ANALYSE DU LIVRE DE THIERRY FERAL.

Alain Amar

 

« ADAM SCHARRER Ecrivain antifasciste et militant paysan »

Editions l’Harmattan – Paris – 2002

 

 

     J’ai envie de dire de Thierry FERAL qu’il est un chasseur, un « traqueur » de mémoire, un conservateur aussi et ce n’est pas là le moindre de ses mérites.

 

     Germaniste distingué et avisé, professeur d’allemand à  Clermont-Ferrand, Thierry Feral s’est attelé à une lourde et passionnante tache, celle de ne pas nous laisser en repos, en essayant de préserver la trace, la mémoire, en particulier de ceux qui ne peuvent plus parler ou qui n’ont pas pu parler.

 

     Ainsi, après un livre-thèse remarquable intitulé  Anatomie d’un crépuscule, après Le Nazisme : une culture ? , Justice et nazisme, Médecine et nazisme, etc…, Thierry Feral nous propose ici de connaître un écrivain allemand, antifasciste, militant paysan communiste contemporain d’Hitler, de Heidegger, engagé très tôt dans la lutte contre ce qui allait devenir le national-socialisme et les exactions que l’on connaît.

     Après une présentation de l’auteur, Thierry Feral a eu l’idée originale de nous traduire et d’adapter le chapitre cinq du livre d’Adam Scharrer  Les taupes (Maulwürfe – Ein deutscher Bauernroman) publié à Prague chez Malik Verlag en 1933. Ce livre est quasiment introuvable et il est exact de dire que la réunification allemande a mis « à la trappe » les écrivains de la période communiste. 

     Le témoignage d’Adam Scharrer est très émouvant, en particulier dans la partie qui traite des camps d’internement allemands qui, dès 1933, ont étouffé la parole et la liberté des premiers opposants dont beaucoup y ont laissé leur vie. Bien avant l’élimination des « malades mentaux » par une loi du Reich, bien avant les déportations de Juifs, tziganes, communistes, francs-maçons, les opposants allemands ont eu à souffrir de la montée du totalitarisme et les paysans, contrairement aux « idées » national-socialistes ont aussi fait les frais d’une politique folle.

     Le ton de ce chapitre et les expressions populaires ne sont pas sans rappeler certains passages de John Steinbeck dans Les raisins de la colère ou  bien dans un autre ouvrage  En un combat douteux …

     Merci mille fois  donc à Thierry Feral qui nous donne la possibilité et la chance de faire connaissance avec une partie peu connue voire méconnue de l’histoire du nazisme.

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