Emmanuel Bulz était un homme sage et bon. Fin lettré, excellent connaisseur de la chose juive, amoureux de son peuple, de sa cultutre et de ses traditions, il se familiarise durant ses études rabbiniques au Séminaire de Sarajévo avec l' âme judéo- espagnole. Résistant de la première heure, il forge les documents qui sauveront des dizaines de vie de résistants.
Je l'ai connu en octobre 1972 . Durant plus de vingt ans je l'ai côtoyé de près. A son contact, j'ai parfait les connaissances que m'avaient inculquées le Grand Rabbin du Congo Moïse Lévy. Ma passion pour le judaïsme, mon amour d'Israël, mon implication dans la vie communautaire, c'est eux aussi qui me l'ont appris.
Je dois au Grand Rabbin Bulz la notion de la communauté, de l'»Ihud chel am Israël», de l'unité du peuple juif. Je me souviens d'un de ses commentaires, le soir de Kol Nidré, il y a près de quarante ans. Il parlait d'un homme désireux de quitter le judaïsme et il comparait notre peuple à un feu qui crépite doucement dans l'âtre. Retirez en un sarment, mettez-le à part ; pendant un certain temps vous n'apercevrez que lui seul. Il semble même briller d'une flamme plus intense que tout le reste ; mais, très vite, cette flamme s'essouffle ; le bois est consommé, il jette encore quelques lueurs moribondes puis s'éteint. De l'autre côté le feu continue à luire, doucement, lentement, éternellement. C'est cela le peuple juif. Lorsqu'on tourne le dos à sa communauté pour briller seul, contre ses frères, on disparaît très vite, alors que la Communauté reste solide car une.
Sa femme Hélène et lui avaient coutume de nous appeler leurs enfants de Bruxelles. Mes filles leur vouaient la même tendresse que celle que nous, gosses d'Elisabtehville (Congo), portons au Grand Rabbin Moïse Lévy. Elles en parlent encore, les larmes aux yeux. Je me souviens de la joie et de l'émotion d'Hélène et d'Emmanuel Bulz lorsqu'ils vinrent à Bruxelles bénir eux aussi l'union de notre « bohora » de notre fille aînée, leur «petite fille de Bruxelles.
Le Grand Rabbin Bulz n'est plus. Son enseignement continue, son esprit demeure. Il nous manque….
El era un ombre savio i bueno, ke no solamente konosia el Djudaizmo, ma estava enamorado de las kozas djudias, de sus kultura, de sus tradision. Atraves de sus estudios en el seminario rabiniko de Sarayevo, el se familiarizo kon muestra kultura sefaradi. El fue un rezistente de la prima ora, i su aksion en la fabrikasion de dokumentos durante la Gerra, salvo munchas personas.
Enkontri al Haham Bulz en el mes de Oktobre del 1972, kuando arivi a este ermozo paiz de Luxembourg. A su kontakto enrekisi las konosensias ke me avia enkulkado el Haham Bashi del Congo, Moshe Levy. Mi amor por el Djudaizmo, mi implikasion en la vida komunitaria, mi pasion para Israel es a eyos tambien ke los devo.
El Haham Bulz m'ensenyo la nosion de komunidad. Me akodro de un darush en la noche de Kol Nidre, ay mas de kuarenta anyos. El avlava de un fulano ke keria deshar muestra fey. El Haham komparava muestro puevlo a un fuego en una cheminea. Toma un pedaso del fuego i metelo d'aparte. Veras ke el briyara mas del otro fuego, ma rapidamente se amatara, i el otro fuego kontinuara a bivir. Esto es la komunidad, ke bive porke es una. El ke se mete kontra sus ermanos desparese kon el tiempo.
Su mujer Helène i el tenian el uzo de yamarmos «sus ijos de Bruxelles». Mis ijas tenian para eyos el mizmo karinyo ke mozotros, los ijos de Elisabethville (Congo), tenemos para el Haham Moshé Levy. Eyos avlan de el kon las lagrimas en los ojos.
Me akodro de la djoya, de la emosion de los Bulz, kuando vinieron a bendizir el kazamiento de muestra bohora Daniela.El Haham Bulz mos desho. Su ensenyamiento, su espirito estan en mozotros.
Emmanuel Bulz was a wise and good man. Well-read, a wonderful expert in Jewish matters, fond of his people, of his culture and his traditions, he becomes acquainted with the Judeo-Spanish soul during his rabbinic studies at the Sarajevo Seminaire. Being a member of the Resistance right from the beginning, he forged up documents which saved the lives of dozens of freedom fighters.
I met him in October 1972. For more than twenty years I was in close contact with him. Thanks to our relations who improved the knowledge which was inculcated in me by the Chief Rabbi of the Congo Moise Levy. My passion for Judaism, my love for Israel, my involvement in the life of the Community, I owe all this to both of them.
I owe to the Chief Rabbi Bulz the meaning of the Community, the « Ihud chel am Israel », the unity of the Jewish People. I remember one of his comments, on Kol Nidre eve some forty years ago. He spoke of a man wishing to quit Judaism and he cmpared our people to a fire crackling softly in the fireplace. If you remove a bough of it and you put it aside, you will see it solely for a certain time. Its flame even seems to burn more intensely than all the rest ; but very rapidly this flame will puff ; the wood will burn out, it will still show a little dying glow and then it will fade away. On the other side the fire continues to shine, softly, slowly for ever. This is the Jewish nation. When you turn your back on your community to shine on your own, against your brothers, you rapidly disappear whereas the Community remains strong because it is united.
Rabbi Bulz and his wife Hélène used to call us their children from Brussels. My daughters used to feel the same tenderness that we, the youths of Elisabethville (Congo) feel for the Chief Rabbi Moise Levy. They still have tears in their eyes when they talk about him. I remember the joy and the emotion of Hélène and Emmanuel Bulz when they came to Brussels to give also their blessing to the wedding of our « bohora », our eldest daughter, their « granddaughter » from Brussels.
The Chief Rabbi Bulz is no longer alive. His teaching goes on, his spirit remains. We miss him.