SHOAH

 

Histoire de Vichy

Par François-Georges Dreyfus – Editions de Fallois

896 pp – 27 euros – ISBN 2-87706-489-1

 

60 ans après sa disparition, le régime de Vichy demeure un sujet difficile. Thème où la controverse le dispute à la passion, où le jugement précède la condamnation.

L'auteur, historien lucide, nous livre ici une brillante analyse des mouvements d'idée d'avant-guerre et détaille, sans complaisance, les manœuvres politiques de ses dirigeants, analysant leurs erreurs et leurs fautes aussi bien que leurs excuses.

Ouvrages passionnant autant que déconcertant parce que fort éloigné, dans sa rigueur historique, des clichés cultivés habituellement sur le sujet.

Dans cette brique de près de 900 pages l'auteur décortique et analyse brillamment ce régime.

 

Le temps de la déchirure

Par Henri Wermus – Ed.. Labor et Fides

256 pp – 22 euros –ISBN 2-8309-1135-0

 

L'auteur, né en Pologne, empêche d“étudier dans son pays, émigre en Belgique en 1937. Ses adieux à la gare de Varsovie seront les derniers. Sur les soixante-dix membres de sa famille, seuls en réchapperont deux.

Henri Wermus, à l'automne de sa vie, retraverse cette existence et remplit ce contrat que tout survivant endosse vis-à-vis des survivants ; témoigner.

Sous-titré Varsovie, Paris Zürich, un itinéraire d'apprentissage (1925-1945,) un livre digne et émouvant.

 

La nation et la mort. La Shoah dans le discours politique d'Israël - Par Idith Zertal

Ed. La Découverte- 292 pp – 20 euros

ISBN 2-7071-4416-9

 

Depuis la création d'Israël, la Shoah, les six millions de morts, n'ont jamais cessé d'être présents. C'est cette relation complexe et ambiguë que Idith Zertal, professeur d'histoire à l'Université hébraïque de Jérusalem, étudie avec précision.

Un livre capital pour comprendre Israël.

 

Génocides. Lieux (et non-lieux) de mémoire

Collectif – Revue d'Histoire de la Shoah

488 pp - euros 19 – ISBN 2-85056-782-5

La revue d'histoire de la Shoah nous livre son 181° numéro ! Les sites du génocide constituent l'une des matières premières de mémoire du siècle passé. Mais la politique suivie après coup autour de ces zones hantées par les massacres dit surtout le rapport d'une société à son passé, et le passage, assumé ou non, de la mémoire à une histoire libre de s'écrire.

En laissant l'oubli envahir ces lieux désolés, les contemporains se sont livrés à un déni de réalité de l'horreur qui y fut perpétrée.

Car sans lieux où s'ancrer et sans mots pour la dire, la mémoire s'efface et, avec elle, la réalité de ce qui fut. Mais quand elle est reconnue et quand le génocide est commémoré, rien n'assure du sens ultime revêtu par la cérémonie. Autour des lieux des génocides, quelle mémoire s'agira-t-il de mettre en place pour les temps troublés qui sont devant nous : la vengeance ou le pardon, le repli ou la réconciliation, le dolorisme ou la réflexion politique.

 

Elvina et la fille de Salomon

Par Sylvie Weil – Ed. Medium

322 pp – 12 euros – ISBN 2-211-072-83-6

 

La suite des aventures de la petite-fille de Rachi de Troyes. Celui à qui elle croit être promise, le maître d'école Obadiah, doit respecter une promesse échangée entre son père et un de ses vieux amis et épouser une jeune fille orpheline, en route d'Egypte pour le rejoindre. Dulcia est belle, somptueusement parée.

Lorsque deux moines tentent de kidnapper Godolias, lorsque Obadiah est fait prisonnier d'un baron qui cherche à extorquer une rançon, les deux femmes deviennent des alliées et ce sont comme deux sœurs qui se lancent à l'aventure.

 

Kaddish pour les miens

Par Armand Gliksberg – Ed. Mille et une nuits

338 pp – Euros 10 – ISBN 2-84205-842-9

 

« Pour les survivants de l'Holocauste, le devoir est de témoigner ». Ces mots ouvrent le livre d'Armand Glicksberg qui termine son devoir de mémoire « En moi la blessure de ne s'est jamais refermée, elle s'approfondit au fils des ans, au spectacle du monde.

Ce livre bouleversant est le témoignage d'un enfant, d'un adolescent, d'un homme dont le père, la mère et la soeur ont été assassinés à Auschwitz. Sa blessure, la notre, se creuse davantage de page en page. « Qu'une paix parfaite et une vie heureuse, nous soient accordées par le Ciel, à nous et à tout Israël, dit le Kaddish.

 

Exécuteurs, victimes, témoins

Par Raoul Hilberg – Ed Folio

528 pp – ISBN 2-07-0316661-1

 

Les exécuteurs  : officiers, médecins, anthropologues, juristes, fonctionnaires, allemands, nouveaux Allemands mais aussi volontaires non allemands, Ukrainiens, Baltes ou autres, enthousiastes à la tâche.

Les victimes , identifiables et recensables à tout instant et que la mort collective érigea en une masse sans forme, inscrite dans la mémoire sous l'évocation des millions qu'elles furent.

Les témoins  : les sauveurs, individuels ou collectifs, les Alliés, les puissances neutres, les organisations sionistes, les Eglises, dont nombre se crurent – ou se voulurent – impuissants, si bien qu'ils le devinrent.

 

Rwanda : le génocide, l'Eglise et la démocratie

Par Bernard Lugan – Ed. du Rocher

240 pp – Eutos 10 – ISBN 2-268-05060-2

 

Comment classer un livre sur la tragédie tutsie si ce n'est dans Shoa? Des êtres humains massacrés, non pour ce qu'ils ont fait, mais pour ceux qu'ils sont ! Ca ne vous rappelle rien ?

Et puis certains Tutsis, affirment, revendiquent leur judéité. Ils sont juifs, disent-ils avec force, les Juifs d'Afrique, les Juifs de Kush. Et ils auraient été massacrés pour cela, avec la complicité active de l'Eglise (certains prêtres et religieuses auraient même participé aux tueries !)

Bernard Lugan n'aborde pas la thèse de la judéité des Tutis. Il place ces tueries sur un antagonisme antique : celui de la culture de la houe (les Hutu) contre celle de la vache (les Tutsis). L'auteur, qui a enseigné à l'Université de Rwanda entre 1972 et 1983, répond à ce qui affirment qu'il n'y pas eu de planification, que c'est une folie collective (trois fois : 1959, 1994 et 2004 !)… Et pourtant il y a eu génocide.

Alors comment, si ce n'est dans Shoa ? Un autre chapitre odieux de la malfaisance humaine. Les Tutsis sont-ils Juifs ? Alors, encore des Juifs qu'on assassine et les monde se tait.

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