L'orphelinat national israélite d'Ortakoy (1920-1925), par Nissim Ben Ezra

Tandis que les pères se faisaient tuer dans " l'Enfer de Gallipoli " (1915), les mères et grands-mères succombaient à la famine qui sévissait à Constantinople. Dès 1918, on ouvrit à Sisli un pensionnat pour jeunes filles de bonne famille. Peu de temps après, on établit un orphelinat pour garçon et filles à Hasköy (Corne d'Or). Grâce à l'aide financière du " Near East Relief ", on fit acquisition de deux palais sur les pentes de Yildiz, à Ortaköy. Dès lors, on réduisit les deux institutions en une seule et l'on y accueillit des orphelins de père et mère seulement. L'orphelinat d'Ortaköy occupait ce qui avait été la résidence du " Sorbeçi Basi " (Grand Echanson) du sultan Abd'ul Hamid II. D'où la beauté de ses jardins superposés, les moulure des rampes, les étangs, les terrasses, les fontaines d'eau, les carrés de fleurs, les arbres fruitiers et d'ornement. Tout cela a été la proie des flammes au cours d'un incendie qui ne laissa pas " pierre sur pierre " comme l'a écrit dans " Le Journal d'Orient " M. Dalmedigo (août 1925). Ce fut la fin d'une vie idyllique pour les pupilles de la nation.

Un des orphelins a pu réunir quelques photos que nous nous faisons une plaisir de reproduire :

De Haut en bas et de gauche à droite :

Fortunée Benbassat - Zali - Zelda Béhar - Rica Ben Ezra - Sara Rofé (Une des plus jolies orphelines) - Nissim Ben Ezra (le futur écrivain bilingue) - Elie Katz, le boute-en-train des filles et garçons - Linda Corkidès (aussi gentille que charmante) - Jacques Eskénazi, émigré avec sa soeur en Argentine (1925) - Léon Béhar, accueilli par son oncle de Sotil, propriétaire d'un grand magasin à Bruxelles.

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