Les Livres, la politique et l'histoire.

Paul Giniewsky

Les médias Français

sont-il objectifs ?

Parmi les meilleurs livres sur les question soulevées par l'actuelle Guerre des hommes-bombes, se situe un "petit" livre d'à peine 175 pages, mais denses comme du granit et dont chacune pèsera longtemps : Les médias français sont-ils objectifs ?, un recueil collectif de dossiers établis par l'Observatoire du monde juif, qui publie aussi une revue périodique du même nom (1).

Les faits qui y sont recensés et analysés sont accablants pour les medias qui, depuis des décennies et plus intensément que jamais depuis octobre 2000, incriminent Israël par leurs faux, quasi-faux, omissions et parti-pris.

Catherine Leutcher rappelle quelques-uns de ces faux, dont l'injuste implication d'Israël dans la mort-icône d'un petit garçon arabe de ans, dont on ne sait à ce jour quelles balles l'ont tué, et dont on a fait le cas prototype d'un Israël "tueur d'enfants"; les "viols" de femmes palestiniennes par des soldats de Tsahal, qui n'ont jamais eu lieu; la photo du Palestinien à la tête ensanglantée, qui était en réalité un Juif qui faillit être lynché par des Palestiniens, etc, etc. L'auteur démantèle les procédés de parti-pris; les détournements de sens qui font d'Israël un pays d'apartheid et des Israéliens des nazis; le crédit accordé aux mensonges des Palestiniens, etc.

Le rôle de l'AFP dans l'information, largement alimentée par ses dépêches, est analysé par Clément Weill Raynal, qui met en relief certains de ses choix. L'agence a, par exemple, en 2001, "consacré plus de 150 dépêches à l'affaire de "Sabra et Chatila", mais essentiellement pour "taire le nom du véritable 'boucher' (…) et pour lui substituer celui d'Ariel Sharon". En revanche, elle "n'a jamais consacré la moindre dépêche aux émissions enfantines de la télévision palestinienne appelant de très jeunes enfants à se transformer en kamikazes".

Plusieurs dossiers sont consacrés par Samuel Benhamou et Laurence Coulon aux grands journaux qui se veulent "de référence" mais sont plutôt "journaux d'opinion", notamment Le Monde, Le Figaro, Libération. Valérie Ktourza analyse quelques journaux pour enfants, où l'on retrouve la même incrimination d'Israël que dans la grande presse.

Les études sur le vocabulaire des médias sont particulièrement renseignantes. Israël se conduit avec "une impitoyable brutalité", ses ripostes sont d'une "extrême dureté", les Palestiniens sont victimes d'"exactions", ils sont poussés au "désespoir" par les "vexations", les colons" sont frappés de délire mystique". D'innombrables qualificatifs et qualifications équivalents, incri-minatoire d'Israël, disculpatoires du terrorisme palestinien, sous-tendent l'information et en font une incantation.

L'ouvrage est réalisé sous la direction de Shmuel Trigano, qui a lui-même établi un dossier sur le "repli communautaire" dans les hebdomadaires français, où il montre notamment l'absurdité du renvoi dos-à-dos des com-munautés juive et musulmane de France, et les appels au calme adressés aux deux: car jamais la communauté juive n'a agressé l'autre. De même, les médias ont participé, avec la classe politique, à la minimisation voire à la négation de la nouvelle vague antisémite des "banlieues" Elles n'aurait pas de motivation antisémite, elle serait l'œuvre de jeunes voyous, de paumés inconscients. "En somme, ironise Shmuel Trigano, l'orsqu'on est désoeuvré en France, on brûle des rouleaux de la Tora !".

Daniel Dayan formule quelques conclusions générales, soli-dement ancrées dans des "événements d'histoire, par exemple ce fameux massacre sur les escaliers d'Odessa, dans le Cuirassé Potemkine, qui n'y a jamais eu lieu. L'information, une "télévision cérémonielle", s'est transformée en rituel.

Ces dossiers, comme les excellentes monographies établies depuis deux ans par l'Arche , permettent de se poser cette question : Est-on en train d'assister à l'émergence d'une nouvelle religion, le palestinisme, à vocation universelle ? Le palestinisme est à la base de la nouvelle judéophobie, magis-tralement disséquée par Pierre-André Taguieff (2) et les médias sont en train d'amonceler les "Ecritures" d'un nouvel "ensei-gnement du mépris" des Juifs, qui a pris la relève de l'ancien.

Paul Ginewsky

1. Les médias français sont-ils objectifs ? Observatoire du monde juif, avril 2002-10-31 Pierre-André Taguieff, La nouvelle judéophobie; Mille et une nuits, 2002. Voir également : Georges-Elia Sarfati, l'Antisionisme , Berg International, 2002

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La ruse dans la stratégie politique et militaire

des arabes

Il y a vingt-sept ans paraissait un livre dont la réédition s’imposait aujourd’hui, étant donné l’éclairage qu’il jette sur un aspect du conflit israélo-arabe : Le livre des ruses (1). C’est l’ouvrage d’un érudit anonyme de la fin du XIIIe siècle, poétiquement intitulé : "Manteaux d’étoffe fine dans les ruses subtiles", sous-titré par son traducteur contemporain, René R. Khawam : "La stratégie politique des Arabes " Il nous introduit dans les mille manières de mettre en œuvre les ruses, telles que les ont pratiquées des rois et sultans, des vizirs, des gouverneurs, des juges, des témoins, des hommes pratiquant l’ascèse, etc.

A l’origine, note Khawam, "le terme ‘ruse’ (hila) désigne une machine qui économise le travail humain grâce à l’application de lois physiques domestiquées par un inventeur astucieux ". C’est donc un moyen noble et non perfide.

Même Dieu, les anges, les prophètes et les djinns ont abondamment utilisé la ruse, comme on le voit d’ailleurs dans la Bible hébraïque, dont de nombreux textes ont été utilisés et transposés par les auteurs musulmans. Un exemple en est l’engloutissement de pharaon pour sauver les enfants d’Israël en Egypte. La noblesse de la ruse est attestée par le fait que Dieu est appelé « le meilleur de ceux qui se servent de la ruse pour arriver à leur but » (Coran, III, 47). L’action de Dieu vis-à-vis des hommes est encore appelée baram (détour, subterfuge), kayd (artifice, stratagème), khad (duperie, mystification), makr (feinte, leurre).

Le compilateur ancien a compulsé de nombreux ouvrages traitant de la ruse de guerre, qui sont, au XXIème siècle, aussi actuels qu’ils l’étaient en milieu musulman iranien, arabique et égyptien il y a sept cent ans. L’auteur anonyme les expose non pas sous la forme d’un traité de science politique et militaire, mais à travers des anecdotes savoureuses et des paraboles. Il s’en dégage un savoir-faire politico-militaire d’au moins cent ans antérieur à Machiavel.

On citera quelques formules brillantes : "La guerre est une suite d’actions pour tromper l’ennemi". "Celui que tu ne peux vaincre par les armes, déchire-le avec tes ongles". "Ayez à cœur d’employer la tromperie dans la guerre car elle vous permet d’arriver au but d’une façon plus certaine que dans la bataille". "Veille à employer la ruse contre ton ennemi avec plus de soins que lui". "Sois plus confiant dans la ruse que dans ta bravoure et donne plus d’importance à ta circonspection qu’à ton courage dans le combat, car la guerre est une suite d’actions pour tromper l’ennemi". "La tromperie donne de meilleurs résultats que la bravoure dans le combat". « Je me dirige d’abord vers l’homme faible et poltron, je lui assène un coup terrible qui fait s’envoler de frayeur le cœur de l’homme courageux. C’est à ce moment-là que je m’approche de celui-ci et le tue » : cette recette d’un poète et homme de guerre qui vécut avant la naissance de l’islam semble être le mode d’emploi du terrorisme !

Un proverbe résume cet enseignement : "Une citrouille est préférable à une tête qui ne contient aucune ruse".

On le voit, les mystifications, les fraudes de l’OLP et de l’Autorité palestinienne, s’enracinent dans un terreau historique. On ne saurait le négliger, ni pour accabler les Palestiniens en arguant d’une tradition dont ils seraient incapables de s’émanciper, ni pour les disculper sous prétexte qu’ils seraient conditionnés. La plupart ne sont évidemment pas des lettrés qui savent ce qu’ils sont et d’où ils viennent. Mais comme le disait Edouard Herriot : "La culture est ce qui reste quant tout le reste est oublié".

Tous les peuples ont des traditions, y adhèrent, s’y engluent, s’y réfèrent, s’en émancipent, les sacralisent ou les récusent, s’acculturent au contact d’autres cultures ou se sclérosent dans un passé inadéquat à leur développement. Aux hommes affrontés au réel il appartient de se dégager du pire et de choisir le meilleur.

René R. Khawan note que les hommes d’affaire new-yorkais, les banquiers de Londres, les marchands de Francfort – et ajoutons : les dirigeants et les généraux israéliens face aux Palestiniens – "confrontés à ces hommes d’un autre monde qui les battent désormais sur leur propre terrain, déclarent avec une touchante naïveté : ‘ Ils n’ont pas mis longtemps à apprendre’. Erreur. Ils savaient déjà. Et depuis longtemps".

 

 

 

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