Contre-expertise d'une
mise en scène
par Gérard Huber -éditions Raphaël,
Paris - 252 pages euros 20 / ISBN
2-87781-066-6
Précis comme un traité scientifique. Et c'est avec cet
esprit qu'il faut aborder ce livre, Contre-expertise d'une mise en scène.
Car c'est bien de cela que traite Gérard Huber, philosophe, psychanalyste et
correspondant à Paris de la Metula News Agency. D'une mise en scène savamment
orchestrée par l'Autorité palestinienne.
Rappelons les faits : le 30 septembre 2000, la chaîne
française France 2, diffuse 50 secondes d'un document terrible : la mort, en
direct, dans les bras de son père, d'un petit enfant présenté par les uns comme
Mohamed al-Dura, par les autres comme Rami el Dura. Etrange : alors que des
dizaines de journalistes sont présents sur les lieux, au carrefour de Netzarim,
seul un cameraman palestinien, Talal abu Rahmé, filme la scène. Charles Enderlin
qui fera le commentaire n'est pas sur place !
Ces 50 secondes font le tour du monde. Israël a tué
l'enfant. Le petit al Dura devient le symbole de la seconde intifada. La
propagande arabe joue sur le velours.
Les Palestiniens ajouteront, dans le film, pour faire plus
vrai, un soldat israélien supposé être celui qui a tiré !
Mais des questions demeurent. L'enfant aurait pu être
victime de tirs croisés. Il aurait pu être, plus vraisemblablement dans la ligne
de mire des Palestiniens. Mais il n'y a pas de sang. Pas d'impact de balles sur
le mur. L'enfant, soi disant touché de plusieurs projectiles, ne baigne pas dans
son sang. Le père, blessé lui aussi, ne saigne pas.
C'est une horrible mise en scène qui s'est peut-être
soldée par une mort d'enfant car le gosse que les médecins palestiniens montrent
(sans avoir pratiqué une autopsie) ne semble pas celui qui aurait été touché.
Macabre scénario : les Palestiniens auraient-ils donc sacrifié un enfant pour
faire croire que les Israéliens sont des tueurs d'enfants.
Mise en scène comme celle de cet enterrement où le mort
tombe du cercueil, se relève et se remet dans sa bière. Le père, l'enfant
seraient des acteurs !
Voici, en quelques lignes, la trame de cette enquête
minutieuse et sans complaisance à laquelle s'est livrée Gérard Huber. L'auteur
n'accuse pas, se contente de souligner les invraisemblances, de donner les
faits, bruts, froids, précis.
Un livre salutaire pour comprendre que la guerre ne se
gagne plus désormais sur les champs de bataille mais devant le petit écran.
Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose et,
c'est terrible, plus le mensonge est gros, plus il passe.
Un livre indispensable pour comprendre ce qui se passe
sur le terrain de la guerre médiatique et de la désinformation.
Moïse
Rahmani