Holocauste 1944

Anne Ranasinghe

Je ne sais pas
Dans quelles étrange terre lointaine
Ils t'ont enterrée;
Ni quel rude vent du Nord
Souffle par les chaumes,
Les chaumes secs, durs
Sur ta tombe.

Et as-tu pensé à moi
Ce matin de Décembre bleu de gel,
lourd de neige et amer,
Tandis que tu marchais nue et tremblante
Sous le ciel de marbre,
En ce dernier instant
Quand tu as su que c'était la fin
La fin de rien
Et le commencement de rien,
As-tu pensé à moi ?

Oh je me souviens de toi ma chérie,
Tes mains pâles tendues
Dans la bénédiction ancienne
Tes yeux vifs et brillants
Au-dessus des chandelles
Entonnant la bénédiction
Béni soit le Seigneur…

Et ici réside la douleur,
La douleur et l'horreur
Qu'en fin de compte il n'y a pas de martyre
Mais seulement la futilité
La futilité de mourir
La fin de rien
Et le commencement de rien
Je pleure des larmes rouges de sang .
Ton sang

Traduit de l'anglais par Gérard Robuchon

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- Copyright © 1999: Moïse Rahmani -