LA PALESTINE AU DEBUT DU XIXE. SIECLE .

Un explorateur et ingénieur hydraulicien, Giovanni Belzoni a effectué trois voyages en Egypte et en Nubie, et en rapporte des carnets de roue, publiés par Gründ ( dans une version commenté par Alberto Siliotti) accompagnés d'illustrations représentant des monuments, des sites, des documents et des hommes (1).

 

L'épouse de Belzoni, Sarah, a fait en 1818 un voyage en Palestine et en rapporte ses propres impressions. Elles sont très instructives sur les conditions qui prévalaient dans le pays avant le sionisme moderne.

 

C'est le règne des Turcs sur une population locale opprimée. Le bakchich est roi. Les conditions de déplacement sont primitives. Notre voyageuse téméraire a visité Jérusalem, le Jourdain, Jéricho, Nazareth, Bethléem et Jaffa, à dos de mule, le principal moyen de locomotion. De Jérusalem à Nazareth, elle mettra six jours. Quand elle partira de Jaffa pour retrouver son mari en Egypte, il lui faudra embarquer en chaloupe, car il n'existait ni port, ni jetée. Elle devra emporter ses provisions pour le voyage, qui durera treize jours de Jaffa à Damiette, les vents ayant été contraires.

 

Quelques rares pèlerins chrétiens se hasardent à cette époque à visiter les lieux saints musulmans, mais déguisés et au péril de leur vie, car ils risquent le bûcher s'ils sont découverts. Ainsi, déguisée en marchand, Madame Belzoni visitera la mosquée d'Omar, qu'elle appelle Temple de Salomon.

 

L'ouvrage est illustré de centaines de reproductions en couleurs et en noir de gravures et lithos d'époque. Pour la Palestine, on trouve notamment : Bethléem, la mosquée El Aksa, la fontaine de Nazareth, les Juifs prosternés devant le mur occidental, le port de Jaffa et de nombreux  personnages, Turcs, Arabes et Chrétiens. Les textes et les images donnent une bonne idée de l'état de décrépitude et d'incurie de la Palestine à cette époque.

 

(1) Alberto Siliotti, Voyage en Egypte et en Nubie de Giovanni Belzoni, Librairie Gründ, 60,rue Mazarine, 75006 Paris, 2001 (Vol.25x36 cm, 320 pp, 38 Euros).

 

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Un siècle de guerres

 

Quatre cents cinquante pages grand format, des centaines de photos, des textes denses et précis résument et illustrent dans Un siècle de guerres (1) les deux douzaines de conflits armés qui ont défiguré et ensanglanté le XXème siècle, depuis la guerre des Boers en Afrique du Sud jusqu'aux guerres de l'ex-Yougoslavie.

Au début du XXIème siècle, certains de ces affrontements sont oubliés, tels la guerre des Boxers en Chine ou la guerre russo-japonaise. Luciano Garibaldi, l'auteur des textes, en rajeunit le souvenir. Les autres conflits, la Deuxième guerre mondiale au premier plan, ne seront jamais assez relatés et montrés. Cette Deuxième guerre mondiale occupe donc une pace de choix dans l'ouvrage, avec le texte et l'image dans toute leur brutalité : les fastes hitlériens, les champs de bataille, les champs de ruines, les résistants pendus par les SS puis la shoah, avec ses ghettos et ses camps d'extermination.

 

La préface de l'ouvrage par Wolf Blitzer, ancien correspondant de Reuter à Tel-Aviv, puis correspondant du Jérusalem Post à Washington, définit l'esprit de ce panorama des guerres, qui en montre l'horreur plus que le panache. Ses grands-parents ont disparu dans la shoah. La guerre des Six jours, en 1967, l'a "profondément affecté". Sa mère craignait que "les Juifs d'Israël connaissent le sort qu'on connus les Juifs d'Europe seulement deux décennies auparavant (…), l'image de son désespoir est restée vivace dans mon esprit".

 

Bien entendu, les guerres israélo-arabes sont traitées, -causes, déroulement et effets – et l'enchaînement des épisodes de ce conflit ponctué par les batailles de 1948, de 1956, de 1967 et de 1973 est bien mis en relief. Il reste à  souhaiter que la guerre terroriste qu'affronte Israël – et que l'ouvrage mentionne -, la guerre la plus cruelle qu'Israël subit, fasse l'objet d'un chapitre )  part dans une éventuelle réédition.

 

Cette réédition devrait permettre à Luciano Garibaldi de préciser deux points de détail. L'Occident peut, certes compter sur la puissance militaire d'Israël, comme il l'écrit, Mais dire que l'Occident avait besoin "d'installer dans cette région du monde stratégique une présence "régulatrice" et, que " c'est dans ce cadre géopolitique que s'inscrit la création de l'Etat hébreu", est un peu sommaire.

 

D'autre part, il fallait, certes, rappeler qu'en 1982 l'opération "Paix en Galilée" contre les bases de l'OLP au Liban "voit des milices chrétiennes maronites s'allier aux Juifs (et qu'elle) culmine avec les massacres de Sabra et Chatila". Il serait encore mieux de bien préciser que ce sont les phalangistes chrétiens libanais qui ont massacré des civils mêlés aux terroristes palestiniens.

 

Au total, à la fois un ouvrage de référence, un album de souvenirs et un musée de l'horreur des guerres.

 

 

 

(1) Luciano Garibaldi, Un siècle de guerres, Vol. 24,5x30,2 – 448 pages, 29,95 euros, 2002, Editions Gründ, 60 rue Mazarine, 75006 Paris, Edition originale : White Star, Un Secolo di Guerre, 2001

 

 

Paul Giniewsky

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