Il est
furieusement redevenu à la mode, aujourd’hui, que tout soit de « La faute
des Juifs », le titre, précisément, d’un essai récent de Guy Konopnicki
(1). Disons d’emblée ce qui nous paraît bon dans ce livre : les coups
assénés aux véritables coupables du conflit du Moyen-Orient, et qui sont de
simples vérités.
Des
vérités sur les dirigeants des Palestiniens. Ils « ont choisi une
stratégie, ils font du martyr un spectacle, ils envoient les enfants à la mort
et l’opinion occidentale s’émeut (…). Les dirigeants palestiniens sont à la
guerre ce que les pédophiles sont à l’amour ». La vérité sur le régime de
l’Autorité palestinienne : « Certains mouvements pales-tiniens
publient leurs revues à Jérusalem–Est, juridiquement sous contrôle israélien,
afin de contourner la censure que l’Autorité palestinienne s’est empressée
d’établir à Gaza ».
Des
vérités sur l’antisionisme : « On nie l’affirmation nationale
antérieure à la Shoah, on fait de la Shoah le seul acte de naissance d’Israël et
bien sûr, on répand les thèses négationnistes, pour prouver que cet acte de
naissance n’est qu’une des escroqueries dont les Juifs sont coutumiers. Mais le
sionisme ne repose pas sur la Shoah. Il n’a pas été fondé par Adolf Hitler mais
par Théodore Herzl. Le sionisme était déjà un mouvement de masse, depuis
longtemps, quand Hitler vociférait dans une brasserie de Munich ».
Etc.
En
revanche, on ne suivra pas Guy Konopnicki dans certaines de ses
« vérités » sur Israël et dans les jugements qu’il porte sur Ariel
Sharon. L’auteur pense que les électeurs qui ont voté Sharon on fait un
« choix regrettable ». C’est son droit, comme c’est le droit d’autrui
de penser le contraire, à savoir
que c’était le bon choix. Il s’avère que Sharon a tenté de sauver Israël du désastre d’Oslo et
des conséquences de l’impéritie d’Ehud Barak. Il se peut qu’il échoue ou
réussisse dans sa tentative. L’histoire le dira. Mais l’auteur porte aussi un
jugement sur un fait d’histoire : « Elie Hobeika (a été) l’assassin de
Sabra et Chatila », ajoutant : « L’impunité du criminel ne
blanchit, certes pas, son complice. Cependant, l’opinion mondiale ne connaît que
Sharon (…). On peut toujours reprocher à Israël l’impunité de
Sharon ».
Ces propos
s’apparentent à ceux que tiennent les ennemis d’Israël sur l’affaire de Sabra et
Chatila. Ils dépassent ce qu’on a, regrettablement, entendu dans la polémique
interne d’Israël, mais sont difficilement admissibles, même s’ils sont tenus par
un ami d’Israël appartenant à une autre mouvance philosophique qu’Ariel Sharon.
Konopnicki
croit aussi que « la visite d’Ariel Sharon sur l’esplanade des
Mosquées » était « une provo-cation ». Rappelons que les
documents ont établi que Yasser Arafat avait prémédité et préparé la guerre
actuelle de longue date, et que des dirigeants palestiniens l’ont reconnu. De
plus, les Israéliens auraient « sans conteste, leur part de responsabilité
(dans la fuite en avant vers la violence). Ils ont retardé leur départ des
territoires, maintenu des colonies comme autant de provocations inutiles et ils
ont même créé de nouvelles implantations ».
C’est la
thèse des Palestiniens et d’une partie de la classe politique et de la
population israélienne. Tout ce qu’on peut constater, c’est que ce point de vue
est actuellement fortement minoritaire. Mais dire que c’est un fait « sans
conteste » est précisément ce que contestent la majorité des Israéliens.
Ils n’ont nullement maintenu des villages et des villes naissantes en
Judée-Samarie pour provoquer les Palestiniens, ils considèrent qu’ils sont fort
utiles, et ils en créent de nouvelles parce qu’ils considèrent qu’ils sont chez
eux sur la Terre d’Israël.