Notre numéro
de décembre comporte deux dossiers,
qui, si nous y réfléchissons bien, ne sont pas tellement
contradictoires. C'est en même temps un in memoriam pour notre Maître
Léon Poliakov qui vient de nous quitter à 87 ans.
Léon Poliakov fut durant plusieurs décénies, un des plus importants combattants contrel'antisémitisme. Sa magistrale " Histoire de l'Antisémitisme " (qui vient d'être rééditée au Seuil) devrait figurer dans la bibliothèque de tout honnête homme. Comme le regretté Jules Isaac, Léon Poliakov fut et demeurera le maître à penser de générations d'hommes épris de justice morale. Nous garderons longtemps dans nos mémoires le souvenir de cette homme souriant, volontiers espiègle, toujours à l'écoute. Nous assurons Germaine, son épouse, et toute sa famille de notre peine et de notre affection.
Le premier dossier concerne les relations judéo-chrétiennes et il nous a paru utile et nécessaire de diffuser la " Déclaration de Repentance " de certains évêques de France. Pourquoi certains et non tous' Les princes repentants de l'Eglise sont ceux dont les diocèses "abritaient" un camp de concentration auxquels. A ces évêques se sont joints des dignitaires de diocèse d'Ile de France. A cette liste s'est refusé de figurer l'évêque de Strasbourg arguant du fait que l'Alsace avait été annexée par l'Allemagne. Argutie, quand tu nous tiens?
A la suite de cette Déclaration nous faisons figurer un texte important de Jean Paul II. Celui-ci fait état des racines de l'antijudaïsme en milieu chrétien lors du colloque qui s'est tenu au Vatican les 31 octobre et 1er novembre 1997. Ce texte est capital car il préfigure, souhaitons-le, une déclaration vaticane de repentance. Suit un texte de notre collaborateur et ami Ménahem R. Macina, maître de Conférences (les relations judéo-chrétiennes) à l'Université Catholique de Louvain.
Le deuxième volet de ce dossier traite des Chuetas, les Marranes de Mallorque (1ère partie) et d'un Secret de famille. S'il n'y avait eu ce rôle terrible de l'enseignement du mépris dû à un enseignement erroné de l'Eglise à l'encontre des Juifs, il n'y aurait ni Chuetas, ni Marranes, ni conversos.
Hanoucca, Fête des Lumières, commence sous peu. Que ce combat des Fils des Lumières contre les fils des ténèbres voit ceux-ci s'effondrer. Que ces ochos candelas de Hanoucca, brillent et nous illuminent et apportent paix et justice .
A l'aube du deuxième millénaire de l'ère commune, formulons l'espoir que s'ouvre enfin cet enseignement de l'estime qui nous est dû depuis les origines du christianisme. Et que cesse, à jamais, cet enseignement du mépris.