POEMES , par Rachel Uziel-Farhi, traduit par Colette Salem

A Hedva Almog

J'ai dormi
la porte ouverte
aucun esprit n'est entré,
nul esprit bienfaisant, nul esprit mauvais.
Nul démon ricanant,
nul ange en pleurs.

Et moi j'attendais!

J'avais refermé ma porte,
soudain
sur elle ils se sont rués.
Esprits, diables, anges.
Et moi
le coeur durci par l'attente d'hier -

Je n'ai pas pu ouvrir.

Rendez-vous remis

Si tu étais venu à moi
Hier à sept heures trente
J'aurais été une autre feme,
Femme de la nuit,
Femme du soir.

Et j'aurais porté sur mes épaules
Le jour tout entier
A disperser
En rêve avec toi.

Mais tu es venu à moi
Aujourd'hui à trois heures trente
Et je suis une femme de jour
Au soleil plein la peau
Les yeux
Les lèvres.

Nos lèvres unies
Ont transvasé
La moitié d'un jour
Dans l'autre moitié
Et ensemble nous fûmes un jour entier.

Tu es parti
Et je porte la moitié de ton jour
En moi
A disperser en rêve.

Une femme à un homme a donné

Une femme à un homme a donné une bulle
Où sont lovés
tous les foetus
De ses rêves envers la vie.

Ne crève pas cette bulle
Je t'en supplie;
si elle crevait
Tous les foetus de ses désirs
De ses rêves envers la vie
Envahiraient ta chambre
En poussant leur premier cri
Pourrais-tu le supporter.

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- Copyright © 1997 Moïse Rahmani <mrahmani.ise@skynet.be> -