider de la façon dont nous souhaitons nous comporter, ainsi que des actions que nous désirons entreprendre. Comme le dit le texte, c'est « aujourd'hui », et non pas dans un avenir toujours reporté, qu'un tel choix doit être fait. C'est à quelques jours du début de cette nouvelle année, au moment précis où nous réfléchissons sur les objectifs que nous chercherons à atteindre durant l'année, que nous devons prendre conscience de cette responsabilité.

Haftara: Isaïe 61 : 10- 63 :9

La Haftara de ce Chabbat est la dernière des sept Haftaroth de consolation. Tirée du prophète Isaïe, le prophète console le peuple en leur faisant comprendre que plus jamais Israël ne s'appellera « délaissée » ou « solitude », mais bien plutôt « celle que J'aime » et « l'épousée ».

Chabbat Vayelekh - Chouva: 26 septembre 1998.

Moïse convoque le peuple pour lui annoncer sa mort prochaine. Agé de 120 ans, il ne passera pas le Jourdain et mourra seul dans les montagnes. Ainsi en avait décidé Dieu lorsque Moïse avait fauté en frappant le roché au lieu de lui parlé pour en faire jaillir de l'eau. Devant l'ensemble des enfants d'Israël, Josué est introduit comme successeur « officiel » de Moïse. C'est lui que devra compléter la tâche et conduire le peuple dans la terre de Canaan. Mais avant de mourir Dieu s'adresse de nouveau à Moïse. Il lui montre son peuple qui tombe dans la débauche et dans la dégradation. Moïse met alors en garde les Israélites contre toutes formes de désobéissance et de retour à l'idolâtrie, tout en sachant que celle-ci se produira.

Un commentaire:

Une ‘débauche' prévisible : L'un des thèmes essentiels de cette Sidra se rapporte à la vision de la ‘débauche' du peuple que Dieu fait entrevoir à Moïse. D'une certaine façon, cette dégradation de l'état moral du peuple est prévisible et compréhensible. Confrontés à la vie réelle, aux problèmes du quotidien, les enfants d'Israël vont se retrouver face à des situations complexes ou la tentation de transgresser sera plus forte que la volonté de rester fidèle aux enseignements de la Tora. Dans certain cas, les enfants d'Israël transgresseront et chercheront à s'assimiler aux us et coutumes des autres nations. Dans d'autres, ils trouveront la force de préserver leur identité et de maintenir les impératifs moraux du Judaïsme. Ainsi, si la ‘débauche' est prévisible, la repentance du peuple l'est aussi.

Haftara: Osée 14 :2-10 ; Michée 7 :18-20 ; Joël 2 :15-27

La Haftara de ce Chabbat se rapporte au thème de Chabbat Chouva ; le repentir. Le prophète Osée rappelle à Israël la nécessité du repentir et nous invite à ouvrir nos cœur pour permettre à la parole de Dieu d'atteindre ce qu'il y a de meilleur en nous et de nous. Puis Michée vient rassurer le peuple en affirmant que le Dieu d'Israël saura pardonner à ses enfants leurs fautes. Un message repris avec force par les quelques versets du prophète Joël.


Nous remercions le Rabbin David Meyer d'avoir trouvé le temps pour étoffer ses commentaires de la Sidra de la semaine en y ajoutant ceux de la Haftara.

Nous espérons que ceci incitera nos lecteurs à approfondir la lecture des nos livres et à fréquenter les offices religieux. Ils y découvriront des richesses dont ils ne soupçonnent aucunement l'étendue. Le rabbin, de quelque communauté qu'elle soit, explique, généralement la veille, donc le vendredi soir, la péricope (sidra) qu'il lira le lendemain matin, lecture qui sera suivie par celle de la Haftara. Elles sont également commentées à la fin de l'office du Shabbat.

La Rédaction

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