Résumé de la Sidra:
Une fois la traversée du désert entamée, le peuple se retrouve sur les terres de Yitro, le beau- père de Moïse. Celui-ci reconnaît, dans la sortie d'Egypte, l'intervention du Dieu Unique et se joint donc à Moïse et à son peuple. Voyant comment Moïse administre à lui seul toute la justice, Yitro lui suggère de partager son pouvoir avec d'autres, afin de le décharger quelque peu. Après trois mois, le peuple arrive au pied du mont Sinaï, où Dieu s'apprête à donner les dix commandements. Après trois jours de préparation, le peuple assiste à la " révélation ", où, au milieu du tonnerre et des éclairs, la voix de Dieu se fait entendre.
Commentaire:
La remise en cause permanente de la justice : Alors que Moïse mène les enfants d'Israël dans le désert pour se diriger vers le mont Sinaï, nous apprenons que Yitro - le beau-père de Moïse et prêtre païen - se joint à la colonne des Hébreux au moment où ces derniers traversent la contrée de Midyan. De façon tout à fait surprenante Yitro, en observant Moïse rendre la justice au sein du peuple, prend l'initiative de le critiquer et lui suggère même l'établissement d'un nouveau système judiciaire. Cet épisode amène les Rabbins à essayer de comprendre comment, dans la Tora, un prêtre païen peut oser donner des leçons à Moïse. La réponse tient en fait à la nature très particulière de la justice dans la tradition juive. En effet, de nombreux Midrachim, ainsi que certains textes des prophètes, nous enseignent que la justice doit toujours rester un idéal à poursuivre et jamais un acquit que l'on croit posséder une fois pour toutes. Ainsi, même Moïse doit accepter de remettre en cause son propre système de justice et de considérer ce que son beau-père lui suggère. Comme l'enseigne le prophète Isaïe, " Tseddeq, Tseddeq Tirdof ", " la Justice, la Justice tu poursuivras ". Ainsi, ce n'est que dans la recherche et dans la remise en question permanente que la justice peut atteindre sa perfection.
Haftara:
Isaïe 6 :1 à 7: 6 et 9 :5-6
La Haftara de ce Chabbat est tirée du livre d'Isaïe. Complétant l'épisode de la révélation sur le Mont Sinaï et la promulgation des Dix Commandements, Isaïe met en garde le peuple contre les conséquences tragiques de l'abandon des lois de la Tora. Alors qu'Israël était appelé à construire le sanctuaire, le prophète rappelle aux enfants d'Israël que cette tâche sainte n'a de sens que si le comportement moral et éthique du peuple est, lui aussi, teinté de sainteté.
Résumé de la Sidra:
La révélation se concrétise par l'ordonnance des premières lois régissant le fonctionnement de la société juive. Ainsi, c'est dans cette Sidra que nous trouvons les commandements relatifs aux différentes conditions sociales, et plus particulièrement à celles des serviteurs et des servantes. Nous y apprenons ainsi quelle est la responsabilité morale et civile du maître envers ceux qui sont sous son toit. De même, nous apprenons quelles sont les règles relatives au vol, au prêt et à la défense des intérêts. Enfin, la Sidra se termine par le rappel des trois fêtes de pèlerinages, ainsi que par l'annonce de l'inscription des dix commandements sur les tables de pierre.
Dans le second Sefer, nous lisons un court passage extrait du chapitre 3O du livre de l'Exode, décrivant le demi-chekel que chacun devait lors du dénombrement. Cet argent était ensuite utilisé pour maintenir le service de la tente d'Assignation.
Commentaire:
L'égalité absolue de tous devant la Loi : parmi les nombreux détails de la loi dont nous entretient la Sidra de ce Chabbat, se trouvent les prescriptions relatives au meurtre. Ainsi, nous apprenons que celui qui tue un homme sera lui-même jugé par le tribunal et, si prouvé coupable, mis à mort. C'est dans ce contexte que nous pouvons lire le verset suivant : " de mon autel, tu le prendras pour le mettre à mort ". Cette phrase, qui lors d'une première lecture semble obscure, contient pourtant l'un des enseignements de base de toute la tradition juive. En effet, ce verset se réfère au cas du prêtre accusé de meurtre. Face à une telle situation, la Tora nous enseigne que sa situation religieuse et sociale ne doit en aucune façon intervenir quant à la mise en application de la justice et de la peine. Ainsi, même s'il se trouve dans le feu de l'action, en train d'offrir des sacrifices, le tribunal est en droit - et en devoir - de l'arrêter sur le champ, et de lui infliger sa peine. De la sorte, la Tora exprime ici l'idée selon laquelle, pour la tradition juive, il y a égalité absolue de tous les individus devant la loi, sans considération pour leur statut social, religieux ou politique.
Haftara:
II Rois 12-1-17
La Haftara de ce Chabbat est tirée du livre des Rois. Ce texte se rapporte à la section supplémentaire de la Tora que nous lisons ce Chabbat, et qui traite des problèmes de financements de la construction du Tabernacle dans le désert. Ainsi, le passage du livre des Rois nous relate les arrangements financiers mis en place à l'époque du roi Joas pour l'entretien et les réparations du Temple.
Résumé de la Sidra:
Après la révélation du Sinaï, Moïse transmet au peuple les ordonnances de Dieu. Ainsi, Dieu assigne aux enfants d'Israël un certain nombre de tâches qu'ils doivent effectuer pour le servir. Les premières tâches se rapportent à la construction du sanctuaire et des objets qui le constituent et où seront disposées les tables de la Loi. Le texte de la Tora nous en donne d'ailleurs de nombreux détails. Par des contributions volontaires et individuelles, c'est l'ensemble du peuple qui est appelé à participer à son édification. Chacun selon ses moyens et ses possibilités.
Commentaire :
Le lieu réel de la présence de Dieu : Le texte de la Sidra de ce Chabbat se caractérise surtout par le nombre impressionnant de détails se rapportant à la construction du tabernacle. En effet, la Tora nous enseigne le type de matériel qui doit être utilisé, ainsi que la dimension précise de chaque élément. A plusieurs reprises nous apprenons que ces détails devront être scrupuleusement respectés lors de l'édification du sanctuaire dans le désert. Cette minutie et cet attachement aux détails peuvent paraître étranges, voire inutiles. Pourtant, c'est dans ces détails que réside l'un des enseignements les plus importants de la Sidra. En effet, le tabernacle doit être compris non pas comme l'expression de la volonté de Dieu d'avoir un " chez soi " - ce qui serait une absurdité théologique - mais d'avantage comme un compromis de Dieu envers les hommes, qui eux, ont besoin d'un lieu physique pour représenter la présence divine. Dans cette perspective, le respect absolu des détails de la construction du tabernacle serait la condition sine qua non imposée par Dieu pour une telle construction. En respectant scrupuleusement ces détails, la Tora nous enseigne que ce n'est pas dans les quatre murs du sanctuaire que Dieu se trouve, mais plutôt dans l'observance de la Loi que se perçoit et se fait ressentir la présence divine.
Haftara:
I Rois 5 :26 à 6 :13
La Haftara de ce Chabbat est tirée du premier livre des Rois, et nous enseigne qu'après être devenu roi, Salomon entreprit la construction du Temple de Jérusalem. Tout comme dans la Sidra, le texte de la Haftara nous expose les nombreux détails de cette construction, afin de nous faire comprendre que la présence de Dieu ne se fait ressentir que dans l'observance de la Loi et dans le maintien de l'Alliance.
Résumé de la Sidra:
Suite aux ordonnances sur la construction du Sanctuaire, le texte de cette Sidra détaille les modalités de réalisation des vêtements du grand prêtre. Ainsi, nous apprenons que lorsqu'il se préparait à entrer dans le Sanctuaire, le grand prêtre devait porter des vêtements complexes, mélange de lin blanc et d'ornements de couleur sensés représenter la diversité des hommes et, plus spécifiquement, des douze tribus d'Israël. Le texte de cette Sidra se termine par les détails relatifs à la construction de l'autel sur lequel les sacrifices seront accomplis.
Dans le second Sefer nous lisons, le Chabbat avant Pourim, le texte nous rappelant l'attaque d'Amaleq contre les enfants d'Israël lorsqu'ils sortirent d'Egypte. La Tora nous commande de ne jamais oublier cet acte barbare et lâche, et de tout mettre en oeuvre pour " effacer le nom d'Amaleq de la surface de la terre "..
Commentaire:
Faire intervenir la miséricorde divine : La description des vêtements du grand prêtre occupe la plus grande partie du texte de la Sidra de ce Chabbat. Parmi les nombreux détails du texte, ce qui frappe c'est avant tout la diversité et la complexité de ces vêtements qui, par leur richesse et leurs couleurs, ne semblent pas refléter l'humilité qui incombe à la fonction de grand prêtre. Pourtant, c'est très précisément dans la richesse et dans la complexité de ces vêtements que réside l'une des idées centrales de la prêtrise. En effet, en portant de tels vêtements, le grand prêtre est amené à prendre conscience de la diversité, de la richesse et de la complexité de la nature humaine. Chaque individu est différent, et c'est cette différence et cette complexité qu'il doit transmettre à Dieu en participant au service du sanctuaire. En mettant en avant la diversité des hommes et leur complexité, le prêtre tente de convaincre Dieu d'agir avec miséricorde et compassion envers son peuple.
Haftara:
Le texte de la Haftara de ce Chabbat est tiré du premier livre de Samuel, et se rapporte au passage supplémentaire que nous lisons dans la Tora du Chabbat précédant Pourim. Ainsi, après avoir lu dans la Tora l'injonction de ne pas oublier ce qu'Amalec à fait aux enfants d'Israël lors de la sortie d'Egypte, le texte de Samuel nous rappelle la guerre qui opposa les Israélites aux forces d'Amaleq au moment du règne de Saül.