Politique


Aux éditions Fayard

Le chemin de Jérusalem

Boutros Boutros-Ghali

1997, le président Sadate, à la surprise du monde entier, se rend à Jérusalem pour rencontrer Begin. Boutros Boutros-Ghali, alors ministre d'Etat des Affaires étrangères, fait partie de ce voyage historique. Dans la voiture qui le conduit à la Ville sainte, son homologue, Moshe Dayan, que tout sépare de lui. Commence alors une des plus grandes batailles diplomatiques de notre dernier quart de siècle, qui allait s'achever dramatiquement avec l' assassinat de Sadate, en 1981. Entre-temps, les accords de Camp David avaient été signés. L'Egypte était assurée de récupérer le canal de Suez, le Sinaï et son pétrole. Mais la question palestinienne n' avait reçu qu' une demi-solution, et Le Caire, au fil des mois, se retrouva de plus en plus isolé au sein du monde arabe.

L'ancien Secrétaire général des Nations Unies fait ici le récit de cette épopée telle qu'il l'a vécue au jour le jour. D'une plume très personnelle, il révèle les chemins tortueux qu'il dut suivre pour mener à bien sa mission, en particulier pour convaincre ses partenaires que les accords de Camp David n' allaient pas à l' encontre de la cause arabe. Bien qu'animé par la même volonté de construire la paix que Sadate, il ne cache pas qu' il ne partageait pas toujours son optimisme.

 


Aux éditions Babel

Cavalerie rouge

suivi de

Journal de 1920

Isaac Babel

 
Il pleuvait. Le vent et les ténèbres volaient au-dessus de la terre trempée. Les étoiles étaient étouffées par l'encre boursouflée des nuées. Les chevaux poussés à bout soupiraient et piétinaient dans l'obscurité. Il n'y avait rien à leur donner. Je nouai la longe de mon cheval à mon pied, m'enroulai dans un imperméable et me couchai dans une fosse pleine d'eau. La terre détrempée m'ouvrit l'étreinte rassérénante d'une tombe. Le cheval tendit la longe et me tira par le pied. Il avait trouvé une touffe d'herbe et se mit à la brouter. Alors je m'endormis et vis en rêve une grange remplie de foin. Au-dessus de la grange retentissait l'or poussiéreux du battage. Des gerbes de blé volaient dans le ciel, la journée de juillet allait vers le soir, les buissons du couchant se déversaient sur le village. (Extrait)
 

 

 
 
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