LES JUIFS ONT-ILS PEUR EN EUROPE?
ARE THE JEWS OF EUROPE FRIGHTENED?
SE ESPANTAN LOS DJUDIOS DE LA EUROPA ? .

 

La crainte existe, il est vrai. Mais il y a surtout ce sentiment d’incompréhension que nous rencontrons lorsque nous parlons à l’autre. Mais il y a aussi ce sentiment d’impuissance devant cette haine qui nous entoure et qui veut nous séparer de notre prochain. Mais il y aussi ce sentiment d’abandon que nous ressentons de la part de nos dirigeants. Mais il y a aussi ce sentiment de révolte face à l’ingratitude et au lâchage auquel nous devons faire face.


Un séminaire sur l’antisémitisme a eu lieu à l’Union Européenne le 19 février. Quel panel, quels orateurs, quelle foule qui se pressait…. Quelle foule juive en majorité venue se faire plaisir et entendre les stars du judaïsme, Elie Wiesel, Israël Singer (ah, Israël Singer!), Avram Burg, les Grands Rabbins Sirat de France, et Saks d’Angleterre et tant d’autres orateurs, Joschka Fischer, ministre allemand des Affaires Etrangères, Abraham Foxman de l’Anti-Defamation League, Coby Benataoff, du Congrès juif Européen, David Levy-Bentolila du B’nai B’rith Europe: quarante-deux au total. Quarante-deux inter-venants pour dire: nous ne comprenons pas, nous ne comprenons plus. Moins de soixante ans après Auschwitz la judéophobie, l’antisémitisme renais-sent aussi virulents. Nous ne comprenons pas cette démonisation d’Israël, nous ne comprenons pas cette démonisation du Juif, bouc émissaire de l’incurie de nos gouvernants. Nous ne comprenons cet antisémitisme nouveau en Europe  mais que les Juifs des pays dits-arabes ont subi pério-diquement durant près de treize siècles, depuis la conquête arabe la judéophobie musulmane et que les Européens ne veulent pas voir.

 

Nous ne comprenons pas car nos hommes politiques ont des œillères; ils ne voient que l’immédiat, la chasse aux voix des nouveaux européens sans envisager le futur, clairement défini pourtant: il suffit de lire Alexandre del Valle qui, dans son brillant «Totalitarisme islami-que à l’assaut de nos démocraties», décortique, analyse et explique le phénomène. Des voix s’élèvent, effrayantes : «Aujourd’hui c’est le jour du Sionisme et demain sera le jour du Christianisme ;  aujourd’hui c’est samedi, demain ce sera le dimanche». Les premières s’étaient fait entendre dès le 27 mars 1947 avec l’incendie d’une église copte à Zagazig, dans la banlieue du Caire suivi de celui d’autres églises, à Alexandrie et en Haute Egypte, accompagnés de manifestations antichrétiennes (Sélim Naguib, «Les Droits de l’Homme en Egypte, le cas des Coptes», thèse pour le diplôme d’Etudes Doctorales de l’Université de Droit, Paris, juin 1992, pp 229-230).


Au nom des droits de l’homme une frange minoritaire, minoritaire mais agissante, essaie de renverser notre système basé sur la laïcité. Ce n’est pas le voile qui fait problème, c’est le fait que les femmes sont obligées de le porter sinon elles sont considérées moins que rien. C’est su, c’est connu, c’est peu dit.


Voilà pourquoi les Juifs sont anxieux. Mais, Israël Singer l’a affirmé avec force, jamais plus nous nous laisserons sacrifier. Jamais plus nous accepterons de servir de bouc émissaire. Nous les Juifs d’Europe et nous les Juifs réfugiés des pays dit arabes ne l’accepterons plus. Notre voix, haute et forte, se fera sentir car nous sommes la conscience du monde.

There is fear, it is true. But there is mostly that feeling you get that the person you are talking to does not understand you. And that sense of powerlessness against an all-enveloping hatred intent on dividing us from our neighbours. And that sense of being abandoned by our leaders. And a feeling that one must take a stand against our being unappreciated and forsaken.


A conference on anti-Semitism took place at the EU on 19 February. What a panel. What speakers, what a crowd. A mostly Jewish crowd who took pleasure in listening to the stars of the Jewish world Elie Wiesel, Israel Singer  (ah  Israel Singer), Abram Burg, Chief Rabbis Sirat of France and Sacks of Britain and so many other orators Joschka Fischer, the German Foreign Minister, Abraham Foxman of the Anti-Defamation League, Coby Benatoff of  the European Jewish Congress, David Levy-Bentolila of Bn'ai B'rith  Europe 42  in all. Forty-two speakers to tell us that we do not understand, we no longer understand.


Less than 60 years after Auschwitz, Judeophobia and anti-Semitism have come back, as virulent as ever. We do not understand why Israel is being demonised. We do not understand why Jews are being demonised and used as scapegoats by our uncaring governments. We do not understand this anti-Semitism, new to Europe but which the Jews of the so-called Arab countries experienced perio-dically over well nigh 13 centuries, from the Arab conquest onward  a Muslim Judeophobia, to which the Europeans turn a blind eye.

 

We do not understand because our politicians wear blinkers, they only see the short-term view. Lacking vision, they're chasing the votes of these new Europeans. The future has, however, been clearly spelled out: you only need to read Alexander del Valle. In his brilliant book ' Islamic totalitarianism versus our democra-cies,' he dissects, analyses and explains the phenomenon. Terrifying voices are raised: 'Today is Zionism's day. Tomorrow will be Christianity's day; today the Saturday people, tomorrow the Sunday people.' Those voices were first heard from 27 March 1947 on, with the burning of a Coptic church at Zagazig in the Cairo suburbs, followed by other church burnings in Alexandria and in Upper Egypt, along with anti-Christian demonstrations (see Selim Neguib's 'Human rights in Egypt, the case of the Copts': doctoral thesis, University of Law, Paris, June 1992 pps 229 -230.)


In the name of human rights, a fringe but active minority is attempting to overturn our secular-based system. The veil is not the issue, it is the fact that women are compelled to wear it  - or else be seen as less than worthless. It's a known but little uttered fact.


That is why the Jews are anxious. But Israel Singer said it forcefully never again will we let ourselves be sacrificed. We will never again accept to be scapegoats. We, the Jews of Europe, and the Jewish refugees from Arab countries, will not stand for it. Our voices will be heard, loud and clear for we are the world's conscience.

 

Traduction anglaise

Lyn Julius

 

 

 

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