Shoa


Aux éditions Romillat

Crimes et humanité

Extraits des actes du

procès de Nuremberg

18 octobre 1945 - 1er octobre 1946

Michel Dobkine

" L'aventure nazie s'est achevée là où elle avait f1amboyé, à Nuremberg. Nuremberg dont le Larousse Universel du XIXè siècle dit : " Ville d'Allemagne sur la Pegnitz. Industrie très active. Jouets d'enfants, instruments de musique. Patrie de Dürer ". Définition d'un autre temps, celui de l'avant-guerre, temps d'optimisme, où Freud, fuyant Vienne, pensait " Ils s'attaquent aux livres, mais ils n'oseront pas s'attaquer aux hommes ". Nuremberg devenue depuis le nom d'un procès qui s'est tenu du 18 octobre 1945 au 1er octobre 1946.

Traité des folies inhumaines : 42 volumes, plus de 30 000 pages. Traité des abominations. Comment elles furent conçues, comment elles oeuvrèrent. 30 000 pages, cela fait beaucoup. Alors le parti a été pris d'extraire de ces 30 000 pages quelques fragments à l'adresse de tous. Pour que Nuremberg ne devienne jamais quelques tomes poussiéreux dans des greniers obscurs sur lesquels on vient, par inadvertance, buter, mais un mémento. Cet opuscule n'a pas d'autre ambition ".

 

Michel Dobkine est Magistrat au Ministère de la Justice

 



 

Aux éditions de l'Olivier

Camp de représailles

Noël Calef

Le 20 août 1941, plus de quatre mille Juifs parisiens sont arrêtés lors des rafles organisées par la police française, sur ordre des autorités allemandes, et internés au camp de Drancy. Noël Calef est l'un d'entre eux. Pendant plusieurs mois, dans des conditions effroyables, il affronte la faim, le froid, les coups, l'humiliation, et acquiert une connaissance bouleversante de l'espèce humaine. Dans une langue saisissante de vérité et de simplicité, il dit ce que fut cette antichambre de la mort.

Calef n'a pas choisi la forme du journal ou des mémoires, mais celle du récit à la troisième personne. Il donne la parole à des hommes dont nous ignorons tout. Sauf les conditions de leur arrestation et leur résistance à la déchéance physique et morale qui leur est imposée. La construction dramatique du récit, la force des dialogues placent d'emblée Camp de représailles parmi les grandes oeuvres littéraires qui ont marqué l'époque, comme La Lie de la terre d'Arthur Koestler ou Les Jours de notre mort de David Rousset.

Né en 1907, Noël Calef s'installe en France dam les années trente et commence à travailler pour une compagnie cinématographique. Interné à Drancy, puis dans les camps de Bardonecchla, Tolentino et Urbisaglla en Italie, il rentre en France -.Suit la guerre. Auteur d'une vingtaine de romans et de nouvelles - dont Ascenseur pour l'échafaud (1951) porté à l'écran par Louis Malle -, il collabore à de nombreux films en tant que scénariste ou dialoguiste.

 

Noël Calef est mort en 1968. Il aura fallu près d'un demi-siècle pour que ce roman écrit en captivité voie enfin le jour en France.

 
 



 

Aux éditions La découverte

La concurrence des victimes

Génocide, identité, reconnaissance

Jean-Michel Chaumont

 
Rien ne va plus entre les victimes. Sous une unanimité de façade - condensée dans quelques impératifs tels que «plus jamais ça» -, des conflits virulents opposent les milieux de mémoire, déportés juifs contre déportés résistants, Juifs contre Tziganes, homosexuels contre politiques. Bien au-delà des victimes du nazisme, ces conflits entraînent dans une ronde infernale de soupçon et de récrimination Arméniens, Noirs américains, Amérindiens...

Au coeur de ces tensions, une revendication hautement polémique, celle de l' unicité absolue de la Shoah, qui alimente depuis plus d'un quart de siècle un débat interminable, passionné, et vain. C'est d'abord ce débat qu'explore ici l' auteur, à travers les réflexions et les prises de position de personnalités aussi diverses que Bruno Bettelheim, Rony Brauman, Alain Finkielkraut, Tzvetan Todorov, Simone Veil ou Elie Wiesel.

Pour sortir de l'impasse, Jean-Michel Chaumont ne se contente pas d'offrir une analyse subtile des diverses définitions du génocide et de l'ethnocide, de leurs limites et de leurs conséquences morales. Au lieu de s'en tenir à dénoncer les dérives du «palmarès de la souffrance», il décèle derrière les passions parfois irraisonnées que suscite ce débat un enjeu latent beaucoup plus profond, qui engage toutes nos conceptions de l'identité sociale et de la dignité humaine : la lutte des individus et des groupes humains pour la reconnaissance, qui constitue le véritable chantier sociologique et philosophique de cet ouvrage.

 

Jean-Michel Chaumont est docteur en philosophie et en sociologie. Ancien collaborateur de la Fondation Auschwitz à Bruxelles, il est actuellement chercheur au Fonds national de la recherche scientifique belge et travaille au sein de l'unité de sociologie de l'université de Louvain.

 
 

 
Aux éditions du Félin/Arte éditions

Le livre de Stella

Jeune fille de la liste de Schindler

Stella Müller-Madej

1939, l'Allemagne nazie envahit la Pologne. Stella a neuf ans. Parce qu'elle est juive, elle doit quitter, un jour de novembre, l'appartement de son enfance pour le ghetto de Cracovie. Elle est ensuite déportée avec toute sa famille dans le camp de concentration de Plaszow, puis à Auschwitz.Grâce à Oskar Schindler, industriel allemand qui sauva plus d'un millier de Juifs, elle est libérée du camp de Brünnlitz. Près de cinquante ans plus tard, Stella Müller-Madej relate au présent, presque au jour le jour, ses préoccupations d'enfant d'alors, son incompréhension, puis sa prise de conscience.

Vivre après les camps est pour elle un devoir, écrire exorcise le mutisme de l'horreur vécue. Refusé par nombre d'éditeurs polonais, son récit n'a été publié en Allemagne qu'après le film de Steven Spielberg. C'est là l'unique témoignage d'un Juif sauvé par Schinddler.D'une force exceptionnelle et d'une vivacité surprenante, le livre de Stella est à placer aux côtés du Journal d'Anne Frank et doit s'inscrire dans notre mémoire.

 Née en 1930, Stella Müller-Madej vit aujourd'hui à Bukowina, près de Cracovie.

 
 

 


Aux éditions L'Harmattan

Saisons sans voix

Yveline Stephan

 " ... Il s'agissait de dire un passé qui ne l'avait jamais quitté, mais, confusément, il en éprouvait de la répugnance... Pourtant, il ne pouvait fuir les jours, tous les jours étaient gravés, inscrits. Ils avaient habit, toutes ses pensées, tous les actes de sa vie.

Plaie vive. Ces temps disparus, engloutis, l'avaient recomposé, remodelé. Ils revenaient comme un boomerang, le harcelaient, inquisiteurs et fouineurs. Pourtant, il avait bien fallu reprendre pied dans ce monde hébété, abasourdi, qu'il voulait oublier... "

1939-1945 : le temps des saisons sans voix... " ... N'oubliez pas que cela fut... " Primo Levi.

 
Yveline STEPHAN vit à Orléans. Après des études de Lettres à l'Université de Tours, elle enseigne, pendant quelques années, le français dans des lycées et collèges. Elle a collaboré à plusieurs journaux. En 1992, avec le groupe de travail du "Centre de recherche et de documentation sur les camps d'internement et la déportation juive dans le Loiret" d'Orléans, elle participe à la réalisation de l'exposition Les camps d'internement du Loiret. Mémoire et Histoire. 1941-1943.

Saisons sans voix est son premier roman.
 

 
 
 
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