SHOAH ET SECONDE GUERRE MONDIALE

 

Des éditeurs ont choisi la commémoration du soixantième anniversaire de la libération d’Auschwitz, pour sortir plusieurs livres sur la Shoah.

L’adolescence d’un juif d’Algérie 130509 2150 89143
Par Gabriel Benichou – Ed. L’Harmattan
182 pp – 16 euros – ISBN 2-7475-5938-6

A seize ans, lycéen, Gabriel Benichou est déporté de Marseille, le 8 avril 1943, à Auschwitz.
Il survivra à la Marche de la Mort.
De retour des camps, devenu médecin, père de famille, comment raconter l’indicible, quand on est un encore vivant ?
Dans ce livre, poussé par ses petits enfants, il le fait et se penche sur son passé !

Et,
Les Miens et les Nôtres. 1925-1944 : 19 ans dans le XXe siècle, Par Daniel Bessmann – Ed. L’Harmatan
304 pp – 29 euros – ISBN 2-7475-5849-5

De par ses origines « non-aryennes », un jeune garçon découvre, en 1940, qu’il n’est pas un enfant comme les autres. Abordant une adolescence tourmentée, il trouve le chemin de la Résistance.
Il décrit ici, ses dix-neuf premières années…

Un bateau pour l’enfer
Par Gilbert Sinoué – Ed. Calmann-Lévy 304 pp –
19 euros – ISBN 2-7021-3406-8

A la suite de la pression internationale, mais surtout pour des raisons de propagande, en 1939, Hitler décide de laisser partir les Juifs allemands qui le souhaitent. 937 d’entre eux, dont 550 femmes et enfants, munis de visas pour La Havanne, s’embarquent le 13 mai 1939, à bord du Saint-Louis. Ils espèrent que Cuba ne sera qu’une halte, en attendant un visa pour les Etats-Unis.
Le 23 mai, à la veille de pénétrer dans les Cubaines, l’ordre d’accoster, lui est refusé. Gustav Schröder, le capitaine, sait que s’il retourne à Hambourg, une mort certaine attend ses passagers. Il implore les gouvernements du monde dit libre, mais nul ne veut de ces Juifs.
Une effroyable errance commence…
Et
Justice à Dachau
Par Joshua M. Greene 456 pp – 23 euros –
ISBN 2-7021-3553-6

Si le monde se souvient du procès de Nuremberg, qui se rappelle de celui de Dachau où furent jugés des centaines d’officiers, de gardiens, de médecins, qui durent répondre de la mise en œuvre, sur le terrain, de cette politique d’extermination dans les camps de Dachau, Mauthausen Flossenburg et Buchenwald ?
Joshua Greene reconstitue ces procès et révèle le rôle de William Denson, professeur de droit, que l’US Army nomma procureur militaire.
Ce procès, au même titre que celui de Nuremberg, a prouvé qu’un procès, pour crimes de guerre, et à fortiori pour crimes contre l’humanité, n’était pas une variante du « malheur aux vaincus », pour peu qu’il s’appuie sur une rigueur procédurière et morale.

Ainsi que
Des voix sous la cendre. Manuscrits des Sonderkommandos d’Auschwitz-Birkenau
448 pp – 22 euros – ISBN 2-7021-3557-9

Entre 1942 et novembre 1944, l’Allemagne nazie assassine dans les chambres à gaz d’Auschwitz-Birkenau, plus d’un million de personnes, des Juifs européens dans leur immense majorité. Un Sonderkommando, une unité spéciale, constituée de détenus juifs qui se relaient jour et nuit, est contrainte d’extraire les cadavres des chambres à gaz, de les brûler dans les crématoires et de disperser les cendres.
Quelques hommes ont retranscrit ces ténèbres, et ont enfoui leurs manuscrits dans le sol de Birkenau. Cinq de ces textes ont été retrouvés après la guerre. Aucun de leurs auteurs n’a survécu, les équipes étant liquidées et remplacées à intervalles réguliers. Ce sont trois de ces manuscrits, dans une nouvelle traduction du yiddish, pour partie inédite en français, qui sont présentées dans ce livre. La terreur, qui est la règle à Birkenau , est la toile de fond de cette histoire. C’est d’elle dont parlent tous les écrits.

Ainsi que
Secrets officiels. Ce que les nazis planifiaient.
Ce que les Britanniques et les Américains savaient.

Par Richard Breitman
368 pp- 23 euros – ISBN 2-7021-3558-7

Les Américains et les Britanniques savaient. Certaines des preuves étaient aux mains des responsables occidentaux. Les services de renseignements anglais, avaient intercepté et déchiffré de nombreux messages radios des polices allemandes et de la SS. Marquées « secret absolu. Ne doit jamais sortir de ce bureau », ces preuves ont été dissimulées soigneusement. Cinquante ans plus tard, elles sortent des archives !
L’auteur, professeur d’histoire et écrivain, examine comment les leaders nazis ont organisé l’Holocauste, et s’attache à évaluer l’ampleur de la dissimulation britannique et américaine. Son ouvrage, effrayant et passionnant, s’achève par un examen des conséquences du maintien du secret sur ces informations, pendant des décennies.

Hitler, l’Europe et la Shoah
Par Robert S. Wistrich – Ed. Albin Michel
336 pp – 20,90 euros – ISBN 2-26-15559-7

Récusant toute explication mono-causale, et évitant toujours l’illusion rétrospective de la fatalité (la Shoah n’est jamais étudiée sans la résistance), Robert Wistrich, ensei-gnant d’histoire moderne, juive et européenne, à l’Université hébraïque de Jérusalem, et directeur du centre international de recherche sur l’antisémitisme, passe au crible, les interactions entre la politique de pureté raciale d’Hitler, la longue tradition européenne d’antisémitisme (tant chrétien que séculier), les troubles sociaux en Allemagne, les complicités des églises.
Il démontre, comment se sont articulées plusieurs décisions à divers échelons, pour aboutir à la Solution finale, et rappelle que l’Allemagne ne fut pas la seule à s’être efforcée de répondre à la volonté du Führer. On mesure mieux, l’autonomie relative de chaque pogrom, de chaque massacre en Europe, sans, naturellement, que Hitler soit en quoi que ce soit, exonéré.
Au terme de cette passionnante synthèse, Robert Wistrich, s’interroge sur la place de la Shoah dans la modernité, insistant davantage sur le caractère européen du génocide que sur son caractère proprement allemand.

Et, chez le même éditeur,
Auschwitz, les nazis et la « solution finale » Par Laurence Rees 400 pp, 21.50 euros, ISBN2-226-15590-2

Le 27 janvier 1945, l’armée rouge pénètre dans le camp d’Auschwitz, et libère les derniers survivants. Le monde découvre un système d’une barbarie inouïe et jamais vue dans l’histoire de l’humanité : la Solution finale, les chambres à gaz, et les fours crématoires.
S’appuyant sur les meilleures sources historiques, et sur une centaine d’entretiens inédits avec d’anciens bourreaux et des rescapés, Laurence Rees, directeur des programmes historiques à la BBC, nous permet de comprendre de l’intérieur, le fonctionnement de cette machine à tuer. La force et l’originalité de cette enquête unique, sont de démontrer, comment les décisions qui ont abouti à la construction des camps, ont mûri, des années durant. Et l’on découvre, incrédules, qu’aujourd’hui encore, nombre d’anciens nazis, justifient leurs crimes par un simple et atroce : je pensais que c’était une bonne chose. »

Ainsi que,
Un Arabe face à Auschwitz : la mémoire partagée
Par Jean Mouttapa , 304 pp – 19 euros –
ISBN 2-226-14195-2

Face à l’escalade désespérante de la violence, qui ne cesse de meurtrir les peuples du Proche-Orient, face à l’angoisse sans précédent, qui s’est emparée des Juifs d’Israël et de la diaspora, depuis la seconde Intifada, Emile Shoufani, a lancé en 2202, une initiative unique, magnifique mais a priori, irréalisable : un voyage judéo-arabe sur le site d’Auschwitz-Birkenau, et une exploration commune de la mémoire de la Shoah.
Répondant à son appel, des centaines d’Arabes israéliens, ont voulu pénétrer la mémoire juive, pour placer le dialogue à un autre niveau, dans un geste délibérément gratuit qui a bouleversé beaucoup de consciences juives en Israël, et dans le monde.
Ce voyage, intitulé « Mémoire pour la paix », a eu lieu en mai 2003, et a rassemblé plus de cinq cents personnes, venues d’Israël, de France et de Belgique, Juifs, musulmans, chrétiens, croyants ou non-croyants. Jean Mouttapa, retrace les étapes de cette aventure collective.

Et
Pacte avec le diable :
Les Etats-Unis, la Shoah et les Nazis

Par Fabrizio Calvi - 384 pp – 21,50 euros –
ISBN 2-226-15593-7

Les relations entre les Alliés et les nazis, pendant et après le Seconde Guerre Mondiale, n’ont-elles pas relevé d’un pacte avec le diable ? Ou, si l’on se réfère à l’utilisation de criminels de guerre lors des jeux troubles de la guerre froide.
Et si le silence et l’inaction, valent complicité, l’absence de réaction des Alliés face à l’Holocauste, qu’ils connaissaient pourtant, dès les premières heures, tient, elle aussi du pacte.
Ce document exceptionnel, est le fruit d’un long voyage au cœur des archives secrètes, qui viennent d’être rendues publiques par les Américains. Fabrizio Calvi, spécialiste de l’histoire du renseignement, démonte les mécanismes de la destruction des Juifs d’Europe, notamment lors de la conférence des Bermudes, sur les réfugiés d’avril 1943.
Après la guerre, la CIA était-elle manipulée par les criminels de guerre de l’organisation Gehlen ? Que cachait le mystère du « train d’or » hongrois ? Quelle était l’ampleur de l’infiltration soviétique des réseaux nazis, pendant la guerre froide, notamment les réseaux dormants de Martin Bormann ?
Une somme de révélations sur le cynisme et l’aveuglement des vainqueurs.

La station Saint-Martin est fermée au public
Par Joseph Bialot – Ed. Fayard - 180 pp – 14 euros - ISBN 2-213-62110-1

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, un jeune homme agonisant, est ramassé par des soldats américains sur une route allemande, parsemée de cadavres. Il est amnésique : seul un numéro tatoué sur l’avant-bras, montre qu’il revient d’Auschwitz.
Soigné par des médecins militaires français, il réapprend à vivre, et découvre l’amour, avec son infirmière. Lentement, par bribes, son passé revient : le camp de Gurs, la déportation…
Le nom d’une station de métro frappe sa mémoire. Il sent que là, il peut renouer les fils de son passé. Ce livre émouvant et passionnant, est basé sur une histoire vraie.

Le commandant d’Auschwitz parle -
Rudolf Hoess, Ed. La Découverte
278 pp – 11,50 euros – ISBN 2-7071-4499-1

Dans sa première édition, en 1959, le Comité inter-national d’Auschwitz, présentait ainsi ce livre : « Rudolf Hoess a été pendu à Auschwitz en exécution du jugement du 4 avril 1947». C’est au cours de sa détention à la prison de Cracovie, et dans l’attendu du procès, que l’ancien commandant du camp d’Auschwitz, a rédigé cette autobiographie, sur le conseil de ses avocats et des personnalités polonaises, chargées de l’enquête sur les crimes de guerre nazis, en Pologne.
Conçu dans un but de justification personnelle, mais avec le souci d’atténuer la responsabilité de son auteur, en colorant le mieux possible son comportement, celui de ses égaux, et des grands chefs SS, ce document, projette une lumière accablante sur la genèse et l’évolution de la « Solution finale » et du système concentrationnaire. Ce «compte rendu sincère», représente l’un des actes d’accusation les plus écrasants qu’il nous ait été donné de connaître, contre le régime, dont se réclame l’accusé, et au nom duquel il a sacrifié, comme ses pairs et supérieurs, des millions d’êtres humains, en abdiquant sa propre humanité. »
La préface de Geneviève Decrop, replace en perspective, ce texte fondamental. Et dans la postface, inédite à cette édition de poche, elle montre, en quoi les avancées récentes de l’historiographie de la Shoah, renouvellent la portée de sa lecture.

Le livre des homes. Enfants de la Shoah. AIVG – 1945-1959, composé par Adolphe Nysenholc – Didier Devillez Editeur, 32 pp, 35 euros -ISBN 2-87396-062-9

Un livre qui tombe à point pour nous rappeler, que, dans l’euphorie de la Libération, des enfants, des milliers d’enfants rescapés de l’enfer nazi, apprennent à nouveau à vivre, à rire, à s’amuser. Formidable livre de vie, ces enfants qui ont tout perdu, ont une maison, le foyer de l’AIVG (Aide aux Israélites victimes de la guerre) ce qui leur permet de se reconstruire et, par leurs rires et leurs jeux, de surmonter le traumatisme.
Formidable livre d’espoir, car ces rescapés proclament d’habiter un foyer, et non un orphelinat. Ils recréent, avec leurs camarades de souffrance, une fratrie nouvelle.
Par une série de photos, de dessins et d’anecdotes, Adolphe Nysenholc nous donne ici une formidable leçon: vivre tout simplement.

Joseph Weill : le combat d’un Juste
Essai autobiographique

Ed. Cheminements, 684 pp – 35 euros ISBN 2-914474-60-1

A un moment où disparaissent les témoins, ce récit vivant, passionnant, lucide, sans concessions mais sans haine, constitue la méditation d’une vie empreinte d’une foi profonde, et du souci de la transmission de la culture et des valeurs du judaïsme, confrontée à la violence permanente de l’antisémitisme.


A quelques jours d’intervalle deux ouvrages concernant la communauté juive de Belgique voient le jour :

La Persécution des Juifs en Belgique (1940-1945)
Par Maxime Steinberg – Ed. Complexe
320 pp- ISBN 2-8048-0026-1

Cet ouvrage, qui pose la question des responsabilités en termes d’efficacité, analyse tous les rouages du système qui organise la persécution des Juifs en Belgique, entre 1940 et 1945. Il définit le rôle et les agissements de ses acteurs clés, depuis les premières ordonnances antijuives, jusqu'à l’été meurtrier de1942. En examinant les rôles et la répartition des tâches entre les différents services allemands, l’auteur constate, que les effectifs des persécuteurs, étaient dérisoires. Dès lors, pour arriver à leurs fins, les nazis auront besoin de relais, belges ou même juifs, qui exécuteront les mesures antisémites.

Et
Les curateurs du Ghetto.
Sous la direction de J.Ph. Schreiber et de R. Van Doorselaers – Ed. Labor
592 pp – ISVB 2-8040-1965-9
Sous titré : L’Association des Juifs en Belgique sous l’occupation nazie, cette brique de près de six cents pages, tente de faire découvrir une facette méconnue du sort des Juifs de Belgique, entre 1941 et 1944.
L’Association des Juifs en Belgique (AJB), crée par l’occupant nazi afin de rassembler les Juifs dans une institution obligatoire, savait-elle et avait-elle la liberté d’agir différemment, ou s’est-elle faite la complice involontaire des Allemands.
L’AJB, similaire au « judenrat » créée par les nazis en Pologne, avait-elle le choix ? Les dirigeants de l’AJB – (dont certains furent jugés après la guerre) pouvaient-ils faire autrement ?
Cette question reste toujours sans réponse.

La déclaration
Par Brian Moore – Ed. l’Archipel
264 pp – 19,95 euros – ISBN 2-84187-561-X

Pierre Brossard a un lourd passé. Pendant la guerre, il a dirigé la section marseillaise de la milice et il est responsable d’exécutions sommaires de Juifs. Il est sous le coup d’une condamnation à mort, prononcée à la Libération.
Depuis quarante ans, il vit dans l’anonymat, protégé par une certaine frange de l’Eglise catholique.
Rattrapé par son passé, la presse le traque, et la justice n’est plus seule à ses trousses : Une organisation juive a juré de l’abattre. Inspiré des pages les plus sombres de l’Occupation, ce livre est un thriller haletant.

Un DVD proposé par la RTBF (www.rtbf.be): Auschwitz, l’album de la mémoire
Un film d’Alain Jaubert – Ed. Montparnasse

Ce DVD tombe à point. Ce 27 janvier, nous commémorons la libération d’Auschwitz, et parmi les témoignages, livres, films (dont un ,qui veut nous montrer les derniers jours de Hitler, au risque d’en faire un personnage pitoyable, alors que c’était un monstre !), la chaîne nationale belge nous offre un document exceptionnel et profondément humain.
Un document à l’état pur, incontestable, insoutenable.
En juin et en juillet 1944, près de quatre cent mille Juifs de Hongrie, sont déportés à Auschwitz. Presque tous, seront exterminés.
Un photographe SS est présent, un jour de juillet, à l’arrivée de quelques convois. Il prendra près de deux cents photos. Il les a rassemblées dans un album qui sera découvert, le 11 avril 1945, à huit cents kilomètres d’Auschwitz, par une jeune juive hongroise, Lily Jacob, miraculeu-sement rescapée. Elle y trouvera des photos de parents, d’amis, de voisins, tous gazés et incinérés.
Ces photos, les seules connues à ce jour, démontrent le mécanisme et le fonctionnement du camp d’extermination.
Quatre survivantes, commentent ces photos, et confrontent leurs souvenirs aux images de cette journée « normale » d’Auschwitz.
Dans le même DVD, des documents d’archives, des films tournés par les Américains lors de la libération du camp, et qui servirent de réquisitoire implacable lors du procès de Nüremberg.
L’horreur dans sa vérité nue.
Annette Wierviorka, l’historienne, nous donne dans ce même DVD, des faits précis, des chiffres rigoureux sur Auschwitz. Au-delà et à cause de la sécheresse des faits, la preuve incontestable du génocide.
Sylvie Lindeperg interroge le réalisateur Alain Jaubert, sur ce film.
Un DVD qui fait frémir, mais qu’il faut voir et montrer. Qu’il faut diffuser pour mettre en garde nos jeunes, et montrer au monde, que ceci s’est passé, que ceci peut se reproduire.

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