C'était en l'an 203 avant l'ère chrétienne, la Judée fut enlevée au roi d'Egypte par Antiochus le Grand, roi de Syrie. Au début, celui-ci laissa aux juifs la liberté de pratiquer leur loi sacrée, leur magistrature et d'avoir le Cohen (le grand- prêtre). Sous Sélécus, successeur de celui-ci, il se passa dans la ville sainte Jérusalem un fait extraordinaire. Simon, un juif envieux du grand-prêtre, informa le roi, pour s'attirer sa sympathie, qu'il y avait de grandes sommes d'argent dans le temple. Aussitôt le roi envoya un de ses généraux Héliodore, pour s'emparer du trésor. Le grand-prêtre refusa de le donner et dit qu'il servait à l'entretien des veuves et des orphelins. Mais tout fut inutile. Le général voulut entrer dans le Saint des Saints, lieu où le grand-prêtre n'entrait que le jour de Kippour, après une préparation et une purification minutieuse, pour demander à D. , le pardon et les faveurs divines pour son peuple. Dès qu'Héliodore entra dans le Saint des Saints, la puissance divine se manifesta. Un cavalier mystérieux portant des armes étincelantes fondit sur lui, le frappa violemment et l'étendit à demi mort sur le pavé du temple. Il ne dut son salut qu'à l'intervention du Cohen Gadol Honio qui demanda à D. de lui conserver la vie, afin qu'il put aller en personne annoncer au roi Sélécus, la puissance de D. d'Israël. En effet, Héliodore retourna en Syrie et après avoir raconté au roi la terrible épreuve dont il avait été l'objet il dit au roi : "Sire, si vous avez un ennemi à punir, envoyez-le au temple de Jérusalem".
A Sélécus succéda Antiochus Epiphané. Celui-ci, orgueilleux de sa culture, traita les Juifs de barbares. Il persécuta le peuple avec un infernal acharnement. Son but était de les contraindre à abandonner leur religion et a embrasser le paganisme. Le judaïsme vivait des moments les plus redoutables. Il marquait l'apogée de la crise moderniste de l'époque. La culture grecque implantée en Judée tolérante au début introduisit par la suite, coup sur coup des us et des coutumes païennes, consacrés à Zeus. Ces pratiques jetèrent le trouble dans les esprits des âmes croyantes. Plusieurs Saducéens, parmi les notables du peuple trouvèrent nécessaire pour vivre en harmonie de délaisser les prescriptions de la Torah et de s'adapter à la nouvelle mode ; l'assimilation. Favorisé par la complaisance des Juifs hellénisants, autant que par les rivalités et les intrigues des Cohanim envieux du pouvoir pour le poste du Cohen Gadol, Antiochus Epiphanes décida de convertir les Juifs au paganisme par la force. Un jour de chabbat il entra dans le temple, pilla le trésor, tua les fidèles et institua le culte de Jupiter. Mais les Juifs restés fidèles à leur religion répondirent à la persécution par le martyr. Il préférèrent la mort à l'apostasie. Les victimes les plus illustres de cette persécution furent le vénérable Elazar âgé de 99 ans et Hanna avec ses sept fils.
Elazar était un grand docteur de la loi. On voulait le forcer à manger de la viande de porc immolé aux idoles. Il refusa et se déclara prêt à mourir plutôt que de se souiller. Des amis et ses disciples essayèrent de le sauver et l'exhortèrent de tromper le roi en mangeant de la viande cacher qu'ils avaient apportée. Non répondit le vieux Elazar : "une telle dissimulation serait déshonorer ma vieillesse. En mourant fidèle à mon D. je lègue à mes disciples, l'exemple d'une inviolable fidélité aux lois, aux commandements de la Torah." L'héroïsme de sa réponse irrita les soldats qui le conduisirent au centre des tortures. Ils l'accablèrent de coups jusqu'à l'agonie. Et au moment de mourir, il dit : "Seigneur, que je suis heureux de mourir pour Toi". A la même période, il y eut le cas de Hanna avec ses sept fils, qui connurent aussi le martyr pour n'avoir pas voulu manger de la viande défendue par la Torah. Cette famille faisait partie de la famille des Maccabées. On déchira leur corps à coups de fouet. Ils se déclarèrent également prêts à mourir pour D. Devant leur mère, le roi ordonna de les prendre un à un : on coupa successivement la langue à qui avait dit qu'il était prêt à mourir pour D. On leur coupa les pieds parce qu'ils refusèrent de s'incliner devant Jupiter (Zeus). On leur trancha ensuite les mains parce qu'ils n'ont pas voulu prendre la chair du sacrifice immolé à Zeus. A la fin, on leur arracha la peau de la tête et on les jeta dans une chaudière d'eau bouillante.Rien ne les ébranla. Les six aînés des fils subirent le même sort sous les yeux de leur mère, avec un courage invincible. Restait le plus jeune avec sa mère, accroché à sa jupe, terrorisé. Antiochus prit l'enfant à ses côtés et lui fit les plus belles promesses. Le jeune enfantne se laissa pas séduire, ni ébranler par les menaces s'il ne mangeait pas. Devant son refus, le roi s'adressa à Hanna et la conjura d'avoir pitié de son dernier enfant et l'exhorter à obéir à son ordre, afin de sauver sa vie. La mère alla près de l'enfant et lui dit à voix basse : "mon enfant, je t'en supplie, prends pitié de celle qui t'a donné le jour. Elève tes regards vers le ciel et ne crains pas les menaces de ce tyran. Sois digne de tes frères et reçois la mort de bon coeur, afin que je te trouve avec eux dans la vie éternelle". Fortifié par cette héroïque exhortation, l'enfant dit au roi et aux bourreaux qui étaient face à lui "qu'attendez-vous ? Je ne connais qu'un ordre, qu'une loi, celle du D. Créateur du ciel et de la terre". A ces paroles Antiochus entra dans une véritable stupeur. A ce moment-là, la mère supplia le roi de la tuer avant son dernier enfant. L'enfant subit les plus affreuses tortures devant les yeux de sa mère avant de mourir et ensuite, ce fut au tour de la mère. Ces faits suscitèrent des héros qui, armes à la main, revendiquèrent l'indépendance de leur patrie et la liberté de leur culte.
C'était Mathias, fils de Yohanan Cohen Gadol (fils d'un pontife), habitant dans la ville de Modiin (aujourd'hui, situé non loin de l'aéroport Ben Gourion à Tel Aviv), qui donna le signal de la révolte : "Que celui qui veut rester fidèle à D., à sa loi me suive." Il s'enfuit dans les montagnes accompagné de ses cinq fils : Yohanan, Simon, Yehoudah, Elazar et Yonatan. De nombreux Juifs répondirent à son appel et au bout de peu de temps, il se trouva à la tête d'une armée forte pour passer à l'attaque. Ils traversèrent le pays, chassant les forces étrangères, renversant les autels idolâtriques et rétablissant partout le culte de D. Mais la mort vint surprendre le vieux Mathias au milieu de ses succès. Avant de mourir, il donna l'ordre à son troisième fils Yehoudah de continuer la lutte pour la délivrance. Il se rendit redoutable aux ennemis d'Israël, il défit les généraux d'Antiochus sur tous les champs de bataille et finit par se rendre maître de la ville de Jérusalem. Son premier souci fut de purifier le temple profané par les prêtres païens qui l'occupaient et d'y rétablir le culte du vrai D. Le sanctuaire fut restauré et de nouveau consacré à l'Eternel D. par une dédicace solennelle, qui dura huit jours. Ces actions de grâce donnèrent lieu à la fête de Hanouccaque nous célébrons fidèlement depuis l'an 165 avant J.C., soit 2.164 ans, avec joie et conviction pour honorer nos héros et nos martyrs qui donnèrent leur vie pour sauver le judaïsme, assurer notre culte et glorifier le nom de l'Eternel D. de l'Univers. Hag Hanoucca Sameah ! Bonne fête de Hanoucca !