L’Union
des étudiants juifs de France et SOS Racisme ont fait œuvre utile en publiant un
livre Blanc sur les violences antisémites en France depuis septembre 2000,
curieusement intitulé Les Antifeujs (2) néologisme, signifiant
« antisémites » .
Plus de
400 cas y sont recensés. Dans une introduction, on pose les questions
utiles : Que peuvent éprouver les enfants d’une école sur les murs de
laquelle on a écrit « Mort aux Juifs », qu’on a tenté de brûler et
dont la cour de recréation est pleine de trous creusés spécialement, où l’on a
« caché des clous pour que les enfants s’y blessent en jouant ». Nous
pensons, à la lecture de cette horreur, qu’il s sont la transposition des clous
que mettent les terroristes palestiniens dans les bombes des hommes-bombes,
destinées à blesser cruellement les Israéliens. Et d’où viennent ces agressions
antisémites ? « Par quels détours ce poison a pu de nouveau
s’infiltrer ? » Et l’on répond, correctement : « C’est
l’extension de l’intifada en France ». Et l’antisémitisme reculera le jour
où l’antisionisme cessera de lui servir d’alibi ». « L’antisionisme se
confond de plus en plus avec l’antisémitisme ».
Cependant,
dans l’énumération des centaines d’agressions (qui occupe 80 pages) se constate
une curieuse lacune. On énumère les graffitis, les jets de pierres, les
insultes, les bombes, les cris de « Juifs assassins », A mort les
Juifs », « On va tuer les
Juifs » etc. Mais pas une seule fois on n’indique qui sont, exactement, les
auteurs de ces méfaits. Ce sont « des jeunes », des
« hommes », des individus, des « personnes ». Certains
avaient été identifiés par des témoins et les victimes. Leur identification a
été clairement énoncée dans une liste des méfaits publiée par l’Observatoire du
monde juif. On ne trouve pas trace de cette identification dans la liste de
l’UEJF. Même quand l’identification est implicite à l’acte antisémite, on
s’abstient de désigner les auteurs. Ainsi, le 25 octobre 2000, lors de la
projection d’un film à Rosny 2, « au moment où un rabbin apparaît à
l’écran, des jeunes crient : « Morts aux Juifs, sales Juifs, les Juifs
à la mer, vous nous dominez là-bas, on va vous dominer ici, on va vous lyncher,
on vous brûlera ». (pp 60-61). « Jeter les Juifs à la mer s’est
entendu dans le discours politicide et génocidaire palestinien. Qui
« nous » domine « là-bas » ?
Cette
timidité, ce recul devant les mots qui désignent les incivils, les délinquants,
les criminels (un incendie volontaire est un crime passible de la cour
d’assises) sont une concession à la violence et ne peuvent que l’encourager. Il
y a là un désir de minimiser la gravité de la situation et de ménager les
auteurs d’actions antijuives, qui reflète certaines attitudes des pouvoirs
publics devant la vague antisémite qui déferle en France.
Le Guide Michelin
rouge « France »
Comme tous
les ans au printemps, le Guide Rouge (3) apporte une information fiable sur 10
000 établissements, hôtels et restaurants de France. Outre les prix, les
agréments, la qualité de la table et du site, du service, le guide propose des
plans des principales villes. Parmi les signes permettant de localiser les
équipements des agglomérations (hôpitaux, services publics etc.) figure, à
l’intention des usagers juifs, un symbole désignant les synagogues : un
carré rouge où s’inscrit un Bouclier de David.
Etant
donné la qualité de cet « outil » classique du touriste et du
voyageur, une suggestion pour l’avenir : Pourquoi pas un mini-guide des
restaurants cacher ? Voire un Guide Vert Israël, dans la série des Guides
touristiques de Michelin ?
1. Guy Konopnicki, La faute des
Juifs, Balland, 33 rue Saint-André-deArts, 75006 Paris,
2002
2. Les Antifeujs, Calman
Levy, 3 rue Auber, 75008 Paris, 2002
3. Michelin, 46 avenue de Breteuil,
75324 Paris Cedex 07