Hanoukka, Hanoukka… buena fiesta de las kandelas, fiesta de las fritadikas !
Force du rire, du sourire… lueur d'espoir.
Je ne sais pourquoi, lorsque mon ami si complice, Moïse Rahmani, m'a demandé
quelques lignes pour cette parution attendue de Los Muestros, en filigrane,
le sourire de mon père David Cohen z.l. s'est dessiné…
Et j'ai revécu cette historiette de Djoha, du Djoha de Bruxelles…
mais oui, de Bruxelles ! Djoha voyage ! Djoha se mêle de tout !
Mon père racontait… car même durant la période sinistre
de cette terrible guerre qui nous avait séparés - mes parents
au camp d'internement de la Caserne Dossin de Saint-Georges à Malines,
mes sœurs et moi dans un couvent, une maison d'enfants, chez une nourrice
rapace - mon père, ma mère se gaussaient du climat nauséeux.
Papa, bourgeois et frondeur, avait coutume de prolonger sa raillerie, qui était
sa résistance, qui narguait, moqueuse, comme "la zanze des smokkeleirs
des Marolles".
Pour mes amis ignorants de ce quartier bruxellois autrefois si populeux et de
la rue des Radis où se faufilaient les fraudeurs audacieux en quête
des affaires plantureuses des marchés noirs interdits de la Seconde Guerre
mondiale, je traduirais cette langue, ce jargon coloré et savoureux par
"la gouaille des contrebandiers des Marolles".
Mon père racontait d'une voix à peine confidentielle…
Pour quelques sous, Djoha a proposé à l'occupant cinquante kilos
de sel fin, cinquante kilos de sucre cristallisé tout étoilé…
Quelle aubaine, quelle richesse en ces temps de disette lorsque toutes les denrées
se monnayaient, s'échangeaient contre de précieux timbres de ravitaillement.
Oser offrir telle manne à l'occupant… quelle collaboration !…
Oui, insistait Djoha notre héros sépharade, celui de Bruxelles
venu de Stambol, mais il faut les trier, car ils sont mélangés
!
Ayde, a kada uno buena fiesta de Hanuka !
Agora ya eskapi !
Eyos tengan byen i mosotros tambyen !