Synagogue Beth Hillel
Communauté Libérale de Belgique
Lecture de la Tora: Genèse 47 :28 à 50 :26 (fin du livre de la Genèse)
Lecture de la Haftara: I Rois 2 :1 à 2 :12
Résumé de la Sidra:
Quelques temps après avoir retrouvé son fils en Egypte, Jacob se prépare à mourir. Il demande à ses fils de ne pas laisser sa dépouille sur le sol d'Egypte, mais de la transporter dans la grotte de Makhpela, où sont enterrés ses ancêtres. Il bénit ensuite les deux fils de Joseph, puis communique à ses douze fils des paroles visionnaires de bénédiction. Une fois cette démarche achevée, Jacob s'éteint. Peu de temps après, c'est Joseph qui meurt à son tour à l'âge de 110 ans. Le moment venu, ses ossements seront transportés en Israël et enterrés dans la terre que Dieu à promise au peuple.
Commentaire:
La mort de Jacob et de Joseph : un enseignement pour la vie: Le texte de la Sidra de ce Chabbat contient l'épisode de la mort de Jacob puis, quelques versets plus loin, celui de la mort de Joseph. Comme nous l'enseigne la Tora, Jacob meurt à l'âge de 147 ans. Suite à cet événement, Joseph vit encore pendant 56 ans avant de s'éteindre lui aussi à l'âge de 110 ans. Mais, comme le font remarquer certains commentateurs, seulement
26 versets séparent ces deux morts. 26 versets dans lesquels rien ne se passe, peut-être pour nous enseigner que la vie de Joseph s'était arrêtée avec le décès de son père. C'est contre cette tendance naturelle de la nature humaine que la tradition juive nous met en garde. Malgré le deuil, la tristesse et la souffrance, nous devons continuer à choisir le chemin de la vie, et refuser l'attitude de Joseph qui se laisse sombrer dans le désespoir et finalement dans la mort.
Haftara:
La Haftara de ce Chabbat est tirée du premier livre des Rois. Tout comme Jacob qui, au moment de mourir, délivre un dernier message à ses enfants, David au moment de céder la place à son fils Salomon, lui fait ses dernières recommandations.
Lecture de la Tora: Exode 1 :1 à 6 :1
Lecture de la Haftara: Isaïe 27 :6 à 28 :13 et 29 :22-23
Résumé de la Sidra:
Le livre de l'Exode, deuxième livre de la Tora, s'ouvre par l'épisode de la dégradation rapide et terrifiante de la situation des enfants d'Israël en Egypte. Sous la conduite d'un nouveau Pharaon, les Hébreux deviennent des esclaves et une politique de génocide est mise sur pied. C'est dans ce contexte que Moïse, miraculeusement sauvé des eaux par la propre fille de Pharaon, prend progressivement conscience de son appartenance au peuple juif, et décide de passer à l'action en faveur de ses frères. Ainsi, pour ramener la justice, il est amené à tuer un égyptien qui frappait un juif. Poursuivi par les soldats du Pharaon, Moïse trouve refuge à Midyan, dans le désert.
C'est là, après plusieurs années, que Dieu lui ordonne de retourner en Egypte et d'intercéder auprès du Pharaon pour que celui-ci libère les enfants d'Israël.
Commentaire:
Les changements dramatiques de l'histoire: Dans cette première sidra du livre de l'Exode, nous apprenons qu'après avoir été reçu royalement par le Pharaon et intégré à la vie politique et économique de l'Egypte, les enfants d'Israël doivent rapidement faire face à la montée d'un sentiment de jalousie et de haine à leur encontre, qui se traduit par la tentative de génocide des enfants hébreux. Ce qui frappe le lecteur dans ce récit, c'est que ce changement dramatique est décrit dans la Tora par un seul verset : " Un roi nouveau s'éleva sur l'Egypte qui ne connaissait pas Joseph ". En un seul et unique verset, la Tora décrit ce changement radicale de la politique égyptienne à l'encontre du peuple juif. Un unique verset pour nous enseigner peut-être, qu'en tant que Juifs, notre situation dans l'histoire a toujours été des plus fragiles. En un clin d'oeil, juste le temps qu'il faut pour lire ce verset, le situation du notre peuple peut changer radicalement, et de l'acceptation passer à la tentative d'annihilation.
Haftara:
La Haftara de ce Chabbat est tirée du premier livre d'Isaïe. Tout comme dans la Sidra, le prophète traite des années d'exil et d'esclavage que le peuple d'Israël devra endurer avant de pouvoir atteindre la liberté et la délivrance.
Lecture de la Tora: Exode 6 :2 à 9 :35
Lecture de la Haftara: Ezéchiel 28 :25 à 29 :21
Résumé de la Sidra:
Suivant l'injonction divine, Moïse et son frère Aaron se présentent devant Pharaon et lui demandent de libérer les esclaves hébreux. Mais, malgré les miracles, le maître de l'Egypte s'obstine. C'est alors que les plaies s'abattent sur l'Egypte pour essayer de faire plier le Pharaon. Pourtant, après les plaies du sang, des grenouilles, de la vermine, des bêtes féroces, de la peste et de la grêle, le Pharaon persiste toujours dans son refus.
Commentaire:
Les limites du " libre arbitre ": Le passage des dix plaies d'Egypte ; bien qu'étant l'un des plus connus de toute la Tora, il présente cependant l'une des difficultés théologiques les plus persistantes de toute notre tradition. En effet, après avoir subi les premières plaies et refusé de laisser partir les enfants d'Israël, nous apprenons que Dieu endurcit le coeur de Pharaon, le faisant donc persister dans son refus de laisser partir les Hébreux. Cette endurcissement du coeur de Pharaon, voulu par Dieu, pose bien évidemment le problème de manque de " libre arbitre ". Si c'est Dieu qui endurcit le coeur de Pharaon, alors celui-ci ne peut être considéré comme responsable de ses actes, et la punition divine ne se justifie plus. Cette difficulté théologique trouve sa solution dans la notion dite de la " dynamique du mal ". Les fautes de Pharaon l'entraînent dans une spirale du mal et de la haine et dont la dynamique est telle qu'il en perd lui-même le contrôle. En cela, la Tora peut dire, à juste titre, que Pharaon ne dispose plus du libre arbitre, mais que la punition reste justifiée car Pharaon est puni pour ces premières instances où il a refusé aux enfants d'Israël la liberté ainsi que pour sa tentative de génocide.
Haftara:
La Haftara de ce Chabbat est tirée du prophète Ezéchiel. Tout comme Moïse fait pleuvoir les plaies sur l'Egypte, le prophète Ezéchiel prédit que de nouveau, l'Egypte sera frappée par Dieu pour avoir abandonné Israël lorsque celui-ci était dans le besoin.
Lecture de la Tora: Exode 10 :1 à 13 :16
Lecture de la Haftara: Jérémie 46 :13-28
Résumé de la Sidra:
Les plaies continuent de tomber sur l'Egypte. Après la grêle, ce sont les sauterelles, puis les ténèbres qui paralysent le pays et ses habitants pendant trois jours, et enfin l'annonce de la mort des premiers nés qui viendra porter un coup fatal au Pharaon et à ses sujets. A l'heure dite, Dieu frappe les premiers nés d'Egypte, et les enfants d'Israël commencent leur cheminement vers la liberté durant la nuit du 15 Nissan. Les Hébreux quittent le pays d'Egypte et s'avancent vers la Mer Rouge.
Commentaire:
Une mort que l'on ne peut justifier: La dernière des dix plaies d'Egypte frappe tous les premiers nés de l'Egypte. Pour les Rabbins, ce passage de la Tora demeure l'un des plus difficiles à justifier. Comment expliquer en effet cette tragédie qui frappe les Egyptiens et qui semble injustifiée ? A cours de raison, le Midrach nous enseigne que c'est au moment où Dieu vit que les Egyptiens emmuraient vivants les enfants juifs dans les structures des pyramides, qu'Il prit la décision de frapper ainsi les premiers nés de l'Egypte. Ainsi, sans véritablement justifier, la tradition rabbinique crée un parallèle entre ce qui frappe les enfants hébreux et ce qui arrive aux premiers nés de l'Egypte. En raisonnant de la sorte, les sages nous montrent la difficulté qu'ils ont à justifier l'action de Dieu, car si quelqu'un est coupable et mérite la punition, il s'agit de Pharaon et non pas des premiers nés. Plutôt que de justifier l'injustifiable, nos sages ont préféré garder leur distance et poser un grand point d'interrogation sur ce problème.
Haftara:
La Haftara de ce Chabbat est tirée du prophète Jérémie. Dans ce passage prophétique, l'Egypte de l'époque de Jérémie est comparée à celle de l'époque de Moïse, qui est frappée et abattue par Dieu pour les souffrances infligées aux enfants d'Israël. En refusant d'assister le royaume de Juda dans sa guerre contre les Babyloniens, le nouveau Pharaon commet un crime grave que Dieu lui fera payer.
Lecture de la Tora: Exode 13 :17 à 17 :16
Lecture de la Haftara: Juges 4 :4 à 5 :31
Résumé de la Sidra:
Peu de temps après la sortie d'Egypte, le peuple se trouve acculé à la mer, avec les armées égyptiennes à leur poursuite. Pris de peur, le peuple se révolte contre Moïse. C'est alors qu'un miracle se produit, et que, suite à l'intervention de Moïse auprès de Dieu, la mer s'écarte pour laisser passer les Hébreux. Les soldats du Pharaon qui, eux aussi, s'engagent au travers de la mer, sont rapidement engloutis par les eaux. Enfin sauvés, les enfants d'Israël entonnent un chant de grâce et de louange : c'est le " Chirat ha-Yam ". Mais les problèmes ne sont pas finis pour autant. Rapidement, l'eau manque et la nourriture aussi, ce qui de nouveau entraîne le peuple dans la révolte. Dieu fait alors descendre la " manne " afin de pourvoir aux besoins du peuple. Enfin, la colonne des Hébreux est attaquée par Amalec et sa tribu qui s'en prend d'abord aux plus faibles du peuple, mais qui finalement est défait par les Israélites.
Commentaire:
Moïse " force " Dieu à intervenir dans l'Histoire.: Le passage de la traversée " miraculeuse " de la mer est souvent considérée comme le paradigme de la providence divine pour son peuple. La réalité est en fait nettement plus complexe et intéressante. En effet, si Dieu intervient dans l'histoire pour sauver les enfants d'Israël des armées de Pharaon qui sont à leur poursuite, la tradition midrachique nous enseigne que cette intervention " miraculeuse " ne s'est fait qu'au moment où Moïse avait déjà pris l'initiative de s'avancer dans la mer afin de " forcer " Dieu à intervenir. Moïse n'a donc pas attendu de façon passive l'intervention de Dieu, mais par ses actes et par son sens des responsabilités, il a su forcer Dieu à faire un miracle qui, lui seul, était à même de sauver les Hébreux d'une mort certaine. Ainsi, dans le Judaïsme, le miracle ne se trouve qu'au bout du chemin, et ne se produit que si les hommes forcent Dieu à intervenir.
Haftara:
La Haftara de ce Chabbat est tirée du livre des Juges. Ce sont deux " chats " qui unissent cette semaine la Sidra à la Haftara. La section hebdomadaire de la Tora contient le texte dit du " Chirat Ha-Yam " dans lequel les enfants d'Israël chantent la gloire de l'Eternel qui les à fait sortir du pays d'Egypte. De façon similaire, le passage du livre des Juges contient un autre chant, celui de Déborah qui exalte le retour du peuple dans le droit chemin de l'observance des lois de la Tora.