Mythes et réalités des conflits du Proche-Orient

Paul Ginewski

 

 

 

En même temps que l'assaut terroriste, Israël subit une guerre idéologique tous azimuts. De nombreux pays accordent leur soutien à ses ennemis. Les Nations unies leur sont acquises. Des milliers de journaux et de chaînes de télévision à travers le monde répercutent quotidiennement les poncifs de la propagande arabo-islamique et donnent d'Israël et de l'histoire du con flit israélo-arabe une vision biaisée.

Israël est un fait colonial. Il a expulsé les Arabes de Palestine. Tsahal mène une guerre cruelle avec violence disproportionnée. On fait des Israéliens les nouveaux nazis et des terroristes palestiniens leurs victimes. Un nouvel antijudaïsme à base d'antisionisme se répand.

Israël dispose de peu de moyens pour s'y opposer. La propagande de ses ennemis, à base de mensonge et de mythes, bénéficie de leurs immenses ressources. L'ignorance du grand public, et même de ceux qui sont censés l'informer, est leur allié. Et des Israéliens et des Juifs soutiennent les thèses de leurs ennemis.

Des textes anthologiques

Au trop faible arsenal des défenseurs d'Israël vient de s'ajouter un document précieux : Mythes et réalités des conflits du Proches-Orient (1), un livre qui se lit ou se compulse et qui réussit, en quelques centaines de pages à énoncer la totalité des fantasmes et des inventions de la propagande anti-israélienne et à les réfuter.

Non pas à travers des réponses lapidaires à chaque question, mais par des réfutations et des exposés fondés sur des preuves d'autant plus irréfutables qu'elles sont souvent tirées de la documentation arabe, trop ignorée (au double sens du mot : non connue ou délibérément occultée) du grand public et, scandaleusement aussi, de nombreux journalistes et homme politiques.

Quelques exemples parlants et probants.

Pourquoi des Arabes ont-ils fui la Palestine entre 1947 et 1949 ? "Parce qu'on leur avait dit que c'était pour quelques jours, quelques semaines au plus, et qu'ils reviendraient avec les armées arabes triomphantes; ils (…) n'avaient fait qu'obéir aux ordres de leurs supérieurs" (Le Monde, 21 avril 1951). "Des villages étaient fréquemment abandonnés, avant même que ne se rapproche la menace de la guerre", constate le commandant de la Légion arabe jordanienne (London Daily Mail, 12 août 1948). Par contre, "Les Juifs ne ménagent aucun effort pour convaincre la population arabe de rester et de continuer comme auparavant à vaquer à ses occupations" (Rapport de la police britannique de Haïfa du 26 avril 1948). "Notre plus importante cinquième colonne, est avant tout, constituée de ceux qui abandonnent leur maison et leur travail pour fuir ailleurs. Aux premiers signes de problème, ils prennent leurs jambes à leur cou et s'enfuient pour n'avoir pas à porter le fardeau de la bataille" (Ash Shaab, journal arabe de Jafa, 30 janvier 1948).

Que s'est-il passé à Dir Yassine ?

Les ennemis d'Israël ont inventé un "massacre" et des "viols" qui auraient été commis par des Israéliens au cours de cet épisode de la bataille de Jérusalem : "Hazam Nusseibi qui travaillait pour la radio palestinienne en 1948, avoua que Hussein Khalidi, un chef palestinien arabe, lui avait demandé de fabriquer de toutes pièces des plaintes pour atrocités (…). Il fallait le dire pour que les armée arabes viennent libérer la Palestine du joug des Juifs". Cinquante ans plus tard, Nusseibi déclara à la BBC: "Ce fut notre plus grave erreur. Nous n'avions pas réalisé comment notre peuple réagirait. Dès qu'ils entendirent que des femmes avaient été violées à Dir Yassine, les Arabes s'enfuirent terrorisés".

La plupart des textes, en quinze lignes ou en trois pages, sont anthologiques.

La parole aux ennemis d'Israël

Rien n'échappe à l'investigation de Mitchell G. Bard, l'auteur de mythes et Réalités, depuis l'histoire biblique du peuple juif dans son pays, jusqu'aux événements les plus récents de la Guerre de Hommes-bombes de 2000-2003. Quelques exemples encore, pêle-mêle, parmi les centaines de questions qui reçoivent réponse :

Quelle est la légitimité des Juifs sur le pays qu'ils appellent Israël ?

Est-ce par ignorance de l'histoire du Moyen-Orient que les journalistes ne replacent pratiquement jamais les événements actuels dans leur contexte ? Pourquoi la presse montre-t-elle généralement de l'indulgence pour les terroristes ?

Le contenu du programme scolaire des jeunes palestiniens les incite-t-il à une future coexistence avec les Juifs israéliens ?

L'Intifada Al-Aksa a-t-elle démarré spontanément ?

Que s'est-il passé dans le camp de réfugiés de Jenine en avril 2002 ?

Qu'en est-il des droits de l'homme en Israël, mais aussi en Arabi Saoudite, en Egypte, en Syrie et dans les Territoires de l'Autonomie palestinienne ? Etc. etc.

Quelques déclarations des principaux dirigeants palestiniens et arabes, politiques et religieux, sur la religion des Juifs, qu'ils traînent dans la boue, sur la Shoah qu'ils nient, sur la destruction d'Israël à laquelle ils n'ont nullement renoncé, sur la paix qu'ils refusent, sur la violence et le terrorisme qu'ils organisent en dépit des accords et des trêves, en disent autant que des volumes.

Au total, un livre incontournable qui n'a pas, dans sa catégorie de "projectile intelligemment dirigé", est-on tenté d'écrire, d'équivalent.

Demain, plus performant encore

Pour finir, un constat : ce livre connaîtra le succès. Il est difficile d'imaginer qu'ayant lu, on ne soit pas tenté de l'offrir, de le diffuser. Il sera donc réimprimé.

D'où une recommandation pressante : l'éditeur devrait en profiter pour perfectionner ce manuel du défenseur d'Israël, en le dotant d'un index. Seul un index des noms de personnes, de lieux, d'entités, permettra au lecteur, au curieux, au militant, au conférencier de retrouver instantanément le personnage historique ou contemporain (David Ben-Gourion, Yasser Arafat, Ariel Sharon, Abou Mazen…), l'événement (Sabra et Chatila, Première Intifada, Partage de la Palestine…), l'organisation (ONU, OLP, Croissant-Rouge…) parmi les milliers d'hommes, de notions, de sites liés au conflit israélo-arabe.

Un outil presque parfait mérite d'être porté à un degré de qualité qui le rendra encore plus performant.

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