En Ballon *
Dédiée à Paul-Jacques Callebaut
Rachel Uziel Farhi - ©Tous droits réservés à l'auteur

 

Pendant une excursion en ballon, il m'arriva une chose à la fois étrange et merveilleuse. Mais je décrirai d'abord les heures matinales à Arad, où eut lieu le Festival de Montgolfières.

Arad est une ville du désert bordant le Néguev, à la frontière méridionale du désert de Judée. Des fouilles archéologiques y menèrent à la découverte d'un temple de la période israélite avec un DEVIR 1 , deux autels à encens et un temple à l'entrée duquel se trouvaient deux colonnes telles que YACHIN et BOAZ 2 du Temple de Jérusalem.

J'ignore s'il existe un rapport quelconque entre les choses merveilleuses qui me sont arrivées pendant que je naviguais en ballon et ce site archéologique. Etait-ce un simple hasard que moi – qui voyage dans le monde entier afin d'étudier les religions et les croyances, les rechercher, écrire des livres et faire des films à leur sujet-, soit monté en ballon près d'un ancien temple israélite avec un Devir, des autels et deux colonnes telles que Yachin et Boaz.

Lorsque que je me suis levé comme prévu tôt le matin, il faisait encore nuit, et dans le désert la nuit est froide. Les jeunes gens et jeunes filles qui hier vendaient des bijoux à la foire le long de la rue principale d'Arad, s'enveloppaient de couvertures et attendaient des voitures qui les emmènent en dehors de la ville à l'endroit où nous devions monter en ballon.

Les lampes des rues éclairaient les jeunes visages à moitié endormis, encadré de nombreuses tresses fines ou de cheveux coupés court, presque à ras, avec une seule queue nattée se terminant par un ruban de couleur enroulé. Moi-même, malgré mon âge, je fus tenté et hier je me fis mettre dans les cheveux par une des vendeuses de bijoux un ruban violet au prix de six shekels. Pour moi ce fut comme une cérémonie, peut-être plus ancienne que les poteries de la tribu des Kénites qui avaient été découverte à cet endroit. Une cérémonie permettant de pénétrer par les portes du Festival, une cérémonie de l'homme défiant le magnétisme de la terre et osant prendre le vol.

Nous montâmes en voiture, moi et le pilote Van Brel ainsi qu'une jeune fille au teint mat et son fils de douze ans que j'avais rencontrés lors d'une de mes expéditions dans l'Océan Pacifique, lorsque j'étudiais les religions et cultes des tribus de cette région. J'avais découvert la jeune fille et son fils, affamés et démunis de tout sur la plage. J'en fis immédiatement des membres de mon équipe et la jeune fille m'aida beaucoup conduisant quand je me fatiguais sur les chemins improvisés, envoyant mes lettres, s'occupant de la literie et de la nourriture.

Lorsque tous les quatre, nous sommes montés en voiture, le soleil se levait, grisâtres. L'étendue du désert pointait à peine dans la brume. Mais plus tard, le soleil était suspendu comme une grosse boule orange sur la plaine désertique.

Tout se passa selon les plans. Nous avons déchargé l'équipement, étendu le ballon fait de nombreux mètres de tissus sur le sol plat du désert. Notre ballon était de couleurs orange et bleu et nous avons rattaché à l'aide de cordes au tissu du ballon la nacelle dans laquelle nous devions voler. Nous avons allumé du feu pour faire chauffer l'air, et le ballon se remplissait d'air chaud et se dilatait de plus en plus. Petit à petit des spectateurs se sont assemblés autour de nous, admiratifs. Les enfants demandaient à s'asseoir dans la nacelle. Les adultes étaient heureux de toucher le tissu colorié. Les préparatifs ont duré quelques heures, jusqu'à ce que le ballon soit prêt à décoller. Je suis entré dans la nacelle avec mon ami le pilote Van Brel et nous avons commencé à monter de plus en plus haut, encouragés par les appels et les applaudissements du public resté au sol. La jeune fille au teint mat faisant des signes de la main et son fils sautait en l'air de bonheur.

Pour mon ami le pilote il ne s'agissait pas d'une nouveauté, mais pour moi c'était la première fois que j'observais la terre d'en haut avec l'air des hauteurs enveloppant ma tête et mon corps. J'oubliais tous mes problèmes d'affaires dans ma patrie verdoyante pleine de rivières et de fleuves. Il y avait quelque chose de purificateur dans les plaines jaunâtres du désert vu de là haut et dans l'air chaud. Même pour Van Brel, excellent pilote de combat, le fait de flotter à l'air libre devenait une expérience sublime. Je lisais ça dans l'expression de son visage.

Au début nous avons volé parmi les autres ballons qui participaient au concours. Plus tard, nous nous sommes éloignés. Van Brel a remarqué qu'un vent du désert, auquel nous ne nous étions pas attendus, nous poussait. "Peux-tu y faire quelque chose, Van?" "J'essaye, Jacques" dit-il entre ses dents. Nous nous éloignions rapidement des autres ballons, et soudain nous nous sommes sentis seuls dans le ciel et à nos pieds les collines jaunâtres du désert infini.

Tout à coup j'ai entendu Van dire d'un ton sérieux : "Jacques, je crois qu'un oiseau est entré dans la nacelle". En regardant au fond de la nacelle, j'ai aperçu une petite créature portant des ailes, mais certainement pas un oiseau. Son corps était formé de nombreux cercles et sa tête d'hexagones et de triangles. La créature était si petite que je craignais de l'écraser du pied.

Pourvu qu'elle ne mette pas notre vol en danger, pensais-je juste au moment où j'ai entendu la créature dire: "Si vous me laissez voler avec vous, je vous montrerai des choses que vous n'avez jamais vues". A mon grand étonnement, le personnage dit cette phrase avec chaque mot dans une langue différente. Comme je connais un peu de toutes les langues du monde, j'ai pu comprendre ce qu'il disait. La phrase était la suivante: "If (si- en anglais) vous me laissez (en français) to bo ko to ( voler- en japonais) con ustedes (avec vous – en espagnol) il mastua (je montrerai – en finnois) Ihnen (à vous- en allemand) ton so (des choses – en chinois) chelo (que…pas – en hébreu) baflata (avec vues – en grec) abadan (jamais – en arabe).

"Qu'a t'il dit ?", demanda mon ami qui ne savait que les langues de notre pays, le français et le flamand. Je lui ai traduit tout ce qu'avait dit la créature. "Pourvu qu'il ne dérange pas pendant le vol", dit mon ami Van énergiquement, veillant à ce que le feu continue à chauffer l'air, de sorte que le ballon continue à monter toujours plus haut.

La créature sortit une flûte de pierre noire et se mit à jouer. Au son de cette musique, le ballon tourna vers la droite et mon ami Van cria: "Je perds le contrôle, je perds la direction!". Soudain nous avions vu dans le ciel un champ de fleurs noires qui battaient des pétales comme des cymbales et faisaient écho à la musique de la flûte jouée par la petite créature – qui grandissait à vue d'œil. "Ce sont des fleurs musiciennes", dit la créature. "Elles vivent tant qu'elles ne jouent pas faux. Dès qu'elles joueront faux et nieront l'avoir fait, elles flétriront et ne refleuriront que lorsqu'elles sauront jouer une mélodie sans jouer faux. Ainsi elles ont toujours l'espoir de refleurir un jour".

"Quelle est la bonne mélodie?", demandai-je. La créature me regarda en disant que cela allait de soi, sans répondre à ma question. "Je suis très solitaire", me dit la créature une fois dépassée le champ de fleurs noires. "Et vous m'avez permis de voler avec vous en ballon et ne m'avez pas chassé ni écrasé de vos pieds", et le petit être continuait à grandir.

"S'il continue à pousser comme ça, nous n'aurons pas de place!" cria Van Brel. "Vous ne m'avez pas écrasé", répéta la créature. "Permettez-moi de vous serrer dans mes bras". Il dit ces mots en flamand, la langue de mon ami. Il semblait savoir beaucoup de choses. Je me demandais comment il savait que mon ami parlait le flamand alors que nous avions parlé français entre-nous.

Nous, mon ami et moi, nous sommes regardés dans les yeux. La petite créature étrange est venue s'asseoir dans la nacelle du ballon et maintenant elle veut nous embrasser.

Mon ami, qui aimait embrasser les femmes, chuchota: "Comment embrasse-t-on une créature faite de triangles, d'hexagones et de cercles, et que peut-il arriver après?" Moi qui n'avais pas peur de l'embrasser, je trouvais l'idée plutôt amusante, bien que de la créature émane une odeur de fumée de champ d'épines brûlées. Je voulais essayer de persuader mon ami de ne pas refuser, et je dis, d'ailleurs notre corps est fait lui aussi de cercles et de triangles sous notre chair.

"Je pourrais encore piétiner", me chuchota mon ami Van, qui n'avait pas fait attention à ce que j'avais dit. Il faut dire que mon ami Van est un homme grand et musclé, alors que moi-même, je suis maigre et de taille moyenne. Van continua à chuchoter: "Une telle demande soudaine… nous embrasser… vas savoir qeulle est son intention secréte. Que nous arrivera-t-il après qu'une créature si étrange nous embrasse". Pendant que mon ami chuchotait ces mots, la créature grandit et devint aussi grande que Van Brel, changeant de couleur de blanc et bleu à rouge et orange, et la pierre qu'il tenait à la main changea en violet. Mon ami s'est effrayé et moi je me suis tu. "J'aime vos yeux", dit la créature en tournant vers moi son visage triangulaire. "Des yeux verts qui deviennent gris métallique quand vous vous énervez et bleu clair quand vous êtes amoureux". Je crois qu'il avait raison, une fois une fille m'avait dit cela quand j'étais jeune et elle était mon amour de jeunesse. Mais comment la petite créature pouvait-ele le savoir? Ce personnage ne m'avait jamais vu ni énervé ni amoureux.

La petite créature se tut un instant, puis mit la pierre – qui devint violette – dans sa bouche et fit de la musique. Tout à coup, un roc de cristal roula en face de nous dans le ciel, comme une épée renversée. Je croyais que notre fin était sur le point d'arriver, que d'un moment à l'autre le rocher toucherait le ballon et y ferait un trou, nous faisant tomber et nous écraser. Van essaya de diriger le ballon, mais n'y réussit pas. Le roc roula jusqu'à ce qu'il s'arrête. Quelle chance! Juste en face de nous, dans la pierre de cristal brillante, était assise une belle jeune fille en train de broder une étoile sur du tissu fin.

"Jamais de la vie, je n'ai vu une telle beauté", chuchota mon ami qui oublia un moment le danger et essaya de tenir la pierre. Je remarquai que la jeune fille brodait en pleurant. Puis j'entendis la créature me dire à voix basse "elle est la tristesse du ciel". Elle pleure sur chaque étoile qui quitte sa voie et s'éteint. Elle la brode pour la mémoire du ciel. Dans la pierre de cristal sont brodées toutes les étoiles éteintes – les univers perdus".

Mon ami tomba presque du ballon en essayant de se tenir à une saillie du roc de cristal. Soudain, la créature disparut et la jeune fille avait pris sa place dans la nacelle. Mon ami a rentré son torse, qui était en l'air, dans la nacelle. "Je suis prêt à la serrer dans mes bras et même à l'embrasser", me chuchota Van. Mais la jeune fille disparut et ce fut à nouveau la créature dans la nacelle, petite comme au début, qui dit à Van dans la langue de celui-ci, le flamand, "Je regrette, sinon je serais tombé". Et il ajouta en français pour moi "Je ne sais pas pourquoi j'ai choisi justement votre ballon. Peut-être parce que vous êtes prêt à embrasser n'importe quoi: les personnes, les enfants, les arbres, les fleurs, les étoiles. Et lui, ne peut pratiquement embrasser personne sauf la jeune fille au cristal. Vous êtes si différents l'un de l'autre et pourtant amis. Peut-être aussi à cause des couleurs de votre ballon qui sont les couleurs du soleil que j'aime beaucoup". Il se tût un moment, puis poursuivit: "Vou voyagez sur terre et moi je voyage dans le ciel, et vous savez que le ciel est plus vaste quela terre et que je peux y voyager durant des périodes prolongées, des années, sans rencontrer sui que ce soit. Je suis très seul. Quand vous voyagez sur terre, vous rencontrez toujours quelqu'un, ce qui n'est pas le cas dans l'infini du ciel".

Van Brel s'écria soudain "Jacques, as-tu oublié que c'est un concours? Il faut arriver au but, jeter le sac de sable au milieu de la croix rouge. Le moment de le faire approche". J'avais oublié le concours et les gens en bas, seule existait pour moi la petite créature. "La jeune fille au cristal sera parmi les gitans du ciel", dit la créature à mon ami en flamand. "Oh", dit Van Brel, "alors, si c'est comme ça on volera vers eux".

La tête hexagonale de la créature se transforma en cercle et sur le tableau de son visage apparut une rose des vents multicolore et tourbillonnante, la flûte de pierre devint rose à pois verts et il se mit à siffler une mélodie gaie.

"Permettez-moi de vous prendre en photo", dis-je à la créature, "entre autres métiers, je suis aussi photographe". L'être rougit et me dit avec détermination: "Non, je n'aime pas être pris en photo, et je ne suis pas du tout comme mon apparence". Il disparut immédiatement et n'entendit que la musique de sa flûte autour de nous. Tout à coup, un tapis plat de fleurs lumineuses, brillant de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel apparut et s'arrêta près de nous. Des créatures de lumière dansaient et chantaient sur le tapis Parmi eux était assise la jeune fille au cristal en train de broder des étoiles.

"Si je vous serre dans mes bras", dit Van Brel à la créature qui avait réapparu, "pourrez vous me faire monter sur le tapis? Je dois absolument tenir les mains de la jeune fille au cristal". "Maintenant je ne veux plus que vous me serriez dans vos bras", lui répondit la créature d'un ton vexé. "Mais je suis prêt à vous faire monter sur le tapis". A l'aide d'un ruban le petit être attacha le ballon à l'une des tiges des fleurs brillantes sur le tapis lumineux. "N'ayez pas peur, sautez de la nacelle et roulez sur la surface fleurie", s'écria la créature. Mon ami sauta tout de suite et je le suivis.

En tombant sur la surface lumineuse, j'ai immédiatement senti les parfums agréables et les créatures lumineuse qui me traversaient le corps et j'ai ressenti des courants doux et agréables qui faisaient trembler mon corps entier. C'était comme s'ils renouvelaient les cellules de mon corps. Van Brel était assis aux pieds de la jeune fille au cristal. Je m'approchai d'eux et m'assis près de lui.

Il ramassait de ses mains les larmes qui tombaient. Dans ses mains les larmes devenaient des pierres précieuses… DES DIAMANTS. Il s'en remplit les poches. "Nous avons découvert un trésor", s'écria mon ami, "sans fouiller dans le ciel". "Et que crois-tu que nous soyons en train de faire", lui ai-je répondu, "nous fouillons le ciel". Et moi, qui ne m'intéressais ni aux diamants ni aux pierres précieuses, seulement aux temples, aux croyances et aux religions, je me dis que peut-être nous nous trouvions à l'entrée d'un temple céleste… un temple consacré à un dieu inconnu avec des rites inconnus.

Soudain nous avons entendu la voix de la créature qui nous appelait: "Sautez dans la nacelle. Ils vont passer". Je sautai vite dans la nacelle du ballon. Alors que mon ami s'attardait encore, touchant le rebord de la robe de la jeune fille au cristal, la petite créature le souleva et le posa dans la nacelle. Tous les diamants qu'il tenait dans ses mains tombèrent et s'éparpillèrent au fond de la nacelle de la Montgolfière.

"Le soleil est au milieu du ciel", dit la petite créature une fois que nous étions dans la nacelle, naviguant dans le ballon. "Le soleil est au milieu du ciel et je dois continuer mes voyages solitaires. Vous continuerez vos voyages sur la terre, mais moi je sais que votre imagination arrive jusqu'au ciel". Je serrai la créature que j'aimais beaucoup dans mes bras. Le petit être se mit à pleurer et recueillit ses larmes qui se transformèrent en grand diamant bleu, veiné d'or et d'argent qui tomba au fond de la nacelle parmi les diamants des larmes de la jeune fille au cristal. "Je vous quitte", nous dit la créature, "Ne vendez pas les diamants pour construire des maisons luxueuses ou acheter des voitures de course. Chaque diamant est la clef d'une porte", ajouta-t-il et disparut.

En regardant autour de nous, nous n'avons trouvé aucun signe ni aucun reste de la créature qui se trouvait là un moment plus tôt, à part les diamants qui brillaient au fond de la nacelle. A l'horizon apparurent d'autres ballons qui volaient. Miraculeusement nous nous sommes retrouvés participant au concours. "Il faut toucher au but, j'espère que nous ne sommes pas en retard…", dit mon ami Van Brel en dirigeant le ballon vers le centre de la croix rouge.

"Jamais de la vie je ne verrai une fille aussi belle que la jeune fille au cristal", dit mon mai rêveur quand je lançai le sac au centre de la croix… Bien entendu je n'avais pas raté. Nous étions les gagnants du concours et avons reçu le prix. "Comme cela il ne sera pas nécessaire de vendre les diamants", dit mon ami d'un sourire triste. Et moi je me demandais de quelles portes parlait la créature en disant que chaque diamant était la clef d'une porte.

Bien que nous ayons gagné, nous n'étions pas vraiment heureux. Nous savions que nous avions perdu es étranges et merveilleuses créatures célestes. "C'était peut-être des ages", dis-je à mon ami en atterrissant. "Peut-être", ajouta-t-il rêveur et se mit à détacher le ballon après l'atterrissage.

"Peut-être", dit Van Brel, "volerons-nous demain à leur recherche, à la recherche de la petite créature bizarre, de la jeune fille u cristal et des gitans du ciel". Depuis, nous volons souvent et les cherchons dans le ciel du désert.

Le lendemain, avec l'argent du prix j'achetai une bague d'or pur pour la jeune fille au tient mat du pacifique qui m'a toujours tant aidé. Je choisis une bague qui me rappelait un peu l'une des fleurs qui poussaient sur le tapis lumineux.

Comme je n'avais pas pu photographier la petite créature à cause de son refus, et les créatures lumineuses qui ne furent pas enregistrées sur la pellicule, peut-être parce qu'elles étaient toutes, la lumière même, j'essayai de les dessiner et de les peindre, mais comme je ne suis qu'un peintre amateur, je ne suis pas arrivé à reproduire sur le papier toute leur beauté spéciale. Et pourtant je joins mes dessins à la lettre que je t'envoie, mon petit-fils César, pour que tu puisses te faire une petite idée de ce que mes yeux ont vu pendant le concours de ballons dirigeables en 1989 à Arad.

Je joins également quelques photos des découvertes archéologiques faites à Arad, d'un sanctuaire israélite ancien, ainsi que des poteries de la tribu des Kénites. Et une fois de plus je me demande s'il y a u rapport quelconque entre ce temple de l'antiquité et les autres découvertes archéologiques, d'un part, et ce qui nous est arrivé, de l'autre. Peut-être faut-il dire que le temple d'antiquité est le résultat d'une fouille du passé et que ce que nous avons vu est peut-être une fouille de l'avenir.

Je n'ai pas pu découvrir les croyances et les dieux des fleurs noires, de la petite créature étrange, de la jeune fille au cristal et des gitans du ciel. Je laisse cela pour l'avenir, à toi mon petit-fils, César, je t'envoie aussi un diamant en te disant de ne pas le vendre pour t'acheter des bonbons, des chocolats et autres friandises. Garde-le bien. Et comme disait la petite créature, peut-être t'ouvrira t'il une porte quelconque… menant qui sait où?

Rachel Uziel Farhi

* récit extrait du livre écrit en hébreu : Be kadour pohehah ( en mongolfière) de Rachel Uziel Farhi.

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