La question : A-t-on le droit de défendre Israël ?, est le titre du dernier livre d'Yves Azéroual (1). Loin d'être théorique, c'est une interrogation éminemment prati-que, qui se pose à tous ceux qui tentent d'exprimer la vérité sur le pourquoi et le comment du conflit israélo-arabe. La réponse à la question est donnée quotidien-nement par la lecture de certains articles et la vision de certains programmes de télévision. Tout se passe comme si la seule défense de la cause des Palestiniens serait licite, et la défense d'Israël complicité avec les sinistres desseins des "colons", des "occupants" et des sharoniens.
Yves Azéroual apporte des vérités, "ce qu'il faut savoir avant de juger" comme le dit le sous-titre de son livre. Il fait exploser un certain nombre de mythes sur "les Palestiniens, inéluctablement victimes et les Israéliens nécessairement "bourreaux".
Nombre d'hommes politiques et de journalistes ignorent avec superbe les racines des événements, à commencer par la légitimité de la création d'Israël, que ses ennemis présentent comme une usurpation. En réalité, il y a peu de légitimité aussi forte que celle des Israéliens dans leur pays. Les racines historiques de cette légitimité plongent dans la bi-millénaire aspiration proto-sioniste au retour au Pays d'Israël, endossées sur les plans juridique et politique par la communauté internationale : la Société des Nations a décidé la création du Foyer national juif après la Première Guerre mondiale et les Nations unies, d'un Etat juif, après la Deuxième.
Le mythe de l'expulsion délibérée des Palestiniens par Israël s'évanouit devant l'évocation des faits. "Certains", rappelle Le Monde le 21 avril 1951, "ne voulaient pas vivre dans un Etat juif ; d'autres ont fui la bataille et, une fois celle-ci terminé, n'ont jamais trouvé l'occasion de revenir chez eux. Beaucoup plus nombreux sont ceux qui sont partis parce qu'on leur avait dit que c'était pour quelques jours, quelques semaines au plus, et qu'ils reviendraient avec les armées arabes triomphantes (…) ils n'avaient fait qu'obéir, comme toujours, aux ordres de leurs supérieurs".
Depuis, ces exilés volontaires et leurs descendants bénéficient d'un statut privilégié par rapport à toutes les autres catégories de réfugiés. Leur revendication d'un "droit au retour" n'est qu'un autre moyen d'exprimer la volonté de détruire Israël, de le transformer en Etat arabe, comme l'a bien exprimé le colonel Nasser en 1961 : "Si les réfugiés retournent en Israël, Israël cessera d'exister". La quasi-totalité des dirigeants arabes l'on dit aussi crûment, Yasser Arafat par exemple : L'Etat d'Israël étant une séquelle de la Seconde Guerre mondiale, il doit disparaître avec les autres séquelles de cette guerre, comme le mur de Berlin".
Les moyens de cette destruction sont les guerres successives imposées à Israël par ses voisins et le terrorisme.
Dans l'ensemble des pays arabes, en Iran et dans les territoires où s'exerce une autorité palestinienne résonnent les appels au djihad. Et les organisations terroristes, qui ciblent délibérément les civils juifs, tentent de justifier cyniquement leurs crimes de guerre et leurs crimes contre l'humanité : “Les enfants, déclare un communiqué du Hamas,” à un certain moment, deviendront des soldats. Bien sûr, nous préférons attaquer des militaires mais d'un point de vue idéologique, il n'y a pas de différence entre un soldat et un enfant israélien".
Ce génocide artisanal est fomenté et encouragé par une intense propagande anti-israélienne et antisémite, véhiculé par un enseignement du mépris et de la haine des Juifs dans l'ensemble du monde arabe. "Les tombereaux d'insultes", écrit Yves Azéroual, "les foison-nements de prêches assassins, la prolifération d'émissions néga-tionnistes, les caricaturistes et les intellectuels appelés en renfort, la profusion de sites islamistes radicaux et la multiplication des ambassadeurs de cette parole haineuse ne peuvent pas ne pas avoir d'incidences fâcheuses et marquantes sur la jeunesse palestiniennes".
Exemple de ce délire qui motive les hommes-bombes comme les mini-pogromiste des banlieues parisiennes : Dans un sermon de 2003, un iman du Qatar prétend que "les Israéliens postés aux check-points ont un seau dans lequel ils disposent un certain nombre de papiers. Ils demandent à leurs victimes d'en choisir un. Celui-ci prend alors le papier sur lequel il est écrit par exemple : 'Le frapper sur la tête jusqu'à ce qu'il se prosterne' ou encore 'lui briser l'auriculaire', ou encore 'lui déboîter la main' ou encore 'Lui couper les mains et les pieds'. Et cela a effectivement eu lieu…" On trouve cette insanité débile, et d'autre de la même veine, sur un site en français sur le Net.
Exemples encore des innom-brables inventions et mensonges acceptés largement à travers le monde arabe et colportés en Occident : Le "massacre" de Jenine qui aurait fait des milliers de victimes et qui s'est soldé par quelque 50 morts, la plupart des terroristes. Ou l'attaque du World Trade-Center en 2001, commise par le Mossad. De ces fantasmagories, constate Yves Azéroual, "hélas, par facilité, concordance de vues ou nonchalance, les médias occidentaux se font les relais".
L'auteur passe en revue la plupart des composantes du dossier du conflit, que l'Occident regarde de plus en plus à travers le prisme formant et déformant du palestinisme : le double langage d'Arafat et des dirigeants palestiniens, leur régime de dictature et de corruption. Le "mur de la honte" qui a mobilisé un monde totalement indifférent aux dizaines de murs et de clôtures de séparation qui parsèment le globe, et qui pourtant a d'ores et déjà sauvé de nombreuses vies israéliennes, et donc permet "de comprendre pourquoi les Palestiniens sont pris de fureur au sujet de la barrière de sécurité". E mythe de la vie heureuse des Juifs dans les pays arabes avant la création d'Israël, et qui, au contraire, ont vécu des siècles de pogromes, d'atrocités, de discriminations pseudo-légales dans la servitude de leur statut de dhimmi, dont étaient aussi victimes les Chrétiens, et qui est encore partiellement en vigueur dans plusieurs pays musulmans.
Le mythe de la "provocation" d'Ariel Sharon sur le mont du Temple, en septembre 2000, qui aurait déclenché l'actuelle guerre et qui a été, en réalité, soigneusement préméditée et préparée par les Palestiniens, de leur propre aveu. Etc, etc.
Yves Azéroual a fourni des antidotes contre la désinformation et le parti pris pro-palestinien et anti-israélien. Son livre contient un savoir incontournable et mérite une large audience. Le problème réside dans le fait que des hommes politiques, des journalistes, des commentateurs et condamnateurs automatiques d'Israël ne veulent pas savoir, ou savent et ignorent délibérément les faits. Friedrich Nietzsche disait : "Les convictions sont des ennemies de la vérité plus dangereuses que les mensonges".
Paul Giniewsky