Los Muestros N°53

        Il semble bien que, de tout temps, l'homme ait eu besoin de codes, de lois, de règles pour vivre en société. D'autres espèces que l'espèce humaine ont également des règles, ainsi les fourmis, les abeilles …

        Le mot "Ethique" vient du grec  êthos = séjour  ou éthos  = habitude, usage. C'est du moins la double acception présumée de son étymologie.  Il Ce terme recouvre aussi bien l'esprit que le corps.

UN PEU D'HISTOIRE       


      L'Ethique est un mot bien galvaudé de nos jours et, malheureusement, employé bien trop souvent à tort et à travers. Plus on l'évoque, moins il nous semble qu'on  respecte l'Ethique ; il s'agit d'une simple constatation découlant des événements récents de l'actualité. Ainsi use t-on du mot éthique à tout propos : « guerre éthique », « placements éthiques », «échanges commerciaux éthiques »…


    L'Ethique n'est justement pas un mot mais un système de valeurs quasi universel avec des particularités locales liées à une histoire. L'Ethique n'a pas de frontières, pas de limites, pas de langue spécifique et pas de domaines d'exclusion : l'Ethique n'appartient à personne en particulier mais bien à tout le monde, à ceux qui veulent bien se livrer à une réflexion par rapport à leurs valeurs morales, avant la loi, avec celle-ci et après elle.


    Une société est nécessairement organisée pour vivre et survivre. Organisation suppose hiérarchisation des fonctions. Ainsi en est-il de l'organisme humain qui protège en cas de traumatisme grave les organes dits nobles que sont par ordre croissant, les reins, le cœur et le cerveau.

        Pourquoi un tel détour pour parler d'Ethique ?
        Pour tenter de la situer à sa juste place, c'est à dire qu'il ne s'agit ni de loi, ni de code (moral, déontologique, civil ou encore moins pénal), ni de règles immuables mais bien d'une dimension toujours en mouvement, au sens d'Héraclite, toujours renouvelée, toujours inachevée par rapport au bien et au mal.

    Il est certain que de nombreuses conventions régissant les rapports des premières sociétés aient été transmises oralement. La pérennisation des lois allait nécessiter des supports sur lesquels seraient gravées ou fixées les dites lois, à l'aide de signes communément admis.

    L'écriture existe depuis la fin du Néolithique (4000 av. J.-C.), en particulier dans les villes sumériennes : les prêtres gravaient des signes sur des tables d'argile humide qui, d'abord iconiques, finirent par représenter des concepts.

    L'histoire de la Mésopotamie révèle l'existence du probable premier code de lois rédigé sous le règne de Ur-Nammu vers 2112 avant J.-C. 
Ur-Nammu souhaitait régner dans l'équité et la justice sociale, en éradiquant la haine et la violence, protégeant les pauvres, la veuve et l'orphelin. Le roi légiférait en instituant des peines et amendes contre les exactions des accapareurs.

    Plus tard, en 1760 environ avant J.-C., Hammourabi, roi de Babylone promulgue son code, devenu célèbre, contenant 382 articles de loi. Parmi les sentences, figurent notamment l'obligation de préserver la vie des esclaves et le repos hebdomadaire du septième jour est prescrit. Ces articles sont gravés sur une stèle de basalte de 2,25 m de hauteur, à présent propriété du Musée du Louvre. Le code d'Hammourabi regroupe l'ensemble des sentences rendues par le roi tout au long de son règne. Il déclara lui-même : « … telles sont les sentences équitables que Hammourabi, roi plein d'expérience, a imposées pour faire prendre à son pays la ferme discipline  et la bonne conduite ».

    Au XIIIe siècle avant J.-C., une invention va bouleverser le monde, l'alphabet mis au point par les Phéniciens.

    Vers 1260 avant J.-C., les Hébreux vivant en esclavage en Egypte acceptent de fuir sous la conduite de Mosché, Moïse. Au cours de la traversée du désert du Sinaï et selon le récit biblique, Moïse s'isole sur le Mont Sinaï et en redescend avec les tables de la Loi et ses Dix Commandements qui régneront sur le monde.
      A ce sujet, il me paraît important de préciser que le terme « Dix Commandements » est impropre, alors que la formulation hébraïque est : assérot hadevarim, qui signifie les « Dix Paroles ». Nous voyons combien la différence est grande entre le terme "Parole" et "Commandement". La Parole laisse la place à l'interprétation, le commandement, jamais. C'est donc bien dans la multitude des sens possibles donnés à la « Parole » que peut se situer l'Ethique et sûrement pas dans le « Commandement ».

    En terme de législation, il est certain que la Loi est une Loi d'orientation, une Loi-cadre qui peut être interprétée donc permettre des sens divers, les décrets et les circulaires d'application prévoyant en termes plus précis voire stricts

(Suite page 30)

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